Édition du
25 March 2017

L'Algérie est mal placée pour parler de ce sujet

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Droits de l’Homme – Provinces du Sud

L’ambassadeur, représentant permanent de la Mission du Royaume du Maroc auprès de l’Office des Nations unies à Genève, Mohamed Loulichki a estimé lundi que l’Algérie, avec un lourd bilan d’un millier de disparus recensés par le Groupe de travail sur les disparitions forcées, était mal placée pour parler des droits de l’Homme dans les provinces marocaines du Sud.

Mohamed Loulichki

« Lorsqu’on a un record très triste en matière de disparitions forcées, lorsque le groupe de travail sur les disparitions forcées recense plus d’un millier de disparitions pour lesquelles le gouvernement algérien n’a pas répondu en termes de disparitions forcées, on est le moins qualifié et le moins habilité à jeter la pierre sur son voisin », a indiqué M. Loulichki, qui répondait à une intervention du représentant de l’Algérie, qui tentait de dénaturer le débat, après la mise en cause de son pays, par une ONG internationale sur les disparitions forcées.

« Lorsqu’on a une maison en verre, on ferait mieux de se garder de jeter la pierre à d’autres », a-t-il ajouté, s’adressant au représentant de l’Algérie.

Lors d’un panel organisé au Palais des Nations, dans le cadre de la 9e session du Conseil des Droits de l’Homme (CDH), le représentant algérien était irrité par une intervention faite, quelques minutes auparavant par le secrétaire général de l’ONG internationale « Interfaith International », Charles Graves, qui a attiré l’attention du Conseil des Droits de l’Homme, qui examinait la question des disparus, sur la « grave situation des personnes disparues dans les camps de Tindouf ».

Le diplomate marocain a souligné que « le peuple algérien connaît très bien la compassion, la sympathie et la solidarité que les Marocains ont toujours exprimées à leurs frères et soeurs qui ont été la cible du terrorisme » en Algérie, et que « les Marocains se sont identifiés aux souffrances de nos frères et sœurs algériens ».

Il a estimé « qu’un disparu est un disparu et le devoir de coopérer avec les mécanismes internationaux pour dissiper et clarifier la situation reste toujours valable et ne saurait souffrir d’aucune exception », signifiant ainsi que la lutte contre le terrorisme ne devrait pas servir de prétexte et d’argument au représentant de l’Algérie pour se dérober à l’obligation de faire la lumière sur les disparitions forcées et que le fait d’interpeller l’Algérie, au niveau international, sur cette question, ne signifie nullement une caution au terrorisme, qui est combattu au niveau planétaire.

Par MAP

Liens sur les disparus algériens :
1. Collectif des Familles des Disparus en Algérie
2. DROITS HUMAINS EN ALGÉRIE : Lire le rapport Al Karama for Human Rights / Haut commissariat aux droits de l’homme des Nations Unies du 4 avril 2008, Algérie : La torture reste une pratique courante


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