Édition du
23 July 2017

SITUATION SÉCURITAIRE EN KABYLIE ET COMMUNICATION OFFICIELLE : Silence, doutes et amalgames

Le Soir d’Algérie
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La Kabylie semble vivre un été chaud sur le plan sécuritaire. Une succession d’événements qui engendrent doutes et confusions, en raison de l’absence, comme d’habitude, d’une communication officielle. Quant à la presse, qui fait l’effort de faire référence dans le traitement de l’information sécuritaire à des sources sûres, que le lecteur a fini par ne plus croire, elle est tenue dans le mépris par les institutions de l’Etat, tenues, elles, d’informer les citoyens.

Faute d’apaiser une opinion locale sujette à toute sortes de manipulations, cette attitude et ce silence-radio des pouvoirs publics concernés, tant sécuritaires que civils, donnent libre cours à toutes sortes de spéculations qui profitent aux tenants de l’intégrisme armé et à leurs relais idéologiques et alliés politiques. En l’espace d’un mois, la Kabylie a vécu une succession d’événements sécuritaires qui ont suscité la défiance des citoyens envers les institutions de l’Etat, et, fait gravissime, formulé des accusations envers l’Etat et ses démembrements sécuritaires que de larges pans de l’opinion locale, certainement déformée, en raison de l’absence d’une information vérifiée et transparente, accusent de faire fi de leurs missions conventionnelles et réglementaires.

Par deux fois, à Tadmaït, comme aux Ouacifs, la population est sortie dans la rue pour demander que l’Etat, via ses représentants, assume ses fonctions régaliennes qui consistent à assurer la sécurité des biens et des personnes, conformément à la Constitution, tout en se demandant pourquoi tant de déploiement d’effectifs et de moyens sécuritaires opérationnels n’arrivent pas à juguler l’insécurité qui prévaut dans cette région. Une situation où, il est vrai, la connivence et la collusion entre l’activisme crapuleux et le terrorisme ne font plus de doute. ATadmaït, durant les dernières quarante-huit heures, comme aux Ouacifs, il y a moins d’une semaine, des citoyens n’ont pas manqué d’exprimer leur exaspération et leur sentiment d’abandon face à une situation attentatoire à la sécurité des biens et des personnes. Face à une situation faite de kidnappings à répétition et d’assassinats qui alimentent la suspicion, comme ceux commis, il y a deux jours sur les hauteurs de Tadmaït, le silence des autorités est assimilé à du mépris. Aucun canal de communication, via, par exemple, la société civile ou les médias, n’a été sollicité pour apporter un peu plus de transparence et de visibilité dans une situation tellement trouble qu’en définitive, elle ne profite qu’à l’intégrisme islamiste, à son bras armé ainsi qu’à ses relais idéologiques et politiques. Dans un tel contexte de confusion et d’absence de la parole officielle, un banal fait divers, comme celui qui a plongé dans l’émoi la population de Aïn-el-Hammam, contexte sécuritaire général oblige, fait l’objet de surenchère et de commentaires tendancieux. Commentaire de Rabah, citoyen de Tizi-Ouzou et néanmoins militant politique : «L’absence de communication officielle sur tout ce qui touche à la situation sécuritaire profite à l’intégrisme et le dédouane de ses crimes. L’absence de visibilité politique induite par la politique de réconciliation nationale et son prolongement annoncé, l’amnistie générale, a comme rendu aphone l’ensemble des responsables institutionnels tenus d’apporter une information crédible et transparente. »
S. A. M.


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