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28 July 2017

Agressions, vols, viols, homicides, rixes, abus sexuels…Peur dans nos villes

agressionsEl Watan, 25 août 2009

Psychose dans nos grandes villes. L’insécurité gagne du terrain. Elleprend des proportions inquiétantes, voire parfois incontrôlables. Insultes, agressions, bagarres, rixes, incivilités, vols, viols, homicide, abus sexuels, enlèvements…, ces phénomènes sont le lot
quotidien des Algériens.
Le lexique grossier et vulgaire tend d’ailleurs à devenir un véritable phénomène de société. Le climat d’insécurité est aggravé par ces dizaines de « fous » qui se pavanent dans les rues et quartiers. Les grandes villes du pays, à l’image de la capitale, connaissent ces dernières années une flambée d’insécurité qui risque d’altérer irréversiblement leur image. Leurs habitants ont peur de ces meutes de voyous qui guettent le moindre passant solitaire. Jeudi. Il n’est que 19h, la nuit commence à peine tomber sur Alger. L’une après l’autre, les rues du centre-ville, qui grouillaient de monde jusque-là, se vident.
Certains commerçants s’empressent déjà à baisser les rideaux de leurs magasins. La peur envahit la ville. L’atmosphère ambiante est lourde. On croise des regards agressifs. Des silhouettes font peur. Des rues plongées dans le noir sont interdites aux passants ; elles sont désertes. Il n’est pas indiqué d’y circuler à partir d’une certaine heure. La rue Abane Ramdane, dont l’entrée est pourtant surveillée par des policiers en faction, est occupée, selon des témoignages, par des jeunes qui se bagarrent tout le temps. Les placettes habituellement pleines de monde sont investies par d’autres occupants : des SDF, des toxicomanes et des délinquants. Ils squattent le square Port Saïd et en « interdisent » l’accès. Gare à celui qui s’aventurerait seul dans l’une
des ruelles qui débouchent sur cette grande place. La présence accrue de la police sur les boulevards les plus fréquentés n’est pas suffisante pour sécuriser les lieux. « Les policiers quittent les lieux à partir de 20h, sauf rare exception quand une manifestion se tient au TNA. Ils ne sont là que pour surveiller le théâtre, c’est burlesque. La population mérite de meilleurs égards », regrette un habitant du coin. Les agressions à l’arme blanche sont légion dans cette rue. Seuls les riverains, connus de ces jeunes délinquants, s’y aventurent. Ils ont l’assurance qu’ils ne seront pas agressés.

Même spectacle à la Basse Casbah, rue de la Lyre ou place des Martyrs, où le mouvement de foule cesse après le départ des vendeurs à la sauvette qui s’installent là le soir. La rue Tanger est devenue, elle, la rue… « danger ». « Ici, il y a beaucoup de risques de se faire agresser la nuit », témoigne Mourad, un habitant de la rue Ahmed Allam. Oui, Alger a peur de jour comme de nuit ! Ses habitants ne se sentent plus en sécurité alors qu’ils espéraient retrouver la paix après avoir exorcisé les démons du terrorisme. Ils préfèrent rentrer chez eux très tôt que de profiter de la traditionnelle promenade ou de se retrouver
entre amis dans un café du quartier, comme au bon vieux temps. Les auteurs d’agressions sont généralement des repris de justice auxquels, manifestement, l’emprisonnement ne fait plus peur. Leur âge oscillerait pour la majorité entre 18 et 30 ans. Ils sont souvent sans profession, selon des différents décomptes des services de sécurité. Alger, Tlemcen, Sétif, Tébessa, Tiaret et Oran (comme ce fut le cas en 2008) reviennent souvent en tête des agglomérations les plus touchées par la criminalité sous toutes ses formes. Les statistiques de la Gendarmerie nationale, s’agissant du nombre d’affaires relevant des infractions de droit commun, le montrent bien.

