Édition du
22 March 2017

Le soufisme et l'islamisme politique

zaouia Alawiyapar Ghania Oukazi
Le Quotidien d’Oran 12 août 2009

Le parrainage de la célébration du centenaire de la voie soufie Alâwiyya par le président de la République semble constituer le premier acte politique pour l’amorce d’un débat sur les valeurs et les principes d’un islam qu’il veut «authentique» et non «importé».

«Nous ne ferons que respecter ce que nous recommande Dieu de faire. L’islam n’est pas importé d’un pays ou d’un autre, c’est l’islam de Okba Ibnou Nafâa, nous l’avons hérité de nos khoulafa», avait martelé Bouteflika tout au long du périple qui l’avait conduit à travers le pays durant la campagne électorale pour la présidentielle d’avril dernier. «Nous sommes tous des salafistes mais pas selon la perception qui est répandue en Algérie ou ailleurs», avait-il encore affirmé.Il a estimé que «le dialogue entre nous doit être basé sur l’islam, nous sommes issus du berceau de l’islam, celui du cheikh Larbi Tbessi». Bouteflika avait assuré aux populations que «nous ferons renaître l’islam, l’authenticité et la civilisation arabe».

En parrainant le colloque international sur la voie soufie Alâwiyya qui a coïncidé avec la célébration du 24 au 31 juillet dernier du centenaire de la zaouïa à Mostaganem, le président de la République semble avoir fait ses calculs, ceux de provoquer un débat sur les principes et les valeurs de l’islam loin des influences de tendances «importées» comme le wahhabisme ou le salafisme qui ont provoqué de profondes déchirures au sein de la société algérienne. Il recourt pour cela au verbe et à «l’Ijtihad» de cheikh Khaled Bentounès, le président de la zaouïa Alâwiyya de Mostaganem, pour enseigner les fondements d’un islam qu’il qualifie «d’authentique». Les liens forts et anciens que Bouteflika entretient avec cette doctrine mystique islamique et avec les voies soufies du pays en général le laissent marteler à chaque fois que l’occasion lui est donnée que «l’Etat algérien a été fondé sur les principes de l’islam».

Il est important de rappeler que le chef de l’Etat a pris durant sa campagne électorale l’engagement d’organiser un référendum pour faire voter son projet d’une amnistie générale. Il compte ainsi amnistier tous ceux qui ont plongé le pays dans le drame durant les années 90 qu’ils soient politiques ou membres d’organisations armées. Il n’a eu de cesse de répéter, en effet, en mars dernier qu’«une amnistie générale se fera par référendum, parce que c’est le peuple qui doit pardonner, elle se fera sur sa décision». Mais avant, il demande aux politiques de l’ex-FIS de «reconnaître devant le peuple ce qu’ils ont fait, il faut qu’ils se rendent compte qu’ils ont fait du mal et l’avouent publiquement à partir des capitales étrangères ou d’Alger», allusion faite à Abassi Madani et Ali Belhadj.

Les éléments de réponse de cheikh Bentounès

«Hlektouna, Rabi yahlekoum ! (Vous nous avez fait du mal que Dieu vous fasse du mal !)», a lancé Bouteflika de l’intérieur du pays à l’adresse des politiques de l’ex-FIS. Il a demandé à ce que «l’on s’interroge sur les causes de la crise qui a ébranlé le pays pour qu’on ne retombe pas dans les mêmes erreurs».

Le Maître de la voie soufie Alâwiyya lui donne d’ores et déjà des éléments de réponse. «Il nous faut pour cela revenir à l’esprit d’unité, à la symbiose entre l’esprit et la raison et passer de la culture du Je, culture de l’individualisme et de l’égoïsme, à une culture du Nous qui unit et rassemble tous les êtres». Cheikh Khaled Bentounès partage ainsi avec le président de la République, mais à sa manière, la notion de réconciliation nationale. «Chacun, chacune de nous, doit désormais prendre conscience de son pouvoir d’action, de ses engagements profonds et de ses responsabilités», réclame le cheikh de la tarîqa. Parce qu’il estime que «c’est en réaffirmant ces valeurs, qui nous ont permis de construire notre passé, que nous appréhendons notre avenir dans la volonté déterminée de construire la paix entre les peuples, entre les êtres et en nous-mêmes». C’est en tout cas l’introduction que cheikh Khaled Bentounès a choisie pour parler du soufisme «l’héritage commun», son livre qui n’a laissé personne indifférent.

Il faut reconnaître cependant que la polémique qu’il avait suscitée durant le colloque de Mostaganem n’a pas duré longtemps. Le président de la République a ordonné à ce qu’il lui soit mis fin de suite en faisant dire aux responsables du Haut Commissariat islamique (HCI) qui s’en été révoltés que c’étaient juste «des remarques amicales». Il a donc fallu une décision politique pour que le religieux se calme et ne s’engouffre pas dans la fitna. Cheikh Khaled Bentounès semble avoir été ainsi chargé «d’initier» aux Algériens le chemin du Jihad Al-Akbar qui, écrit-il dans son livre, «nous enseigne la patience, la responsabilité et le sacrifice pour faire naître et grandir en nous le sens du service au prochain, puisé dans le Rahmân (le Miséricordieux), pour donner au rahîm (le prochain)».

