Édition du
28 March 2017

Sid-ahmed semiane, chroniqueur, auteur de Octobre, ils parlent : « Ceux qui ont fait la dictature ne peuvent pas faire la démocratie »

El Watan, 5 octobre 2008

Il est surtout connu sous ses initiales : S.A.S. Et pour ses chroniques au vitriol dont il a abreuvé nos tabloïds, de Sur la tête de ma mère à ses débuts à Algérie-Actualité jusqu’à « Tag âla man Tag », son billet sulfureux à la « der » du Matin. Il avait récidivé récemment avec de belles chroniques urbaines dans le quotidien La Tribune sous le titre générique : Des Nouvelles du Dehors. Même si ce statut l’agace, Sid-Ahmed Semiane est un symbole fort de ce qu’on a pris coutume d’appeler « la génération d’Octobre ». Il est d’ailleurs l’un des rares à avoir écrit sur l’intifada fondatrice, lui qui a commis un opus qui est en soi un morceau de bravoure : Octobre, Ils parlent (éditions Le Matin, 1998). « Ils », c’est les Khaled Nezzar, Larbi Belkheir, Mohamed Betchine et autre Mejdoub Lakhal-Ayat (excusez du peu…). Notre trublion féroce, à la bouille juvénile, allait ainsi, en dictaphone et baskets, acculer sans trembler les pontes de l’époque. Depuis, SAS a signé d’autres ouvrages, tous traversés peu ou prou par le souffle tellurique d’Octobre. Le dernier en date : Au refuge des balles perdues (La Découverte, 2005). Introuvable en Algérie.

La première question qui me vient à l’esprit c’est : comment avez-vous vécu personnellement les événements du 5 Octobre 1988 ? Quel souvenir précis en gardez-vous ?

Le premier souvenir d’Octobre qui me reste et qui surgit à mon esprit à chaque fois que j’y repense est celui des chars. Bien sûr, il y a les victimes, il y a surtout l’abjection de la torture, les arrestations arbitraires… Mais pour moi, le premier souvenir d’Octobre, celui qui donne le la à la symphonie du désastre, c’est d’abord les chars. Cette tragédie mécanique, cette force arrogante, phallique, méprisante, qui se met en place dans une parfaite théâtralité, qui occupe l’espace en un rien de temps, un peu comme des acteurs qui s’installent sur scène dans l’obscurité, très rapidement, avant le lever de rideau, et sans que l’on se rende compte de leurs mouvements, de leurs déplacements… Ils sont déjà là et vous, vous êtes presque déjà mort. Cette vision des chars m’obsède. J’avais l’impression que leur seule présence était déjà chaotique. Qu’il ne fallait pas en rajouter. Je les voyais pour la première fois en vrai… Nous étions nombreux à les voir pour la première fois. Et ce n’était plus du cinéma. Nous n’étions plus avec John Wayne dans un film de guerre à gros budget. C’est vraiment abominable, un défilé de chars ; des chars nerveux, avec des soldats armés qui s’accrochent au-dessus, fonçant aveuglément sur la ville pour faire la guerre à des enfants. Nous étions nombreux à les voir pour la première fois et nombreux à avoir cet étrange sentiment que la monstruosité de leurs canons nous était entièrement dédiée. On sentait qu’il y avait une volonté de tuer, de faire mal, une volonté d’avilir l’autre et l’autre c’était nous. Je disais que les chars étaient un élément constitutif de notre histoire. C’est vrai. C’est un peu le parfait symbole de notre propre décadence. Si l’on devait choisir un symbole pour raconter nos échecs, ce serait forcément celui du char. Chaque génération a eu droit à son lot de chars. Nos parents, avec ceux de la guerre de Libération, de la Bataille d’Alger… puis, dès l’indépendance, le char a été là, toujours là, prêt à tout moment à manifester sa puissance pour écraser les paroles dissonantes, discordantes, qui ne chantaient pas dans la même gamme que les ténors du parti-Etat. Les chars de 1962, de 1965, de 1967, de 1988, de 1991, et ça continue… Les chars, et certainement l’ENTV, sont les armes les plus efficaces du pouvoir. Maintenant reste à déterminer laquelle des deux armes est la plus efficace et la plus meurtrière ?

