Édition du
20 July 2017

IL ÉTAIT UNE FIGURE MARQUANTE DE LA PRESSE ALGÉRIENNE : Bachir rezzoug nous a quittés

L’EXPRESSION
08 Octobre 2008 –

Avec lui, une certaine idée du journalisme s’en va

Un grand seigneur de la presse nationale s’en est allé. Bachir Rezzoug s’est éteint hier matin. Il aura marqué l’histoire du journalisme algérien. Tous les journalistes qui l’ont connu mesurent l’étendue d’une telle perte.

Bachir Rezzoug est né en 1941 à Theniet El Had. C’est là qu’il fit ses études primaires, puis le collège de Miliana et le lycée d’El Harrach. Son adolescence a été marquée par des faits qui resteront gravés à jamais dans sa mémoire. Au mois de juillet 1958, alors qu’il n’avait que 17 ans, il est arrêté avec son père Ahmed, avocat réputé et vieux militant nationaliste. Bachir, petit militant, acheminait les médicaments au maquis et transportait les tracts. Son incarcération, durant deux mois, restera comme une tache indélébile. La ferme familiale bombardée, les biens séquestrés, la famille dut boire le calice jusqu’à la lie. Elle apprendra que Ahmed, le père, sera assassiné en prison au mois d’octobre 1958, alors que le frère aîné Abderrahmane est emprisonné au camp de Aïn Sefra. La famille pliera bagage pour s’installer à Miliana avant de s’établir à Blida jusqu’en 1962.
A l’indépendance, son goût pour le journalisme sera affiné et encouragé, lorsqu’il se distingue dans un stage organisé en Tchécoslovaquie. Rentré en Algérie, il exercera à Alger Ce Soir, à El Moudjahid né de la fusion des quotidiens Le Peuple et Alger Républicain. C’était en 1965. Il y exercera jusqu’en 1969, où il démissionne en signe de solidarité avec son ami Morsli, directeur de l’organe officiel, limogé parce qu’il ne se conformait pas aux injonctions venues d’«en haut». «Comme Morsli était nommé par décret, il continuait à percevoir son salaire qu’il partageait avec moi qui étais réduit au chômage.» Après la galère, Bachir est sollicité par le ministre Benyahia pour prendre la direction du journal La République, basé à Oran qui sera liquidé en 1975. Bachir part alors en France où il bénéficie d’une bourse d’études à l’IFP de Paris. Parallèlement, il est sollicité pour diriger la revue panafricaine Demain l’Afrique, où il retrouve ses amis Bourboune, Josie Fanon, Bernetel…De retour à Alger en 1981, Bachir retrouve Morsli qui venait tout juste de prendre les commandes d’El Moudjahid. Bachir se distinguera par le «relookage» du vieux quotidien devenu moins austère. Le journal fit campagne contre le Code de la famille, appuyé par les femmes à la notoriété bien établie, comme Zohra Drif, Belmihoub Zerdani. Le pouvoir ne l’entendit pas de cette oreille. Bachir est relevé de son poste, appelé à d’ autres fonctions au ministère où il est réduit à ne rien faire, tout en percevant son salaire. Cela durera jusqu’en 1985, année où il rejoint l’équipe de Dunes puis se retrouve à Révolution Africaine. A la fin des années 80, il participe à la relance d’Alger Républicain. Depuis 1993, Bachir préside aux destinées de RSM, une boîte qu’il a montée et qu’il dirige depuis.
Des périodiques comme Les Cahiers de la santé, et Investir font partie du patrimoine de la Régie. Victime d’un accident cérébral, Bachir essaie de surmonter son handicap. Le doyen des journalistes algériens a été marqué par la disparition tragique, en 1998, de son fils Nadir.

(Biographie tirée d’un article de Hamid Tahri publié par El Watan)

R.N
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