Édition du
22 March 2017

Salah-Eddine Sidhoum : Œuvrons d’abord à nous réunir autour d’une plateforme de principes et de valeurs acceptées et respectées par tous

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Salah Eddine SIDHOUM
« Pour nous, cette dynamique pacifique populaire de changement est en continuité avec le mouvement national authentique libérateur »

Je tiens avant tout à présenter à toutes et à tous mes compatriotes mes meilleurs vœux à l’occasion du mois sacré du Ramadhan. Que Dieu Agrée notre jeûn et nos prières pour une Algérie fraternelle, paisible et prospère pour tous ses enfants.
Au frère Amine qui s’interroge sur les méthodes pratiques pour atteindre l’objectif d’un État de droit, je dirais qu’il ne faudrait pas brûler les étapes et que toute œuvre commence par une idée et « rien n’est plus fort qu’une idée dont l’heure est venue ». Œuvrons d’abord à nous réunir autour d’une plateforme de principes et de valeurs acceptées et respectées par tous. Œuvrons à rassembler autour d’elle un maximum de compatriotes et mettons en œuvre ces principes sur le terrain dans une 3e étape. Nous travaillons dans la transparence la plus totale et au moment opportun, nous informerons nos concitoyens de l’avancée de notre travail de réflexion. Tahia Bladi et le Forum de la dignité et du changement, sont les lieux de débats sur les grandes questions politiques autour desquelles s’articule cette plateforme (Manifeste). Nous invitons nos compatriotes à enrichir les débats avec leurs idées et propositions. A l’heure actuelle, nous avons le web et les chaînes satellitaires pour nous exprimer ainsi que les contacts directs avec nos compatriotes. Exploitons-les à fond.
Seule la démocratie et les institutions légitimes viendront à bout des extrémismes de tous bords et d’une manière pacifique, comme cela se passe dans les pays démocratiques. On ne règle jamais un problème politique avec des blindés et la torture.
Ce travail préliminaire de réflexion sera soumis à toutes les volontés politiques sincères dont nos frères du mouvement national. Je puis vous dire que beaucoup de ces frères nous ont apporté leur soutien. Pour nous, cette dynamique pacifique populaire de changement est en continuité avec le mouvement national authentique libérateur.
Au frère signant sous le pseudonyme Lounés 8, je répéterais ce que j’ai dit à notre compatriote Amine : toute action commence par une idée. Cette dernière est en train de mûrir lentement mais sûrement. Nous avons besoin de la mobilisation de toutes les volontés sincères et j’espère que vous serez de ces volontés. Vous n’avez pas à vous excusez, cher frère. Vous ne me heurtez nullement. C’est votre droit de vous interroger sur les voies et moyens de sortir notre cher pays de ce tunnel ténébreux.
Aux frères Hali et Brahim Brakmi. Je comprends qu’une partie de nos élites soit traumatisée durant la décennie 90 et bien avant par les comportements de certains militants du FIS qui faisaient peur à notre couche moyenne. Ces comportements n’ont pas pu être neutralisés par la direction du FIS, obnubilée et aveuglée par une éventuelle prise du pouvoir. Ces comportements ont également été encouragés voire amplifiés par les services de l’action psychologique de la sinistre police politique, pour terroriser les citoyens et présenter ce parti comme un « ghoul ». Et on a fini par graver dans les cerveaux de certains de nos compatriotes les équations islamistes = terroristes, islamistes = fascistes.
Non, mes chers amis, on retrouve des démocrates chez les nationalistes, chez les islamistes, chez les sociaux-démocrates et chez les gens de gauche. Tout comme on retrouve des fascistes chez les nationalistes, les islamistes et chez beaucoup de gens autoproclamés « démocrates ». Le drame national nous a donné de nombreux exemples. Donc il ne faudrait pas généraliser et ne pas exclure gratuitement des pans entiers de la société. Au nom de quelle démocratie doit-on exclure une tendance politique ? Seul le peuple SOUVERAIN est en droit de sanctionner par les urnes, tel ou tel parti. Je crois que le frère K. Abenceraj a très bien décortiqué la question du FIS. Je le salue pour sa clairvoyance et sa franchise.
