Édition du
26 March 2017

Ils sont venus soutenir les grévistes de la faim

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La police charge les enseignants
31 Juillet 2008 –

«C’est par la voie du dialogue et de la sagesse que les problèmes se règlent, pas avec cette brutalité», a souligné M. Bererhi représentant le Ccdr.

Le sit-in prévu hier devant le ministère de l’Education nationale à El Mouradia, en soutien des enseignants contractuels qui sont à leur 18e jour de la grève de la faim, n’a pas eu lieu. Des dizaines de représentants appartenant à des partis politiques… et de l’intersyndicale (CLA, Cnapest, Satef, Snte, Snpme, Snapap et le Cnes), ont été empêchés par les forces de l’ordre de réussir leur mouvement de protestation. Des femmes, des filles de tout âge ainsi que les représentants syndicaux ont été malmenés, tabassés par les éléments de la sécurité présents sur les lieux.
En dépit de leur insistance, les syndicalistes ont été également empêchés de déposer au ministère de la tutelle, une lettre commune où l’ensemble des syndicats appellent le gouvernement à l’ouverture du dialogue. Un dialogue qu’ils souhaitent démocratique.
Présents sur les lieux, les journalistes et photographes voulant accomplir dignement leur mission ont subi le même sort. Un photographe d’un quotidien national ainsi qu’un représentant du CLA ont été embarqués. «Oui, je suis haggar. Retourne chez toi sinon je te casse la gueule», lance à-tue-tête un policier s’adressant à une femme représentant la société civile.
De la violence verbale- des qualificatifs terribles ont été entendus- à la violence physique, les policiers ont tout fait pour que le mouvement de protestation initié n’ait pas lieu. «Que le gouvernement intervienne. C’est inconcevable de laisser des enseignants dans un état pareil. Une situation qui est tout prés du danger de la mort», a déclaré à L’Expression M. Brerhi, porte- parole du Comité des citoyens pour la défense de la République(Ccdr). En tirant à boulets rouges sur la «brutalité» dont ont fait preuve les policiers dépêchés sur les lieux où a lieu le sit-in, M.Bererhi a souligné que c’est «par la voie du dialogue et de la sagesse que les problèmes se règlent, pas avec cette brutalité.» Et d’appeler les pouvoirs publics à s’impliquer pour l’ouverture du dialogue.
Interrogé sur le «mauvais» choix de la date de ce sit-in – les établissements scolaires sont en vacances – M.Bererhi répond sans tergiverser. «Le mouvement aurait connu un engouement important s’il s’était tenu durant l’année scolaire. Cependant, les enseignants ont préféré ce moment pour ne pas perturber la scolarité des écoliers. Un vrai geste de sagesse», reconnaît le représentant de la Ccdr. «On est solidaires avec ces enseignants qui ne réclament que leurs droits les plus élémentaires. On est là et on va jusqu’au bout. Il faut mouiller les maillots…», poursuit-il.
Quant à M. Rabia, président du comité de soutien aux enseignants grévistes, il précise que d’autres groupes se trouvant à Alger, ont suivi le même mouvement. «On ne veut pas se réunir dans une même place», a-t-il ajouté. Représentant le mouvement démocratique et social (MDS) du feu El Hachemi Chérif et auquel un hommage commémoratif du 3e anniversaire de sa mort sera rendu jeudi à Alger, M. Chentouf, résume ses mots et estime que le sort réservé aux enseignants «est impensable». Dans un autre contexte, il s’interroge avec ironie sur l’absence des représentants de certains partis démocrates. Reprenant la parole, M. Bererhi précise que l’introduction de la démocratie à l’école ne doit aucunement se faire en bastonnant les enseignants.

Fouad IRNATENE


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