Édition du
28 March 2017

Le Nobel de la paix au médiateur finlandais Martti Ahtisaari

afp logo
Il y a 5 heures

OSLO (AFP) — Le prix Nobel de la paix a été attribué vendredi à l’ancien président finlandais Martti Ahtisaari pour ses nombreuses médiations de paix à travers le monde depuis 30 ans, malgré un échec notable au Kosovo.
Marti Ahtisaari
« Ces efforts ont contribué à un monde plus pacifique et à la +fraternité entre les nations+ dans l’esprit d’Alfred Nobel », a déclaré à Oslo le président du comité Nobel norvégien, Ole Danbolt Mjoes.

Agé de 71 ans, Martti Ahtisaari a sillonné la planète au service de la paix, notamment à la tête de la Crisis Management Initiative (CMI, Initiative de gestion des crises), l’ONG qu’il a fondée en 2000.

En 2005, il a présidé à l’accord de paix entre le gouvernement indonésien et les ex-rebelles indépendantistes du Mouvement Aceh libre (GAM), mettant fin à un conflit qui a fait environ 15.000 morts.

Un épilogue heureux qui tranche avec une actualité dominée par les violences, du Proche-Orient au Caucase en passant par l’Irak, l’Afghanistan, le Sri Lanka ou la Birmanie.

« Je suis surpris que les Norvégiens puissent prendre une telle décision. J’ai 12,5% de sang norvégien et ça devrait me disqualifier » pour le Nobel, a réagi le diplomate finlandais -qui a un arrière grand-père norvégien- vendredi sur la radio NRK.

Considéré comme un sérieux prétendant au prix de la paix depuis plusieurs années, M. Ahtisaari reçoit la prestigieuse récompense alors qu’il reste sur un échec.

Dans ses fonctions d’envoyé spécial de l’ONU entre novembre 2005 et mars 2007, le Finlandais n’a en effet pas réussi à résoudre le casse-tête kosovar.

Peuplé par une forte majorité albanaise, le Kosovo a unilatéralement proclamé son indépendance de la Serbie le 17 février dernier.

Cinquante pays, dont les Etats-Unis et la plupart des membres de l’UE, ont reconnu le nouvel Etat, mais pas la Serbie ni la Russie. Moscou a invoqué le précédent kosovar pour justifier sa reconnaissance de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie, au grand dam cette fois-ci de l’Occident.

« Il n’y a pas d’alternative à un Kosovo indépendant », a déclaré à l’AFP Geir Lundestad, secrétaire du comité Nobel, dont il guide les réflexions sans avoir le droit de vote.

« On ne dit pas que tout ce qu’a fait M. Ahtisaari s’est traduit par un succès mais il a eu des réussites magnifiques », a-t-il ajouté.

Instituteur de formation et président de Finlande de 1994 à 2000, M. Ahtisaari a oeuvré entre 1977 et 1990 à l’accession pacifique de la Namibie à l’indépendance. Sa médiation « la plus importante », a-t-il estimé vendredi, « car elle a pris énormément de temps ».

En 1999, il joue les intermédiaires pour mettre fin aux bombardements de l’Otan contre la Yougoslavie de Slobodan Milosevic.

En 2000, il supervise aussi le désarmement de l’Armée républicaine irlandaise (IRA) en Irlande du Nord et, l’an dernier, il organise des pourparlers entre Irakiens sunnites et chiites pour jeter des ponts entre les deux communautés.

En distinguant M. Ahtisaari parmi les 197 candidats en lice, plutôt que des dissidents chinois ou des militants russes donnés comme favoris avant l’annonce officielle, le comité Nobel a opté pour un candidat consensuel.

La France a salué l’action « courageuse et déterminée » du Finlandais. « Il a donné espoir à de nombreuses personnes à travers le monde », a estimé le Premier ministre norvégien Jens Stoltenberg.

Seul le frère de l’ancien dirigeant serbe Slobodan Milosevic s’est dit « affligé » par ce choix qui obéit, selon lui, « à des fins politiques ».

Le Nobel de la paix, qui consiste en une médaille, un diplôme et un chèque de 10 millions de couronnes suédoises (1,03 million d’euros), sera remis à Oslo le 10 décembre.
Sur Internet :

* Le site officiel de l’académie Nobel: http://nobelprize.org/index.html


Nombre de lectures : 274
PAS DE COMMENTAIRES

LAISSER UN COMMENTAIRE

*

*

Congrès du Changement Démocratique