Édition du
28 July 2017

Alors que leur salaire a été triplé : Les députés tournent le dos au peuple


07 Octobre 2008

Le rendez-vous le plus important de l’année

Le projet de loi de finances 2009, dont les débats débuteront aujourd’hui à l’APN, devrait passer comme une lettre à la poste. Les représentants du peuple ne devraient poser aucun problème. Le pouvoir d’achat du citoyen est loin de constituer leur première préoccupation.
Députés-Algériens
Test décisif pour les députés. En effet, c’est à partir d’aujourd’hui que seront entamés les débats sur le projet de loi de finances 2009. Le rendez-vous le plus important de l’année dans l’agenda du Parlement. Le gouvernement, comme à l’accoutumée, présentera sa copie aux élus du peuple dans l’espoir qu’aucune modification ne soit opérée sur le texte initial.
Un véritable pari que le gouvernement fait annuellement durant la même période. Cette année, la conjoncture est assez particulière. Deux événements majeurs viennent se greffer au débat: la perspective d’une éventuelle révision de la Constitution avant la fin du mois en cours et l’augmentation des indemnités des députés.
Des rendez-vous qui sont sensés jouer en faveur des citoyens dans la mesure où gouvernement et députés seront appelés à réfléchir deux fois avant d’entamer le moindre faux pas. C’est devenu pratiquement une tradition, l’Exécutif fort d’un soutien inéluctable au niveau de la chambre basse ne trouve aucune difficulté à passer sa copie comme une lettre à la poste sans le moindre souci.
Toutes les mesures sociales proposées principalement par la formation de Mme Louisa Hanoune sont rejetées, prétextant que le budget de l’Etat n’est pas en mesure de supporter l’impact financier de telles mesures. Un argument mis en relief aussi par les groupes parlementaires des partis de l’Alliance présidentielle, en l’occurrence le FLN, le RND et le MSP. Mais ces derniers seront-ils en mesure d’adopter la même position cette année? Politiquement non. Et pour cause, la sixième législature s’est permis le luxe d’approuver quelques semaines auparavant une augmentation très conséquente des indemnités des parlementaires, avec effet rétroactif, à compter du 1er janvier 2008.
Cette augmentation a atteint 100% de l’indemnité de base sans oublier les 150.000 dinars qu’ils toucheront avant la fin de l’année comme reliquat. Cet argent sort de la caisse de l’Etat. La même caisse que le gouvernement et l’Alliance présidentielle clament haut et fort au Parlement qu’elle est vulnérable, et qu’elle ne supporterait pas de surcroît des dépenses supplémentaires.
Contacté par nos soins, M.Slimane, membre de la commission des finances du Parlement, et député du PT, nous a confirmé que sa formation ne dérogera pas à la règle, cette année encore et prépare plusieurs propositions à même d’améliorer le pouvoir d’achat des Algériens et le mode de vie de millions de familles démunies.
Des mesures que le gouvernement ne semble guère en mesure de prendre en considération. Il n’y a qu’à citer l’exemple de la taxe sur les véhicules neufs dont la réduction est rejetée par le ministre des Finances en dépit du fait que la proposition a requis la majorité au niveau du bureau de l’APN.
«Nous allons tenter d’arracher quelques concessions de la part du gouvernement au profit des classes démunies, notamment pour les handicapés et les chômeurs sans tomber dans la démagogie du PT», précise un député qui reconnaît la complexité de la tâche. «Il faut reconnaître que la loi de finances 2009, en comparaison aux textes précédents, contient moins de charges fiscales pour les citoyens. Ce qui est déjà un point très positif pour le gouvernement», souligne-t-il.
D’autant que, pour calmer la grogne sociale et relancer le développement économique, il a été décidé dans le projet de loi de finances de revoir à la hausse l’imposition sur les bénéfices transférables des sociétés algériennes dont les maisons mères résidant à l’étranger. En outre, il est fait obligation aux investisseurs et banques étrangères de «réserver une partie de leur portefeuille au financement réel de l’investissement et non pas à se limiter à l’accompagnement du commerce extérieur ou à la promotion des crédits à la consommation», pour inciter le développement et la création d’emplois. Or, il ne faut pas se tromper de cause. Les réformes d’ouverture sont loin des résultats escomptés.
Le problème est, en réalité, que les réformes engagées n’ont pas encore été poussées assez loin dans le sens du respect de l’Etat de droit et de la promotion d’un climat vraiment propice aux affaires. Et les différents indicateurs le démontrent. L’Algérie est classée 92e sur 180 pays, selon le dernier rapport de Transparency International sur la corruption. De ce fait, il ne faut pas s’étonner que l’investissement étranger ne soit pas «créateur d’emploi et de richesses».

Achira MAMMERI


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