La Alâwiyya au temps où Salah Vespa était commissaire

Le Maître ne se privera pas de rappeler le dur passé durant lequel le soufisme a été «incompris, stigmatisé, parfois altéré par ceux-là mêmes qui se réclament de lui». Il racontera, entre autres, la guerre d’Algérie et la résistance de ses proches comme pour corriger l’image de la collaboration avec le colonialisme que beaucoup d’Algériens gardent collée à la zaouïa. «Le cheikh El-Mehdî, nourri par la fois religieuse et le sentiment national, est un fervent militant de la lutte de libération de l’Algérie», a-t-il entre autres mentionné dans son livre à propos du combat de son père. «Mon père passe une première nuit au commissariat central où il est interrogé par le commissaire Salah Vespa et sa brigade spéciale. Ne trouvant rien à lui reprocher, il demande qu’on le débarrasse de cet homme. Le cheikh est mis au secret, la zawiya perquisitionnée en violation du droit le plus élémentaire. Le pouvoir l’a assigné en résidence surveillée à Djidjilli, une station balnéaire à mille km de Mostaganem», écrit Khaled Bentounès à propos de l’arrestation de cheikh El-Mehdî le 18 février 1970 à Tijdit, vieux quartier de Mostaganem où se trouve la zaouïa.

Mais il rassurera que «le soufisme demeure pourtant étonnamment vivant, par des liens fraternels qu’il tisse entre les hommes, impose sa raison d’être aujourd’hui». Ainsi, «à travers le tumulte, les changements et les vicissitudes du temps qui altèrent toute chose», le cheikh promet-il que son livre nous fera découvrir «ce qui est resté immuable et constant de la tradition prophétique». Le Jihad Al Akbar chez les mystiques comme le Maître de la Alâwiyya est «le combat de toute une vie pour retrouver ce bonheur perdu (Adam et Eve au paradis, ndlr) auquel aspire chacun de nous». Il écrit «Adam et Eve vont changer d’état de conscience. De l’état paradisiaque idéal, ils vont chuter vers le monde des réalités contingentes soumis aux contraintes des lois morales et physiques leur imposant une quête permanente pour satisfaire leurs besoins essentiels». L’on est ainsi loin des fetawa sur le Jihad prononcés par des va-t-en-guerre sans scrupules. Il parlera longuement de la tradition du prophète (QLSSSL). Au-delà des références coraniques et religieuses par lesquelles il a conforté ses propos, cheikh Bentounès s’appuiera sur les écrits d’Alphonse de Lamartine dans «la vie de Mahomet» ou sur Victor Hugo dans «L’islam (L’an neuf de l’Hégire ; Mahomet)» écrit le 15 janvier 1858. Ibn Arabi sera l’inévitable référence que le cheikh prendra à témoin pour expliquer les profondeurs du soufisme, porteur, dit-il, du «message universel». Il écrit «le prophète est l’héritier d’un message spirituel légué par Dieu à Adam et ravivé sans cesse par une lignée ininterrompue de prophètes parmi lesquels Abraham, Moïse et Jésus.

«Penser un nouveau projet humain»

C’est un message à la fois spirituel et temporel, celui du juste milieu, loin des extrêmes. Il fait l’éloge de l’homme parfait, l’homme équilibré, dans la verticalité et l’horizontalité, dans la prière comme dans l’action.» Il pense que «ce n’est que par la redécouverte de sa véritable nature spirituelle que l’homme pourra contribuer harmonieusement au bien-être de l’humanité et vivre dans un monde plus juste et plus libre. Il ne s’agit pas ici d’une liberté au détriment d’autrui… mais d’une liberté de l’être, la vraie liberté, celle qui est en communion avec la vie, c’est-à-dire non seulement avec ses semblables mais avec l’univers tout entier.»

Les nombreux disciples de la Alâwiyya, venus de divers pays, ont animé durant toute une semaine des ateliers pour débattre de questions d’actualité. Leurs enfants se sont eux aussi organisés en groupes de travail pour réfléchir tout autant que les 5.000 invités au colloque de la Alâwiyya sur «comment remonter à ses sources les plus lointaines et donner les points de repères dans l’histoire de ce que fut son passé, de ce qu’est son présent et de ce que sera son avenir». Hébergés à la nouvelle cité universitaire de Chemouma à Mostaganem, beaucoup d’entre eux n’avaient même où et avec quoi se doucher à cause du manque d’eau. Mal construits et manquant de commodités les plus élémentaires comme des lavabos dans les chambres ou des douches à chaque palier, les lieux étaient sales en raison d’un rationnement de l’eau digne des années de plomb. Mais ceci est une autre question de gestion par les collectivités locales.

Cheikh Bentounès écrit en introduction de son livre à propos des traités par le colloque: «Dans un monde en pleine mutation où les crises (énergétique, écologique, financière, alimentaire, morale…) créent angoisse et désarroi, entre un présent tumultueux et un avenir incertain, quelle voie choisir et par quels moyens agir ? C’est l’interrogation que nous invitons chacun de nous à partager à l’occasion du centenaire de la voie soufie Alâwiyya-Darqâwiyya-Shâdhiliyya, qui sera célébrée tout au long de l’année 2009.» Il exprimera sa reconnaissance et ses remerciements au président Bouteflika «pour m’avoir soutenu et encouragé dans cette entreprise». Son travail, il le veut «en hommage à nos maîtres, à l’Algérie éternelle, terre d’espoir et d’avenir, aux générations futures». Il recommande à tous de «penser un nouveau projet humain caractérisé par une vraie solidarité. (…). Mais notre défi n’est pas tant d’agir maintenant que de pérenniser des actes qui seront décisifs demain.» La Alâwiyya se devrait de faire du message véhiculé par le colloque de Mostaganem le premier de ces actes décisifs.


