Édition du
30 March 2017

Le chaudron

El Watan
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En pleine période caniculaire, les actions de protestation se multiplient dans plusieurs régions du pays. Les émeutes d’été ont fait leur apparition chez des citoyens qui ne se suffisent plus du printemps pour crier leur colère. Les observateurs les plus avisés sont surpris par ces explosions en chaîne provenant de la scène sociale que d’aucuns croyaient assoupie et anesthésiée par les fortes chaleurs.

Une vitalité de la protestation citoyenne qui sanctionne les débuts cahoteux d’un troisième mandat présidentiel ayant promis, par millions, des emplois et des logements. Pénuries d’eau, coupures d’électricité, routes dégradées, incendies, le quotidien du simple citoyen est devenu une course d’obstacles. L’euphorie de la réélection d’avril dernier aura vécu, laissant place à un profond malaise social qui touche des pans entiers de la population.

Les sièges d’APC sont pris d’assaut par des villageois exaspérés, notamment au centre du pays, accablant des élus locaux qui sont en réalité les derniers maillons de la machine à perdre, et à régresser, enclenchée par les gouvernants depuis des décennies. La détresse a atteint un tel niveau que des salariés poussés vers la porte de sortie, comme celà a été signalé ces derniers jours à Bordj Bou Arréridj, ont menacé de se jeter du haut d’un silo si leurs contrats de travail ne sont pas renouvelés. Les mêmes scènes avaient été vécues récemment à Tizi Ouzou, où des recrutements ont très vite débouché sur des licenciements, faisant surgir sur le toit d’un bâtiment administratif des dizaines de jeunes menaçant de se jeter dans le vide.

La suppression des crédits à la consommation qui préoccupe l’univers économique et financier national n’est qu’un épiphénomène aux yeux des larges couches de la population. Même la classe moyenne peine à contracter ce type de crédits, vu les taux d’intérêts exorbitants pratiqués par les banques et la série de « produits obligatoires » vendus par les assureurs. Un salarié moyen sait en définitive qu’il n’a pas le droit de s’endetter lourdement pour se payer un rêve à quatre roues, aux dépens de l’équilibre alimentaire de ses enfants. Il est clair que la tentation du gouvernement de régir par ordonnance les habitudes de consommation des citoyens est une aberration. Pendant ce temps, les décideurs n’ont pas manifesté la moindre volonté de réduire le train de vie de l’Etat, dont les représentants prennent allégrement des libertés avec l’argent public. Dans une quête éperdue d’une paix sociale illusoire, le pouvoir a redoublé d’efforts pour brimer les syndicats autonomes et miner l’opposition politique. Il se retrouve face à une société en ébullition, à laquelle il est difficile de se dérober même en prolongeant les congés.

Djaffar Tamani

5 août 2009


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3 Commentaires sur cet article

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  • papousse
    5 août 2009 at 18 h 07 min - Reply

    Ce chaudron me fait rappeler le « Kazan » des janissaires de l’Algérie Ottomane. Quand ces derniers étaient en colère contre le diwan (le pouvoir), ils le renversaient de la tête au pied pour ensuite déloger le Dey dans son palais « la Jenina » et l’assassiner avec l’appui du peuple. Peut-on renverser ce chaudron en 2009 sans effusion de sang…du moins celui du peuple ?




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  • saladin
    11 août 2009 at 16 h 04 min - Reply

    La doctrine pascalienne  » plutot l’injustice que le désordre » . Depuis le fameux octobre 88 qui a été un vecteur de désordre , il ne se passe pas un jour où les citoyens forcent la main a l’état souvent pour les pousser a revenir sur des décisions liée justement aux réformes , au controle de l’etat sur baucoups de choses qui ne sont pas claires telles le marché informelles , les construction illicites , les refus de payer les amendes , les impots , tous ce ni n’arrangent pas en fait le ou les citoyens qui ont une optique sur l’etat , que en haut ce sont tous des voleurs , les genéraux sont des voleurs et nous on veut nous faire appliquer la loi .
    Les journaux a la recherche du sensationnel pour vendre , car où il du grabuge , de la casse ça se vend bien , alimentent les chioses .
    Quand vous voyez des jeunes faire la loi pour s’accaparer de rues entiéres pour les utiliser comme parkings et les automobilistes doivent payer sinon ils sont tabassés .
    Quand vous voyer des jeunes installer des commerces de fortunes sur les trottoirs fermant même les accès des magasins qui eux payent les loyers , les impots
    Quand vous voyez des conducteurs d’autobus faire la loi sur les pauvres usagers , ils démarrent quand ils veulent , ils chargent plus que la norme et surtout le soir s’arrétent quand ils veuelent sans que personne ne peut les obliger a mettre des permanences au déla de 18h pour raccompagner les citoyens qui rentrent de leurs boulots a partir de 19:20h.
    Les décideurs ont décidés de laissez faire pour qu’il n’y ai pas un embrasement populaire tant que le président bouteflika est en poste aprés leurs départs ça peut exploser .




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  • thirga
    11 août 2009 at 17 h 31 min - Reply

    @SALADIN: Plutot l’injustice que le desordre appartient à Ibn Khaldoun. Machiavel n’en serait qu’un élève pervers de ce père de la sociologie.




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  • Congrès du Changement Démocratique