Édition du
26 July 2017

Affaire Mecili : Mohamed Ziane Hasseni est toujours à Paris

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Par :A. Ouali

Le diplomate algérien ne se présente plus qu’une seule fois par semaine au lieu de deux devant les services de police. L’allégement du contrôle judiciaire est un signe que l’étau s’est largement desserré autour de lui.

Présenté lundi devant le juge d’instruction français, qui a délivré un mandat d’arrêt dans l’affaire de l’opposant Ali Mecili, le diplomate Mohamed Ziane Hasseni se trouve toujours à Paris. Contrairement à ce qui a pu être rapporté, le responsable du protocole au ministère des Affaires étrangères n’a pas regagné Alger.
Des proches et des sources diplomatiques contactés par Liberté ont assuré que M. Hasseni se conformait aux décisions de la justice. Le dossier ne semble pas pollué par des interférences politiques. Le juge Baudouin Thouvenot, qui a relancé l’affaire avant d’entendre lundi M. Hasseni, a d’ailleurs allégé le contrôle judiciaire auquel le mis en cause est soumis.
Toujours astreint à ne pas quitter la région parisienne, il ne se présente plus qu’une seule fois par semaine au lieu de deux devant les services de police. L’allégement du contrôle judiciaire est un signe que l’étau s’est largement desserré sur le diplomate. “On n’est pas mal”, s’est d’ailleurs réjoui son avocat Me Jean-Louis Pelletier après l’audition de lundi.
Au fil des jours, son accusateur ne semble être qu’un affabulateur. Il est maintenant acquis que la personne identifiée par l’ex-officier Mohamed Samraoui comme étant M. Hasseni ne l’est pas du tout. La démonstration en a été faite devant le juge. Il reste le scénario d’une confrontation entre l’un et l’autre, d’ailleurs demandée par la famille de l’opposant assassiné en 1987 à Paris. Le diplomate ne semble guère l’appréhender et garde toute sa confiance. Pour lui, il n’y a rien d’autre qu’une confusion issue d’une quasi-homonymie. L’homme contre lequel un mandat d’arrêt a été délivré s’appelle Hassani et non Hasseni.
Plus grave encore, les autres éléments de l’identité sont tous différents : le prénom, la date et le lieu de naissance et la profession. Autant de “failles” sur lesquelles la défense s’est appuyée pour faire appel de l’inculpation et du contrôle judiciaire devant la chambre d’instruction de la cour d’appel de Paris.
La chambre d’instruction (ou d’accusation) statue sur les décisions du juge d’instruction susceptibles d’appel. Elle examine obligatoirement l’instruction de toutes les affaires criminelles avant qu’elles ne soient renvoyées, le cas échéant, devant la cour d’assises. Si la date de la plaidoirie n’est pas connue, elle ne saurait quand même pas tarder. “On ne sait pas quand on va plaider mais ce sera à une date très proche”, nous a indiqué Me Pelletier, précisant que s’il obtenait l’annulation de l’inculpation, il n’y aurait plus lieu de plaider sur le contrôle judiciaire.
Dans ce cas, le diplomate aura dans le dossier le statut de “témoin assisté”, à mi-chemin entre celui de simple témoin et celui d’inculpé. À la fin de l’audition, le diplomate est apparu confiant, selon ses proches.
Ali Mecili, 47 ans, exilé en France en 1965 et proche de Hocine Aït Ahmed, avait été assassiné par balle le 7 avril 1987 dans le hall de son immeuble à Paris. Arrêté, le meurtrier présumé avait été expulsé vers l’Algérie. Il est aussi visé par un mandat d’arrêt de Baudouin Thouvenot.

A. OUALI


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