En 1998, à l’occasion du dixième anniversaire d’Octobre, vous aviez conçu un livre fort remarqué intitulé : Octobre, Ils parlent. Vous êtes, à ce titre, l’un des rares intellectuels algériens à avoir écrit sur Octobre. Pouvez-vous nous parler un peu de ce livre ? Avez-vous rencontré des difficultés à faire parler justement les acteurs de l’époque ?

Vous savez que tous les acteurs que j’ai pu rencontrer, hormis ceux qui étaient en dehors des sphères du pouvoir naturellement, n’avaient quasiment jamais parlé à un média, ne s’étaient jamais exprimé ni sur cette terrifiante question d’Octobre qui était encore toute fraîche ni sur une tout autre question. C’étaient des petits empereurs vivant dans une espèce de cité interdite, des traders avant l’heure qui spéculaient sur le destin d’une nation en toute impunité. Ce ne fut pas facile, parce que les principaux acteurs se connaissaient entre eux. Ils avaient partagé le pouvoir, ils savaient ce qui s’était réellement passé, ils avaient chacun une part de responsabilité, ils étaient liés par le secret, l’intrigue, les enjeux et des années de dictature… Et puis moi qui arrive avec mon dictaphone et mon sac à dos pour poser des questions… c’était un peu kafkaïen comme situation. Ils n’étaient pas habitués à ça. C’était comme un bug cérébral. Ils ne comprenaient pas qu’on vienne les chercher pour les faire parler. Ils ont difficilement accepté les entrevues. Mais dès que le premier d’entre eux, peut-être le plus influent à l’époque et certainement le plus bavard de tous, avait donné son accord, les autres se sont dit qu’il était possible de le faire. Le premier ne voulait pas que je l’enregistre, ce que j’ai refusé catégoriquement. Il voulait parler et que moi je prenne des notes comme un secrétaire. L’enregistrement était dangereux pour lui. Ce sont des hommes qui travaillent sans preuves. Sans écrits. Il a fini par accepter quand je lui ai expliqué les difficultés d’abord techniques de faire une entrevue de plusieurs heures sans enregistrement, puis, je lui ai expliqué l’avantage que lui-même pouvait en tirer. C’était une preuve juridique autant pour lui que pour moi en cas de litige. Il a accepté. Quelques jours plus tard, quand j’avais fini par retranscrire le tout, il m’avait appelé pour que je lui restitue les cassettes. Faisant l’idiot, je lui dis que j’allais dès le lendemain lui envoyer une copie, il me dit non, je veux l’enregistrement. L’original. Pas de copie pour vous. Je lui ai expliqué que je ne pouvais pas le faire. Que les cassettes m’appartenaient, qu’elles constituaient un document de travail, et qu’il ne servait à rien que je lui mente en lui disant que j’allais les lui envoyer sans faire de copies pour moi. C’était inconcevable. Je crois que là j’étais prêt à laisser tomber le livre. Mais il n’avait pas insisté plus que ça. Aujourd’hui qu’il y a prescription, je peux raconter tout ça, tous ces travers… J’avais l’impression que ces hommes puissants étaient finalement d’une grande fragilité. Leur puissance, c’était