Édition du
30 March 2017

Le commanditaire présumé de l'assassinat de l'avocat algérien Mecili arrêté et déféré à Paris

LA CROIX
PARIS (AFP) –
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[Document présenté le 08 avril 1987 à TF1, de Me Ali Mecili, avocat français d’origine algérienne, tué le 07 avril 1987 à Paris – © 2008 AFP – ]

Un responsable du protocole de l’Etat algérien, commanditaire présumé de l’assassinat de l’avocat opposant algérien Ali Mecili le 7 avril 1987 à Paris et objet d’un mandat d’arrêt international, a été arrêté jeudi à l’aéroport de Marseille-Marignane et déféré vendredi devant la justice à Paris, a-t-on appris de sources judiciaire et policière.

Mohamed Ziane Hassani est soupçonné d’être le commanditaire de cet assassinat qui aurait été exécuté par Abdelmalek Amellou, un petit truand algérien. Les mandats d’arrêt visant ces deux hommes avaient été signés le 7 décembre 2007 par le juge parisien Baudoin Thouvenot.

Cet Algérien « a été arrêté à Marseille-Marignane à l’arrivée d’un vol en provenance d’Alger », selon une source policière à Marseille.

« Il a été arrêté hier (jeudi) à Marseille-Marignane par la Police aux frontières (PAF), il a été déféré aujourd’hui (vendredi) au parquet de Paris et présenté au juge Thouvenot » en charge de l’instruction de cette affaire, a indiqué à l’AFP une source judiciaire à Paris.

« Le mandat d’arrêt vaut mise en examen », a précisé cette même source, ajoutant que Mohamed Ziane Hassani devait être présenté dans la soirée devant un juge des libertés et de la détention (JLD).

De son côté, le parquet a requis un non-lieu vendredi sur le mandat d’arrêt, auquel il s’était déjà opposé en décembre 2007 estimant que sa délivrance ne « s’imposait pas ».

M. Hassani « était porteur d’un passeport diplomatique mais n’est pas inscrit sur la liste des personnes jouissant de l’immunité diplomatique », a-t-on appris de source policière.

« Il a tenté de faire jouer une question d’homonymie avec les policiers de la PAF puis avec le procureur d’Aix-en-Provence sans succès »
, a-t-on raconté de même source.

M. Hassani, interpellé jeudi après-midi a été brièvement écroué dans le sud de la France avant son transfert à Paris.

« L’instruction avait abouti à un non lieu en 1993, déjà requis à l’époque par le parquet, mais les parties civiles avaient fait appel et la chambre de l’instruction (de la cour d’appel) avait décidé de reprendre l’enquête », a expliqué à l’AFP une source proche du dossier.

Selon cette source, le livre « Un crime d’Etats, l’affaire Mecili » publié en avril 1993 par le journaliste Michel Naudy a mis au jour « deux nouveaux témoins et le nom de Hassani est apparu à cette époque ».

En 2007, le juge Thouvenot a délivré des mandats d’arrêt, contre lesquels a requis le parquet, estimant qu’il n’y avait pas assez d’éléments. Ces dernières réquisitions de non lieu ont été prises en juin 2008″, selon une source proche du dossier.

L’avocat de Mecili, Me Antoine Comte, n’a pu être joint vendredi soir.

Ali Mecili, exilé en France en 1965, a été assassiné le 7 avril 1987 à l’âge de 47 ans de trois balles dans le hall de son immeuble à Paris.

Dès l’annonce du décès de Me Mecili, Hocine Aït Ahmed, l’un des chefs historiques de l’indépendance algérienne, alors en exil en Suisse, avait accusé « les services spéciaux algériens « d’avoir commandité cet assassinat.

M. Mecili faisait office de porte-parole d’Aït Ahmed, chef de file du Front des Forces socialistes (FFS, opposition) et l’un des principaux opposants au régime d’Alger.

Ali Mecili avait joué un rôle important entre Aït Ahmed et Ahmed Ben Bella, premier président de la République algérienne, qui avait fondé en décembre 1985 à Londres un « Front uni des forces opposées » au président Chadli Benjedid.

Pour Ben Bella, il ne faisait pas de doute que le meurtre du défenseur des droits de l’homme avait été « télécommandé par Alger ».


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