Édition du
23 July 2017

Harraga : l’État impuissant

Le Soir d’Algérie

En cet été 2009, le phénomène de la harga reprend de plus belle, avec plus de détermination et plus de violence ! Les dernières mesures gouvernementales, qui se voulaient dissuasives, n’ont rien réglé.
Ils partent de partout. De toutes les côtes. Quitter l’Algérie à tout prix ! A deux, à dix ou à vingt. Les harraga partent pour n’importe où, et n’importe où, cela peut être même Israël ! L’aventure est arrivée aux quatre harraga de Skikda. Cherif Adel, Abdelaziz Oualbani, Fouad Boufarouk et Mohamed Tahar Khelifi, âgés de 21 à 27 ans, qui ont été arrêtés en avril dernier alors qu’ils se trouvaient à bord d’un bateau italien de marchandises, non loin de la ville occupée de Haifa où ils avaient été appréhendés par les forces de sécurité israéliennes et incarcérés. Ils avaient pour projet de s’établir clandestinement en Europe pour y travailler. Mais après un séjour en Grèce, un pays qu’ils avaient rejoint en passant par la Turquie, ils avaient dû renoncer à leur projet faute de travail sur place et s’étaient alors introduits clandestinement dans le bateau italien qui, après avoir accosté dans plusieurs ports, s’est dirigé vers Israël ! Les quatre jeunes gens viennent d’être libérés après plus de trois mois de détention, mais à elle seule, cette histoire révèle l’obstination encore vivace de quitter le pays à n’importe quel prix, en 2009 !
Le phénomène prend des proportions alarmantes
Une situation d’autant plus grave que ces derniers temps, de jeunes diplômés, des pères de famille et des femmes, même des mineurs , (c’est le cas le 27 juillet dernier) n’hésitent pas à traverser la mer avec tous les dangers que cela représente et l’impact désastreux sur l’image du pays. Début juillet, alors que 116 jeunes clandestins étaient appréhendés au large des côtes annabies, on apprenait que c’étaient plus de 250 immigrés clandestins qui ont été appréhendés au sud de la Sicile, près de l’île de Lampedusa, et ce, en une seule journée, par les autorités italiennes. Pratiquement un jour sur deux, une centaine de clandestins arrivent sur les côtes italiennes par groupe de quinze. Ils ont été secourus et transportés sur la terre ferme. D’autres harraga repérés avaient été ramenés sur un navire de la marine italienne qui les a conduit jusqu’à l’île de Lampedusa, située à 200 km au sud de la Sicile. Face au phénomène, l’Etat se révèle impuissant ! Les députés algériens ont pourtant voté, le 21 janvier 2009, une loi qui punit d’une peine allant de 2 à 6 mois d’emprisonnement et d’une amende de 20 000 à 60 000 DA les personnes qui tentent de quitter de manière illégale le territoire national. La question des harraga est devenue politique avec l’exploitation qu’en fait le Maroc, notamment. Mais les harraga n’ont plus peur ni des lois ni des forces de sécurité. En témoigne la nuit mouvementée qu’ont eu à vivre, dans la nuit de jeudi à vendredi, les garde-côtes d’Annaba avec pas moins de 46 harraga. Refusant de se rendre, ces derniers ont précipité leurs embarcations de fortune contre la vedette des gardes-côtes. Le choc les a précipités dans la mer. On déplore dix-huit blessés et surtout, un mort (un jeune de 27 ans) ainsi que plusieurs disparus. On peut aussi comparer leur tentative à un suicide. Plutôt mourir que d’être arrêté, telle est la devise de ces harraga. Selon Zaïdi Abdelaziz, chef de la station maritime principale des gardes-côtes de Annaba, contacté par nos confrères de Liberté, «les harraga ont appliqué une toute nouvelle stratégie ». Nouvelle stratégie ? «Jugez-en ! Après une course- poursuite, ceux se trouvant dans la première embarcation, et pour la première fois, ont réagi d’une façon très bizarre. Dès qu’ils ont été interceptés, soit vers 00h45, ils ont refusé de se plier aux injonctions des éléments de la Marine nationale. Ils ont carrément foncé sur l’unité des gardes-côtes. C’est ce qui a engendré des blessés en plus du fait que l’embarcation a coulé.» La leçon de cet été 2009 est claire : face aux harraga, l’Etat est bien impuissant !
C. M.


