Édition du
24 March 2017

Mer Noire : les USA jouent à la bataille navale

Destroyer US

LE GRAND SOIR
« Sea Breeze » et « Immediate response » en Ukraine et Georgie

DINUCCI Manlio

« Un, deux, trois, les petits soldats (de l’Otan), quatre, cinq, six, font de l’exercice, sept, huit, neuf, font des manoeuvres, dix, onze, douze, tirent des cartouches… » (variante : « y’en aura pour tous »)

Dans la région de la Mer Noire est en train de se dérouler la manœuvre militaire « Sea Breeze » (Brise de mer…) 2008 qui a commencé le 15 juillet et va durer jusqu’au 26. Participent aux manœuvres, qui ont lieu en territoire ukrainien, 14 navires de guerre, 17 avions et plus de 2200 soldats de 11 pays de l’OTAN –Etats-Unis, Canada, Grande-Bretagne, France, Allemagne, Norvège, Danemark, Turquie, Grèce, Lituanie et Roumanie- et de cinq autres pays – Ukraine, Géorgie, Azerbaïdjan, Arménie, Macédoine- adhérents du programme « Partenariat pour la paix » de l’OTAN. La manœuvre se déroule « dans l’esprit du partenariat pour la paix de l’Otan » mais, comme spécifié par l’ambassade Usa en Ukraine, « elle n’est pas sponsorisée par l’OTAN ». Elle est « accueillie par l’Ukraine et par les Usa lesquels, dans le rôle de « co-hébergeurs » ont invité certaine pays de la région, membres de l’OTAN et du Partenariat pour la paix de l’OTAN ». Les Etats-Unis font donc les maîtres de maison en Ukraine. Et, parmi les « pays de la région » invités, seule une minorité a une façade sur la Mer Noire. Derrière le but officiel de la manœuvre –accroître « la capacité des nations de la Mer Noire dans le maintien de la sécurité maritime » – il y en a donc d’autres.

Le premier est d’aider le président Viktor Yuschenko à amener dans l’OTAN un pays dont la population y est en grande majorité opposée. A Odessa et dans d’autres régions, des manifestations sont en cours contre la manœuvre militaire, manifestations conduites par les partis socialiste et communiste et diverses organisations. Malgré cela, l’Ukraine entre de plus en plus dans l’orbite de l’OTAN. Le sommet d’avril de Bucarest a dit oui à l’entrée de l’Ukraine, en même temps qu’à celle de la Géorgie, (elle aussi autrefois membre de l’Urss), et a annoncé que dès le mois de décembre les deux pays pourraient entrer dans le Map (Membership Action Plan), le programme qui prépare l’adhésion des futurs membres. En mai, des marins ukrainiens ont participé à un exercice OTAN de sous-marins en Mer du Nord. En juin, le ministre ukrainien de la défense a été invité au quartier général de l’OTAN, où il a expliqué à ses collègues les « réformes » que l’Ukraine est en train de réaliser dans le secteur de la défense en vue de son entrée dans l’Alliance. En même temps, l’exercice sert aux Etats-Unis pour étendre leur présence militaire jusqu’en Ukraine. En mai déjà est arrivée au camp de Staryi Krym, à côté du port de Feodosija en Crimée, une escadre de 200 marines qui a construit, avec des matériaux débarqués du navire marchand Advantage, une structure militaire lance-missiles McFaul, une des plus modernes unités de la US Navy, qui participe à la manœuvre avec les autres navires de la Combined Task Force 367.

La réponse russe ne s’est pas faite attendre : le ministère des Affaires étrangères a dit que la manœuvre, à laquelle participent des pays extérieurs à la région, est en réalité dirigée contre la Russie. Et aux paroles succèderont certainement les faits, en termes de plus grande présence militaire russe en Mer Noire.

Ce que sont les objectifs réels de « Sea Breeze 2008 » est confirmé par le fait que le même jour a commencé en Géorgie (elle aussi sur la Mer noire) la « Immediate Response 2008 » (Riposte immédiate), un exercice militaire auquel participent des troupes des Etats-Unis, Géorgie, Ukraine, Azerbaïdjan et Arménie. Pour la manœuvre, dirigée en fait par le Pentagone, ont été envoyés en Géorgie environ 1.000 soldats étasuniens des troupes aéroportées Setaf, du corps des marines, et, fait particulier, de la garde nationale de l’Etat étasunien de Géorgie. Tous déployés sur la base de Vaziani, à moins de 100 Kms de la frontière russe. Bien au-delà des craintes des élites balnéaires moscovites, la « brise de mer » qui caresse la Mer Noire agite, pour le moins, des vents de guerre froide.

Edition de mardi 22 juillet 2008 de il manifesto

http://www.ilmanifesto.it/oggi/art3…

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio


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