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20 Commentaires sur cet article

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  • thirga
    12 août 2009 at 17 h 16 min - Reply

    La collaboration des ZOUIS avec la secte au pouvoir c’est comme l’eau pour les poissons. Les grands mots des grands moments de trahison « un nouveau projet humain » déclarée par Bentounes, un protégé d’un violeur de la Souverainté populaire pour se maintenir au commande Algerie? une vraie maladie des sectes au pouvoir dans le Quart monde. Avec ta manière de nous relater le dédain du sinistre Salah Vespa pour ton père, on peut dire tel père tel fils!




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  • Kestadi ?
    13 août 2009 at 0 h 36 min - Reply

    Kestadi ?
    «Hlektouna, Rabi yahlekoum ! (Vous nous avez fait du mal que Dieu vous fasse du mal !)», a lancé Bouteflika de l’intérieur du pays à l’adresse des politiques de l’ex-FIS. ».

    L’ inversion accusatoire.
    Pour les lecteurs internautes qui ne connaissent pas ou peu , la période des éléctions législatives de 92, le coup d’Etat qui eut lieu, la terrible répression qui frappa et décima les rangs du F.I.S , je conseille vivement de lire l’excellent ouvrage de Jacques Vergès , ex-avocat du F.L.N , que l’on ne peut soupçonner de sympahie particulière avec le parti politique légal le F.I.S. Maître Vergès conduisait le collectif d’avocats chargé d’assurer la défense des dirigeants du FIS
    Ce livre remarquable est le cri du coeur lancé à la face de ses anciens amis du F.L.N , qu’il accuse d’être devenus à leur tour, une fois au pouvoir, des tortionnaires. Cette passionnante lecture nous apprendra, entre-autres, que les cadres du F.I.S étaient pour l’essentiel, non pas des  » brutes épaisses » incultes et sanguinaires mais, des intellectuels, des universitaires diplomés, des membres de profession libérales de haut niveau, des enseignants du supérieur.
    c’est un implacable réquisitoire dressé par Me Vergès contre le pouvoir algérien issu d’un coup de force, mais aussi contre les démocrates et les intellectuels opposés à l’alternative islamiste. Pour l’avocat français, les généraux défendent leurs rentes et les intellectuels qui les soutiennent commettent le crime irréparable de forfaiture devant leur peuple.
    A lire :
    Lettre ouverte à mes amis algériens devenus tortionnaires. Albin Michel, 1993. …




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  • Ammisaid
    14 août 2009 at 14 h 21 min - Reply

    Assalam aliekoum, azul fellawen, bonjour
    Il n’y a qu’un seul islam mais les interprétations et les pratiques sont nombreuses et variées. D’où ce qui se déroulent devant nos yeux. Et, le soufisme n’a pas besoin d’un président, il a besoin de ceux qui renoncent aux plaisirs terrestre et qui se consacrent à l’adoration exclusive et absolue du roi des mondes. Je te soutiens, tu me soutiens tout en méprisant l’humain, n’est pas du soufisme. Le soufisme ignore le pouvoir des hommes, n’a pas peur de la puissance des hommes, ne louent pas la folie des hommes, n’encouragent pas les hommes qui se placent au dessus d’autres hommes par la force et la violence, ne demandent pas l’aumône aux hommes, offrent, sans attendre quoique ce soit en retour, ce qu’il possède aux hommes qui vivent dans la misère quelque soit la raison qui les a poussé dans les bras de cette dernière et n’a pas peur de disparaître ou de mourir car il doit, normalement, connaître les secrets de la création qu’ignorent le commun des mortels. Le soufisme n’est pas un choix, il impose son choix à celui ou à celle qu’il a choisi un jour. Le soufisme écarte celui qu’il n’a pas choisi même si celui ou celle qu’il a écarté est convaincu d’être encore sous emprise partielle ou totale. Le but du soufisme c’est la soumission à son créateur jusqu’à l’extinction de soi-même et n’arrive à cette station que ceux ou celles qui sont choisis par le seigneur et cela quelque soit le chemin par lequel, il les a conduit. Wa Allahou A3lem.
    Fraternellement à toutes et à tous




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  • babafikrane
    14 août 2009 at 19 h 46 min - Reply

    Saha Ammisaid

    rak a’djebtni behad elkherdja, je vais t’envoyer ce week-end-end sur ce site un petit compte rendu sur le soufisme rédigé par quelqu’un que j’ai connu et qui était un vrais mutassawuf. Tu me dira ce que tu en pense.

    Merci
    et comme dirait l’autre « Vive Rabi wa zawaliya » ce n’est qu’en eux qu’on trouve rahamtou.

    Fraternellement
    Babafikrane




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  • Ammisaid
    15 août 2009 at 1 h 14 min - Reply

    Assalam, azul, bonsoir
    Eldjawab liysbak esou3al ! Peut-être
    J’attends ton petit compte rendu, j’espère pouvoir te répondre. En attendant, voilà l’effet de ton commentaire sur moi. C’est la première fois de ma vie que j’écris un texte qui viens de moi en arabe. J’espère ne pas avoir massacré cette langue que j’apprécie beaucoup, même, si je ne la maîtrise pas, encore, bien. 3alakhatrek Babafikrane !

