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26 July 2017

Mahmoud Darwich est mort

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REUTERS
Le poète palestinien est décédé des suites d’une intervention chirurgicale aux Etats-Unis.
AFP
LIBERATION.FR : dimanche 10 août 2008
Mahmoud Darwich, considéré comme l’un des des plus grands poètes du monde arabe, qui souffrait de maladie cardiaque, est décédé samedi aux Etats-Unis dans un hôpital de Houston, où il avait subi une intervention chirurgicale.

« M. Darwich est décédé à 13H35 locales » (18H35 GMT), a indiqué sans autre précision à l’AFP Ann Brimberry, porte-parole du Memorial Hermann-Texas Medical Center à Houston (sud) où il avait été admis.

Mahmoud Darwich se trouvait dans un état critique à la suite d’une intervention chirurgicale, avait expliqué plus tôt un autre responsable de cet établissement.

Selon des proches du poète, ce dernier avait subi une opération à coeur ouvert mercredi dans ce même hôpital et se trouvait sous assistance respiratoire à la suite de complications. Il avait déjà subi deux opérations du coeur en 1984 et 1998.

A Amman, l’ambassadeur palestinien a indiqué à l’AFP que le président palestinien Mahmoud Abbas allait envoyer un avion aux Etats-Unis pour rapatrier la dépouille du poète.

« Un avion présidentiel s’envolera pour Houston ce soir ou demain (dimanche) matin pour ramener la dépouille de Darwich à Amman sous 48 heures », a dit Atallah Kheiry, précisant que le corps serait ensuite acheminé à Ramallah, en Cisjordanie.

Dans le même temps, des responsables palestiniens, sur ordre de M. Abbas, vont demander aux autorités israéliennes que le défunt puisse être enterré dans sa Galilée natale, a-t-on précisé de même source.

Considéré comme l’un des plus grands poètes arabes de sa génération, Mahmoud Darwich est né en 1941 à Al-Birweh, en Galilée, alors en Palestine sous mandat britannique et aujourd’hui dans l’Etat d’Israël.

Lors de la guerre israélo-arabe de 1948, ce village est rasé et ses habitants forcés à l’exil.

La famille Darwich s’enfuit au Liban, où elle restera un an, avant de rentrer clandestinement en Israël avec un statut précaire.

Au début des années 1970, il choisit l’exil. Il part pour Moscou étudier l’économie politique puis Le Caire en 1971.

A Beyrouth, en 1973, il travaille comme rédacteur en chef au Centre de recherche palestinien de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), rejoignant l’organisation alors en guerre avec Israël.

Après la guerre israélienne au Liban durant l’été 1982, qui a forcé la direction de l’OLP à trouver refuge à Tunis, Darwich reprend la route de l’exil: Le Caire, Tunis puis Paris.

En 1993, il démissionne de l’OLP pour protester contre les accords d’Oslo, estimant qu’ils n’apporteront pas une « paix juste » pour les Palestiniens.

En 1995, après l’avènement de l’Autorité palestinienne, il rentre sur sa terre: la bande de Gaza puis Ramallah.

En mai 1996, il est autorisé à fouler le sol d’Israël pour la première fois depuis son exil afin d’assister aux funérailles de l’écrivain arabe israélien Emile Habibi.

En juillet 2007, lors d’un récital donné en Israël, il ironise sur la prise du contrôle du mouvement islamiste Hamas de la bande de Gaza. « Nous avons triomphé. Gaza a gagné son indépendance de la Cisjordanie. Un seul peuple a désormais deux Etats, deux prisons qui ne se saluent pas. Nous sommes des victimes habillées en bourreaux », dit-il avec amertume.

Le poète critique également la « mentalité israélienne de ghetto » et la politique israélienne qui empêche la création d’un Etat palestinien viable.

Au festival des musiques du monde à Arles (sud-est de la France) en juillet dernier, il confiait préférer les thèmes universels de l’amour, la vie, la mort à ceux purement politiques de ses débuts et vouloir être lu « comme un poète », « pas comme une cause ».


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