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21 July 2017

Rice en Algérie, incite Tunis à plus de réformes et parle du terrorisme

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Il y a 12 heures

Bouteflika & C. Rice
ALGER (AFP) — La secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice et le président algérien Abdelaziz Bouteflika ont réaffirmé samedi à Alger leur volonté de combattre le terrorisme et de développer leur coopération dans ce domaine, au terme d’un entretien de deux heures.

Condoleezza Rice est arrivée samedi soir à Rabat, dernière étape d’une tournée au Maghreb, a constaté une journaliste de l’AFP.

« Nous avons parlé de notre grand intérêt dans la lutte contre le terrorisme et la coopération » dans ce domaine, a déclaré Mme Rice à l’issue de cet entretien. « J’ai eu l’opportunité de bénéficier de la connaissance du président Bouteflika sur la région. Il est vraiment l’un des hommes les plus sages de la région, au Maghreb et même au-delà », a ajouté Mme Rice avant de quitter Alger.

Si « notre coopération est bonne (dans la région) (…) il est toujours possible de faire plus pour renforcer le partage d’informations », a-t-elle ajouté.

Concernant les anciens prisonniers de Guantanamo transférés dans leur pays et la disparition de certains selon Human Rights Watch, elle a affirmé que tout semblait normal concernant cette question. « Notre objectif est de travailler avec de bonnes garanties de sécurité et la protection des droits de l’homme pour ces anciens détenus », a-t-elle dit.

Cette visite de Mme Rice en Algérie entre dans le cadre d’une tournée qui l’a menée, après une brève escale au Portugal, en Libye puis en Tunisie et qu’elle terminera au Maroc.

A Tunis, elle a pressé le gouvernement tunisien d’accélérer ses réformes politiques et évoqué la menace terroriste dans la région, au cours d’un entretien avec le président Zine El Abidine Ben Ali à son palais de Carthage.

« Il y a eu des réformes politiques », a-t-elle ensuite précisé à quelques journalistes dans l’avion la conduisant de Tunis à Alger.

« Nous avons très clairement fait savoir que nous aimerions que la Tunisie en fasse davantage », a précisé Mme Rice en indiquant avoir eu avec le président tunisien une « discussion très bonne et intense » sur la liberté de la presse, la libéralisation de l’internet, l’accès de l’opposition à la télévision.

Washington a souvent poussé la Tunisie vers plus de réformes démocratiques en mettant en avant les réalisations socio-économiques du pays, ainsi que son « rôle clé » dans la lutte contre l’islamisme radical et la menace terroriste.

Mme Rice a ainsi tenu à souligner « le rôle extraordinaire joué par les femmes en Tunisie », où elles ont « accompli un grand progrès », en allusion au statut social libéral et aux lois émancipatrices dont jouissent les Tunisiennes depuis 1957.

M. Ben Ali a été investi fin juillet pour un 5e mandat de cinq ans à la présidence aux élections de 2009 en Tunisie mais une partie de son opposition réclame plus de réformes et revendique une alternance au pouvoir.

La secrétaire d’Etat américaine a en outre fait part à M. Ben Ali des entretiens qu’elle avait eus la veille avec le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi.

Les Etats-Unis ont reconnu à la Tunisie un rôle positif auprès du dirigeant libyen pour l’amener à une politique modérée et conciliante avec l’Occident.

Cette tournée intervient dans un contexte de menace terroriste contre la secrétaire d’État américaine, qu’un jihadiste a appelé à assassiner durant son périple au Maghreb, et des mesures de sécurité exceptionnelles ont été prises à Alger.

« Les terroristes essaient. Ils choisissent des cibles et malheureusement il y a eu une série d’explosions ici. Je ne pense pas qu’un risque particulier existe dans cette région », a-t-elle dit à ce sujet à Alger, en réponse à une question sur cette menace d’attentat d’Al-Qaïda au Maghreb à son encontre.

Condoleezza Rice a aussi évoqué avec M. Ben Ali la situation en Mauritanie, dont le président a été renversé en août par un coup d’Etat militaire.

La Mauritanie est membre de l’Union du Maghreb arabe (UMA) avec l’Algérie, la Libye, le Maroc et la Tunisie, mais Nouakchott est exclue du périple de Mme Rice, Washington ayant condamné le putsch contre le président élu.

Photo AFP : La secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice et le président algérien Abdelaziz Bouteflika à Alger le 6 septembre 2008


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