Édition du
23 March 2017

LFC : des mesures insuffisantes pour répondre à la situation désastreuse de l'économie nationale

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Par samir allam , le 31/08/2009 | réactions : 11

Au-delà de leur impact sur la vie économique du pays, les dernières mesures contenues dans la loi de finances 2009 complémentaire confirment l’échec de la transition économique. Il y a près de 20 ans, au début des années 1990, l’Algérie s’était engagée dans une transition d’un système économique socialiste où l’Etat était dominant vers une économie de marché. Comme dans tous les pays qui ont connu la même situation – notamment ceux de l’ancien bloc soviétique-, la transition a produit une situation de désordre économique.

Mais si certains pays ont réussi à gérer la situation de transition, d’autres, comme l’Algérie, ont mal négocié leur intégration dans l’économie mondiale. La politique industrielle a été un échec, avec de faibles investissements dans certains secteurs et une politique de désinvestissement total dans d’autres. La politique de soutien des prix a favorisé des importations massives au détriment de la production nationale. L’Algérie a échoué dans la création d’un capitalisme local -des entreprises capables de relever le défi de la production- tout en multipliant les signaux contradictoires en direction des investisseurs étrangers : insécurité juridique, refus de certains privatisations… Enfin, l’Etat n’a pas réalisé les investissements capables de favoriser l’offre interne.

Résultat : l’économie algérienne possède aujourd’hui la même structure que celles des pays voisins du Sahel. La seule différence avec ces pays pauvres réside dans le fait que l’Algérie possède une rente pétrolière qui l’a mis à l’abri du besoin quand les cours sont élevés comme c’est le cas depuis une dizaine d’années. Mais l’Algérie est un pays qui importe entre 92% et 95% de ce qu’il consomme. Une situation qui menace les réserves de change dans un contexte marqué par une instabilité des cours du pétrole, unique source de revenus en devises du pays.

Le modèle actuel basé sur le tout import n’est pas viable : il consomme les réserves de change et produit une forte inflation. Il constitue une lourde menace pour l’économie nationale et la stabilité du pays. Pour faire face à la situation, le gouvernement a décidé de réagir, via une série de mesures contenues dans la loi de finances complémentaire pour 2009. Ces décisions économiques visent notamment à réduire les importations et les transferts de devises vers l’étranger.

Mais les nouvelles mesures gouvernementales pourraient s’avérer rapidement insuffisantes et inefficaces. Non seulement elles arrivent avec quelques années de retard – la hausse des importations se poursuit depuis 2002- mais elles ne sont pas assez importantes pour répondre à l’urgence de la situation et l’importance des enjeux.

En effet, les nouvelles mesures n’apportent aucune réponse à des questions aussi inquiétantes pour l’avenir du pays que la lutte contre le chômage – plus de 35% de la population active-, la relance de la production locale ou encore comment attirer des investissements étrangers sérieux et créateurs de véritables richesses pour le pays. Sur ces dossiers, le gouvernement ne serait même pas au stade de la réflexion…


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