    Echoukr anta3ek
    Belfarh 3amar kalbi

    Sahit aghma wela akhouya
    Wa ana, welit besbar nestena
    Elkhardjat anta3 Babafikrane, koulha
    3alakhatar yekteb bilhikma

    LItifik anass li yekrawha
    Anass li3ndhoum arouh wa3ra
    Wel kelb li fiha
    Elhir, elkhouf, wela endama

    Wa essouffi ehkmha
    Wahad elwehma wa3ra
    Maykdarch yehreb a3lha
    Waaykdarch yensaha

    Essoura enta3hou Em3ana
    anafs enta3hou ehkmha
    Men echahawat selkha
    WA Kelbouh firhma masdjouna

    Wa Allahou ya3lmaha
    Salutations fraternelles et respectueuses à toi, à toutes et à tous




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  • Aît Yahiatène
    16 août 2009 at 10 h 04 min - Reply

    @ammi saîd

    Je vous aime bien, ammi . Mais, de grâce, épargnez nous l’Amazigh et l’Arabe transcris en alphabet latin. Je considère cela comme une mutilation du langage.
    J’habite à Paris, non loin d’un quartier où réside une communauté asiatique. Elle a ses propres médias ( journaux-papier, presse-électronique, radiophonique et autres ). Jamais, au grand jamais, je ne vois ou n’ entend ce mélange du genre que pratique allègrement nos compatriotes algériens.
    Vos efforts de vous enrichir d’une aussi belle langue que l’ Arabe est louable en soi . A l’inverse de certains qui ont une aversion-répulsion maladive pour cette langue sacrée ( langue du Coran ), vecteur identitaire et prolongement par l’écriture de la pensée des plus brillants esprits que l’Humanité compte:
    ABU L-HUDHAYL AL-ALLAF
    ANVARI
    AVERROÈS
    AVICENNE
    FARABI (AL-)
    IBN BADJDJA
    IBN SABIN
    IBN TUFAYL
    KARMANI (AL-)
    KINDI (AL-)
    LIVRE DE LA GUÉRISON (Avicenne)
    MISKAWAYH
    NASIR-E KHOSRAW
    RAZI (AL-)
    SANUSI (AL-)
    SOHRAWARDI (S. Y.)
    TRAITÉ DÉCISIF (Averroès)

    Il me désole de voir le massacre à la tronçonneuse auquel s’ adonne, en toute bonne foi certes , certains Algériens . Ne prenez cela comme une attaque personnelle. Je vous lis régulièrement et vous apprécie comme étant un honnête homme, un homme qui fait le Bien et combat le Mal. C’ est à ce titre que je vous fait part de mon opinion sincère et, je n’aspire, tout comme vous, qu’à être utile aux miens dont vous faites partie.
    Amitiés.




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  • babafikrane
    16 août 2009 at 11 h 02 min - Reply

    @Ammisaid

    Ya’tik saha sahbi, ferahtni. O’mri ma cheftek, bessah na’arfek mlih : Anta zawali !!!

    Comme promis voici le texte. C’est la réponse d’un mutasuwuf (Allah yarahmou), qui fut et demeure une référence pour moi, à une série d’articles d’Algérie Actualité sur Ibn Taymiyya..

    Réponse à Algérie Actualités – Non paru

    Suite à votre annonce sur Algérie actualités demandant à vos lecteurs de vous écrire pour publier leurs réponses sur l’histoire Ibn Taymiyya que Dieu repose son âme, je vous adresse en espérant votre compréhension et votre indulgence quand au style pour un non écrivain, un petit compte rendu critique.

    Présentations et dialogues. Ces épisodes tournent et pérégrinent constamment autour d’un leitmotiv obsessionnel : Le soufisme. Bien qu’Ibn Taymiyya ait écrit sur l’intégralité de l’Islam : Fiqh, morale. Djihad etc. Pour faire ressortir la personnalité de cet éminent homme on n’a pas hésité à présenter le seul thème pour l’affirmer le soufisme. Dans quel but?

    Les séquences tragi-comiques ont présenté le soufi comme clown, fou, illuminé, hypocrite et peut-être assassin. Il y a lieu de rappeler a ceux qui ignore ce qu’est le soufisme que cette voie n’est que la voie de la charia’ et l’affirmation essentielle de l’unité absolue de Dieu.

    Ses lettres de noblesses sont a partir de Sidna Mohammed (asws), la famille du prophète, l’ensemble de ses compagnons (rta), tabi’in, tabi’in, tabi’in ila youm el din. Je citerais quelques uns : Sidi Hassan el Basri, Rabia’ el Adawiya, les effleurs de son célèbre chant d’amour nous sont parvenus à ce jour, Imam el Junaid, Imam el Ghazali, Sidi Abdelkader el Jili, El Halaj, Si Imam Alkouchairi, Sidi Ali el Dakak, Sidi Aboulhassan el Chadouly, Sidi Mohieddine Ibn Arabi, Sidi Ibn Ataillah el Iskandari, El Hamadani, Imam el Chaarani, Sidi Boumediene el Gouth, Sidi Abderahmane el Thaalibi, etc. et plus prêt de nous, un enfant de l’Algérie : El Amir Abdelkader, ce géant du combat temporel et spirituel, pour ne citer que quelques uns et j’en passe.

    Figure prestigieuse d’une haute pensée intellectuelle axée sur la connaissance pure et l’adoration de l’Unique, beaucoup d’entre eux ont connu le bannissement, la persécution et même le martyr. D’aucuns penseront qu’en citant ces noms nous ne faisons que confirmer l’opposition apparente et non réelle d’autres oulémas qui eux aussi sans faire partie de la voie parlent de l’adoration de l’unité pure.

    A ceux-là nous dirons que c’est méconnaitre gravement les lois de l’harmonie car toute pensée ne s’affirme que par ses contraires et la réciprocité est valable dans les deux sens. N’ayant peut-être jamais entendu ni su ce qu’est le soufisme, beaucoup de gens verront a travers les images projetées, une réalité. Alors je dirais que c’est une tromperie et qu’on désire tout simplement dénigrer ce qui pour beaucoup demeure incompréhensible. Les raisins sont trop verts. Il y a eu effectivement des abus et déviations comme dans toute religion, dénoncés bien avant Ibn Taymiyya par les véritables soufis, mais de la à présenter le Tassawuf comme une vaste charlatanerie frise véritablement l’ignorance et la duperie.