Nombre de lectures : 1245
5 Commentaires sur cet article

LAISSER UN COMMENTAIRE

*

*

  • still
    10 août 2009 at 1 h 40 min - Reply

    L’arme absolue.

    Pourquoi un harrag de surcroît malchanceux, consentirait-il à payer une amende et faire de la prison?
    Si le système borne a pousse le ridicule jusqu’a pénaliser ses propres victimes – double injustice – celles-ci ont au moins garde un zest de dignité assez fort pour pouvoir lui exploser dans la figure.

    Il faudra que nos « illustres députés » passent a la vitesse supérieure (en matière de débilite) : interdire le suicide. Mais puisque cette option est inopérante il faudra qu’ils déploient toute leur « ingéniosité » pour désactiver cette « faculté absurde » de casser la baraque en f…le camp.




    0
  • Le naufrage
    10 août 2009 at 10 h 52 min - Reply

    LE BATEAU ALGERIE COULE !
    Question : qu’est devenue la macabre et déshonorante « affaire » des corps repéchés*** par les gardes côtes espagnols? Les autorités ibériques avaient officiellement prévenu les autorités algériennes, que, les dépouilles des malheureux noyés algériens, conservés dans les chambres froides des morgues, seraient inhumés dans une fosse commune si, rien n’ était entrepris par l’Etat algérien, pour rapatrier les corps de ces malheureux candidats à l’immigration clandestine en Europe.
    D’autre part, les familles de ces  » harragas » , auraient entrepris des démarches auprès des autorités compétentes algériennes. Qu’en est-il des suites données à cette affaire?
    J’avoue que j’ai éprouvé un certain malaise à écrire ce commentaire, tant le sujet me blesse profondément et m’indigne au plus haut degré !
    Le degré de barbarie et de veulerie que manifestent les « dirigeants » algériens vis à vis de cette tache noire qui salit un peu plus l’image de l’Algérie, et le spectacle d’une frange de la population qui reste ignomigneusement indifférente à cette tragédie ( à Benidorm, située à une encablure d’Alicante, des familles algériennes aisées, se prélassent et s’adonnent sans pudeur aux « plaisirs » de l’été ! ) . En Tunisie, plus de 6000 entrées de « touristes » algériens par jour (!) sont enregistrées et qui rapportent à l’état tunisien la colossale somme de 1 milliard d ‘euros/an ! La déliquescence chimiquement pure d’une société à la dérive comme ces « felouques » du désespoir sur la « Grande bleue ». Le bateau « Algérie » coule !
    Que Dieu nous garde !
    Note : *** Le nombre des corps déposés à la morgue, s’élèverait à 600 !

    Réponse : votre commentaire, comme d’autres a été publié sans problèmes. Nos obligations professionnelles ne nous permettent pas d’être H24 face à nos écrans. Situation que vous comprendrez aisément.
    Les seuls commentaires que nous supprimons et sans état d’âme sont ceux qui touchent à la dignité humaine, portent atteinte aux fondements de notre ALGERIANITE, tout comme les messages racistes incitant à la division et à la violence.
    Soyez le bienvenu sur VOTRE SITE.
    Fraternellement.
    Salah-Eddine SIDHOUM




