Édition du
25 March 2017

Tizi-Ouzou : L'angoisse et la peur du lendemain

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Au niveau de la wilaya de Tizi Ouzou, l’angoisse saisit les populations qui ne comprennent plus ce qui arrive au pays.

A peine remis de l’attentat à la voiture kamikaze contre le siège des Renseignements généraux de la ville des Genêts, voici et coup sur coup, l’attentat contre l’école de gendarmerie des Issers et le double attentat de Bouira. Très tôt dans la matinée, les gens ont été informés par le biais du téléphone mobile et de la presse nationale de l’horrible boucherie de Bouira concernant douze travailleurs dont trois sont originaires de Tizi Ouzou et tous appartenant à la société canadienne SNC Lavalin. Les citoyens étaient plus que choqués. On ne parle d’ailleurs que de cette recrudescence d’attentats kamikazes. Le visage fermé, Dda Mohand abordé dans la grande rue à Tizi Ouzou dit: «On ne reconnaît plus la Kabylie. Que se passe-t-il donc et pourquoi cet enchaînement de violence?» Des jeunes et des travailleurs meurent quasiment chaque jour. Ces gens-là sont réellement des fous, il semble que les forces de l’ordre n’ont plus qu’un moyen pour arrêter ces criminels, les éliminer tous! Un autre citoyen, lui aussi les yeux embués de larmes, dira qu’il pleure le pays «devenu un véritable Irak. Les citoyens se doivent de réagir et aider les forces de l’ordre. Seule une alliance population – forces de l’ordre est en mesure d’arrêter ce massacre». Des jeunes venus à l’université pour des papiers disent que «le terrorisme est plus à craindre avec le Ramadhan où on a peur que ces fous ne soient encore plus nuisibles. Mourir à vingt ans et souvent bêtement, c’est tragique». Les gens sont véritablement angoissés. Au moment où nous parlions avec eux, trois ambulances de Bouira fonçaient, sirènes hurlantes sur le CHU, pire encore une ambulance haut parleur sur le toit hurlait à l’adresse des passants «laissez passer SVP». Sur les trottoirs, les badauds s’arrêtent et regardent interloqués. On essaie d’aller aux services des urgences du CHU, mais impossible d’entrer, encore moins d’avoir des informations. Dehors les gens sont de plus en plus angoissés: «Que faire, se demandent un groupe de villageois, faire attention quand on descend en ville pour les emplettes ou alors ne plus descendre en ville? Alors il faut résister et continuer la vie, sans se soucier de ces engins car quand le jour de la mort arrive, personne ne peut y échapper.» Fatalité. Quand on a appris que trois travailleurs de Lavalin, originaires de Tizi Ouzou, sont morts dans les attentats de Bouira, les Tizi Ouzéens diront «nul ne peut échapper à son destin!» Depuis l’attentat kamikaze ayant visé le commissariat des renseignements généraux de Tizi Ouzou, les forces de sécurité sont devenus plus vigilantes et plus nerveuses aussi. La Kabylie blessée pleure chaque jour ses morts mais se montre encore plus déterminée à refuser le diktat des nervis.

A. SAÏD


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