    Il serait nécessaire à ceux qui aiment vouloir démolir pour le plaisir, au nom d’une pseudo- orthodoxie, de leur dire de lire l’histoire de la pensée islamique pour comprendre l’âme et la tolérance de cette merveilleuse pensée à travers les âges.

    L’Europe a vu son élite rendre hommage à ces géants. La plus part des livres de ces grands maitres ont été traduits dans presque toutes les langues européennes et d’autres sont en voie de l’être et je citerais la réponse donnée par un européen musulman à un journaliste de votre journal. A la question : « vous ne pensez pas que c’est anachronique de parler de mysticisme a l’ère des microprocesseurs et des manipulations génétiques ? La réponse a fusée : « Il se trouve justement en occident que ceux qui se trouvent a la pointe de l’anthropologie sont entrain de découvrir un nouvel horizon avec l’œuvre d’Ibn- Arabi …et ils pensent que c’est la voie pour sortir les sciences humaines de la crise qu’elles traversent actuellement en occident.»

    La question réside dans le fait que ce que les musulmans considèrent comme passe révolu, les occidentaux le voient comme porte ouverte vers l’avenir.

    Pour notre part nous n’avons jamais mésestime l’intégrité religieuse ou l’honnêteté d’un homme comme Ibn Taymiyya. Loin de nous cette pensée. Ces combattants de la foi comme leurs frères de la voie trouvent une place de choix dans l’harmonie de la citation : « Ina lillahi rijals » avec comme seul crédo : « La Illah Illa Allah, Mohamadan Rassoul Allah». Le multiple n’affirme que l’unité, l’harmonie de résonance comporte plusieurs sons, pour ceux qui savent voir et entendre, toute création est nécessaire même si elle comporte des opposés.

    L’Islam est une religion universelle et son horizon est infini.

    Fraternellement

    Babafikrane




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  • Akli Boughzer
    16 août 2009 at 15 h 35 min - Reply

    Pour une fois qu’un chef d’une confrérie religieuse se démarque des tenants de l’extrémisme religieux je crois qu’il est à féliciter pour son courage et sa vision résolument moderniste de l’Islam qui n’aurait jamais dû cesser d’être une religion de paix,de tolèrance et de lumière qui manquent cruellement au monde musulman d’aujourd’hui.Notre religion est à mon sens terriblement polluée par le terrorisme et son support idéologique le wahabisme-salafisme propagé par le royaume Saoudien essentiellement à coups de pétro-dollards.Khaled Bentounès doit être soutenu et encouragé par tous ceux qui veulent sauver ce qui reste de cette grande religion qui n’aurait jamais du cesser d’être une spiritualité pour le salut de nos âmes.Je n’ai pas encore lu son dernier livre mais son interwiew au journal « El Watan » d’Alger est pleine de bon sens,d’espoir et de vision d’avenir.




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  • Babafikrane
    16 août 2009 at 18 h 31 min - Reply

    @Ammisaid

    Voici ma réponse a ton dernier commentaire

    Qui suis-je ?

    Je suis le barbare de mon rêve
    Je suis essence de ma terre
    Je suis encens de mes guerres
    Je suis feu après ma trêve
    Je suis mémoire a jamais gravée
    Je suis chair a jamais violée
    Je suis chants des étés étranglés
    Je suis carmin des printemps supprimes
    Je suis l’âme folle de mon poème
    Je suis l’esprit libre de ma plume bohème
    Je suis verbe de Darwish et de Qabbani
    Je suis hymne d’El Mawssili
    Je suis tini et je suis zeitouni

    Babafikrane 2003

    Avec mes compliments




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  • samaritain
    16 août 2009 at 19 h 59 min - Reply

    Pour une fois j’ai pu lire un si jolie poème et en arabe dialectal de la part de notre grand poète et Ami AMMISAID , ya3ik sahha….. plutôt ya3tikoum sahha, ourabbi yahfadkoum daymen lina . Ameen ya rab.




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  • babafikrane
    17 août 2009 at 4 h 19 min - Reply

    @Ammisaid

    Quelques strophes en dardja

    Ana hbibi Ammisaid
    Fel khat a’raft klamou
    I qoul ma fel qelb fi koul eid
    Ma yakhaf men a’dyanou
    Fel o’sri tbsibou dima qreib
    idafa’ a’la elhaq be qlamou
    Fel yousri, ki elkhayen iwali dib
    Ma tsib hila fi slamou
    Krim, metwada’ mahou ghrib
    Bel ksid edjaweb eshabou

    Ya qassed elkhir
    Rani nwassik
    Erradjel mahou menwala
    El mounafeq ibi’ek ou yechrik
    Lakin Ammisaid
    ma’a zawali yetwala.

