Édition du
27 March 2017

Crise mondiale: Les partis algériens sur le banc de touche

Le Carrefour d’Algérie

Par Mohammed Benzekri

Rien de plus futile et de plus dérisoire, en fin de compte, que le discours partisan aujourd’hui, sur la crise financières mondiale, et ses effets sur l’Algérie. Sans capacité d’analyse claire et à la hauteur de cet «énigme» internationale, le discours des partis politiques algériens s’est enlisé à la fin, dans le registre de l’inutile, quand ce n’est pas celui du surréalisme et des banalités idéologiques de chaque courant. En fin de semaine dernière, le MSP, et lors d’une conférence sur la crise économique mondiale et outre sa solution, d’un renforcement du contrôle de l’Etat sur le système financier et des banalités genre «encouragement de l’investissement hors hydrocarbure, afin de prémunir l’économie nationale», ou diversifier les réserves de change, en plusieurs monnaies, le parti islamiste versera dans des lectures étonnantes comme: «cette crise est le résultat de l’absence de transparence dans les transactions financières au sein du système financier et bancaire, des plus puissantes économies dans le monde ». Pour conclure à la fin à la théorie que la crise, qui a généré une forte récession des bourses mondiales est «délibérée», car il était possible de l’éviter ou d’en réduire l’impact sur les autres économies, selon Soltani. Un autre spécialiste du courant conclura à son tour, à la solution des mécanismes de financement alternatifs, dont l’utilisation des chèques financiers, qui font partie des moyens de financements islamiques, solution miracle de ce courant islamiste. Durant le même week-end, le président du FNA, Moussa Touati, appellera à un « éveil » pour l’édification d’un Etat juste et équitable, avant d’évoquer les répercussions de la crise financière mondiale, en affirmant que si cette dernière n’a pas eu d’impact sur l’Algérie, «c’est que notre pays, ne dispose pas d’une structure économique et compte toujours sur les recettes du pétrole». Pour le mouvement En-Nahda, qui a tenu ce jeudi, aussi, la 1ère session ordinaire de son Conseil consultatif national, qui sera sanctionné par l’élection du président du conseil et du secrétaire général du mouvement, il préconisera «une augmentation des salaires de tous les employés», qui est «une nécessité pour pallier à la baisse du pouvoir d’achat, d’une part, et contrecarrer les répercussions de la crise financière mondiale»

d’autre part, en concluant par une interrogation sur «l’avenir des fonds algériens déposés auprès des banques étrangères». Le thème de causes et des retombées de la crise financière internationale, a été aussi, au centre du débat du forum intellectuel du parti du FLN organisé sous l’égide de Belkhadem. Ce dernier estimera à son tour, que les retombées de la crise sur l’Algérie peuvent épargner le pays, «grâce à une gestion prudente de nos épargnes». Une opinion vite confirmée par les spécialistes présents, dont Abdelkrim Harchaoui, député et ancien ministre des Finances, et reconnue par les gestionnaires du Fonds Monétaire International (FMI) eux-mêmes. Selon le patron du FLN, l’Algérie «est moins exposée à la crise», car elle n’est pas liée directement aux marchés financiers, ce qui nous place «dans une situation encourageante et plus confortable» et ce, grâce «au remboursement par l’Algérie de sa dette extérieure et de sa gestion des épargnes de la nation». Le FFS, enfin, a relevé la nécessité de «réfléchir sérieusement aux conséquences de la crise financière internationale», sans autres propositions, ou lecture plus approfondie. Une réserve que la patronne du PT jugera inutile en plaidant pour un «véritable» dialogue sur la crise financière mondiale à l’APN. La crise nous concerne car, «nous avons de l’argent à l’étranger et nous importons des produits alimentaires et donc, nous sommes concernés par différents aspects». La conclusion de tous étant qu’il y a un énorme manque de visibilité nationale et que la situation du pays ne permet plus que d’attendre les effets, étant sans pouvoir sur les causes. Une évidence que certains partis évitent d’assumer et qui donne à leur discours, le ton parfois comique ou banal de l’analyse par défaut.


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