Édition du
25 July 2017

HORRIBLE ACCIDENT DE LA CIRCULATION : 23 morts à Mascara

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L’hécatombe continue

«Quand je suis allé voir ce qui se passait, j’ai vu une scène d’horreur. Des hommes, des femmes et des bébés étaient coincés dans le fourgon. Le sang giclait de partout.»

«C’était horrible! j’ai vu l’horreur.» Ces mots reviennent dans la bouche des deux témoins directs de l’accident de la route qui a coûté la vie à 23 personnes. Le drame est survenu jeudi dans la matinée, peu après 10 heures, sur la RN4 au lieudit Gouacem, à quelques kilomètres de la commune de Oggaz près de Sig (wilaya de Mascara).
Un bus assurant la liaison Oran- Frenda via Takhmert (Tiaret) a percuté, de plein fouet, un fourgon de marque J5 qui assure le transport public au niveau des localités de Zahana Zaghloul à Sig (Mascara).
Ahmed qui était 500 mètres derrière le bus raconte: «Il roulait à vive allure, et en dépassant un semi-remorque chargé de marchandises, le bus s’est retrouvé nez à nez avec le fourgon qui venait en sens inverse», a-t-il affirmé.
Il y avait à bord du fourgon 18 passagers. Aucun n’a survécu. Ce témoin qui est proche de l’une des victimes résidant à Zaghloul, arrive difficilement à décrire les circonstances de l’accident.
«Je n’ai pas vraiment vu la séquence mais ce que j’ai vu est indescriptible» a-t-il ajouté, les larmes aux yeux. «J’étais à environ 500 mètres derrière le bus quand soudain j’ai vu les gendarmes s’arrêter et j’ai fait de même. Quand je suis allé voir ce qui se passait j’ai vu une scène d’horreur. Des hommes, des femmes et des bébés étaient coincés dans le fourgon, le sang giclait de partout.» «Les gendarmes qui étaient en faction, sont tombés, par pur hasard, sur l’accident et c’est ainsi qu’ils ont jalonné les lieux, sinon le bilan aurait été plus lourd. Les autres usagers ont entamé les premiers secours pour transférer les passagers du fourgon à l’hôpital de Sig.»
«On a eu beaucoup de difficultés pour retirer deux bébés morts, ainsi que deux jeunes femmes», a affirmé le même témoin. Toujours sous le choc, le jeune Taïbi Mohamed qui, lui aussi n’était pas loin du lieu du drame, raconte les premières minutes de l’accident: «J’étais tout près lorsque j’ai entendu un bruit intrigant, mais au départ, j’ai cru que c’était un éclatement de pneu, quand je suis allé voir c’était une scène effroyable. Un bus a traîné un fourgon vers la gauche de la chaussée. Les deux véhicules, l’un emboîté dans l’autre, ont été immobilisés par un tertre.»
«L’accident a eu lieu derrière la plaque recommandant de ralentir la vitesse» a indiqué Taïbi Mohamed. Il s’agit d’un des accidents les plus meurtriers sur les routes algériennes. Les localités de Sig, Oggaz, Zaghloul, Alaymia et Zahana, dans la wilaya de Mascara, sont endeuillées et n’arrivent pas à se remettre du choc.
«Que voulez-vous qu’on dise, c’est un accident des plus meurtriers», entend-on répéter en guise de consolation. Les habitants de Zaghloul et de Zahana ont enterré leurs morts, et déplorent le retard accusé par les pompiers malgré la présence, à la première minute qui a suivi l’accident, des gendarmes.
Aussi, ils déplorent que l’unique et seul hôpital de Sig soit dépourvu du minimum de moyens permettant d’assurer les premiers soins: «Plusieurs blessés ont été transférés par les usagers à Sig et faute d’équipements, ces mêmes blessés ont été évacués vers Oran», ont-ils regretté.
Le terrorisme routier ne s’estompe pas en Algérie. Durant le premier semestre 2008, les accidents de la route ont causé 1968 morts et 29.200 blessés sur l’ensemble du territoire national, selon le Centre national de prévention et sécurité routières (Cnpsr).
Mardi dernier, lors d’une conférence de presse marquant le lancement officiel d’une campagne de sensibilisation sur la prévention routière, notamment sur les conséquences du dépassement dangereux, il a été précisé que 90% des accidents sont dus au facteur humain soit la défaillance des automobilistes et 76% sont attribués à la négligence affichée des piétons. La vitesse n’est pas étrangère à ce fléau totalisant 8 à 9% des accidents de la circulation.
Le nombre d’accidents enregistrés durant cette même période a atteint 18.775 accidents, dont 8512 dans des zones urbaines et 10.263 dans des zones rurales, selon un bilan distribué à la presse.

Aït Ouakli OUAHIB


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