    0
  • Le naufrage
    10 août 2009 at 23 h 39 min - Reply

    @Salah-Eddine SIDHOUM
    Je vous remercie d’avoir bien voulu me répondre . J’apprécie à sa juste valeur votre réponse à ma crainte injustifiée. Qu’il en soit ainsi et dont acte !
    Je serai pleinement satisfait si ma question à ce terrifiant dossier pouvait trouver un début de réponse aux nombreuses questions que je me pose sur le sort de nos malheureux compatriotes qu’ ILS ( les serviteurs de Lucifer) considèrent comme « quantité négligeable » .
    Mes recherches personnelles au sujet des  » harragas » , sur le Net, restent à ce jour, infructueuses. Et, j’enrage de ne pas posséder d’éléments nouveaux et suffisament importants qui puissent provoquer une réaction de la part de nos concitoyens.
    Mais que font nos journalistes d’investigation, si tant est qu’il en existe ?! Aucun pour reléver le défi face à cette chape de plomb qui s’abat sur cette tragédie qu’ ILS voudraient occulter du domaine public ?! Et dire qu’à Paris, au cimetière du Père Lachaise, il y a un carré réservé à nos amis les bêtes ! Oui,  » plus je regarde les hommes et plus j ‘aime mon chien  » .
    Pour conclure pour cette fois-ci , je souhaite vivement que les naufragés du désastre algérien, ne soient pas morts une deuxième fois pour  » mémoricide » : l’oubli volontaire par les assassins de la mémoire, après avoir été les assassins de cette jeunesse algérienne en portant une atteinte grave à leur intégrité physique ou psychique , et pour les avoir soumis à des conditions d’existence de nature à entraîner leur destruction .
    Fraternellement.




    0
  • réda
    11 août 2009 at 10 h 51 min - Reply

    Non l’état n’est pas impuissant , ils ont commander pour 70 millions d’euro de matériel pour renforcer la section maritime de la protection civile ( tenu de plongé , bateau pneumatique …) , 700 milliard de centime pour repêcher les cadavres , une idée ingénieuse. c’est comme ca qu’on gère les problèmes en Algérie.

    le nombre de harraga augmente alors on importe du matériel en devises pour repêché les corps , au lieu de revaloriser des métiers avec des centre de formation performants qui ne se base pas sur le chiffre mais sur la qualité.

    ils nous méprisent tellement qu’ils pensent que ca sert a rien de nous parler ou de nous demander notre avis , les algériens sont devenu tous des haraga potentiel , si on vous choppe a coté d’un maquis tu fait partie d’un réseau homo sapien et si par malheur vous prenez un le large pour pécher ou ne plus voir l’horizon algérien alors vous êtes un harrag on vous tire dessus.( comme a GAZA )

    ils ont bloqué le pays , ils se sont arrangé avec les pays étranger pour réduire le nombre de visas et serré l’étau sur l’émigration pour croire qu’ils ont un peuple.

    et ce qui reste spectaculaire en Algérie c’est que face a un problème indéterminé les solutions proposer par un ministre et un vendeur de sardine ( malgré tout mon respect a ces vendeurs qui gagnent leurs vie honnêtement) sont les mêmes .

    et généralement les solutions proposer sont d’ordre financier ,et l’action de réfléchir est systématiquement écarter.

    entendre par exemple le ministre de la solidarité ( Oueld Abbas alias fakhamatouhou ) chargé du dossier des harraga dire a chaque fois que  » le problème c’est pas l’argent ».
    prouve que ces gens aiment tellement la vie et l’argent qu’ils croient que tout peut se régler avec.
    ils oublient qu’un cerveau sert aussi a réfléchir et non pas seulement a la ruse et la malignité dont ils sont champions et c’est ca le drame de l’Algérie.

    Vive l’Algérie et gloire aux martyres des deux guerres.




    0
  • thirga
    12 août 2009 at 23 h 38 min - Reply

    Confondre l’Algerie des Martyrs, un Etat restauré par le feu et le sang, à la secte au pouvoir est aussi absurde que de rester insensible au drame que vivent les Algeriens et l’atteinte à cet Etat par les corrupteurs et les corrompus au pouvoir. Ridicules sont ces guignols de dépités juste bons à lever leurs mains bouche cousue pour plaire au dictateur violeur de le souverainté populaire. L’héroisme des Haraga à la recherche d’une vie meilleure ailleurs, au pays de koffars, mesure leur rejet d’etre des Zombies ….




    0
  • Congrès du Changement Démocratique