leur silence, leur mépris… Ils se téléphonaient constamment les uns les autres. Dès que je quittais l’un d’eux, ils essayaient de savoir si je posais les mêmes questions, dans quel ordre et dans quel but… L’un d’eux, le plus zélé, est même allé jusqu’à vérifier mon « pedigree » pour voir si je n’avais pas de sympathie particulière pour l’ancienne puissance coloniale ! Avant d’entamer l’entretien, il m’a dit : avez-vous vécu en France ? Je dis non, pourquoi ? Il me dit sans gêne aucune que dans sa tentative d’en savoir un peu plus sur moi, il y avait cette information et qu’il voulait la confirmer. Je n’en revenais pas ! Mais je m’en foutais un peu aussi. Il fallait faire le livre. Le reste, ma foi, c’était un vrai délire… A un moment, ils avaient même conclu que je tentais de les piéger quand ils se sont rendu compte qu’une bonne partie du questionnaire était identique. Ce qui était normal, puisque je leur posais des questions sur le même événement et que je tentais d’avoir le point de vue de chacun sur les mêmes points qui restaient obscurs. Ils se concertaient en permanence. Il fallait qu’ils accordent leurs violons sur le même mensonge, ce qui n’était forcément pas facile pour eux. Je crois qu’ils ne s’étaient jamais dit avant de me rencontrer qu’il était possible qu’un jour, quelqu’un puisse leur poser des questions en toute liberté sur ce qui s’était passé durant les journées d’Octobre. Ils ne s’étaient jamais préparés à ce cas de figure, je crois. Ils ne s’étaient jamais justifiés de rien. Moi, ce que je voulais, c’était qu’ils parlent, d’où le titre d’ailleurs. C’était presque mon seul objectif. La vérité, vous pensez bien, était une option aléatoire. Je ne pouvais tout de même pas tout avoir. Je voulais les faire parler, qu’on entende leurs voix, qu’on inscrive quelque part sur des supports non périssables leurs mots… Des mots que d’autres pourraient utiliser comme base de données pour aller plus en profondeur dans un travail de vérité historique recoupée et vérifiée. Vous rendez-vous compte, les quatre principaux responsables d’Etat durant les événements d’Octobre que j’avais interrogés, quand je leur parlais de la torture, me disaient tous, sans sourciller, avec des trémolos dans la voix, qu’ils n’étaient pas au courant de cette abomination. L’un d’eux m’a même avoué, sans que je le torture, presque les larmes aux yeux, comme un très médiocre acteur de télénovela, qu’il n’avait appris que des cas de tortures existaient que des semaines après les sanglantes journées d’Octobre, et seulement quand les premières lettres de citoyens dénonçant cette abominable pratique arrivaient sur son bureau à la Présidence. Il m’avait juré sur la tête de ses enfants qu’avant d’avoir lu ces lettres, il n’était au courant de rien. Je savais que c’étaient de gros mensonges ce que me racontait cet homme puissant. C’était presque risible. C’était pathétique. Mais je n’allais tout de même pas l’obliger à dire la vérité. Ça, c’est le travail des juges. De la justice. D’une vraie justice…

