Édition du
26 July 2017

Turquie, l’épineuse visite d’Ahmadinejad

libe1.gifMARC SEMO
vendredi 15 août 2008

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, qui a entamé hier une visite controversée de deux jours en Turquie, aurait du rencontrer son homologue Abdullah Gül, dans la capitale, Ankara, mais le très islamiste dirigeant iranien se refusait à déposer la gerbe d’usage au mausolée du fondateur de la République, Mustafa Kemal Atatürk. La visite officielle s’est ainsi muée en simple visite de travail à Istanbul, de deux jours, à l’invitation d’Abdullah Gül et du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, les deux poids lourds de l’AKP, le parti au pouvoir issu du mouvement islamiste.

Propos incendiaires. La visite d’Ahmadinejad irrite d’autant plus les adversaires de l’AKP que le précédent chef de l’Etat, Ahmet Necdet Sezer, républicain laïc dur, s’était toujours refusé à recevoir ce dirigeant iranien, dont les positions intransigeantes sur le nucléaire, et les propos incendiaires niant l’Holocauste et appelant à la destruction d’Israël, «ce cadavre puant», irritent les Occidentaux. «Ce n’est pas une très bonne idée que de redonner une légitimité [à Ahmadinejad, ndlr] en un moment aussi délicat», a déclaré à l’AFP un diplomate israélien en poste dans la capitale turque.

Cette première visite du président iranien dans un pays membre de l’Otan, et qui a ouvert des négociations d’adhésion à l’UE, sera dominée par la question nucléaire. «Je ne pense pas que l’on va vers le chaos», a déclaré le leader iranien, affirmant que les négociations continuaient. Pourtant, les six pays en charge du dossier (Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Russie, Chine et Allemagne) menacent Téhéran de nouvelles sanctions s’il n’accepte pas leurs offres alternatives pour suspendre son programme d’enrichissement.

«Facilitateur». Fort d’avoir servi d’intermédiaire entre Syriens et Israéliens sur le Golan, Ankara assure vouloir jouer un rôle informel de «facilitateur» entre Téhéran et les Occidentaux. Longtemps mauvaises, les relations de la Turquie laïque avec le régime islamique se sont réchauffées depuis l’arrivée au pouvoir de l’AKP, mais Ankara n’en reste pas moins un fidèle allié de Washington. En cas de crise aiguë, voire de frappes sur les installations nucléaires iraniennes, la Turquie se trouverait en première ligne. Et cela explique aussi son désir de jouer les intermédiaires.

http://www.liberation.fr/actualite/monde/345336.FR.php
© Libération


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