Édition du
25 March 2017

SIT-IN DES ENSEIGNANTS CONTRACTUELS

Le Soir d’ALGERIE

La matraque était au rendez-vous

Il était 10h lorsque les enseignants contractuels qui ont entamé hier leur 23e jour de grève de la faim se sont rassemblés pacifiquement devant la présidence de la République, pancartes à la main, dans le but de déposer une lettre ouverte dans laquelle ils demandent l’ouverture d’un dialogue entre le ministère de l’Education et les enseignants.
Les forces de l’ordre ont violemment réprimé les manifestants qui tentaient de se rapprocher de la présidence, usant de leurs matraques et d’injures pour procéder à la dispersion. A première vue, tout allait normalement. Les policiers postés aux alentours de la présidence gardent leurs positions sans faire attention aux dizaines de personnes regroupées sur le trottoir d’en face qui attendaient que leurs collègues arrivent. Dix minutes plus tard, quand une vingtaine de personnes se sont regroupées en face de la présidence avec des banderoles, la situation a dégénéré. Un important dispositif se met en mouvement vers elles, les invitant à quitter les lieux. Les grévistes ont commencé à expliquer leur situation aux policiers, leur disant qu’ils voulaient se rendre à la présidence et déposer une lettre ouverte, dans laquelle ils interpellent Benbouzid pour un dialogue. Les policiers semblaient comprendre la situation, car ils ont demandé qu’une délégation de deux personnes soit désignée pour déposer la requête. Après quelques mètres effectués par la chargée de communication du Conseil national des enseignants contractuels avec un gréviste délégué pour déposer la requête, les policiers n’ont pas toléré la présence des autres personnes sur le trottoir et ont commencé à disperser la foule. Malgré l’ordre des policiers de ne pas bouger avant que la délégation ne soit revenue, femmes et hommes présents sur place ont été bousculés et injuriés. Malmenés sans ménagement par les forces de l’ordre, certains ont été embarqués dans des fourgons. C’est le cas du secrétaire général du Snapap, Rachid Chicou, qui a voulu négocier avec les policiers. Il a été vite embarqué et tabassé avant d’atterrir au commissariat. Un autre dispositif plus important vient d’arriver muni de matraques, repoussant les manifestants un peu plus loin. Les journalistes et les photographes n’ont pas été épargnés. Debout sur le trottoir, un policier en civil vient nous informer qu’il «est formellement interdit de rester debout sur un trottoir». Des représentants du MDS, FFS, CLA, Satef, de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme, du CLA et du Cnapest qui sont venus réaffirmer leur soutien aux grévistes n’étaient pas surpris que la manifestation soit réprimée avec autant de violence, car le même traitement leur a été réservé lors de leur dernière tentative, eux aussi, de déposer leur requête auprès du ministère de l’Education nationale, qui persiste à refuser tout contact avec les contractuels. Près d’une demi-heure après, alors que son collègue a été embarqué, Meriem Maârouf, chargée de communication du Conseil national des enseignants contractuels, fait son apparition devant le groupe qui l’attendait. Elle nous apprend qu’elle a déposé la lettre ouverte auprès d’une personne qui s’est présentée à elle comme employée du bureau d’ordre de la présidence. «Il m’a informée que la lettre est initialement destinée au ministre de l’Education nationale et non à la présidence. Je lui ai expliqué que l’accès nous est interdit au ministère. Il m’a promis que notre lettre serait transmise au destinataire », a expliqué Meriem Maârouf. Après 23 jours de grève de la faim, des enseignants contractuels se battent pour rester en vie, car leur état de santé s’aggrave de jour en jour. Il ne se passe pas un jour sans qu’un gréviste soit évacué vers l’hôpital. En dépit de cette situation, et devant le mépris des autorités, les enseignants sont déterminés à aller jusqu’au bout pour faire aboutir leurs revendications. Notons que le secrétaire général du Snapap a décidé de porter plainte contre les policiers, car il a été violemment tabassé.
Selma A.


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