Édition du
21 July 2017

Une question lancinante

Pourquoi Boumaârafi garde le silence sur les donneurs d’ordre?

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Voici un passage de l’interview de Me Ali Yahia Abdennour, réalisé par Mustapha Benfodil, parue sur El Watan, en date du 23 août 2007. Cette partie de l’interview contient une déclaration capitale, susceptible de déclencher une procédure de révision du procès, ou à tout le moins, une enquête sérieuse. Personne n’a cru bon d’y donner suite, ni le ministère public, ni le Ministre de la Justice, ni le Chef de l’État, ni la société civile, ni la presse, ni même les parties civiles.
Tous les Algériens sont convaincus que l’assassin du Président Boudiaf a agi dans le cadre d’un complot dont il n’était que l’instrument.
Ils savent que ses collègues, qui ont attendu qu’il assassine le Président, ont tout aussitôt tenté de le supprimer.
Ils savent que tous ceux qui ont servi de relais entre l’assassin et les commanditaires sont morts, tous victimes du  »terrorisme ».
Il semble qu’il ne soit plus possible de remonter aux généraux qui ont décidé de faire disparaître le Président Boudiaf.
Mais Boumaârafi a déclaré a Maître Ali Yahia Abdennour qu’il a une révélation de la plus haute importance a lui faire. L’espoir reste permis de faire éclater la vérité. A LA SEULE ET UNIQUE CONDITION QUE BOUMAARAFI RESTE VIVANT ET QU’IL NE LUI ARRIVE RIEN DE DÉFINITIF. En attendant que le régime algérien soit contraint de faire toute la lumière sur ce complot. NOUS PRENONS L’OPINION PUBLIQUE A TÉMOIN : Boumaârafi doit être protégé contre une éventuelle tentative de liquidation.
Question de M.B: « Quand les droits de l’homme sont bafoués, je ne cherche pas à savoir si la victime est islamique, éradicatrice ou démocrate. » (p 20). Pourquoi avez-vous refusé de défendre Lembarek Boumaârafi ?

Reponse de A.Y.A:

Lembarek Boumaârafi, l’assassin présumé du président Mohamed Boudiaf, m’a écrit dès son arrestation et sa mise en détention à la prison de Annaba et m’a demandé d’assurer sa défense. Dans sa deuxième lettre, après mon refus d’assurer sa défense, il me demandait de lui rendre visite pour me confier un secret qu’il ne voulait transmettre à personne d’autre. J’ai refusé parce que la sécurité militaire ne reculerait pas devant mon exécution pour détention de secret d’Etat. Un an auparavant, en septembre 1991, le général major Smaïn Lamari qui était à l’époque colonel, avait fait pression sur les dirigeants du FIS pour qu’ils me déconstituent. La chambre d’accusation de la Cour d’Alger a ordonné une expertise balistique pour savoir si les balles retirées du corps de Boudiaf et celles incrustées dans les murs provenaient ou non de la même arme. Cette expertise n’a pas été faite et les caméras qui ont filmé le discours de Boudiaf n’ont pas été présentées au cours du procès de Boumaârafi. Le président Liamine Zeroual avait demandé à Adami, le ministre de la Justice, de réviser le dossier de Boumaârafi. Il est revenu sur sa décision pour des raisons que la raison ignore.

Texte intégral de l’interview sur ALGERIA-WATCH


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