Édition du
23 July 2017

Pourquoi se cachent-ils derrière des prête-noms ?

belkheir
El Khabar

Par Larbi Zouak

Le fils du colonel à la retraite et directeur actuel de la protection civile veille à ne pas impliquer son père, M. Mustapha Lahbiri dans le scandale des moulins « Sersou », qui appartiennent au général Larbi Belkheir. Il est à se demander, à ce titre, si M. Kamel Lahbiri aurait pu devenir un actionnaire dans cette affaire s’il n’avait pas été fils de colonel ? En révélant cette affaire des moulins « Sersou », il n’était nullement dans notre intention de porter préjudice à une partie quelconque ou de faire encore la publicité des moulins « Sersou ». Ce n’était d’ailleurs pas un scoop puisque l’opinion publique algérienne sait très bien que les moulins de Sersou à Ghardaïa appartiennent à Larbi Belkheir et que Mustapha Lahbiri en est l’un des associés. Cependant, nous avons traité cette question sur la base d’une expertise. Nous affirmons ici que si la justice algérienne n’a pas ordonné de saisir les actifs de ces moulins à la suite de l’incapacité de ses propriétaires à honorer leurs dettes bancaires. En d’autres circonstances, nous n’aurions jamais abordé la question. De toutes manières, la majorité des algériens est convaincue que la plupart des sociétés actives dans des secteurs lucratifs appartiennent à de hauts responsables au sein de l’Etat. Nos gouvernants ont donc le monopole dans divers segments de l’économie, du commerce ou des services. Ces sociétés sont souvent aux noms des fils ou des filles des responsables ou de leurs épouses ou encore de leurs amis. Le problème est que ces responsables représentés par leurs prête-noms ont mis aussi en coupe réglée d’autres secteurs d’avenirs. D’ailleurs, certains d’entre eux, refusent toute idée de concurrence. Pire encore, les investisseurs étrangers savent à présent qu’il faut à priori s’assurer de garanties de la part de personnalités influentes dans le sérail.
C’est pourquoi certains s’interrogent sur la finalité des dispositions de la dernière loi de finances complémentaire qui obligent les investisseurs étrangers à s’associer à des partenaires algériens. S’agit-il de donner, dans ce cas, une couverture légale à ces activités douteuses ? Pour conclure, il est certain que la loi n’interdit pas aux responsables de posséder des biens ou de mener des affaires. Pourquoi donc se cacher derrière des prêtes noms ?


Nombre de lectures : 2816
8 Commentaires sur cet article

LAISSER UN COMMENTAIRE

*

*

  • Algerien libre
    6 septembre 2009 at 3 h 37 min - Reply

    Tout le monde sait que les putchistes de 1992, ont massacré le peuple et le pays pour leurs propres interets, et celui de leurs rejetons, mais tout le monde se tait !
    Il faut une revolution dans ce pays, et une fois debarrassé de cette vermine de generaux sans foi ni loi, nous reconstruirons une belle Algerie, ou regnera le droit, la justice sociale, la fin de hogra, et ou il fera bon vivre.
    NB: MERCI POUR TON COURAGE, CAR GENERALEMENT LES JOURNALISTES SONT A LA SOLDE DU DRS-ANP, BRAVO ENCORE UNE FOIS.




    0
  • Si Tchad
    6 septembre 2009 at 11 h 44 min - Reply

    Personne ne pleurera sur Larbi Belkheir, le plus grand responsable de l’hecatombe
    en Algerie. Cependant:

    El-Khabar semble se reveiller au moment ou Belkheir sombre dans le coma, c’est pas tres
    catholique. Le jeunes du DRS louchent-ils sur l’immense fortune de Belkheir? surement.

    On aurait aimé qu’El Khabar nous parle aussi du « pret » CPA de 100 millions € que Smain
    avait « pris » quelques mois avant d’expirer. A-t-il ete remboursé? Ca c’est aussi une question
    trés pertinente…c’est facile de tirer sur des ambulances avec pneus crevés, n’est-ce pas monsieur Zouak d’El (mou)Khabar.

    Si Tchad




    0
  • zalou
    6 septembre 2009 at 15 h 39 min - Reply

    bien mal acquis ,ne profite jamais.




