Édition du
26 March 2017

La mauvaise foi et la manipulation à la mode "Liberté"

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Les ex du FIS dissous veulent s’opposer à un troisième mandat de Bouteflika

Dhina, Benhadj et les TSB
Par Mounir Boudjema

Les dinosaures sont de retour. Une étrange coalition de personnalités politiques hétéroclites est en train de prendre forme. Des vestiges de l’ex-FIS, des ex-candidats à la présidentielle, d’anciens chefs du gouvernement et des caciques du FLN se sont mis dans l’idée de proposer une alternative électorale. Un seul mot d’ordre les fédère : tout sauf Bouteflika (TSB).
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La salve est venue de… Genève. Dans ce havre de paix, que même la crise financière mondiale n’a pas atteint et qui demeure pour les Algériens intimement associé à la “retraite politique” d’Aït Ahmed, se cache un autre Algérien qui s’est à nouveau manifesté à quelques mois des élections présidentielles.
Malgré une éphémère interdiction de s’exprimer, Mourad Dhina, ex-dirigeant du FIS dissous, représentant, la branche cassée de la Djaz’âra, a lancé la campagne des TSB ainsi : “Le peuple est tenu à l’écart de la question de la prochaine présidentielle. Il en va de même de la classe politique et des partis (…)”, dira-t-il, avant de s’en prendre directement au président Bouteflika désigné comme “l’homme oppressant est actuellement à la tête du pouvoir. Va-t-il oui ou non briguer un troisième mandat et ceci ne dépend que de lui au moment où le peuple algérien, comme un troupeau de moutons, attend ce que le pouvoir voudra bien décider”. Dhina a-t-il pété les plombs ? Il est évident que la lancinante question du troisième mandat de Bouteflika intrigue, énerve, voire exaspère ses adversaires mais de là à se défausser sur le peuple qualifié de “troupeau de moutons”, c’est un pas que Dhina a allègrement franchi. Mais au-delà de ce dérapage, Dhina, chef de file des islamistes algériens installés à l’étranger, pose la question cruciale qui taraude les TSB : “Mais le premier responsable du régime en Algérie tant du point de vue de la Constitution, de la loi ou de la morale reste le président de la République. Dans l’hypothèse d’un échec, il doit tirer les conclusions (…)”. L’aveu est de taille. Non seulement les adversaires de Bouteflika espèrent que le destin fasse son œuvre puisque Dhina lance un pathétique “tout le monde doit mourir”, mais cette coalition improbable prépare aussi bien les élections de 2009 que celles de 2014. Dans les coulisses du troisième mandat, l’heure est à l’agitation et aux réunions de salon. Face aux reports successifs de l’annonce de la révision constitutionnelle, les esprits s’échauffent.
Une semaine après cet appel de Dhina, dans une mosquée de Kouba où il réunit, après la prière du soir, une quarantaine de fidèles, le nouvel ami de Dhina, en l’occurrence Ali Benhadj, confie qu’il “veut se présenter à l’élection présidentielle”. S’ensuivit une série de rencontres avec des anciens de l’ex-FIS pour tenter de les convaincre que sa candidature empêchera que “Bouteflika se présente car il n’y a pas droit”, dira-t-il. Ses contacts se sont étendus à Genève. Le but de la manœuvre est de créer un front TSB à l’extérieur et de tenter de rallier, à l’intérieur, des personnalités politiques à même de représenter une alternative à une réélection de Bouteflika. Pour couronner le tout, Benhadj préconise que les anciens de l’ex-FIS se présentent individuellement et que le gouvernement livre la liste des anciens détenus islamistes habilités à se présenter. En un mot, que les ex-terroristes et autres responsables islamistes de la “tragédie nationale” forment une sorte de pôle électoral de la salafia. Dhina, qui a raté le train de la réconciliation et qui a constaté, avec l’exemple de Rabah Kébir et du groupe de Bonn, que la Charte n’était pas une chimère ou un piège politique mais qu’elle avait réellement une applicabilité sur le terrain, a demandé à Benhadj de faire également campagne contre “la réconciliation nationale.” L’ancien imam d’Essuna s’étant retrouvé dans une position délicate du moment qu’une prise de position contre la réconciliation nationale pourrait condamner Abdelkahar, son fils qui a rejoint le maquis du GSPC, à une mort certaine, du moment que l’option d’une réédition est combattue politiquement par son père. Benhadj la condamne du bout des lèvres mais n’oublie pas de faire la navette dans la région de Tizi Ouzou afin de vérifier dans les morgues de la ville que son fils ne fait pas partie des terroristes abattus de Béni Douala. Toute cette agitation en coulisses des islamistes de l’ex-FIS qui revient tous les quatre ans, menée par un Dhina qui semble avoir perdu le sens des réalités, et un Benhadj, qui l’a perdu depuis fort longtemps, aurait pu prêter à sourire si ce n’est la réapparition, dans ce contexte, d’un ex-poids lourd de la politique en la personne de Abdelhamid Mehri. Ce dernier a été aperçu à… Doha en compagnie de Abassi Madani, soit le bal des revenants, en marge d’une conférence en faveur d’Al Qods. Les deux hommes, que le pacte de Sant’ Egidio avait déjà réunis en 1995, se réconcilient. Ce qui intrigue les observateurs politiques qui évoquent, ces dernières semaines, des hypothèses multiples sur des alliances complètement contre nature dans le sillage du TSB.

M. B.

Commentaire : Vous faites l’impasse sur le plus dinosaure et sur le plus cacique des hommes politiques algériens, c’est à dire Bouteflika lui même. Au mieux, c’est un impair professionnel au pire c’est de la mauvaise foi.
Brahim


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