Je crois que malheureusement chez certains de nos intellectuels un amalgame incompréhensible s’est ancré dans leurs esprits. On parle de nationalistes et de démocrates ou d’islamistes et de démocrates. A leurs yeux, consciemment ou inconsciemment, nationalisme, islamisme et démocratie sont des idéologies ! Non ! Je crois qu’il est temps de corriger tout cela. La démocratie n’est qu’un moyen de gestion politique et non une idéologie. Et comme je l’avais dit précédemment il y a des démocrates aussi bien chez les nationalistes que chez les islamistes.
Autre point concernant la religion. Je crois que nous sommes tous d’accord que la manipulation de la religion ne date pas de 89. C’est ce pouvoir illégitime qui a toujours usé et abusé de notre religion pour légitimer et asseoir son pouvoir. Rappelons-nous de la mobilisation de ce que nous appelons les imams-CCP pour nous expliquer lors de la grande prière du vendredi, des bienfaits de la fumeuse révolution agraire et des virtuelles révolutions culturelle et industrielle. Rappelons-nous des interventions de ces oulémas de service sur les écrans de l’organe télévisuel de propagande pour s’attaquer à toute velléité d’opposition populaire (grèves d’étudiants des années 60 et 70, manifestations en Kabylie en 80, etc….). C’est cette manipulation de l’Islam, ciment de l’unité nationale par le régime qui a provoqué les dérives de certains groupes sociaux opprimés qui se sont reconnus après la supercherie démocratique d’octobre 88 dans le FIS.
Je crois que les frères signant sous les pseudo Brahim, jnsp et Harrag ont objectivement répondu à vos questions concernant les rapports entre l’Islam et l’Etat. Celui qui vit les réalités nationales n’ignore pas le poids des valeurs spirituelles et civilisationnelles dans la société algérienne et ce depuis des siècles. Il est surprenant que certains de nos intellectuels – une minorité certes – occultent cette réalité et cette vérité et les évacuent de leur pensée et de leur vision intellectuelle et politique. Peut-on aller à l’encontre des réalités socio-politiques de sa propre société ?
Il n’y a aucune gêne ou honte à emprunter certains mécanismes des pays occidentaux et les intégrer à nos valeurs. Mais de là à occulter nos valeurs spirituelles et singer aveuglément les autres, c’est un pas à ne pas franchir si nous voulons garder notre personnalité et notre crédibilité.
En réponse au frère signant sous le pseudo Dessack, je pense avoir toujours dit que la dynamique que nous voulons déclencher doit transcender les partis et les idéologies. Vous retrouverez cela dans mes messages et mes articles. Le problème n’est pas de défendre tel ou tel parti, ou telle ou telle mouvance, mais d’œuvrer tous ensemble, toutes tendances et toutes chapelles politiques confondues au changement radical et pacifique de système et de doter le pays d’institutions démocratiques. Une fois le terrain politique balisé, chacun est libre de défendre ses idées, sans exclusion aucune. Et le peuple souverain choisira sa voie et ses représentants dans le cadre d’une véritable vie politique saine et d’une véritable alternance démocratique et non clanique.
Au frère Ammi Saïd: de quelles minorités parlez-vous? Je n’ai pas bien saisi votre question.
Le frère AM. Yidir a soulevé de nombreuses questions pertinentes qui méritent d’être débattues sereinement. Je le remercie.
Merci à toutes et à tous pour leur participation au débat. Continuons à débattre dans le calme et la sérénité de toutes ces questions lancinantes qui nous divisent, le plus souvent artificiellement. Il y va de l’avenir de notre pays et de notre Nation.
Salutations fraternelles.

Salah-Eddine Sidhoum.
Alger.

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