C’est l’insécurité partout

Pas moins de 6000 cas ont été enregistrés durant les quatre premiers mois de l’année 2009. Les vols, les coups et blessures volontaires occupent la première position. 1360 affaires ont été traitées. La situation est inquiétante. Il ne se passe pas un jour sans qu’on fasse état d’un attentat à la pudeur, d’une menace, d’une violation de domicile, d’un outrage, d’un homicide volontaire, d’un viol, d’un enlèvement, d’un crime ou autre délit. Pourtant, des équipes de police et de la Gendarmerie nationale n’arrêtent pas de sillonner les rues des villes et d’effectuer de multiples interpellations et arrestations. Ces
actions, nécessitant parfois la mobilisation d’importants moyens, ont, selon leurs initiateurs, donné des résultats, autant par le nombre d’arrestations opérées que pour le sentiment de soulagement qu’elles ont suscité au sein de la population. Mais il n’en demeure pas moins que ces descentes n’ont eu, selon certains observateurs, qu’un effet illusoire.
L’insécurité persiste au point que des citoyens que nous avons interrogés déplorent « l’inefficacité de services de sécurité ». Les actes de banditisme font toujours partie du quotidien.

« Le citoyen algérien a le sentiment de ne pas se sentir en sécurité », estime le colonel Zeghida. De l’avis de cet officier, cette violence serait le fait « de dysfonctionnements dans la société ». Pour lui, la société a perdu certains de ses repères. Le colonel Zeghida revient aux années du terrorisme pour expliquer l’apparition de ce phénomène. « Ces comportements sont acquis durant cette période », dit-il. Plus explicite, il estime que « la décennie du terrorisme a fait naître un sentiment d’impunité chez les citoyens. Il se pourrait que certains comportements n’ont pas été réprimés. Les délinquants pensent qu’ils évoluent dans un environnement où l’impunité règne ». Cet officier ajoute : « Il y a des actes de banditisme qui ont été commis sous
couvert d’actes de terrorisme. » Chafika ne partage pas entièrement cet avis. Pour cette enseignante en psychologie à Bouzaréah, « les Algériens
ont un comportement violent de nature ». Déplorant ce qui est advenu d’Alger, elle regrette qu’on en soit arrivé à laisser la rue à ces bandes de délinquants. Une jeune Algéroise s’en plaint aussi : pas de sécurité à l’université ni dans les jardins ni même dans sa propre voiture. Tous les citoyens rencontrés dans les rues de la capitale déclarent ne se sentir en sécurité nulle part. Leurs arguments ? Ils sont multiples. « Tout se fait par la violence chez nous, même au sein
de l’université », souligne une étudiante. Notre interlocutrice avoue qu’« un enseignant peut risquer sa vie pour une note d’examen ». Sihem exprime les mêmes inquiétudes : « Je ne me sens en sécurité ni sur la route ni à l’université et nulle part ailleurs. » Où que l’on soit, dans la rue, dans le bus, en voiture, dans un café, dans un établissement éducatif, collège, lycée, faculté, dans un jardin ou autre, seul ou accompagné, on n’est pas à l’abri d’une mauvaise surprise, si on n’est pas déjà « agressé » par de « gros mots » qui sont débités à longueur de journée par des jeunes et moins jeunes.

Par rbeldjenna


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8 Commentaires sur cet article

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  • thirga
    25 août 2009 at 23 h 56 min - Reply

    Des signes d’une impunité non pas tolérée mais voulue! L’autorité est absente.Elle se manifeste sporadiquement dans le desordre. Comment voulez-vous qu’un citoyen se sente protégé quand il constate l’embrigadement de casernes et commissariats…Les rues, les trottoirs, les parkings se trouvent squattés et des fois avec la bénédiction des autorité. La canne (le pouvoir) est tordue par le haut dit le proverbe populaire.