    0
  • saladin
    6 septembre 2009 at 15 h 53 min - Reply

    Il y a de cela quelques années , ces affaires n’etaient mâme pas portées a l’attention du public . Ajourdhui grace a la presse indépendante , grace aux luttes intestines dans le pouvoir algérien nous commençons a connaitre les scandales souvent de maniére impréçise mais c’est un début . Il nous manque malheureusement une présse indépendante dite d’investigation qui pourrait alors approndire ses enqêtes et apporter des preuves . Les hauts fonctionnaires qui investissent en Algérie sous la couverture de proches sont en fait des débutants puisque une enquête sérieuse peut remonter jusqu’au véritable propriétaire du bien mis en cause , les statuts et les filiations des uns et des autres existents . Depuis plus de 30 ans , les responsables qui s’adonnaient a la perception des commissions les encaissaient a travers d’autres intermédiaires y compris les cabinets d’avocats , a l’étranger en devises , mises dans des banques , ce n’est qu’aprés la mort de Boomediéne que les algériens et/ou leurs prégénitures se sont mis a s’acheter des biens a l’étranger ouvertement .
    Sur tous les marchés d’importations de l’Algerie , une pyramide existe pour s’assurer les commissions .
    Tous les fournisseurs , déclarent a leurs services de sécurité le payement de commissions surtout aux responsables Algeriens .
    S’il y avait une volonté du président Bouteflika de connaitre les richesses mal acquises , c’est du gateau pour lui par des enquêtes a travers les services de sécurité , et surtout a travers le fisc mais cela créera de graves remous au sein du pouvoir car il y un enchevetrement d’intérets .




    0
  • MTM
    6 septembre 2009 at 18 h 12 min - Reply

    El Khabar doit confirmer et assumer ses informations.

    L’information, publiée par El Khabar Hebdo concernant les déboires financiers de la société Sersou, est une révélation importante, malgré la dénégation étrange de l’auteur de la nouvelle qui affirme que ce n’est pas un scoop. On ne sait pas si c’est de la frilosité ou de la fausse modestie. La mise sous projection de l’affaire de cette société, jusque-là inconnue du grand public, et sa détention par le général Belkheir sont en effet loin d’être un potin ordinaire. Pour l’opinion publique qui est toujours maintenue dans un brouillard épais quand il s’agit de la vie privée notamment les biens et possessions des responsables et des hommes publics qui président pourtant à son destin. Le public a le droit de connaître les connexions entre le monde politique et le monde des affaires. En l’absence d’un Etat de droit et d’une justice indépendante, ces relations s’apparentent à des connivences dont l’objet est l’enrichissement illégal en contournant les lois de la république, en ruinant les concurrents, en usant de pratiques déloyales par la subordination, l’abus de pouvoir et le trafic d’influence. Pour lutter contre cette culture de prédation, les journalistes ne doivent pas se montrer frileux et ont le devoir d’informer le peuple. Et il n’est pas nécessaire d’attendre des ennuis judiciaires ou financiers, comme indiquer par le journaliste, pour informer les citoyens des fortunes de ses hauts responsables.

    Plus étrange encore, le journaliste Larbi Zouak semble ignorer les craintes des responsables de recourir à des prête-noms pour se livrer à des activités lucratives en parallèle à leurs responsabilités politiques. Ses interrogations à ce sujet ont de quoi surprendre. La seule indication d’un lien entre une société privée et un général ou un homme public impopulaire, tel que Belkheir, suffit pour entraîner des conséquences néfastes sur la santé financière et l’avenir de cette société. Pour se venger de l’état d’asservissement dans laquelle elle est maintenue, les couches touchées dans sa chair et dans son amour-propre par médiocrité générale, aura une occasion en or de se défouler sur un larbin haut placé ou sur un tyran en boycottant, spontanément de manière coordonnée, les produits des leurs entreprises s’ils sont destinés au marché local. L’opinion largement profondément ancrée chez l’Algérien sur l’origine douteuse de fortunes des hauts responsables ne peut qu’accentuer leur mauvaise réputation et nuire à leur business. Contrairement aux taux de participation et les résultats d’un scrutin, les citoyens, en tant que consommateurs informés et éclairés par ce genre de « potins », ne peuvent être manipulés.

    Ce qui soulève la curiosité dans la flambée subite des nouvelles sur les scandales en haut lieu et les affaires de corruption, ces derniers jours, sur El Khabar Hebdo et repris par d’autres organes indépendants, c’est leur énormité qui frise l’invraisemblance. Est-ce un glissement vers un journal à sensation en quête d’une popularité nationale ? On n’est en droit de se le demander même si le journal jouit déjà d’une certaine crédibilité par un professionnalisme appréciable et par la qualité des analyses et des interviews. En effet si l’on analyse un autre article qui révèle l’acquisition d’un appartement à Paris par le ministre islamiste des travaux publics, on reste médusé par sa teneur. Au-delà de la suspicion sur l’origine de l’argent qui a servi à l’achat de l‘appartement, le ministre serait carrément couvert d’opprobre par le président de la république qui lui porte contre lui de très graves accusations de corruption et de dilapidation de deniers publiques. Le scoop — cette fois, c’en est un et il est de taille — c’est que le président aurait avoué, d’après le journal, que des membres du gouvernement et des hauts responsables sont de la pourriture puisqu’ils toucheraient de commissions de 5% de commission sur les marchés qu’ils gèrent. Une corruption si profonde et si générale que le président l’aurait présentée comme une règle admise ou une fatalité avec laquelle il s’en serait accommodé au grand mépris de la loi, de la foi et du serment solennel de respecter la constitution. L’Algérie serait officiellement une république bananière… A ce niveau des révélations consternantes, soit que le journal se prend pour le café du coin où les commérages vont bon train et reprennent à son compte avec désinvolture les ragots qui attentent à l’honneur et à la réputation du président et de toute son équipe gouvernementale, soit qu’il dit vrai et un autre constat plus grave s’impose alors.

