Édition du
23 March 2017

Crise financière internationale L’Algérie à l’abri, selon Karim Djoudi

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Le ministre des Finances, Karim Djoudi, a réaffirmé hier que l’Algérie est bel est bien à l’abri de la crise financière internationale.

Intervenant en marge de la session plénière de l’Assemblée populaire nationale (APN), consacrée à la présentation du rapport du gouverneur de la Banque d’Algérie, l’argentier du pays a estimé que même si l’Algérie subit les effets de cette crise internationale où « les échanges sont globaux », il n’en demeure pas moins, dira M. Djoudi, que « les décisions prises par le gouvernement et les autorités financière et monétaire nationales en matière de conduite de financement de notre économie et de la gestion de nos actifs extérieurs à travers la dette extérieure ou les réserves de change font que nous avons les éléments de protection de notre économie ».

Le ministre a estimé que la politique de désendettement suivie par l’Algérie l’a épargné de la hausse des taux d’intérêts et de la crise des liquidités induites par la crise. Comme il a réassuré que le matelas de devises dont dispose le pays est géré de manière « prudente » par la Banque d’Algérie, et ce grâce à une politique consistant en un placement dans des actifs « sûrs et non risqués ». Pour M. Djoudi, « les réserves de change du pays sont placés en actifs publics où la rémunération est relativement faible, mais le capital est garanti ». Comme il a expliqué que le recours aux financements des grands projets d’équipements par les ressources financières du pays épargne à notre économie les difficultés que connaissent certaines banques internationales. Se voulant rassurant quant aux choix économiques du gouvernement, le ministre des finances a indiqué que la crise financière actuelle a démontré à ceux qui soutiennent l’idée de création de fonds souverains que leur option mène vers une situation incertaine. Des arguments en somme repris à son compte aussi par le gouverneur de la Banque d’Algérie, Mohamed Laksaci, pour qui « l’augmentation actuelle du taux de change de l’euro par rapport au dollar aurait décuplé l’impact de la dette extérieure et porté préjudice au budget de l’Etat n’était le remboursement anticipé de la dette avant l’éclatement de la crise financière mondiale ». Un montant de la dette extérieure à moyen et long termes qui avait atteint près de 4 milliards de dollars à la fin du mois de juillet dernier contre 4,98 milliards fin 2007, a indiqué M. Laksaci lors de sa présentation du rapport sur la situation financière et monétaire du pays. A ce titre, le gouverneur de la BA a indiqué que les réserves de change de l’Algérie ont atteint 136,705 milliards de dollars à fin juillet 2008 contre 110,18 milliards fin 2007. Un montant équivalent à la facture de cinq années d’importation de marchandises et de services, soutiendra M. Laksaci.

Sur un autre plan, le gouverneur de la BA a indiqué que le taux d’inflation a atteint 4,4% à la fin du mois de juillet 2008. Une hausse de l’inflation expliquée par l’augmentation des prix des produits alimentaires importés. Afin d’y faire face, M. Laksaci a indiqué que la BA poursuit la politique de la fixation du taux de change effectif couplée avec une gestion rigoureuse des interventions de la politique monétaire. Et de prévenir quant à une instabilité des prix à moyen terme. Par ailleurs, le gouverneur de la BA a fait savoir qu’en 2007 les banques publiques continuaient de dominer vu l’importance du réseau de leurs agences. A fin 2007, 1093 agences et guichets pour les banques publiques contre 194 pour les banques privées. Pour M. Laksaci, même si l’intermédiation bancaire ne cesse de s’améliorer, il n’en demeure pas moins que les indices restent en deçà de ceux enregistrés dans les pays méditerranéens riverains de l’Algérie. A fin 2007, les crédits à l’économie, dont des dettes non performantes que rachète le Trésor par le biais d’émission de titres, représentent 54,6% du total produit intérieur brut hors hydrocarbures. Il y a une augmentation à hauteur de 15% des crédits au secteur privé au premier semestre 2008. En tout, 52,9% vont au secteur privé et 47% au secteur public, soutient le rapport de la Banque d’Algérie. Enfin, en matière de surveillance bancaire, M. Laksaci a affirmé qu’en 2007, la Banque d’Algérie a procédé à des inspections sur place concernant 8 banques.

Par M. Mamart


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