Édition du
23 March 2017

Le chahut national n’a pas eu lieu ? Ce n’est que partie remise !

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Nous faudra-t-il désapprendre l’enthousiasme et le courage ? devrons nous agir avec ces manières ampoulées et précautionneuses de politiciens carriéristes pour éviter de nous faire traiter de fantaisistes et d’improvisateurs ?
Il semble, de l’avis de certaines personnes qui nous interpellent, après le flop, car c’en est un, qui a suivi notre initiative, et notre appel aux Algériens de déclencher une vaste protesta pacifique, à l’occasion du 05 octobre, que c’est ce que nous devrions nous résigner à faire.
Sauf que nous ne sommes pas de cette pâte là. Nous voudrions devenir des politiciens que nous ne saurions l’être. Du moins pas comme ceux qui avancent à pas mesurés, qui creusent patiemment leur petit trou, sans jamais s’exposer, ni à l’échec qui est le risque de toute entreprise osée, ni encore moins à la risée et aux cancans de la basse-cour qui remue le fumier. Leur petite personne, leur petite réputation et leur petite tranquillité avant tout.
Lorsque nous avions suggéré un « chahut national », pour battre le rappel des consciences assoupies, et provoquer une synergie d’enthousiasmes, nous n’avons entendu que notre espoir de voir les Algériens se rassembler dans un même élan. Nous avons cru, et nous croyons toujours, encore plus fort que jamais, que notre salut viendra de notre volonté de regarder dans la même direction, du côté où se lève l’aurore.
Contrairement à ce qu’en pensent les épiciers de la politique, nous avions mesuré la portée de notre initiative, et la difficulté qu’elle aurait à réussir. Il n’y avait aucune ingénuité, ni d’angélisme et surtout pas de fantaisie dans ce que nous avions entrepris. Nous savions que notre appel avait très peu de chances d’être entendu. Mais nous n’avons écouté que la part de rêve, et d’espérance qui est en nous. Parce que nous croyions, et nous continuons de croire, que les aspirations à la dignité finiront par secouer la léthargie indigne, oui indigne, de notre peuple.
Mais quels enseignements tirer de l’échec de notre initiative ? Comment l’expliquer ?
Est-ce parce que nous avions surestimé le succès relatif du Quotidien d’Algérie ? Ou bien est-ce, tout simplement, que la société algérienne a perdu tous ses ressorts, qu’elle est débranchée de tout ce qui la concerne, que le peuple a perdu son âme, pour n’être plus qu’une foule moutonnière ?

Il me suffira de rappeler, pour tous ceux qui croient que nous avons mal évalué la situation, que nous savions pertinemment, et depuis longtemps, que toute la presse algérienne francophone, tous titres réunis, du plus grand au plus petit tirage, écrite ou sur toile, n’est lue que par moins de 2% de la population adulte. C’est dire que nous ne comptions pas sur une audience que nous savions ne pas avoir, lorsque nous avions lancé notre initiative. Mais nous avions espéré que le média le plus efficace allait fonctionner avec nous : Le téléphone arabe. Nous avions espéré que nos lecteurs allaient relayer l’appel, chacun selon ses moyens et son enthousiasme. Si chacun de nos milliers d’amis lecteurs avait relayé l’initiative dans son seul quartier, nous aurions eu quelque chance de la voir portée par des millions Algériens. Cela ne s’est pas réalisé. Nous savons avec certitude, aujourd’hui, que les Algériens n’ont même pas eu vent de l’appel au chahut national.

Mais que l’on se rassure, que nos amis qui nous accordé leur sympathie et leur confiance continuent de nous accompagner, et que les esprits chagrins rentrent leur goitre, cet échec n’entamera pas notre détermination de continuer le combat pour une action pacifique contre le régime qui a volé notre volonté et notre destin. Bien au contraire, il aura revigoré notre détermination et notre foi en notre peuple. Parce que nous savons que le Bien triomphera du Mal.
Nous allons renforcer nos moyens par d’autres dont nous avons compris la nécessité. Notamment la communication télévisuelle. En plus de la version écrite actuelle, nous allons doter le Quotidien d’Algérie de plus de vidéos. Et d’une meilleure lisibilité. Puisque la société n’est pas venue à nous, nous irons à la société. Nous lui dirons de façon intelligible tout ce qu’elle subit et tout ce qu’on lui cache. Nous l’interpellerons. Nous lui reprocherons son indolence, sa passivité, son « ghachisme ». Nous la secouerons. Nous dérangerons sa torpeur. Au risque de passer pour le mouche du coche. Au risque de nous couvrir de ridicule. Et au risque d’encourir sa mésestime.
Et qui sait ? Nous pourrions réussir, à force de détermination, à lancer une vraie chaîne de télévision. C’est notre objectif et notre ambition. Parce que nous savons que ce moyen sera déterminant pour notre combat.
Et pour bien montrer notre impénitence, nous promettons que pour le prochain 05 octobre, si le régime n’aura pas été balayé d’ici là, nous lancerons un autre appel au « chahut national ».
Et d’ores et déjà, nous nous préparons a une vaste campagne de protesta pacifique et de désobéissance civile. En commençant par le soutien à tous les mouvements sociaux qui se préparent et au boycott généralisé aux élections.
Et que vienne l’heure de la délivrance et de la dignité.
D.B


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