Édition du
24 July 2017

L’ACADÉMIE ALGER-EST ASSAILLIE

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Une indescriptible anarchie !

Il est à peine un peu plus de dix heures mais devant l’Académie d’Alger Est à Belfort, il y a déjà beaucoup de monde. Des enseignants, des parents d’élèves venus pour des raisons totalement différentes, attendent d’être reçus.
Nawal Imès – Alger (Le Soir) – L’Académie est depuis le début septembre assaillie par un nombre impressionnant de personnes. Il faut dire que c’est à ce niveau que sont réglés les transferts des élèves, les dérogations, la reconduction des contrats des professeurs contractuels et les dossiers de retraite des travailleurs de l’éducation. C’est justement cette centralisation qui est à l’origine de cette situation qui n’arrange ni les employés de l’Académie, ni les personnes désirant régler un problème. En mettant toutes les prérogatives entre les mains d’une seule structure, le ministère de l’Education nationale a créé une situation que dénoncent les parents d’élèves. «C’est la deuxième fois que je viens ici sans résultat. La première fois, je n’ai pu voir personne. Aujourd’hui, je tente encore ma chance. Je veux tout simplement qu’on trouve une place pour ma fille dans le préscolaire. Je ne comprends pas pourquoi ils disent qu’il n’y a pas de places», se plaint une mère de famille. Même indignation de ce père qui tente désespérément de faire transférer son fils d’un établissement à un autre. «Je ne comprends pas le fonctionnement de l’Académie. C’est un bunker. Pour y régler rapidement un problème, il faut vraiment connaître quelqu’un ici ou être condamné à faire de longues files d’attente ou de fréquents allers-retours », dit-il. La tâche semble ardue également pour les agents chargés du maintien de l’ordre à l’entrée de l’Académie. Ils tentent d’orienter comme ils peuvent et filtrer les entrées mais tout le monde pense qu’il frappe à la bonne porte et insiste pour être reçu. Résultat : dans des bureaux exigus, des employés stressés reçoivent tant bien que mal les citoyens qui les trouvent trop expéditifs, pas assez serviables. C’est dire que la satisfaction n’est ni dans un camp, ni dans l’autre. Cette année, une autre catégorie est venue gonfler les rangs des personnes qui espèrent trouver une solution à leurs problèmes. Les enseignants contractuels sont très nombreux à frapper aux portes de l’Académie dans l’espoir de voir leurs contrats reconduits. Devant la porte de la structure éducative, il y a plus de déçus que de satisfaits. Beaucoup de contractuels ont, en effet, appris qu’ils ne pourraient prétendre cette année à un poste d’emploi en raison des nouvelles «directives» du ministère qui interdit l’accès à des postes d’emploi aux enseignants qui n’ont pas de diplômes spécialisés. En d’autres termes, les enseignants ingénieurs, par exemple, ou détenteurs d’une licence de sociologie sont automatiquement exclus du secteur. En dépit de cette réponse sans cesse donnée, les contractuels ne baissent pas les bras. Sachant que des postes sont toujours vacants, ils tentent tous les jours leur chance et font d’incessants allers-retours au niveau d’une académie qui gagnerait à être restructurée.
N. I.


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