    Fraternellement
    Babafikrane




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  • Ammisaid
    17 août 2009 at 11 h 03 min - Reply

    A Bafikrane,
    Assalam, azul, bonjour
    La réponse de ton frère et ami est celle d’un Zawali anta3 essah. Je n’ai rien à ajouter. Sauf pour dire que le réel est comme il est, il n’était pas, il n’est pas et il ne sera pas selon nos désirs. L’histoire du bien et du mal est tranchée. C’est chacun de choisir entre l’un ou l’autre. Dieu nous a tout donné, c’est aux hommes de partager avec une balance juste ou une balance qui est déjà trafiquée. Notre pays a tout pour vivre en harmonie mais il a besoin des valeurs que les anciens nous avez léguer. Dans nos villages, nos douars, nos villes, nos quartiers, nos gourbis…ils vivent, toujours,chez ceux qui refusent de les lâcher, de peur, de ‘égarer. Ces valeurs sont connues et elles étaient souvent utilisés: fraternité et solidarité, humilité et sincérité, pardon et tolérance de tout époque et de tout instant, croyance dépouillée de l’hypocrisie, du mensonge, de l’orgueil, de la peur (autre que son créateur) de la violence, de la domination, du crimes, de la vengeance aveugle, de l’impatience, de soumission à un autre que celui qui exige notre soumission… Le soufi, il l’a compris le jour où il avait commencer à chercher qu’il était et donc où il avait entamé le retour vers celui qui l’avait crée (moutou kabla an tamoutou !). La création est achevée, personne ne peut lui ajouter, ni lui retirer.
    O)
    Tu es un frère
    Tu es un ami
    Quand je te lis
    Je me dis :
    Il a écrit
    Ce que je vis

    Tes vers oh ! mon ami
    Sont écrits par babafikrani
    3abed wa zawali
    Akhi wa djazaïri
    Kebayeli wa 3arbi
    Khali Wa 3ami

    1)
    Liheb yakoul hak ewladou
    Yaklouhou
    Heta yechba3
    Wali bekalou yekhbihou

    Liheb yektel Khouh
    Kiymout yebkihou
    Wahkem plaçtou
    Lita3li echanou

    Liheb yekda3 eshabou
    Kiywsel koulech limenahou
    Yedwar rassou
    Wa bezoukh yekbar kimathou

    Liheb yesrak acha3bhou
    Bel3ounef yeslat A3lihou
    Heta elkhouf yedoum fikalbou
    Wel3adjz yeweli iben 3amou

    Liheb yezra3 elfitna fibladou
    Binifak wa belkadhb yeskihou (arroser)
    Heta tehkem fiakhlakhou
    Wa etnhi hou thikathou

    Liheb yesguem rouhou
    Yehkam chahwathou
    Bach etweli limoulahou
    Liywzen koul A3malhou

    Liheb yeweli 3andou
    Kima sawarhou
    Fidinya, yesfi fikalbou
    Kebel etdji elmout tedihou
    2)
    La akoulou
    Ma koultou
    Idha koultou
    Ma koultani
    An akoulhou

    La ara ou
    Ma ra aytahou
    Idha ara ouka
    Fi kouli
    Ma Ara ahou

    La asma3ou
    Ma sami3tahou
    Idha asma3ou
    Ma koulatani
    An Asma3hou

    La oufakirou
    Ma fekarthou
    Idha oudhakirou
    Ma dhekartani
    An oudhakirhou

    La ansa
    Ma nasaytouhou
    Idha nachfa
    Lazem na3bedouhou
    Man khalakani

    La A3malou
    Ma 3amaltahou
    Idha a3malou
    Ma3amala soufi
    Liwela 3andek wa Khela nefsou
    Fraternellement à toi, à toutes et à tous




    0
  • Ammisaid
    17 août 2009 at 11 h 13 min - Reply

    A Aït yehyatene,
    Assalam, azul, bonjour
    Le pouvoir m’a interdit d’apprendre le kabyle et l’opposition m’a incité à ne pas apprendre le kabyle ( C’était comme ça que je raisonnais à l’époque). C’est de ma faute si je n’ai pas fait d’efforts. Je le sais maintenant et j’essaye d’y remédier à cette tare. J’ai pris le Français sur mon chemin, au moins, sinon, je ne saurais comme partager avec vous toutes et tous mes idées, mes espoirs et mes doutes quand ils viennent me narguer. Mon but ce n’est pas de vous agacer, ni de vous harceler. J’écris en arabe et en kabyle de cette manière quand le choix m’est interdit. Je demande à toi et aux autres de l’indulgence et de la patience car peut-être qu’un jour j’arriverais à les écrire avec les lettres qui leurs sont dédiées.
    Respectueusement et fraternellement à toi




    0
  • Ammisaid
    17 août 2009 at 11 h 30 min - Reply

    A Samaritain khouya,
    Sahit yashabi, yazawali n’andjiri




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  • batni
    19 août 2009 at 5 h 36 min - Reply

    A Aît Yahiatène
    Le plus important c’est le contenu. C’est toujours un délice de lire nos amis (ammisaid et babafikrane ainsi que les autres intervenants) quel que soit le moyen utilisé (arabe, français, Tamazight, dardja, kabyle, anglais).
    Pour terminer, arreter de sacralisé une langue, et de tromper les gens, c’est le coran qui est sacrée et non la langue arabe.




    0
  • zaetmaetounagazelhit
    19 août 2009 at 22 h 09 min - Reply

    Assalam Alaikoum Wa Rahmatou Allah,

    Je constate que Ammisaid et Babafikrane ont decide d’echanger des intimites sur une « hsira » bien etalee.

    Tres souvent on a l’impression que le soufism, avec tout ce que le « ism » derriere le « Souf » sous entend (system ideologique, philosophy etc…), est une religion autre que l’Islam. On parle de « Tassawuf » comme si on parlait de sa chemise a fleures ou de ses chaussures en cuir dont on se debarrasse avec la mode oubliant les fonctions de la chemise et des chaussures qui n’existent que pour proteger des choses beaucoup plus nobles. On parle de tout ce que nos senses transmettent du monde exterieure dans toutes ses dimensions et on oubli le « SOI » qui ronge come l’eau ronge les pierres. En d’autres mots on fait beaucoup de politique exterieure et on a completement oublie comment conduire une politique interieure stable et balancee qui permet a l’etre humain d’etre dans ce monde sans pour cela etre de ce monde.