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  • nomade
    26 août 2009 at 6 h 26 min - Reply

    ou sont passes les généraux eradicateurs pour annihiler tous ces fléaux ?, ou est passe
    el- mehdi el mountathar du 09 avril 2009 ? ou sont passes les partis de l’alliance présidentielles qui ont promis monts et merveilles? ou sont passes les bouffons du carnaval présidentiel d’avril 2009?
    …….ils savourent tous en silence et délicieusement la déchéance de ce peuple devenu fou ,livre a lui même .s’ils ne ferment pas les yeux avec complaisance et prient dieu pourvu que cette situation dure , pourvu que ca dure , pourvu que ca dure .
    des dirigeants aussi méprisants , ne sont que de vulgaires mercenaires




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  • MTM
    26 août 2009 at 11 h 11 min - Reply

    Le peuple a une relation contradictoire avec la police et la gendarmerie. Les agents de l’ordre sont à la fois les représentants de la « houkouma » assimilée à une bande de voleurs et des tyrans intouchables par la loi et d’un autre côté les agents de l’ordre sont nécessaires, et leur présence permanente sur le terrain est impérative pour le maintien de l’ordre public. Ils sont respectés pour leur rôle de sécurisation même s’ils ne sont pas efficaces, mais secrètement ils sont maudits et vomis parce qu’ils représentent le fer de lance et la première force de frappe du régime des haggarines et des voleurs. La perception première d’un citoyen lambda vis-à-vis de ces corps de sécurités serait que le premier rôle de la police et de la gendarmerie est de défendre la sécurité de « peuple de l’Etat » c’est à dire ceux qui appartiennent au système. Il croit que la sécurité de la population est considérée comme secondaire et une corvée pénible ; un complément pour le rôle principal qui est de protéger l’Etat. Cette perception se fonde sur des éléments quasi incontestables. Le peuple de l’Etat ne souffre pas de l’insécurité urbaine sauf dans de très rares cas. Les délits et les infractions commis par ces citoyens demeurent souvent impunis. Le phénomène de violence touche seulement les zones où réside ou travaille le petit peuple. Des quartiers et des zones souvent préparées à la violence par un cadre de vie sale et dégradé. D’ailleurs, les rumeurs vraies ou fausses alimentant les préjugés qui forment cette perception, rapportent souvent des histoires de fait-divers dans lesquelles la police se donne plus de mal pour arrêter un agresseur qui a eu le malheur de s’en prendre à un représentant du régime ou à l’un de ses proches. La justice renforcent ce sentiment de discrimination en condamnant ces agresseurs « indélicats » avec des sentences sévères. Des sentences proportionnelles avec le rang que tient la victime de l’agression dans la hiérarchie du régime. S’attaquer au peuple de l’Etat ou à ses biens, dans le droit commun, est considérer comme circonstances aggravantes par la police et par la justice.

    Le sentiment prépondérant de ne pas être pas du même côté de la police, surtout lorsqu’elle est contrôlée par des personnes impopulaires, et le sentiment de discrimination par rapport à des super citoyens, rend sa tâche difficile et son rôle inefficace. La sécurité est une affaire de tous. Elle requiert du civisme et la collaboration entre la police et les citoyens. A cause des sentiments peu flatteurs à l’égard de la police, ces conditions ne peuvent être satisfaites. Ce qui se traduit par la persistance et la prolifération de la violence urbaine.




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  • nightingale 1430
    26 août 2009 at 11 h 17 min - Reply

