Édition du
30 March 2017

Suite à une pétition signée par au moins 25 inspecteurs : Le directeurde l’IGF limogé

elwatanlogo.gifCe qui était attendu depuis des semaines a finalement eu lieu dimanche en fin de journée. Le président de la République a signé la mise en fin de fonctions de Belgacem Aït Saâdi, directeur général de l’IGF. Cette décision n’est pas fortuite. Elle intervient pour mettre un terme à un climat des plus tendus qui règne depuis des mois au sein de la direction générale. A l’origine, un conflit relationnel avec les inspecteurs et certains cadres de l’inspection qui lui reprochent surtout ses décisions « unilatérales », « le mépris » affiché envers ses subordonnés, « la mise à l’écart » de certains cadres et surtout sa gestion « controversée » de l’inspection.

Ce qui a engendré un climat de « suspicion et de démobilisation » au sein du service. Ne pouvant plus exercer dans ces conditions, les cadres ont fini par s’en remettre d’abord au ministre des Finances puis au chef du gouvernement auxquels de nombreux écrits ont été transmis. Il y a quelques semaines, au moins 25 inspecteurs ont signé une pétition contre leur directeur général, qu’ils ont adressée au président de la République, l’exhortant à mettre un terme à cette situation. Ce n’est que dimanche dernier, en fin de journée, que la décision de mise en fin de fonctions a été signée, et son remplacement n’est qu’une question de temps. Déjà le nom de son successeur circule dans les couloirs de cette institution.

Il s’agirait d’un cadre du service de compatibilité du ministère des Finances, apprend-on de source proche de l’IGF. Il est à rappeler que M. Aït Saâdi était chef de division au niveau de l’inspection, avant d’être promu à la tête de celle-ci, au mois de juillet 2006, après le départ de Abdelmadjid Amghar, pour occuper le poste de directeur de la cellule du traitement du renseignement financier (Ctrf). Pour de nombreux inspecteurs avec lesquels nous nous sommes entretenus, « le climat de tension qui a régné depuis des mois a démobilisé l’équipe d’inspection et réduit au strict minimum son rendement à cause de la détérioration du climat relationnel avec le directeur général ». Hier, jusqu’en fin de journée, aucune information officielle n’a été rendue publique par les autorités, alors que la nouvelle avait fait le tour des bureaux de l’inspection générale.

Il n’a pas été possible non plus de prendre attache avec M. Aït Saâdi qui est resté injoignable durant toute la journée. Ainsi, au moment où les efforts consentis pour renforcer les prérogatives et les missions des inspecteurs viennent d’être concrétisés à travers des textes de loi adoptées, l’IGF, cet instrument de contrôle des finances publiques, se trouve au centre de plusieurs polémiques. La première concerne la gestion interne de cette institution, dont les dépenses sont souvent critiquées par certains de ces cadres. Des dépenses qui ont fait d’ailleurs l’objet de nombreux écrits ayant alimenté la presse nationale. Ce qui a relancé la question du contrôle de cet instrument auquel l’Etat consacre un budget annuel très conséquent et des moyens matériels (entre autres un parc immobilier et parc automobile dont la gestion reste très controversée) importants.

Certains cadres qui ont osé briser le mur du silence en dénonçant la gabegie qui régnait au sein de l’inspection ont pour la plupart été marginalisés, écartés, mutés voire relevés de leur poste. Cela n’a pas empêché certains rapports sur des affaires jugées compromettantes d’atterrir sur les bureaux des plus hauts responsables de l’Etat, entre autres l’ex-chef de gouvernement, Abdelaziz Belkhadem, et son successeur, Ahmed Ouyahia. Ce dernier a même été destinataire de plusieurs écrits durant son passage à la tête du gouvernement dans les années 1990. Peut-on espérer que le départ de M. Aït Saâdi permette aux autorités de rouvrir le dossier de l’IGF et de passer au peigne fin la gestion de l’inspection, d’autant que cette institution a la lourde tâche, entre autres, de contrôler les finances de l’Etat, et de ce fait, ses hommes qui la représentent et qui agissent en son nom doivent être plus blancs que blanc ?

Par Salima Tlemçani


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