    Dans le premier cas, on se demande pourquoi ni monsieur Ghoul ni le pouvoir ne se sont manifestés pour user de leur droit de réponse ou simplement traduire le journaliste devant les tribunaux pour diffamation et outrage au chef de l’Etat et à un corps constitué. Rien de plus facile à des représentants de l’Etat de recourir à cette solution classique sans tambour ni trempette. Le juge aura toutes les latitudes de laver l’honneur du président et mettre en garde, par la même occasion, tous les journaux qui s’aviseraient à franchir le Rubicon. Mais le mutisme semble de rigueur du côté des autorités. Un silence abyssal, inquiétant, car il confirme l’authenticité des informations. D’après le même article-scoop, le président se serait démarqué de son ministre 20 % et de la pourriture qui sert de ministres et aurait déposé, tout bonnement, plainte contre X pour dilapidation de deniers publics. Ghoul, Barakat et même son homme de confiance Sellal seraient dans le collimateur. On nage en plein brouillard.

    L’attitude des autres journaux indépendants alimente cette confusion créée par les révélations d’El Khabar Hebdo, puisque ces journaux ont royalement ignoré ces « détails » et n’ont retenu que l’appartement acheté par Ghoul à Paris. Pourquoi les informations sur Belkheir, Barakat et Ghoul seraient-ils crédibles et, dans le même temps, des informations autrement plus graves émanant de la même source seraient-elles bonnes à jeter aux orties ?

    C’est bien connu, l’Algérie est un pays où la rumeur publique et le radiotrottoir ont toujours été un moyen d’informations complémentaires sinon prépondérantes aux canaux d’information officiels et traditionnels. Porteurs des non-dits et des autrement-dits, les ouï-dire, s’imposent à la rue presque comme un besoin pour compenser le manque de sérieux, le mépris et l’anachronisme du procédé et de la rhétorique infantilisant qui illustrent le traitement de l’information et la politique de communication des pouvoirs publics. Mais si les rumeurs sont un produit de la rue et n’engagent personne, il n’en est pas de même pour les informations rapportées par les journalistes. Les révélations d’importance capitales, telles les concussions de 5 % et de 20 % par des ministres et dont le président serait au parfum, doivent être vérifiées par plus d’une source. A défaut ils deviennent un moyen de désintoxication nuisible au pays et décréditent le journal même s’il est un journal à gros tirage.

    Amicalement




    0
  • HACENE
    6 septembre 2009 at 20 h 47 min - Reply

    ils se cachent deriere des pretes non parcequ’ils ne payent pas d’impots ,et ne declarent pas leurs revenus , en plus les banques ou ils ont pris de l’argent n’osent meme pas les mettre au meme pieds d’egalite’ que d’autres client \( ils sont au dessus de toutes les loies economiques …..car l’algerie leurs appartient
    Merci




    0
  • baroudi
    8 septembre 2009 at 8 h 29 min - Reply

    Pour repondre à LARBI zouak, il dit que la loi n’ interdit pas aux responsables de posseder des biens ou de mener des affaires;Soit, mais pourquoi ne pas rajouter que l’ enrichissement sans cause est un delit ,voir un crime? Qu ‘avant tout investissement ,on doit prouver l’ origine de ses fonds;Profiter egalement de sa position pour beneficier de privileges de toute nature est egalement un delit grave dans les sociétes civilises;ne pas payer ses impots, alors qu ‘on est a la tete d ‘un groupe qui possede un capital de plusieurs centaines de milliards de dinars ,est aussi un crime abject; Monsieur LARBI ,il fallait oser aller au fond des choses,neammoins je vous felicite car j ‘estime que vous faites partie des rares journalistes à posseder une conscience.




    0
  • omar;;oukaci
    9 septembre 2009 at 16 h 19 min - Reply

    barkat sidi said ben bella et tous les ministres depuis 62 ainsi que les anciens colonels et les generaux la liste est tres longue tout ce beau monde s est cree des richesses au lieu de les creer pourl algerie.avec une fiche depaie ils sont a la tete de fortunes colossales .en algerie et al etranger. ledrs doit detenir des dossiers sulfureux .mais les scandales du systemes ne semblent pas interesser lajustice. lespetits comptables de caisses les petits dircteurs d entrprises sont plus accessibles.




    0
  • Congrès du Changement Démocratique