Édition du
23 July 2017

Extraits du recueil poétique de “L’APRES OCTOBRE NOIR – 88/98” de Mohamed Laïd ATHMANI

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Un lecteur nous a envoyé cet extrait de poèmes de “L’APRES OCTOBRE NOIR – 88/98” de Mohamed Laïd ATHMANI. Nous le publions en espérant qu’il attirera les faveurs d’un éditeur prêt à relever le défi et d’en faire connaître l’extraordinaire richesse poétique.

Permettez mes chers : « Que ma confiance en vous,
Au moins, demeure.
Que mon âme se plie et vibre au même rythme
Que celui de mon peuple et de mon pays : l’Algérie
Que mon cri, qui a appris à s’élever, persiste et se dresse à la face des tyrans
et des usurpateurs de tous rangs
Que mon écrit puisse être lu par tous ces inconscients folichons qui, en ces
temps, se recrutent à foison. »

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– JE PLEURE …

Je pleure comme, en ce mémorable jour d’octobre, pour mon si cher pays, j’avais tant et tant pleuré, tandis que la majorité de mes concitoyens bernés par la vision d’un monde meilleur, toutes dents blanches, innocemment riaient.
Je pleure pour ces meurtrières blessures que mes frères algériens n’ont guère cessé de panser.
Je pleure notre peuple algérien qui, subitement, un jour : qui n’avait rien du jour, s’était disloqué.
Je pleure tous ceux qui, victimes de la zizanie, ont eu, et le jour, et la nuit, le cœur oppressé.
Je pleure pour tous mes frères algériens qui, plus libres que jamais, furent angoissés.
Je pleure, justement dans ce sens, ceux qui sont morts et que personne n’a ni recensés ni, seulement, signalés ou devinés.
Je pleure la nostalgie de notre tranquillité « d’étouffés » que mes frères ont tronquée par la liberté de « s’entre-dévorer ».
Je pleure pour tous ceux qui, projetés dans la folle farandole, ne savent plus rien discerner, ne savent même plus pleurer.
Je pleure nos chers parents qui, de leur sang pur, ont, sans le moindre regret, notre indépendance, payée, et me demande si certains l’avaient bien méritée. Car, je pleure leurs, si honorables, ossements que de viles mains débordantes de souillures, ont osé souiller.
Je pleure leurs humbles tombes qui, ignominieusement, par des «Hyènes », furent, profanées.
Je pleure leurs sacrés ossements qui, un sombre jour, par des RENEGATS, furent brûlés.
Je pleure pour l’Algérie entière qui, en ce sombre jour, fut amèrement ébranlée
Je pleure pour toutes les mains de mes compatriotes qui, vers le ciel, se sont tendues.

Je pleure pour le présent ;
Je pleure pour l’avenir comme, de par le passé, j’avais pleuré.
Je pleure pour tous ceux qui, en un jour endeuillé par une abominable tuerie en ma prémonitoire parole n’avaient pas du tout cru.
Je pleure pour tous ceux qui, croyant bien faire, en un triste jour couleur de sang, ma voix, ont préféré étouffer.
Je pleure pour tous ceux qui, pensant, enfin, s’être libérés, se retrouvent, aujourd’hui, autrement ligotés et, sous peu, au liasique enterrés.
Je pleure pour tous les enfants de mon SI CHER PAYS qui, sans nulle froidure, avaient terriblement, et même ces jours-ci, mortellement, tremblé.
Je pleure.
Je pleure.
Je pleure.
Je pleure.

Qui oserait encore, comme auparavant, m’empêcher de pleurer ?
Je pleure mon peuple que certains, à l’autel, ne veulent qu’immoler.
Je pleurerais aussi pour tous ceux qui, de nouveau, oseraient, mes larmes envers mon pays et mes concitoyens me faire ravaler.
Au monde entier et à l’Histoire, je les dénoncerais.

Après mes pleurs et toutes mes noires appréhensions, me vint, enfin, un si doux espoir :
Celui de la Démocratie, réellement rétablie, dans mon pays.
Après mes pleurs et ma déception, jusqu’à la nausée, un air d’espoir semble me caresser :
Celui de voir, sous peu, tous les partis se réunir et, pour une noble cause nationale, s’unir, comme le furent les quatre exemplaires partis du jeudi.
Après mes pleurs me viendra, sûrement, le bonheur de constater que tous mes frères algériens sont effectivement des algériens et qu’ils sauront, honorablement, élever très haut tous les Algériens.
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* Mot accompagnant l’écrit qui avait paru dans l’hebdomadaire : « Parcours Maghrébins » du : 11/6/90. (J’en remercie toute l’équipe).

