Édition du
24 March 2017

Son projet de vignoble tombe à l’eau Depardieu lâche ses investissements à Tlemcen

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Par : M. Laradj

Alors que ses prétendus projets dans la wilaya de Aïn Témouchent semblent n’avoir jamais existé, ceux qu’il voulait réaliser à Tlemcen sont définitivement jetés aux oubliettes en raison des relations qu’il entretenait avec Abdelmoumen Rafik Khelifa.
Depardieu-vignoble
Le richissime acteur français qui aurait eu l’intention de se lancer dans la production de vin dans la wilaya de Aïn Témouchent aurait laissé tomber son ambitieux projet portant sur un investissement durable dans le vignoble, plus particulièrement dans la viticulture. Cependant, Gérard Depardieu n’a jamais mis les pieds ni à Hassi-El-Ghella où se trouve le siège de la direction de l’ONCV ni au chef-lieu de wilaya. Au début des années 2000, une rumeur persistante, colportée par la presse, faisait état de ce projet. Dans son édition du 12 novembre 2003, Le Nouvel Observateur rapportait : “En 2000, quelques hectares ont été cédés, dans l’Ouest algérien, à l’acteur français Gérard Depardieu, qui espère obtenir un vin de qualité supérieure.” Lors du procès Khalifa, Me Bougrine Sebti, avocat mandaté par 25 clients de Khalifa, dira de l’acteur qu’il avait failli mettre la main sur 4 hectares de vignobles à Aïn Témouchent. Ce serait suite à l’intervention de membres de l’ONM de cette wilaya auprès du ministre de l’Agriculture que cette opération a été empêchée. Officiellement, ni la Chambre de l’agriculture ni la direction de l’ONVC de la wilaya n’étaient au courant de ce projet dans la mesure où aucune demande dans ce sens n’a été formulée aux deux organismes. Sollicité pour nous éclairer sur cette affaire, M. Amamra Mohamed, représentant de la profession depuis déjà plusieurs mandats, était incapable de nous répondre. Idem pour M. Badaoui Djamel Nacer-Eddine, l’actuel directeur de l’ONCV de la wilaya de Aïn Témouchent. “Je peux vous garantir que Gérard Depardieu n’a jamais mis la main sur une superficie de vignoble dans la wilaya de Aïn Témouchent et ce, sous quelque appellation que ce soit”. “Il est vrai que l’acteur cultivait des relations d’affaires et avait fait de nombreux voyages dans le sillage d’un businessman hors normes, un certain Abdelmoumen Khelifa.
Dans la wilaya de Tlemcen où il était question d’un investissement à grande échelle dans la viticulture, son projet est tombé à l’eau. C’est du moins ce que nous venons d’apprendre de la part de la Chambre d’agriculture de cette wilaya. Selon certaines indiscrétions, c’est l’affaire Khalifa qui a tout hypothéqué. Gérard Depardieu aura ainsi raté un challenge économique en Algérie par la faute de sa liaison avec l’ex-“golden boy”, Abdelmoumen Khelifa. Des liaisons qui l’on progressivement éloigné du monde du 7e art. L’acteur Depardieu joue désormais le propriétaire terrien aux quatre coins du monde. Avec toujours le même alibi : le vin. La star a savamment cultivé son image de gentleman vigneron depuis l’acquisition de son premier pied de vigne en Anjou, avec l’achat en 1989 du château de Tigné. L’acteur aurait investi plus de 2 millions d’euros dans ce domaine de 80 hectares qui produit annuellement 450 000 bouteilles vendues entre 5 et 8 euros l’unité dans les hypermarchés. On dit souvent, également, qu’il a mis la main sur des terres au Maroc, en Espagne, en Argentine ainsi qu’en Algérie, où les deux hommes sont en affaires, sur les terres de Tlemcen, avec Rafik Khelifa. Sauf que cette destination vient d’être officiellement démentie. À titre de rappel, en termes de production de vin, l’Algérie était le quatrième plus gros producteur de vin, il y a 50 ans, avec un volume de 18 millions d’hectolitres.
Les vignobles représentaient la moitié des exportations algériennes et presque le tiers de son produit national brut. Actuellement, l’objectif est de parvenir à produire 1 million d’hectolitres de vin dont 800 000 destinés à l’exportation. Pour faire face à la précarité des installations vitivinicoles et des techniques de culture, un projet de partenariat est sur le point de voir le jour avec la prochaine création d’une société mixte algéro-espagnole, entre l’ONCV et le groupe espagnol Business Unio-Cellers, dont les représentants viennent de visiter tout récemment les installations de vinification ainsi que les superficies du vignoble de l’office au niveau de la wilaya de Aïn Témouchent. Il va sans dire que l’ONCV dispose d’une dizaine de zones d’Appellation d’origine contrôlée (AOC) avec des labels au noms de Coteaux de Mascara, ancêtre des vins d’Algérie, Coteaux de Tlemcen, Médéa ville antique, Coteaux du Zaccar, Monts du Tessala, Dahra et Aïn-Bessem Bouira.

M. Laradj


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