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26 March 2017

Algérie: au moins 30 morts dans des inondations à Ghardaia, porte du désert

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AFP
Par Pierre-Yves JULIEN AFP – Vendredi 3 octobre, 09h36

ALGER (AFP) – Au moins 30 morts, des centaines de maisons détruites, des routes coupées: la région de Ghardaia, à 600 km au sud d’Alger, a payé un lourd tribut mercredi aux pluies inhabituelles et diluviennes qui se sont abattues sur cette région semi-désertique.
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Un bilan établi jeudi en fin d’après-midi par le préfet de la région fait état de 30 morts et 50 blessés dont deux encore hospitalisés, dans cette crue qualifiée de centenaire.

Le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales Noureddine Yazid Zerhouni, qui s’est rendu sur place dès mercredi, a précisé que de « 300 à 600 maisons » au moins avaient été atteintes par ces inondations, notamment dans les oasis.

Il a souligné que la priorité du gouvernement était d’abord de « porter secours aux populations qui sont toujours bloquées, les approvisionner en vivres et les loger ».

« Les boulangeries ne fonctionnent pas, il n’y a ni gaz, ni électricité, les magasins sont inondés et leurs stocks sont probablement inutilisables », a-t-il constaté. Des équipes travaillaient à rétablir progressivement la situation, a-t-il ajouté jeudi après-midi.

Plusieurs routes ont également été coupées et les liaisons téléphoniques très perturbées.

Selon un habitant joint par l’AFP par téléphone, « la population parle même d’une centaine de victimes et jusqu’à 1.000 maisons inondées ».

Selon lui, les intempéries ont commencé lundi dans cette région où il n’avait pas plu depuis quatre ans. « La pluie a continué mardi, pas très forte, et mercredi c’était le déluge. Les cours d’eau du nord de la ville surtout, les oueds, ont commencé à gonfler et se sont déversés dans l’oued M’zab qui a débordé, emportant tout sur son passage », a-t-il raconté.

« Les autorités ont parlé d’un débit de 900 mètres cubes par seconde », a-t-il ajouté.

Le correspondant de la radio francophone Chaîne 3 a qualifié ces inondations de « catastrophe incomparable ».

« Ca ne ressemble plus à rien, il y avait jusqu’à huit mètres d’eau dans les ruelles étroites de la ville et les habitants de la palmeraie de Ghardaia ont dû se réfugier sur les terrasses des maisons ou sur les hauteurs », a-t-il indiqué.

Ghardaia, porte du désert située dans la vallée du M’zab, site classé au patrimoine mondial, occupe une position centrale reliant les Hauts-Plateaux algériens avec le Sahara.

Un conseil interministériel s’est réuni jeudi à Alger pour évaluer les dégâts occasionnés par ces inondations et les besoins de la population, a-t-on appris de source officielle.

M. Zerhouni a précisé lors de cette réunion que les conditions météorologiques s’étaient améliorées à Ghardaia, où des mesures ont été prises au niveau sanitaire pour éviter d’éventuelles épidémies à la suite des crues ayant pu polluer les eaux potables, a indiqué un communiqué officiel.

Sur place, les secours s’organisaient, des équipes médicales et de secours partaient des départements voisins, notamment de Naâma, Djelfa et Laghouat.

Plus de 400 tonnes de denrées alimentaires ont été acheminées et le ministère de l’Intérieur a envoyé plus de 200.000 couvertures, un millier de tentes, trois boulangeries mobiles, 50 groupes électrogènes et une station de traitement pour la production de l’eau potable, a précisé le préfet.

L’armée a fourni les moyens aériens nécessaires pour le transport de cette aide et a commencé à sécuriser la zone pour éviter les pillages en particulier.

Les intempéries en Algérie sont fréquentes, surtout dans le nord du pays, et souvent violentes.

En novembre 2001, des inondations avaient frappé Alger et sa région faisant plus de 800 morts et provoqué des dégâts considérables à Bab El Oued, vieux quartier historique de la capitale.


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