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24 July 2017

Washington et Tripoli normalisent leurs relations en signant un accord d'indemnisation des victimes du terrorisme

LE MONDE | 15.08.08 | 14h06 • Mis à jour le 15.08.08 | 14h06

es Etats-unis et la Libye ont solennellement mis un terme, jeudi 14 août, au lourd contentieux sur l’indemnisation des victimes américaines des attentats terroristes des années 1980 et des victimes libyennes des représailles. L’événement marque une nouvelle étape dans leur réconciliation, amorcée en 2004 par le rétablissement de leurs relations diplomatiques.

L’accord signé jeudi à Tripoli par le secrétaire d’Etat américain adjoint chargé du Proche-Orient, David Welch, et le vice-ministre libyen des affaires étrangères chargé des Amériques, Ahmad Fitouri, prévoit le classement de toutes les affaires dans les deux pays, portant sur des actes de  » torture, d’exécutions extrajudiciaires, de sabotage d’avions, de prises d’otages, de détention, de tout autre acte de terrorisme (…) ou d’opération militaire », ayant eu lieu avant le 30 juin 2006.

Dans un communiqué commun, Washington et Tripoli se félicitent « de la mise en place d’un processus à même de fournir une juste indemnisation pour leurs citoyens ». « Les deux pays concentreront désormais leur intérêt sur l’avenir de leurs relations bilatérales », concluent-ils.

Le texte signé prévoit aussi la création d’un « fonds humanitaire » destiné à régler les demandes d’indemnisations dont les montants sont précisés dans un  » document annexe » non publié.

L’accord a été rendu possible par le vote au Congrès américain d’une loi prévoyant la création d’un fonds pour l’indemnisation des victimes américaines, ainsi que celles des raids américains lancés contre Tripoli et Benghazi le 16 avril 1986, qui avaient tué 41 personnes dont une fille adoptive du colonel Kadhafi et blessé 226 autres.

Aux Etats-Unis, 26 contentieux judiciaires subsistent à propos des attentats de Lockerbie (Ecosse) contre un avion de la PanAm (270 morts en 1988) et de Berlin contre une discothèque fréquentée par des soldats américains (3 morts et 260 blessés en 1986). Tripoli a reconnu sa responsabilité dans l’attentat de Lockerbie et signé avec Londres et Washington un accord d’indemnisation des victimes portant sur 2,7 milliards de dollars, soit 10 millions de dollars par famille.

Cette estimation a servi de base, en 2007, aux revendications libyennes pour l’indemnisation des familles d’enfants atteints du sida dans l’affaire des infirmières bulgares.

En janvier, la justice américaine a, d’autre part, condamné la Libye à verser plus de 6 milliards de dollars de dommages et intérêts (compte tenu des intérêts cumulés) aux familles de sept Américains tués dans l’attentat contre le DC-10 de la compagnie française UTA au-dessus du Niger (170 morts en 1989). Tripoli a toujours nié sa responsabilité mais, en 2004, elle a accepté de verser 170 millions de dollars aux familles des victimes.

L’accord signé jeudi doit être suivi par la réouverture d’une ambassade américaine à Tripoli et par une visite de la secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice.

Ph. B. (avec AFP)
Article paru dans l’édition du 16.08.08


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