Édition du
23 July 2017

La première voiture algérienne sera… iranienne

voit.jpgALGER ET TÉHÉRAN SIGNENT DES ACCORDS DE COOPÉRATION STRATÉGIQUES

Bouteflika, que Khamenei appelle à «résister» soutient fermement le droit de tous les peuples à acquérir la technologie nucléaire quand c’est à des fins strictement pacifiques. Le chef de l’Etat algérien, dont la verve diplomatique ne fait plus de doute pour personne, a véritablement frappé très fort à l’occasion de sa visite en Iran, laquelle vient de s’achever hier. Mais son soutien, franc et massif en direction de la volonté iranienne de poursuivre contre vents et marées son programme nucléaire, en dépit des lourdes menaces qui pèsent sur elle de la part des six Etats les plus puissants de la planète, ne tombe certainement pas du ciel. De même que cette sortie, somme toute prévisible, est à rechercher dans les actions et positions antérieures de notre pays (toujours inscrit en faux à l’hégémonie de certains pays occidentaux) ainsi que son adhésion sans condition aux doctrines non-alignées, elle doit également tirer son origine du dernier discours de Bouteflika, dans lequel il avait clairement exprimé sa déception par rapport aux «investissements» étrangers. Toutes les facilités accordées par notre pays, n’ont servi en fin de compte qu’à encourager des actions spéculatives dont la finalité aura été d’enrichir à moindre coût ces «investisseurs étrangers», tout en mettant définitivement en panne l’économie algérienne.
Bouteflika, visant quasi-directement Orascom, avait dénoncé ce genre de pratiques avant que des mesures nouvelles ne soient annoncées, consistant notamment à faire en sorte que l’Etat algérien redevienne l’actionnaire majoritaire au sein de l’ensemble des projets étrangers basés en Algérie, mais aussi à suspendre tous les investissements en cours jusqu’à ce que la nouvelle législation soit rendue publique. Celle-ci est très probablement attendue pour le mois de septembre prochain. La colère algérienne trouve également sa justification dans le fait que le second mandat présidentiel s’achève dans à peine quelques mois, et qu’il est donc tenu de présenter un bilan relativement positif dans les domaines économique et social. Or, ni les Arabes ni les Occidentaux n’ont respecté leurs engagements, cela en dépit des nombreuses et incommensurables facilités dont ils ont bénéficié. L’Algérie, contrainte, s’est tournée vers l’Asie en général, et l’Iran et la Chine en particulier. Les compétences, le savoirfaire et le sérieux des Chinois a, maintes fois, été loué par le président Bouteflika lors de ses visites d’inspection en Algérie. Comparés, pour ne citer que deux ou trois exemples relatifs aux «marchés français », le métro et le tramway trouvent toujours beaucoup de mal à voir le bout du tunnel alors que la SEAAL ne distribue l’eau que de façon «sporadique». Bref, les rumeurs les plus insistantes, basées sur les déclarations très «rassurantes» du chef de l’Etat, mais aussi celles du ministre de l’Habitat iranien, par ailleurs chef de la commission mixte algéro-iranienne, font état d’une brusque et importante densification des relations économiques entre les deux pays. Les échanges économiques entre les deux pays, qui ne seraient que de l’ordre de 250 millions de dollars, pourraient ainsi évoluer d’une façon exponentielle dans les tout prochains mois. D’ores et déjà, il est possible de dire que le premier véhicule devant être assemblé en Algérie, après l’échec du projet Fatia, a toutes les chances d’être iranien. Pardelà la qualité de ces voitures, force est de constater que leur coût est nettement inférieur à ceux pratiqués par les concessionnaires, surtout après l’instauration de cette nouvelle taxe qui oscille entre 5 et 15 millions de centimes. L’Iran, en outre, peut mettre au service de l’Algérie une bonne partie de ses compétences, notamment dans les domaines de l’agriculture et de la construction. Outre l’investissement dans l’industrie du ciment, le ferroviaire et l’automobile, le ministre iranien a évoqué des opportunités d’investissement dans la production du médicament, le secteur de l’énergie et des mines, l’habitat, les travaux publics et autres. Une sorte de nouvelle ère semble ainsi s’ouvrir pour notre pays, avec des conséquences qu’il est encore difficile de juger. Car le soutien de l’Algérie à un pays en « guerre » contre une puissance comme les USA risque de ne pas passer « inaperçu »…


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