Édition du
28 March 2017

A l'occasion de l'anniversaire de l'indépendance de l'Algérie

Les familles de disparu(e)s se réuniront devant le siège de la CNCPPDH

Samedi 5 juillet 2008 à partir de 10h

SOS Disparus, 2 juillet 2008

Cela fera 10 ans au mois d’août prochain que les familles de disparu(e)s se rassemblent tous les mercredis, par tous les temps, devant l’institution nationale chargée des droits de l’Homme. Ce rassemblement exprime la nécessité de faire vivre la mémoire des hommes et des femmes disparu(e)s du fait des agents de l’Etat durant la décennie noire. Il exprime aussi la lutte contre le déni de justice auquel sont actuellement confrontés les proches de disparu(e)s.

A l’occasion du 46ème anniversaire de l’indépendance de la République Algérienne, les familles de disparu(e)s entendent manifester leur désarroi et leur colère face à l’impensable, à l’odieux stratagème imaginé par le gouvernement algérien pour clore le dossier des disparu(e)s sans que Vérité ne soit révélée et sans que Justice ne soit faite.

Aujourd’hui la politique d’indemnisation proposée par la charte pour la paix et la réconciliation nationale consiste à tenter d’enterrer les disparu(e)s en fournissant des jugements de décès alors même qu’aucune enquête effective sur le sort qu’ils ont subi n’a été diligentée. Avec un tel jugement prononcé sans âme et conscience, les familles peuvent prétendre à une indemnisation dont le montant est dérisoire mais ce, à condition qu’on ne leur oppose pas leurs revenus trop élevés dés qu’ils excèdent 10 000 DA par mois.

Pour autant, les familles n’ont pas renoncé à la Vérité et ne sont pas résignées à subir l’humiliation que leur inflige la République indépendante d’Algérie. Maintenant que l’Etat a délivré les jugements de décès, les familles veulent savoir si effectivement tous les disparus sont morts – comme le clame depuis des années le Président Bouteflika – pour qu’enfin cesse cette lancinante torture morale qui les afflige.

Personne n’est sans savoir que l’Etat a les cartes en main pour révéler la Vérité sur le sort des citoyens algériens aujourd’hui disparus. L’Etat a la possibilité de soulager ces pères, mères et épouses qui se sont battus pour accéder à l’indépendance et avoir le droit de vivre dans la dignité et la justice. L’Etat doit expliquer l’histoire de leurs parents à leurs enfants et leur assurer un avenir meilleur.

Les familles de disparues réunies samedi revendiqueront le droit à la dignité inhérent à une République populaire et démocratique digne de ce nom, droit qui leur est pourtant refusé.

Elles crieront « Jamais nous ne nous tairons tant que la Vérité sera dissimulée »

Le 2 juillet 2008
Yous Fatima, Présidente


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