Édition du
26 March 2017

A l'écoute des jeunes Harragas : "Non ! à la répression…"

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Ligue Algérienne pour la Défense des Droits de l’Homme

La LADDH-Annaba a organisé mardi 16 septembre dernier une rencontre à l’écoute des harragas et de leurs familles en présence de personnalités de la société civile.
Elle a constaté avec consternation l’étendue du phénomène de l’émigration clandestine qui ne cesse de prendre de l’ampleur: à partir des plages d’Annaba et de ses environs il concerne maintenant toutes les régions du pays et aussi l’Afrique sub-saharienne.
Harrag qui rame rame rame
Tous les participants ont insisté sur la principale cause de ce drame: une détresse sociale qui frappe de plein fouet une grande partie de la population et plus particulièrement la jeunesse, victime frappée du chômage massif, dans un désert culturel et sans perspectives d’avenir. Les familles sont aujourd’hui inquiètes de voir leurs enfants en déshérence plonger dans cette aventure
Le constat a été unanime: la responsabilité de cette situation incombe au pouvoir. Malgré une miraculeuse embellie financière apportée par la hausse du prix du pétrole, la majorité de la population continue de vivre dans la pauvreté à la recherche des moyens de sa survie. Force est de constater que la base sociale du régime est maintenant constituée d’une frange prédatrice, étroite, de la société qui affiche ostensiblement et sans vergogne son opulence, sans égard ni solidarité pour ceux qui souffrent, abandonnés à leur sort
Le cas particulier de notre voisin tunisien a été évoqué: des harragas interceptés en mer à ce niveau auraient été délestés de leurs économies, d’autres sont arbitrairement emprisonnés, parfois accusés de « graines de terroristes. Un cas de complicité algéro-tunisienne des autorités a été soulevé dans une affaire où une accusation d’homicide volontaire a été suspectée par la famille et étouffé à ce jour.
Les participants ont écouté avec émotion le compte rendu du drame humain que vivent les familles de harragas disparus en mer, enterrés ou emprisonnés anonymement à l’étranger. Toutes les démarches entreprises en vue d’obtenir l’aide qui leur est due dans les différentes démarches se sont heurtées à l’indifférence voire le cynisme des responsables de l’administration auprès desquels ils n’ont trouvé ni aide ni écoute ni même compassion.
Finalement le gouvernement a répondu à cette situation par la répression: l’emprisonnement des harragas récupérés en mer ou expulsés.
Au-delà de son activité pour la défense des droits de l’homme, la LADDH-Annaba constate avec tristesse que toute humanité a disparu dans le comportement des responsables de ce pays, comme s’ils n’avaient pas des enfants et une famille pour comprendre la détresse que vivent les familles des harragas dont elles sont sans nouvelles.
Au terme de cette rencontre la LADDH-Annaba a pris la décision de contribuer à la prise en charge de ce drame qui insulte les droits de l’homme:

– Mise en place d’une cellule d’accueil et d’écoute
– Recensement des harragas avec un registre spécial des harragas dont les familles sont sans nouvelles
– Revendication de procédures internationales d’identification des harragas décédés en particulier par le test d’ADN devenu aujourd’hui une procédure de routine
-Recherche d’un pool d’avocats engagés, sensibilisés à se problème et susceptibles d’aider les familles dans leurs démarches auprès de l’Administration
– Etablissement de relations avec les associations des autres régions du pays engagées dans ce problème
– Alerte internationale en particulier en direction des ONG des pays riverains en vue d’identifier les harragas dont on est sans nouvelles et de revendiquer le respect des droits de l’homme au sein des structures où ils sont détenus
La LADDH interpelle le gouvernement en vue de prendre réellement en charge ce problème dans toute sa complexité, sociale, nationale, politique et internationale. Elle demande que ce problème soit abordé avec humanité tout en rappelant que le droit pour tout citoyen d’émigrer doit être reconnu et non combattu. Comme elle souhaite que les responsables politiques imaginent une politique de l’émigration qui n’a rien de honteux et qui réponde aux souhaits de la population.

Le Président de la LADDH-Annaba
Annaba le 17 septembre 2008


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