Édition du
26 July 2017

L'Algérie à la 92ème place dans le classement annuel de la corruption (TI)

Transparency International
Transparency International publie son classement annuel sur la corruption
L’Algérie se maintient toujours à un très bas niveau !

L’ONG de lutte contre la corruption Transparency International (qui est basée à Berlin) vient de rendre public aujourd’hui son Indice de perceptions de la corruption (IPC) pour 2008 – indice créé en 1995-, Indice qui donne une estimation assez fidèle sur l’étendue de la corruption au niveau de 180 pays.
L’IPC évalue la perception du niveau de corruption affectant les administrations publiques et la classe politique. C’est un indice composite fondé sur différents sondages et enquêtes réalisés par des organismes indépendants. Il classe les pays sur une échelle de 0 (haut degré de corruption perçu) à 10 (faible degré de corruption perçu).
L’Algérie obtient de nouveau, et ce, pour la 6e année consécutive, une très mauvaise note — 3,2 sur 10, et un très mauvais classement, la 92ème place sur 180 pays classés ! Quels étaient les scores de l’Algérie les 5 années précédentes ? En 2007 : 3 sur 10, et la 99 ème place. En 2006 : 3,1 sur 10 et 84ème place (sur 163 pays) ; en 2005 : 2,8 et 97ème place (sur 159 pays) ; en 2004 : 2,7 et 97ème place (146 pays) ; en 2003 : 2,6 et 88ème place (sur 133 pays).
L’Algérie est en 10ème position sur 18 pays arabes classés, après la Tunisie et le Maroc qui obtiennent de meilleurs scores (respectivement 4,4 et 3,4), le Qatar étant en tête de sous-classement régional avec une note de 6,5, l’Irak fermant la marche avec la note désastreuse de 1,8 sur 10 !
La situation sociopolitique et économique catastrophique qui prévaut en Algérie, depuis plusieurs années déjà, n’a cessé de favoriser les conditions de l’explosion de la corruption — petite et grande — à tous les niveaux, et tout est fait par le pouvoir en place, pour que la généralisation de ce fléau se poursuive à grande échelle : la corruption, instrument du pouvoir et de pouvoir ?

Le retour en force d’un Etat policier, autoritaire, répressif et liberticide, est un des principaux indicateurs de ce maintien de l’Algérie parmi les pays cancres de la corruption au sein de la communauté internationale. Les dénonciateurs, les donneurs d’alerte, les victimes et les témoins de la corruption continuent de subir des représailles systématiques de la part des pouvoirs publics, notamment de leur employeur, des services de sécurité toutes casquettes confondues, et de la justice.
Les résultats de l’IPC 2008 montrent par ailleurs que la grande corruption dans les transactions commerciales internationales prend des proportions de plus en plus inquiétantes. Ce n’est pas un hasard non plus si les relations économiques et commerciales de l’Algérie avec les 10 pays en tête de ce classement – Danemark, Suède, Nouvelle Zélande, Singapour, Finlande, Suisse, Islande, Pays-Bas, Australie et Canada, -, ne représentent même pas 1% de ses importations !Le gouvernement et les entreprises d’un pays corrompu ne commercent qu’avec les pays et les entreprises qui facilitent cette corruption !
Avec les résultats catastrophiques de cet IPC pour l’Algérie, ceux qui croyaient que derrière les discours officiels et autres déclarations où le chef de l’Exécutif et son ministre de la justice évoquaient leur intention de lutter contre la corruption se cachait une réelle volonté politique, en ont eu pour leur “naïveté” politique : tout cela était de la poudre aux yeux destinée aux partenaires internationaux, et qui a surtout servi au plan interne, à régler des comptes pour des luttes de pouvoir.
Non seulement l’arsenal législatif et réglementaire algérien adopté ces dernières années en matière de prévention et de lutte contre la corruption est très indigent et très incomplet, mais il n’est même pas appliqué : 2 exemples parmi tant d’autres le démontrent. Le 1er, l’agence gouvernementale contre la corruption, malgré toutes ses limites réglementaires, n’est toujours pas mise en place, 22 mois après la publication de son décret de création ! Second exemple, le processus de déclaration de patrimoine est éclaté et dispersé, sans mécanisme de suivi et de contrôle, et donc inappliqué à ce jour : que fait le 1er Président de la Cour suprême qui a la charge de ce processus ?
Il n’y a jamais eu de volonté politique pour lutter contre la corruption, et on ne peut même pas considérer qu’il y a eu échec du chef de l’Etat et de son gouvernement, car rien n’a été fait de concret pour freiner l’extension de ce fléau.Mais plus grave encore et sans honte bue, l’Algérie continue de s’opposer au sein des Nations Unies à la mise en place de mécanismes internationaux d’évaluation de l’application de la Convention des Nations Unies contre la corruption !L’énorme manne pétrolière entre les mains du pouvoir, dans pareil contexte, ne contribue qu’à entretenir cette corruption et les 200 milliards de dollars qu’a débloqués le gouvernement pour la commande publique sur 5 ans sont la proie des prédateurs et des charognards mafieux, la réglementation sur les marchés publics étant systématiquement détournée, le gré à gré, encouragé par le pouvoir central, étant devenue la règle dans nombre de ministères et au niveau des Exécutifs de wilaya.
Cette pratique du gré à gré se multiplie même en Conseil des ministres, notamment pour les grands projets d’infrastructures. Il y a même eu récemment une nouvelle tentative de « libéraliser » davantage la réglementation sur les marchés publics. Le Conseil des ministres tenu le 23 juillet 2008, sous la présidence du chef de l’Etat, avait adopté un décret présidentiel modifiant et complétant celui du 24 juillet 2002, portant réglementation des marchés publics, décret qui avait déjà été modifié en septembre 2003. Ces modifications ont pour objectif de «libéraliser» davantage le code des marchés, code qui était déjà très en deçà des normes internationales en vigueur. La commande publique tant au niveau central qu’à l’échelle locale ne sera presque plus régie par des règles à l’avenir, le gré à gré devenant la pratique dominante, au lieu d’être l’exception, ce qui va encore ouvrir plus largement le lit de la corruption à tous les niveaux. Le gouvernement s’est caché derrière les walis — ces derniers seraient à l’origine d’une demande pour rendre plus permissible la gestion des marchés publics — pour justifier cette déréglementation, considérant que la réglementation actuelle est un obstacle à la bonne réalisation des marchés et au respect des délais. Cet alibi qui ne dit pas son nom va favoriser les pratiques les plus opaques et la politique du fait du prince. D’ailleurs ce projet de décret est tellement scandaleux, que 2 mois après son adoption, le gouvernement ne l’a toujours pas été publié au Journal officiel.
Les Algériens doivent continuer à se mobiliser davantage pour construire la démocratie, faire reculer la pauvreté sous toutes ses formes, faire respecter les droits de l’homme, instaurer les libertés et lutter contre la corruption. L’AACC, avec l’ensemble de ses partenaires et les citoyens honnêtes et intègres, avec le soutien des médias, poursuivra le combat pour la transparence dans la vie publique, en privilégiant notamment l’action de proximité, et en accentuant la pression sur les pouvoirs publics à tous les niveaux.

La coalition mondiale contre la corruption
Association algérienne de lutte contre la corruption (AACC)
Section algérienne de Transparency International
Centre familial Ben Aknoun _ ALGER
E-mail : aaccalgerie@yahoo.fr
Contact presse : Djilali Hadjadj Tél. 07 71 43 97 08

Pour en savoir plus sur l’IPC 2008, il faut consulter le site web de Transparency
International : www.transparency.org


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