8/5/1990
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– QU’EST-CE QUE VOUS FAITES ? –

Ecoutez-moi : Hommes et Enfants du pays !
Ecoutez-moi : Hommes et enfants de la ville !
Accroupi, chaque soir, entre deux petites tombes fraîches,
En compagnie de mes angoissantes pensées .
Dans mon cauchemar éveillé
Je voyais un enfant d’« Octobre noir », le visage plein de sang
un enfant aux yeux embués d’où des larmes coulaient
Difficilement, il semblait m’entretenir .
Permettez-moi, CHERS AMIS, que je vous transmette
Ce que je crus, dans ma douleur humaine, m’entendre dire :

«Qu’est-ce que vous faites, MESSIEURS ?
Qu’est-ce que vous faites, au nom de ma noble tête ? »
Serait-ce vraiment « L’ERE DE LA BETE QUI NUIT » ?
Si je suis mort et offert mon sang et mon corps
C’est, bel et bien, pour une sincère DEMOCRATIE :
Ce n’est guère pour l’irrespect et l’anarchie.

Qu’est-ce que vous faites, MESSIEURS ?
Qu’est-ce que vous faites, au nom de ma noble tête ?
Mais, c’est assurément de l’OPPRESSION !
Si je suis mort et offert mon sang et mon corps
C’est pour une vraie LIBERTE D’EXPRESSION :
Ce n’est nullement pour la CONTRAINTE et le recours à
LA DAMNATION lors des élections.
Qu’est-ce que vous faites, MESSIEURS ?
Qu’est-ce que vous faites, au nom de ma noble tête ?
Mais, Bonté Divine ! Bonté Divine !
Si je suis mort et offert mon sang et mon corps
C’est pour l’enseignement et le civisme :
Ce n’est point pour l’étouffement et l’obscurantisme

Qu’est-ce que vous faites MESSIEURS ?
Qu’est-ce que vous faites, au nom de ma noble tête ?
Mais, ma parole : VOUS PERDEZ LE NORD !
Si je suis mort et offert mon sang et mon corps

C’est pour lutter contre L’INJUSTICE ET LE DEDAIN
Et, non pas, pour que vos hommes liges répandent le venin .

Qu’est-ce que vous faites, MESSIEURS ?
Qu’est-ce que vous faites, au nom de ma noble tête ?
Mais, dites donc, CE QUE J’AI REELLEMENT REVENDIQUE A ETE
BIEN VITE ENTERRE !
Si je suis mort et offert mon sang et mon corps
C’est pour L’EMBAUCHE AU TRAVAIL :
Et, non point, pour que refleurisse une certaine canaille .

Qu’est-ce que vous faites, MESSIEURS ?
Qu’est-ce que vous faites, au nom de ma noble tête ?
Mais, juste ciel, Ceux qui sont morts sont des enfants !
Si je suis mort et offert mon sang et mon corps
C’est pour enrayer tous LES TORTS
Ce n’est nullement pour qu’au reste, on réserve le mauvais sort .

Qu’est-ce que vous faites, MESSIEURS ?
Qu’est-ce que vous faites, au nom de ma noble tête ?
Mais, c’est la pire des TRAHISONS !
Si je suis mort et offert mon sang et mon corps
C’est, bien-sûr, pour marquer le temps de LA RUPTURE :
Ce n’est pas pour que naisse une insidieuse DICTATURE

Qu’est-ce que vous faites, MESSIEURS ?
Qu’est-ce que vous faites, au nom de ma noble tête ?
Mais, c’est machiavélique, comme basse stratégie !
Si je suis mort et offert mon sang et mon corps
C’est pour l’harmonie de la famille :
Et, non pas, pour que soit, entre mes frères et sœurs, engendrée la zizanie.

Qu’est-ce que vous faites, MESSIEURS ?
Qu’est-ce que vous faites, au nom de ma noble tête ?
Mais, que de DISTORSIONS à la nouvelle CONSTITUTION !
Si je suis mort et offert mon sang et mon corps
C’est pour combattre, partout, L’IMPOSTURE !
Et, non pas, pour qu’elle réapparaisse sous une outre figure.

Qu’est-ce que vous faites, MESSIEURS ?
Qu’est-ce que vous faites, au nom de ma noble tête ?
Qu’est-ce que vous faites ?

10/07/90

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EXTRAITS du Recueil poétique de : “” L’APRES OCTOBRE NOIR – 88/98 ” de: Mohamed Laïd ATHMANI
Inédit ( qui dort encore au Ministère de la CULTURE)
‘((((Pourrait être édité par : L’ HARMATTANT , faute de: )))))


Nombre de lectures : 767
UN COMMENTAIRE

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  • SANTOS
    8 février 2010 at 23 h 05 min - Reply

    Il y a de quoi pleurer quand on voit ce qui est arrivé et ce qui arrive encore à notre Cher Peuple et à notre Cher Pays.
    Espérons que nos Éditeurs soient à l’écoute.
    Merci pour tout ce que vous faites TOUS.

    AMINOS SANTOS




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