    Un « Rajul » (inna lil’allahi Rejel) (Allah Yarahmu we wessaa alaih) m’a ensigne l’essence du Mot « Tassawuf » comme suit: « Parler de « Tassaouf » serait pretentieux de notre part et un manque de respect envers les Maitres (que Dieu sanctifie leur sirr). Ne peuvent vraiment en parler, dans la mesure ou la parole vehicule un aspect du silence, que ceux qui ont realise l’ultime sommet d’une verite qui englobe l’ensemble de tous les possibles et au dela du possible. Le Tassaouf n’est pas une science au sens profane du Mot, ou si l’on veut Il est la science des sciences du connu et de l’inconnu; Il est la lumiere des lumieres. Pour pouvoir saisir ne serais ce qu’un aspect de cette merveilleuse realite, terriblement reelle et eternellement desiree, il faudrait savoir que le rattachement a une chaine (veritable) initiatique est obligatoirement neccessaire. Nul homme ne peut pretendre a la connaissance sans l’accord de cette connaissance meme et cet accord son prealable passe par ceux a qui il a ete accorde: Les Maitres Vivants. L’epoque actuelle est une epoque d’acceleration et qui dit acceleration dit chute. L’homme de ces derniers temps est epouvante par les equations qu’il pose, et tout resultat devient lui meme une equation a resoudre et ceci a l’indefini; sa course dvient celle de l’Ane de la Noria (les yeux bandes il tourne autour du puit sans arret et sans but possible). Il est impossible a l’homme de saisir cette realite a travers la lecture des livres, meme ecris par de grands Maitres (Morts) comme le dit si bien un des rares delivres des derniers temps (Rahimahu Allah):  » Aucune Vache Morte ne peut alleter ». Le soufle qui actualisera la grace doit etre aussi proche de l’homme que sa veine jugulaire; ce soufle c’est le Maitre. Le Maitre dans toute sa puissance salvatrice; le Maitre realite apparente du disciple. Le Maitre qui alimentera la lampe de la lumiere; Homme de paix, radeau de lumiere. Il est dit que ceux qui cherchent cette verite, sans Maitre veritable (ce qui est tres rare en ces derniers temps) ne seront que des imposteurs leures (trompes) ils leureront les autres.

    Il est du devoir de tout homme de recherche la verite et il est dit: « Pleure sur son existence celui qui est parti sans prendre sa part. (Ibn El Farid (que Dieu sanctifie son sirr)

    « Qu’a t’il trouve celui qui t’a perdu, et qu’a t’il
    perdu celui qui t’a trouve » ( Ibn ‘AtaIllah el-Iskandari(que Dieu sanctifie son sirr).

    Cette quete dont parlent Ibn el Farid and Ibn ‘Attaillah (Rahimahoum Allah) est bien decrite par le poete T. S. Elliot: « We shall not cease from exploration, and the end of all our exploring will be to arrive where we started and know the place for the first time ».

    Pour ce qui concerne cette intervention, je vous demanderais de m’excuser de n’avoir pas pris le temps d’introduire les bons accents; la aussi T. S. Elliot resume mon incapacite: « It’s strange that words are so inadequate. Yet, like the asthmatic struggling for breath, so the lover must struggle for words ».

    Wa Assalam.
    Zaet fuq el hit:):):)




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  • babafikrane
    23 août 2009 at 3 h 32 min - Reply

    @ zaetmaetounagazelhit

    I think that I know you very well zaetmaetounagazelhit! This is some kind of pseudo!!!… couldn’t you select something that takes less time to write ? Anyways, welcome to the discussion.

    Nous avons avec Ammisaid effectivement déroulé l’ahssira, nous nous sommes servi quelques verres de thé et nous attendons les invites. Le débat dans certaines autres rubriques est très intéressant, et il y a beaucoup d’information concernant l’histoire de notre cher pays et quelques fois des données. C’est très bien car toutes les vérités sur notre histoire doivent être dites et écrites. Mais de temps en temps on essaye de nourrir notre âme, surtout quand on se rencontre entre zawaliyas.

    Comme tu constates le sujet d’actualité concerne le livre de Khaled Bentounes, avec comme toile de fond l’eternel débat sur l’islamisme.

    Et… tu arrives et tu nous dis : « rouhou tsamrou leflayek, rakou tba’bo’ wahadkoum » vous ne pouvez rien comprendre, même si vous lisez les livres des Maitres Morts, (les vivants, que je sache, n’écrivent pas de livres) pour comprendre, il faut plonger dans l’Océan, pas avec un scaphandrier, avec le Maitre…Ahbass ! Ahbass! Ako’d, echrob kass latay ou ma tchabaksh ! makash même pas maitre nageur.

    Ce qui serait utile c’est de contribuer a ce que deux termes fondamentaux de notre langue : Islam et Tassawuf ne soient pas dépouillés de leur contenu essentiel et continuent à véhiculer le sens qui leur est propre. L’enjeu semble mineur, mais en fait il est immense car se sont les mots qui désignent ce qui est bien et ce qui est mal dans l’esprit des gens. Dans la bouche des tyrans les mots sont des armes de destructions massives dans celle des Honorables ils sont le ciment qui uni les cœurs sincères. Nous en sommes la.




