Édition du
23 March 2017

Entretien avec Karim Tabou, premier secretaire du FFS

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Réalisé par Radjef Said.

 » Faire semblant de tout bouger pour que tout reste en place ».

En marge du meeting qu’il a animé dans la ville de Drâa El Mizan, Karim Tabou, premier secretaire du FFS, a bien voulu répondre aux questions de notre ami Radjef Said.

Bonjour Mr Tabou, quelle est selon vous la situation dans le pays?

Karim Tabou: La situation est catastrophique. Depuis la dissolution de la premiere instance légitime et representative qu’est le GPRA dés l’independance, l’Algérie est devenue le théâtre de manoeuvres de coups de forces contre la légitimité democratique, contre l’ordre citoyen et politique, avec une série inintérrompue de violations grâves des droits de l’lhomme.Aujourdhui, comment ne pas remarquer que les mêmes obstacles à la democratisation du pays sont là, plus pernicieux et plus sophistiqués que jamais? Le statu quo, l’immobilisme, la ruse, le mensonge,la trahison, le crime, le baillonnement de la libre pensée et les propos sibyllins, profitent peut être à certaines ambitions politiciennes, mais ne sont qu’une preuve d’arrogance et de mepris envers le peuple. Il est malsain et contraire à l’éthique de paralyser tout un pays, ses institutions, sa société uniquement parcequ’on est pas encore maître du jeu. Le systeme en place n’a aucun projet de societé et encore moins d’identité politique. Il repose sur le DRS, la violence et le crime, le mensonge et la trahison, la corruption, le regionalisme et la manne pétrolière.
Vous venez de rentrer de Ghardaia.. La catastrophe qui a frappé tout recemment cette ville semble vous avoir terriblement éprouvé. D’ailleurs dans votre discours d’aujourdhui, la catastrophe de Ghardaia a pris le pas sur l’affaire Mécili et la commémoration du deuxieme anniversaire de l’assassinat de Rabah Aissat. Pouvez vous nous raconter ce que vous avez vu à Ghardaia?
Karim Tabou: A Ghardaia, j’ai vu le deluge…Comme beaucoup d’algériennes et d’algériens,les pensées de Hocine Ait Ahmed et les notres vont d’abord aux citoyennes et aux citoyens de Ghardaia, Laghouat, Djelfa, Sidi-Belabes,Naâma,Tiaret et Médéa.Une délégation du parti, suite aux grandes inquietudes de Hocine Ait Ahmed, s’est rendue sur les lieux dans les premieres heures qui ont suivi la catastrophe. Elle a rencontré les habitants et discuté librement avec eux.Elle s’est rendue dans les endroits que la télévision d’Etat et les officiels d’Alger, n’ont fait que survoler..

Vous m’avez parlé de déluge, peut-on savoir ce qui s’est passé réellement?

Karim Tabou: Une fois de plus , on ne peut que regretter l’aventurisme, l’amateurisme, l’improvisation et l’impréparation de l’Etat à affronter les situations de risques majeurs et déplorer l’abscence de vraies politiques de préventions et de secours. Autant l’Etat manque d’imagination et de rigueur dans tout ce qu’il entreprend, autant celui-ci ignore tout des parades qu’il faut mettre en place en cas de catastrophes. Une fois de plus, la catastrophe de Ghardaia, n’est due à la colére du ciel, mais elle est le resultat de la cupidité de ceux qui nous gouvernent. C’est le barrage d’eau qui a débordé et qui a failli engloutir tout la région. Tous les éxperts qui se sont déplacés sur les lieux , sont categoriques: ce barage n’a pas été construit sur les normes requises. C’est du travail baclé, c’est un barrage construit en hâte pour sevir le discours propagandiste de Bouteflika en vue d’un troisieme mandat. Le plus dramatique dans cette histoire, c’est qu’au moment ou cette inondation catastrophique menaçait d’éffacer toute une région du pays de la carte, Bouteflika offrait un diner dansant en l’honneur d’Ahmed Benbella, comme si de rien n’etait.

Vous avez également déploré la situation securitaire qui prevaut dans le pays. Est ce que les depassements et les violations des droits de l’homme ont toujours cours en Algérie?

Karim Tabou: Le FFS fait agîr les citoyennes et les citoyens, alors que le pouvoir fait songer le peuple par des promesses vagues et creuses quand il ne fait pas carrement dans la brutalité et dans la violence. Le pourrissement de la situation securitaire n’est que le resultat de dépassement et de violations des droits de l’homme. La situation securitaire que nous vivons aujourdhui ne contribue pas à la sérénité du peuple. Aujourdhui, parceque l’Etat à longtemps investi dans la violence, la delinquance et l’incivilité, les services de securité sont contraints de se proteger des attaques, pendant que le peuple est nostalgique de la securité et rêve d’une paix improbable. Par ailleurs, puisque l’occasion m’est offerte, il faut faire remarquer que depuis quelques temps , la Kabylie a connu une mobilisation exceptionnelle des services de securité tout corps confondus. Comment ne pas se poser des questions sur la fermeture de toutes les unités de production et leur repeuplement par des militaires?

Pouvez nous dire quelle la lecture de votre parti sur les presidentielles qui vont se tenir probablement durant le printemps 2009?
Karim Tabou: A propos de cette question et de ce qui se passe en ce moment même avec les sorties carnavalésques de certains députés à l’APN, Hocine Ait Ahmed m’a fait cette remarque: » faire tout bouger pour que tout reste en place » Pour les besoins de la cause , il y a les madahs et les madahates d’ici et d’ailleurs pour faire du bruit sur le caractere democratique de ces pseudo-éléctions…On nous dira que l’Algerie est le premier pays arabe musulman ou une femme postule aux plus hautes déstinées du pays … Il y a ceux qui parlent de la surveillance de ce scrutin par les instances internationales, il y a Moussa Touati un Boukrouh bis puis on finira la comédie par la presence d’un islamiste BCBG. Et le tour est magistralement joué. Au niveau politique et institutionnel, le pays est réduit à l’impératif de fonctionnement. En matiére éléctorale, c’est la politique de l’encrier. Le chef de l’Etat se tait; ses ministres ont l’impudeur de faire des projections post-éléction presidentielle. Cette éléction serait-elle une simple formalité? Le respect des femmes et des hommes de ce pays, aurait voulu qu’a quelques mois seulement de l’échéance presidentielle, les choses soient clarifiées. Or la strategie politique adoptée par les decideurs est une violence faite au peuple. Il s’agit là d’une faute politique. A ce niveau, une telle légéreté politique est intolérable et impardonnable?

Pour terminer, un mot sur l’affaire Mécili

Karim Tabou: D’abord il ne s’agit pas d’un feuilleton, il s’agit d’une affaire grave ou un militant des droits de l’homme à été assassiné pres de chez lui. Contrairement au pouvoir qui fait tout pour ettouffer le plus rapidement cette affaire, nous ferons tout pour que la lumiere soit faite sur cette affaire. Et peu importe les conséquences.


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