    c’est ca l’Algerie laique et francophone! Dieu nous demande dans le Coran si vraiment on croit qu’il n’y aura pas de consequences a nos actes et nos choix. nous avons choisi la voie du mal et nous avons recolte la peur, la peur a tous les niveaux, la corruption et addulm (l’opression) malheureusement on reste aveugle et on voit pas la perspective totale, on persiste a poser le problem en termes « techniques » -ex. pas assez de policiers.. pas assez de ceci ou de cela.
    ils ont affaibli le vrai islam, l’islam que le prophete nous a transmis et defendu par les oulama, et ils l’ont remplace par le salafism idiotique et le soufisme -qui est la religion de decadence. un etat corrompu a besoin dune religion corrompu. ils ont enleve arrahma des coeurs des gens, ils ont encourage l’occidentalisation des moeurs, ils ont ordonne la fermeture des mosques -just pour la priere- et permi louverture des eglises, ils ont marginalise notre langue et impose le francais.. et leur media ont radicalement change le rapport intellectuel et psychologique des gens avec la religion. ils ont enleve, tue ou force a l’exile les educateurs sociaux, ils ont cree une nouvelle image (tres negative) du religieux dans l’imaginaire collective (e.x. un choix entre le sanguinaire jamal zitouni ou le ‘baznassi’ sheikh azawya, dans les 2 cas, le nouveau religieux peut etre envie ou craint mais pas respecte; avant, les oulama, ex. sheikh Snouci, sheikh Sahnoon, Ibrahimi, etc netaient ni envies ni craints mais respectes par tout le monde). bref, ils ont barabarise le peuple algerien. est ce qu’on doit vraiment s’etonner si lalgerie est devenue une jungle ou la peur, l’irrespect et l’argent regnent? et cela n’est que de bebut.

    RETOURNEZ A DIEU, RETOURNEZ AU VRAI ISLAM, L’ISLAM SIMPLE DU CORAN. c’est le seul chemin. et soyez creative dans votre langue, et fondez des microcosms sociaux de virtue qui echappent au controle de l’etat, des microcosm qui pourraient sauver ce qui reste de l’essence de la societe algerienne authentique.

    wa salam




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  • nomade
    26 août 2009 at 17 h 36 min - Reply

    la police algérienne , une vraie poubelle vu les éléments qui s’y engagent , a pour mission la protection des gens du systèmes , personnes et intérêts.
    une justice impitoyable et pédagogique quand il s’agit de délinquants sans maarifa .
    les apparatchiks du système ont pour mission la garde et la protection des intérêts sionistes,
    multinationales et étrangers.
    un pouvoir de mercenaires dans toute sa splendeur.




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  • Akli Boughzer
    31 août 2009 at 19 h 14 min - Reply

    Au lieu de faire son autocritique et d’attaquer le mal à sa racine on continue à tourner en rang.Les gênes de notre décadence sont en nous et en notre « système social » sclèrosé et incapable de trouver des solutions aux maux qui gangrènent la socièté.Inutile d’attendre le remède,il ne viendra pas d’ailleurs,c’est à nous de le trouver en prenant le taureau par les cornes quitte à bousculer certains se croyant détenteurs de la vérité vraie.C’est toujours la faute des autres,nous on est parfait et pendant ce temps là la m…s’amoncelle au réel et au figuré,nous nous noyons dedans sans bouger le petit doigt pour nous en sortir.Ayons le courage de voir la réalité en face au lieu d’éxceller dans la politique de l’autruche.




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  • mounir
    7 septembre 2009 at 10 h 15 min - Reply

    moi ce que je veux dire,c’est que tt est voulu par l’etat ,l’insecurité provoque l’hanarchie qui va laisser le terrain libre au mafia du pouvoir,pour le forces de l’ordre excusez moi mais quelqu’un qui fait 1.60m et qui touche 30 000 da ne pourra jamais me proteger moi qui fait 1.80m y a pas un seul agent de l’ordre qui n’a pas de (ma3rifa) pour y acceder donc un seul critere pour le recrutement (elma3rifa),pourquoi chercher des methodes pour lutter contre ça alors que y a plusieurs pays qui ont deja trouvés la solution (le pouvoir algerien passe son temps a chercher et trouver des solutions qui ne font mal qu’au pauvre peuple livré à lui meme)
    hasbia alah wa ni3ma elwakil




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  • ali
    10 septembre 2009 at 11 h 48 min - Reply

    Quelque chose nous echappe, nous les algeriens, les jeunes ont toujours le dos au mur alors qu’ont nous annoncent toujours des recettes de plusieurs dizaines de Mds par an, je suis simple d’esprit ainsi que le sont la majorité des hittistes mais le compte n’y pas, voila , est ce que notre seul avenir est une autre periode ultra violet ?




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