Édition du
29 July 2017

Qui est derrière les attentats des Issers?

De nombreux algériens, y compris des observateurs avertis, pensent que les groupes du GSPC sont manipules par des clans du régime.
D’autres, moins nombreux, mais qui ont le monopole de l’information et qui occupent des charges au sein de l’État, des institutions et de la  »société civile » disent que cette thèse est tout à fait farfelue et qu’elle ne repose sur aucun indice sérieux.

Pourtant, si l’on se réfère aux confessions du Colonel Mohamed Samraoui, l’officier supérieur le plus recherché et le plus exécré du DRS, le GIA, de triste mémoire, a été crée par le Général Smain Lamari et les principaux émirs de ce groupe armé prenaient leurs consignes du DRS. Les autres officiers dissidents et qui ont préféré se jeter dans les routes de l’exil, plutôt que de se faire les complices d’une telle atrocité, apportent des témoignages tout aussi accablants.
Les dernières révélations du journal Italien  »La Stampa » sur l’affaire des moines trappistes ont confirmé ce qui se savait depuis leur assassinat par les observateurs et les militants algériens qui tentent désespérément de faire éclater des vérités criantes sur le rôle joué par les généraux janvieristes, dans les carnages perpétrés contre les populations civiles.
Ces hommes et ces femmes, qui soutiennent contre vents et marées, que le terrorisme islamiste a été suscité, puis récupéré et manipulé par des forces structurées, relevant du commandement militaire, ont été vilipendés, traînés dans la boue, moqués, insultés, désignés à la vindicte populaire, par les plumes qui se sont mises au service du régime, au prétexte qu’elle ont choisi le camp de la démocratie contre l’obscurantisme.

En août 2006, si je ne me trompe, le fameux Ahmed Zendjabil, dont la réputation de baron du kif, avait défrayé la chronique, qui portait le pseudonyme évocateur de  »Pablo Escobar algérien, et qui était recherché dans tout le pays, et même par Interpol, s’était rendu au juge d’instruction militaire de Blida, parce qu’il craignait, lui déclara-t-il d’être liquidé par ses associés qui voulaient éviter, à tout prix, un procès public.
A.Zendjabil, accompagné de ses avocats, déclara au juge d’instruction, qu’il demandait à bénéficier des dispositions sur la réconciliation nationale. Curieuse demande pour un trafiquant de drogue.
Il précisa au juge qu’il n’était que l’agent du général major Kamel Abderahmane, chef de la 2eme région militaire, et qui a exercé des fonctions éminentes au sein de la sécurité de l’armée. Très en verve, il expliqua au juge médusé par des confessions aussi effarantes, que de nombreux autres officiers supérieurs de l’armée activaient dans ces réseaux du kif, et qu’il avait servi lui même de relais entre de hauts gradés et des groupes terroristes, pour leur transmettre les consignes et les pourvoir en moyens, avec l’argent du trafic. Cette affaire tourna en eau de boudin.
Zendjabil est toujours au secret. S’il n’avait pas pris la précaution d’enregistrer ses confessions et de les mettre en lieu sûr, quelque part en Europe, il aurait déjà disparu.
Il semblerait, en attendant que l’affaire soit oubliée, qu’on lui aurait promis une petite peine symbolique, à la condition qu’il revienne sur ses déclarations. Le Général major et les nombreux autres complices de Ahmed Zendjabil n’ont jamais été inquiétés.

De nombreux autres éléments, tous aussi accablants les uns que les autres, sur l’implication des  »services » dans la  »gestion » du terrorisme, comme les cas Abderazak le para, Djamel Zitouni et Hassan Hattab, pourraient démontrer, avec clarté, l’usage que ces  »services » ont fait du terrorisme, pour arriver à des fins peu avouables, souvent crapuleuses.
Les prétextes d’infiltration, pour noyauter les groupes armés, et pouvoir ainsi les neutraliser, ont dégénéré en manipulation mafieuse, et en carnages délibérés. Le terrorisme, était devenu, entre les mains de ses concepteurs, un moyen  »politique » de lutte entre les clans, par victimes civiles interposées. Une technique, dite du frein et de l’accélérateur, qui peut ramener le calme dans le pays, ou le plonger dans l’horreur, en fonction des objectifs des uns et des autres.
Mais les généraux concernes ne l’entendent pas de cette oreille. Ils se sont opposes vigoureusement à toute investigation qui pourrait les montrer sous leur véritable jour. Leurs journalistes et politiciens de service disent  »ingerence » et  »atteinte à la souveraineté nationale », à chaque fois que la nécessite d’une enquête internationale s’impose..

La meilleure preuve en est que Abderazak le para a été condamne par la justice à une peine de prison par contumace, alors qu’il se trouve en villégiature chez le DRS qui refuse de le livrer.
C’est le même cas pour Hassan Hattab. Ces deux là savent trop de choses et il est préférable, pour leurs amis, de les garder sous la main.
Au nom de quoi, des services de sécurité, qui s’époumonent à crier qu’ils défendent l’État de Droit contre l’intégrisme, peuvent-ils ainsi dénier à la justice de juger un criminel qui se trouve sous leur protection?

Pourtant, si les généraux étaient vraiment innocents de ces graves accusations, ne seraient-ils pas les premiers à demander une enquête impartiale, pour être laves de tout soupçon?
Ils ne l’accepteront jamais, parce qu’ils savent qu’un vrai travail d’investigation, mené en toute liberté, et en toute légalité, par des parties indépendantes, sur le faisceau de présomptions, de lourdes présomptions, qui pèsent sur eux, démontrerait, sans l’ombre d’un doute, que des généraux algériens et des centaines d’agents qui ont exécuté leurs ordres, se sont rendus coupables de crimes contre l’humanité.

Mais revenons au dernier attentat des Issers!

Un véhicule chargé de plusieurs quintaux d’explosifs fonce droit sur le groupe de jeunes candidats qui attendaient devant une école de formation de gendarmerie. Cet attentat kamikaze fera 44 morts et des dizaines de blessés, dont trois autres décèderont des suites de leurs blessures. L’attentat a donc été préparé pour tuer ces jeunes bacheliers qui venaient passer un concours d’entrée à cette école. Or, un indice troublant pose question. Comment les auteurs de l’attentat savaient-ils que ces jeunes candidats allaient attendre dehors, à l’entrée de l’école? La logique et les mesures draconiennes prises pendant ces derniers temps, pour parer à toute mauvaise surprise justement, n’auraient-elle pas voulu que les candidats soient introduits dans l’école au fur et à mesure de leur arrivée? D’autant qu’ils ne sont pas tous arrivés en même temps, et qu’ils venaient des quatre coins du pays. Je répète ma question: Comment les auteurs de l’attentat pouvaient savoir que les candidats allaient s’attrouper devant l’école de gendarmerie?

Si ces jeunes malheureux avaient pu entrer, dans une salle destinée à les recevoir, il n’y aurait pas eu de raison de préparer cet attentat. Il n’aurait pas fait de victimes. La preuve en est que le seul gendarme qui a été tué se trouvait à l’entrée. Les personnes qui se trouvaient à l’intérieur du bâtiment n’ont pas subi le plus petit dommage. Les auteurs de l’attentat savaient avec certitude que les jeunes candidats allaient leur être offerts sur un autel. A l’heure dite!

Comment, dans de telles circonstances, ne pas se poser de questions?

D.B


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