Édition du
27 July 2017

Coup d'Etat militaire en Mauritanie

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Le président, élu démocratiquement en 2007, et son Premier ministre ont été arrêtés ce matin à Nouakchott par des militaires.
AFP
LIBERATION.FR : mercredi 6 août 2008

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Le président Sidi Ould Cheikh Abdallahi, en mai. (Reuters)
Le président mauritanien Sidi Ould Cheikh Abdallahi et son Premier ministre Yahya Ould Ahmed Waghf ont été arrêtés ce matin à Nouakchott par des militaires lors d’un coup d’Etat.
Le chef de l’Etat, premier président démocratiquement élu (en mars 2007) depuis l’indépendance du pays en 1960, a été emmené dans un lieu inconnu, et le chef du gouvernement se trouve dans une caserne près de la présidence, selon des sources sécuritaires.

La radio et la télévision nationale ont cessé d’émettre ce mercredi après que des militaires en eurent chassé le personnel, ont indiqué des témoins, qui ont fait état de mouvements de troupes dans la capitale Nouakchott.

La Mauritanie traverse actuellement une grave crise politique, marquée notamment par la démission lundi de 48 parlementaires du parti présidentiel.

La situation était calme dans la capitale, où aucun coup de feu ni barrage n’a été signalé. Des militaires étaient positionnés près de la présidence et aux environs des locaux de la radio et de la télévision. Selon les observateurs, un changement à la tête de l’armée aurait mis le feu aux poudres.

Le président mauritanien a procédé mercredi à des changements à la tête de l’armée, de la gendarmerie et de la garde nationale marqués par le départ de généraux accusés d’être derrière la crise politique en Mauritanie, avait annoncé la radio nationale.

Selon un décret lu mercredi matin sur la radio nationale, le colonel Abdarrahmane Ould Boubacar a été nommé chef d’état-major de l’armée et le colonel Mohamed Ahmed Ould Ismail chef d’état-major particulier du président mauritanien.

Ces deux colonels devaient remplacer respectivement les généraux Ould Cheikh Mohamed Ahmed et Mohamed Ould Abdel Aziz, deux membres du conseil militaire de transition qui avaient conduit de 2005 à 2007 la transition démocratique en Mauritanie. Selon les observateurs, ces deux derniers généraux sont accusés d’être derrière la fronde des députés et sénateurs qui ont claqué la porte du parti au pouvoir lundi.

Un groupe de 25 députés et 23 sénateurs avaient annoncé lundi leur démission collective du Pacte national pour la démocratie et le développement (PNDD), la formation présidentielle.


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