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  • rachclou
    4 septembre 2009 at 7 h 14 min - Reply

    Salam
    Un cheikh du Xe siècle affirmait : « Le soufisme était auparavant [à l’époque du Prophète] une réalité sans nom ; il est maintenant un nom sans réalité.

    les Compagnons de Muhammad voyaient dans le Prophète le modèle de l’homme « réalisé ». Le compagnonnage (suhba) résumait à lui seul tout le bénéfice spirituel que l’entourage du Prophète retirait de lui. Dans cette proximité de la source lumineuse prophétique, terminologie et doctrine n’avaient pas lieu d’être.
    Le Révérend Bentounes est notoirement connu pour ses divagations à propos de l’islam. Il est tsurtout connu pour son non-respect des prescriptions religieuses, notamment sur la question du hijâb dont il a nié le caractère obligatoire. Quiconque lui rend visite ne pourra qu’être effrayé de le voir faire la bise à ses disciples, dont certaines sont en mini-jupe.

    Par ailleurs La collaboration de cette tarika avec les puissants du moment ne date pas d’aujourd’hui puisque durant la période coloniale cette secte collaborait etroitement avec la France

    Bouteflika aurrait convoqué les présidents du Haut conseil islamique (HCI), cheik Bouamrane, et de l’association des Oulémas musulmans (AOM), cheikh Chibane, pour leur demander de cesser de critiquer le livre « Soufisme, l’héritage commun », du cheikh Khaled Bentounès

    Bouteflika qui finance se genre de secte n’aurait pas apprécié les critiqués virulentes des cheikhs Bouamrane et Chibane à l’égard du chef de la Tariqa Aliwaya pour son livre qui contient des dessins représentants le Prophète Mohamed (QSSL). M. Bouteflika a convoqué les 2 personalités en leur signifiant ils ne peuvaient pas critiquer un colloque (centenaire de la Tariqa Alawiya) qui s’est tenu sous le haut patronage de la présidence de la république,
    Pour terminer Je voudrais dire aussi que Commettre des péchés est une chose, mais nier une obligation ou autoriser une interdiction sur laquelle il y a consensus fondé sur un texte explicite (tant au point de vue du sens et de l’authenticité), ceci fait partie des choses qui annulent l’islam selon l’unanimité des savants. :

    « Si tu vois quelqu’un voler dans le ciel et qu’il ne pratique pas la shari`ah, tapes-le avec ta sandale car il s’agit d’un démon » Abd al-Qâdir al-Jilânî rahimahu Allâh,

    salâm




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  • Mokdad
    4 septembre 2009 at 8 h 00 min - Reply

    Salam Alikoum
    Beaucoup a été dit et écrit sur le rapport trouble des zaouïas au colonisateur. Passé l’âge d’or des confréries résistantes insurgées sous la férule des Abdelkader, cheikh El Mokrani et autres chefs de zaouïas engagés, les confréries seront vite accusées de soumission et de compromission. Elles seront farouchement combattues par les ulémas, cheikh Ben Badis reprochant à la « tourouqia » son recours à la mystification et au « derwichisme » ainsi que le culte des saints. Après 1962, Boumediène les a maintenues à l’écart et ce n’est qu’avec l’arrivée de Chadli au pouvoir qu’elles sont sorties de l’opprobre pour endiguer le raz-de-marée islamiste. Mais c’est certainement sous Bouteflika qu’elles seront complètement réhabilitées, le chef de l’Etat n’ayant jamais caché son attachement à l’Islam maraboutique, lui dont chaque visite d’inspection est ponctuée d’une « ziara » à l’un ou l’autre des gardiens munificents de notre Algérie fataliste. (El watan)




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  • babafikrane
    4 septembre 2009 at 19 h 31 min - Reply

    Salam,

    La surenchère du leadership des zaouïas se déroule sous nos yeux par polémique interposée et par arbitrage jurisprudentiel au plus haut niveau de l’état. La spectaculaire provocation « pédagogique » du cheikh Khaled Bentounes, vient dans un sens compléter la première leçon des caricatures du Prophète (SAWS) que nous ont livré les techno-prophètes de la démocratie libérale occidentale. Ce pétard mouillé est déjà oublié, mais il aura eu le mérite de nous permettre de bien comprendre la perception des enjeux chez le cheikh Khaled Bentounes.

    Khaled Bentounes est un cheikh de Zaouïa qui fait ce qu’il doit faire pour faire vivre son organisation. C’est un gestionnaire qui se dit moderne et ouvert sur le monde. De la à prétendre que c’est un soufi c’est une autre pair de manche. N’est pas soufi qui le déclare et ne connaît le soufi que le soufi…

    Pour terminer, une petite anecdote:
    Nasreddine Khodja prêchait tous les Vendredi a la mosquée du douar. Un jour, alors qu’il n’avait rien à dire pour son prêche, il interpela sa congrégation : « Connaissez-vous le sujet de la Khotba d’aujourd’hui ? » « Non », dirent les croyants. « Alors je refuse de m’adresser a une assemblé d’ignorants. Comment pourriez-vous ignorer le sujet, sachant les événements de la semaine » demanda le Mulla Nasreddine qui quitta immédiatement les lieux.

    Le Vendredi suivant Il remonta sur le Minbar et demanda : « Connaissez-vous le sujet de ma khotba ? », inquiets les croyants répondirent : « Bien sur, bien sur, que nous le connaissons.» « Alors, je n’ai plus rien à vous dire car vous le savez. » Le Mulla descendit de son Minbar et quitta son audience.

    Le troisième Vendredi, il remonta sur le Minbar et demanda : « Savez-vous de quoi je vais vous parler aujourd’hui ? » Ne sachant quoi dire la moitie des fidèles répondit « Oui ! » Et l’autre moitie « Non ! » « Alors, que ceux d’entre vous qui savent disent la khotba à ceux qui ne savent pas.»

    Saha ftourkoum
    Babafikrane




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  • Congrès du Changement Démocratique