Édition du
25 March 2017

Le poète et penseur syrien Adonis à Alger : Plaidoyer pour “une résistance radicale”

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Poète Syrien Adonis
La venue, la première du genre, du plus grand poète arabe encore en vie, Adonis, en Algérie est événement. Hier, à la bibliothèque nationale (BN) à Alger, le romancier Amine Zaoui, directeur de l’institution, n’a pas eu tous les mots pour saluer la présence de ce penseur et polémiste syrien et a estimé que cela permet de remettre l’Algérie sur “les devants de la scène culturelle et intellectuelle arabe”. “Adonis, ce poète différend, celui qui n’est pas d’accord même avec lui même. Ce faiseur de grands adversaires, d’ennemis. Ceux-là même qui après l’avoir provoqué le soir, cherchent à se réconcilier avec lui le jour. Il est comme les prophètes qui subissent toutes les épreuves et en sortent grandis”, a témoigné Amine Zaoui. ”Ne le croyez pas, il a parlé avec son coeur pas avec son esprit”, a réagi avec philosophie, Adonis, 78 ans, suscitant les applaudissements de la salle. Une salle remplie. Adonis, qui vient de publier au Liban, où il vit, un recueil de poèmes, “Un papetier vend des livres d’astres”, a présenté une conférence sur l”idée du refus :“Vers une résistance radicale et globale” dans le monde arabe. Disant respecter le fait religieux comme “une conviction individuelle”, il a plaidé pour une laïcité qui ouvre la voie à l’émancipation et à la démocratisation des sociétes arabes. Des sociétés, qui d’après lui, sont otages de systèmes oppressifs; nés des mouvements anti-coloniaux et qui tirent leur sève de la religion. “Je suis contre tout Etat bâti sur la religion. J’entend dire la religion en tant que système qui arrache à l’individu son identité”, a-t-il expliqué. Il s’est attaqué aux intellectuels arabes qui, selon lui, ont joué le jeu des régimes en place en remettant en cause le lien solide entre Etat et relégion. “Ces intellectuels, même ceux de gauche, se sont moqué des populations en disant qu’ils défendent leurs droits. Tout ce qu’ils ont fait, c’est de courir vers le pouvoir”, a déclaré l’auteur de la célèbre thèse du “constant et du variable” (qui provoqué une immense polémique dans le monde arabe). A la fin de la conférence, Adonis a répondu à plusieurs questions. La bibliothèque nationale lui a remis une distinction. Son amie de longue date, Djamila Bouhired, s’est fait un plaisir de la lui offrir. Depuis 1971, le poète a reçu plusieurs prix en Syrie, aux Etat-Unis, en France, en Italie, en Turquie et en Macédoine. Nous reviendrons plus en détail sur la conférence d’Adonis dans notre édition de demain.

[Fayçal Métaoui
Publié par El Watan le 14 octobre 2008

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