Édition du
27 July 2017

LOUIZA HANOUNE AU CC DU PARTI DES TRAVAILLEURS :

LE SOIR D’ALGERIE
«Il faut geler l’accord d’association avec l’UE et arrêter les privatisations»

Les événements ont-ils donné raison à la politique prônée par son parti ? Les conséquences nées de la crise financière internationale «hisseront-ils» le Parti des travailleurs sur la scène nationale ?
Abder Bettache – Alger (Le Soir) – Sa porte-parole, Mme Louiza Hanoune, est catégorique : «Nous avons tiré la sonnette d’alarme à plusieurs reprises. L’échec est celui du capitalisme. Heureusement que notre pays n’est pas intégré dans le circuit capitaliste international comme l’avaient exigé le FMI et la Banque mondiale. Vouloir à tout prix adhérer à l’OMC sera une faute très grave ; il est urgent de geler l’accord d’association avec l’Union européenne, d’arrêter le processus de privatisation des banques publiques et investir en force dans le secteur publique économique.» Hier, lors de son intervention devant les membres du comité central de son parti réuni en session ordinaire au siège de la Mutuelle des travaux publics de Zéralda, la porte-parole du Parti des travailleurs n’a pas été par trente six chemins pour annoncer qu’«aujourd’hui, il y a effondrement du système capitaliste et qu’à long terme, nous serons touchés par cette crise». Louiza Hanoune, durant deux heures, a traité des questions politiques économiques nationales. De la loi de finances complémentaire (LFC) 2008 à la récente augmentation des parlementaires des députés, la parlementaire et porte-parole du PT a passé en revue toutes les questions d’actualité. Elle fera savoir que «le groupe parlementaire du PT regrette que la LFC 2008 soit promulguée par ordonnance, empêchant ainsi les députés de débattre et de contribuer à son élaboration afin qu’elle puisse répondre aux besoins les plus urgents du pays dans les différents secteurs». Dans ce cadre, elle fera savoir que son parti a «rejeté la taxe sur les véhicules neufs, qui pénalise beaucoup de citoyens, notamment ceux des régions où la voiture est le seul moyen de transport disponible, et réaffirmé que le transport en commun, pour lequel a été instruite cette taxe, est un service public qui doit être soutenu par le Trésor public». L’autre sujet «parlementaire » qui a fâché la députée est celui relatif à «la scandaleuse augmentation des salaires des députés». Louiza Hanoune s’interroge «sur les bases et les normes retenues pour procéder à une telle augmentation». «Cette augmentation, sans précédent, constitue une provocation à l’encontre de la majorité de la population». En d’ajouter : «Cela se passe au moment où le pouvoir d’achat de l’écrasante majorité de la population est laminé, où les enseignants universitaires de rang magistral et autres chercheurs sont toujours en quête d’un salaire digne de leur statut, et où des familles vivent avec des pensions de 3500 DA/ mois». Pour conforter la position exprimée sur la question, Louiza Hanoune dira que «conformément à la démocratie, le mandat de député est un mandat politique et non une fonction (…) Cette augmentation constitue un danger pour le multipartisme, car dénaturant profondément le rôle de député». Ces points évoqués par la porte-parole du PT sont, assurément, étroitement liés aux questions politiques, sociales et économiques de l’heure. Sur ce chapitre, elle a longuement évoqué «la tragédie des harragua poursuivis en justice parce qu’ils ont voulu mettre fin à leur vie alors qu’il fallait une véritable thérapie, la décision prise par le ministre de la Participation de vouloir dissoudre des entreprises comme l’Enapat, Digromed et six autres EPE à Oran, le bicéphalisme dans la prise de décision ou encore la contradiction des chiffres avancés par le département du travail et de la Sécurité sociale relatifs aux postes créés ou à créer». Pour illustrer la contradiction dans la prise de décision, Louiza Hanoune cite «le refus du Parlement de réhabiliter, dans le cadre de la loi de finances 2009, la décision prise par Ahmed Ouyahia en 2004 de dépôt de l’argent public dans les banques publiques, alors que cette même décision a été prise dans ce cadre puis annulée par le gouvernement dans le même cadre». Fidèle à ses positions, le Parti des travailleurs, par la voix de sa porte-parole, a plaidé pour la «revalorisation du pouvoir d’achat des citoyens, la réappropriation de la décision politique, d’autant que nous sommes à la veille d’importantes échéances politiques ». «Il faut réapproprier et récupérer la souveraineté nationale », a-t-elle indiqué, tout en rappelant que «plus que jamais se pose la nécessité de l’élection d’une Assemblée constituante, composée de députés élus et révocables et dont la tâche première est de répondre aux attentes et aux besoins de la population». Lors d’un point de presse organisé hier à l’issue de cette réunion, Louiza Hanoune a réitéré les positions exprimées la veille. Elle fera savoir aussi que son parti convoquera son conseil national les 30, 31 octobre et le 1er novembre prochains et qu’une réunion nationale des élus se tiendra prochainement pour débattre des échéances prochaines dont celle des sénatoriales.
A. B.
youcefabder@hotmail.com


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