Édition du
28 March 2017

LOI DE FINANCES COMPLÉMENTAIRE: Le patronat hausse le ton

09-08-2009
Le Soir d’Algérie

Le Forum des chefs d’entreprise (FCE) estime, en réaction aux dispositions de la loi de finances complémentaire pour 2009, que «les mesures édictées ne constituent la réponse appropriée ni aux préoccupations conjoncturelles des pouvoirs publics, visant l’équilibre de la balance des paiements et la maîtrise des importations, ni à celles des entreprises, freinées dans leur développement».
Chérif Bennaceur – Alger (Le Soir) – Dans un communiqué diffusé hier, le FCE constate qu’«imposer comme seul mode de paiement des importations, le crédit documentaire qui, en fait, ne profite qu’au seul fournisseur, pénalise lourdement l’entreprise qui doit immobiliser une importante trésorerie». Pour l’organisation patronale, «la portée économique d’une telle mesure n’apparaît pas». Aussi, «contraindre les entreprises à bloquer de la trésorerie pour réceptionner la marchandise bien plus tard revient à courir le risque de voir disparaître nombre d’entre elles avec les conséquences que l’on peut d’ores et déjà prévoir : accroissement du chômage, pénurie de produits, surcoûts, inflation, etc.», déplore le FCE. De surcroît, ajoute le communiqué, «ne pas prévoir une période de transition permettant le traitement des opérations en cours (bateaux en rade, livraisons encore en mer, documents en attente auprès des banques) plonge actuellement notre économie dans un marasme indescriptible, lourd de conséquences ». Comme le FCE relève que «la suppression de la procuration constitue une humiliation et un mépris à l’égard des chefs d’entreprises ». Car, «par une telle mesure, l’entreprise se retrouve véritablement mise sous tutelle puisque l’organisation du travail en son sein lui échappe».
Absence de débat de fond sur les choix économiques
Le FCE, qui va convoquer une assemblée générale extraordinaire pour analyser la situation, ne manque pas d’avertir, de nouveau, des «dangers que comporte une démarche qui fait reposer l’ébauche de la politique économique nationale sur la seule loi de finances». Pour le FCE, il «est aisé de comprendre le désarroi des entrepreneurs algériens, du fait que cette ébauche est portée par une loi de finances complémentaire, censée pourtant ne pas bouleverser les équilibres définis annuellement, sans débat, sans consultation d’aucune sorte des principaux détenteurs d’intérêt dans le processus de développement national». Reflétant l’expression d’«entrepreneurs qui avaient ces dernières années le sentiment que les pouvoirs publics les considéraient comme des partenaires», le FCE déplore «l’absence de débat de fond portant sur les choix économiques qui doivent déterminer la politique économique du pays». Voire, «l’absence de concertation, l’autoritarisme qui dicte les décisions économiques, réduit la crédibilité de ces mesures et risque de conduire à la paralysie du pays», regrette l’association patronale.
C. B.


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