Au terme de vos entretiens, pouvez-vous nous livrer votre conclusion « intime » quant à l’interprétation d’Octobre. Laquelle des thèses l’a finalement remportée : « chahut de gamins » ou manipulation ?

« Chahut de gamins », sûrement pas. Et franchement, j’en ai marre de cette histoire de manipulation. Je ne supporte plus ce mot. Ça fait plus de vingt ans que l’on tente de savoir si oui ou non le pouvoir (ou une partie de ce pouvoir luttant contre une autre partie) a manipulé la rue. Encore une fois, le débat est biaisé. Parce que cette interrogation n’est pas la bonne. Même moi, croyant bien faire, je me la suis posée. Mais c’est totalement idiot. Parce que, une fois encore, c’est le pouvoir qui choisit les termes du débat. C’est lui qui donne le la, nous laissant nous engouffrer tête baissée dans une équation inextricable. Tous les pouvoirs manipulent de toutes les façons. C’est consubstantiel à leur raison d’être. A la raison d’être de la politique… Pourquoi alors abandonner l’essentiel pour perdre du temps dans des interrogations sans réponses précises ? Parce que l’essentiel, ce n’est pas de savoir s’il y eut manipulation ou pas, ça, c’est tout bénéf. pour tous les potentats qui nous observent en train de nous entre-déchirer dans des circonvolutions intellectuelles vaseuses et sans fin… L’essentiel n’est pas de savoir comment les gens sont sortis, mais pourquoi ils sont sortis. L’essentiel, ce sont plus de 600 morts, des milliers d’arrestations arbitraires et presque autant de cas de tortures pratiquées sur des adolescents qui restent totalement impunies sans qu’aucun juge ne se dise qu’il est temps d’ouvrir le dossier. Non pas pour se venger, pour punir ou châtier les coupables, mais surtout pour savoir. Pour la vérité. Pour que ça ne se reproduise plus. Au lieu de cela, nous avons eu une amnistie. Quel scandale ! Une amnistie ! Vous rendez-vous compte que l’Etat a pardonné au lieu de demander pardon. C’est le comble du cynisme. C’est-à-dire que l’Etat pardonne à ceux qu’il a torturés. Il leur pardonne de s’être fait torturer par lui… L’Etat pardonne à ceux qu’il a tués aussi. C’est surréaliste. C’est pour tout cela que je m’en fous un peu de ce discours sur la manipulation. En Octobre, il y avait des gens dans la rue qui ont affronté des chars à mains nues. Et eux, personne ne les a manipulés. Je pense que si les Algériens avaient le niveau de vie des Suédois, s’ils avaient leur liberté, leur police, leurs loisirs, leurs écoles et leurs hôpitaux, leurs salles de concerts et de cinéma, leur justice, leurs lois et le même respect de l’individu, vous auriez pu les manipuler à volonté ces Algériens, ils ne seraient jamais sortis. A la place, ils auraient sûrement préféré, au lieu d’affronter des militaires avec des armes de guerre, aller danser ou boire un verre de thé ou une bière avec des amis. Il est temps de sortir de la dialectique que nous impose le pouvoir. Cessons de répondre aux angoisses des puissants et occupons-nous de nos propres angoisses qui sont nombreuses. Si le pouvoir veut savoir qui a manipulé quoi, qu’il le fasse. Nous, on veut savoir qui a tué et qui a torturé. Il faut qu’on se crée nos propres questionnements et ne pas répondre aux questions sans réponses précises qui nous sont imposées par des gouvernants illégitimes.

Dans ce même ordre d’idées, que vous inspire la dernière déclaration d’Ouyahia qui niait que la rue ait été pour quelque chose dans les événements d’Octobre et les revendications démocratiques qu’ils véhiculaient ?

Nous sommes au cœur de ce que l’on disait il y a un instant. Pourquoi voudriez-vous que les propos de M. Ouyahia m’inspirent quoi que ce soit ? Pourquoi voudriez-vous que je réfléchisse à ce que dit le chef du gouvernement ? M. Ouyahia est dans son rôle, le rôle d’un Premier ministre qui a dit  » j’ai menti « , comme me le faisait rappeler un ami, en parlant du nombre des victimes du massacre de Bentalha. Sortons de l’esclavage de la pensée. Il faut qu’on arrive enfin à renverser ce schéma aliénant. Ce n’est pas à moi de penser, de réfléchir à ce que dit le chef du gouvernement. C’est au chef du gouvernement et à tous les autres dirigeants de penser et de réfléchir à ce que je dis moi, vous et toute la société. Quand ils nous écouteront et qu’ils réfléchiront un peu plus à ce qu’on dit, nous aurons certainement fait un pas important vers un ailleurs certainement meilleur.

Comment expliquez-vous le peu de contributions, journalistiques, universitaires, littéraires, autour d’Octobre ? Y a-t-il, selon vous, un vrai problème à écrire sur Octobre1988 comme on a des difficultés à écrire sur tout ce qui touche à l’histoire de ce pays ?

