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23 July 2017

Début du procès de l'ex-chef d'état-major yougoslave Perisic au TPI

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Le procès pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité du Serbe Momcilo Perisic, ancien chef d’état-major de l’armée yougoslave (VJ) de 1993 à 1998, doit débuter mercredi devant le Tribunal pénal international (TPI) pour l’ex-Yougoslavie.
Momcilo Perisic, 64 ans, plaide non coupable de treize chefs d’accusation de crimes de guerre et crimes contre l’humanité pour meurtres, persécutions pour motifs politiques, raciaux et religieux, exterminations et attaques contre des civils.
Momcilo Perisic
Il est poursuivi pour trois épisode emblématiques des guerres ayant déchiré l’ex-Yougoslavie dans les années 1990 : le siège de la capitale bosniaque Sarajevo, l’attaque à la bombe à fragmentation de Zagreb par des Serbes de Croatie (mai 1995) et le massacre de près de 8.000 Musulmans à Srebrenica (juillet 1995).

Il s’était rendu volontairement au TPI le 7 mars 2005.

Selon l’acte d’accusation, Momcilo Perisic a mis des soldats de l’armée yougoslave (VJ) à disposition de l’Armée des Serbes de Bosnie (VRS) et de l’Armée de la Krajina serbe (entité serbe autoproclamée au sud de la Croatie).

Momcilo Perisic payait, selon l’accusation, la solde de soldats de l’armée yougoslave engagés dans les troupes des Serbes de Bosnie. Perchées sur les hauteurs de Sarajevo, elles ont tenu sous la menace la population 44 mois durant.

Perisic fournissait « des armes, des munitions et une aide logistique » à la VRS, selon le procureur.

Quelque 10.000 personnes sont mortes, dont au moins 1.500 enfants, durant le siège de Sarajevo, selon le Comité Helsinki pour les droits de l’homme.
Stanislav Galic
L’accusé « n’a pas puni ni empêché » les meurtres de civils par des soldats, commis au moyen de tirs au mortier sur des marchés et des passagers en attente du tramway, ou de tirs de snipers postés sur les toits dans la ville, toujours selon l’accusation.

Plusieurs subordonnés de Momcilo Perisis ont déjà été condamnés par le TPI. Le général Stanislav Galic a été condamné en appel à la prison à vie pour une campagne de « terreur contre la population civile » lors du siège de Sarajevo.

Le chef des séparatistes serbes de Croatie, Milan Martic, a lui interjeté appel de sa condamnation à 35 ans de prison en première instance.

Le chef militaire des Serbes de Bosnie pendant la guerre, Ratko Mladic, en fuite depuis plus de treize ans, figure en bonne place dans cet acte d’accusation, notamment pour le massacre de Srebrenica.

« Des milliers d’hommes musulmans bosniaques ont été capturés par, ou se sont rendus aux, forces des Serbes de Bosnie, sous le commandement et le contrôle de Ratko Mladic » avant d’être « sommairement exécutés », avance le procureur.

« Momcilo Perisic savait qu’une attaque était planifiée. Momcilo Perisic savait aussi que certains membres de la VRS auraient une conduite criminelle contre la population civile musulmane de Bosnie de Srebrenica après la prise de l’enclave », selon lui.

M. Perisic doit aussi répondre du tir par ses troupes de bombes à fragmentation sur Zagreb, les 2 et 3 mai 1995, qui ont fait sept morts et plus de 190 blessés, par représailles à une offensive de l’armée croate lancée dans le sud du pays qui avait repoussé les troupes serbes hors de Croatie.

Photo 1 : Le procès pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité du Serbe Momcilo Perisic, ancien chef d’état-major de l’armée yougoslave (VJ) de 1993 à 1998, doit débuter mercredi devant le Tribunal pénal international (TPI) pour l’ex-Yougoslavie.
AFP Michael Kooren

Photo 2 : Plusieurs subordonnés de Momcilo Perisis ont déjà été condamnés par le TPI. Le général Stanislav Galic a été condamné en appel à la prison à vie pour une campagne de « terreur contre la population civile » lors du siège de Sarajevo.
AFP Toussaint Kluiters


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