L’écriture de l’histoire a toujours été problématique. Que ce soit l’histoire lointaine ou contemporaine. On ne peut pas écrire l’histoire sous une dictature ni sous les auspices de ce simulacre de démocratie, pour abuser des euphémismes. Il y aura toujours quelqu’un pour dire que cette version des faits ne lui convient pas. Que ce soit l’histoire de la colonisation, l’histoire de l’Islam dans le Maghreb, l’histoire des mythes fondateurs, l’histoire des Berbères, l’histoires des Arabes, l’histoire de l’Emir Abdelkader, l’histoire de Tin-hinan, l’histoire de la Kahina, l’histoire de l’Eglise chrétienne en Algérie,de la Rome antique à nos jours, l’histoire des Oulémas, l’histoire des Frères musulmans, toutes les histoires sont problématiques, quoique vous fassiez. L’écriture de l’histoire a besoin de la sérénité démocratique d’une nation. Il faut qu’elle soit l’affaire d’historiens, de scientifiques, pas d’apparatchiks. L’histoire d’Octobre est encore plus compliquée, parce que les acteurs ne sont pas seulement en vie, mais pour beaucoup d’entre eux, encore en poste, preuve d’ailleurs de l’échec de cette révolution. D’où le malentendu historique. Ceux qui ont fait la dictature ne peuvent pas faire la démocratie. Ceux qui ont fait la gloire de la presse unique et de l’unicité de pensée ne peuvent pas non plus se mettre en pole position pour prétendre faire une presse libre. Malheureusement, nous sommes dans ce cas de figure unique.

Nous avons le sentiment, au jour d’aujourd’hui, qu’Octobre a été vidé de son contenu. Que c’est une date morte, qui n’inspire plus rien. Y aurait-il un malaise autour d’Octobre ? Que reste-t-il, de votre point de vue, de l’héritage d’Octobre, ses acquis, ses revendications et son souffle libertaire ?

Il a été vidé de son contenu pour toutes les raisons que l’on vient de citer et bien d’autres encore. Il reste une plaie pour les victimes qui font le pied de grue devant les rédactions et les sièges nationaux des partis politiques tous les ans à la même période. ` N’oubliez pas que toutes les victimes sont considérées aujourd’hui encore comme des victimes d’accidents de travail et non pas victimes de la répression. Ce qui, d’un côté, est tout à fait normal puisque le même pouvoir répressif est toujours en place. Mais d’un autre côté, c’est totalement absurde, parce qu’on fait payer les pensions à un organisme d’Etat qui n’a absolument rien à voir dans l’affaire. Le plus ridicule est que la plupart des victimes, handicapées à vie pour certains, n’étaient même pas en âge de travailler pour qu’on les considère comme victimes d’accidents de travail. Oui, octobre ne signifie plus grand-chose. Ceux qui sont nés en 1988 ont aujourd’hui 20 ans. Ils sont nés dans une autre guerre, nettement plus féroce.

SAS, en tant que chroniqueur sulfureux qui a longtemps « guerroyé » contre le système en place, vous êtes, bon gré, mal gré, le symbole de ce qu’on a pris l’habitude d’appeler « la génération d’Octobre ». Revendiquez-vous ce titre ?

Je ne suis le symbole de rien. Pis : j’ai horreur de cette appellation romantique de « génération d’Octobre ». D’ailleurs, nous ne sommes pas la génération d’octobre. Nous ne sommes pas ses enfants non plus. Nous sommes plutôt les bâtards d’octobre. Ça me semble plus juste. Nous serons les enfants d’octobre le jour où nos espoirs de liberté et de vie meilleure seront une réalité absolue. Pas avant.

Toujours est-il que vous représentez beaucoup pour les jeunes. Comment voyez-vous justement la place accordée à la jeunesse algérienne tant dans la société qu’au sein des institutions de ce pays ?

Je n’ai pas de constat spécial à faire sur les jeunes. Sauf à dire qu’il est criminel de laisser une magnifique énergie se transformer en bombes humaines, en harraga ou en gardiens de parkings, ces fameux « parkingueurs » qui vous guettent à chaque stationnement. Je crois que jamais un pays aussi riche n’a humilié sa jeunesse comme l’a fait avec une rigoureuse constance l’Algérie indépendante. Mais ce ne sont pas seulement les jeunes qui sont exclus et infantilisés, c’est encore plus grave. Nous sommes face à une oligarchie vieillissante qui se régénère en excluant, pas uniquement les jeunes, mais toute la société.

Par Mustapha Benfodil


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