Édition du
24 July 2017

Sous prétexte de défendre la religion : Les actes d’intolérance se multiplient

EL WATAN
RAMADAN
Et revoilà l’inquisition drapée des oripeaux du rigorisme et de la bienséance la plus chafouine qui frappe de nouveau ! Le fait : Djamila, une jeune émigrée, et son cousin, ont été arrêtés le 1er septembre dans un parking attenant au parc zoologique de Ben Aknoun alors qu’ils s’apprêtaient à casser la croûte à bord de leur véhicule. Ils sont embarqués manu militari au commissariat de Draria et placés en garde à vue pendant 24 heures, avant de se voir transférés à la prison d’El Harrach. Ils ne doivent leur salut qu’à l’intervention d’un personnage haut placé qui a hâté leur libération. Malheureusement, le calvaire de Djamila et son cousin n’a rien d’une petite fausse note dans un havre de tolérance.

Qu’on se souvienne de l’affaire des six personnes condamnées, le Ramadhan dernier, à 4 ans de prison ferme par le tribunal de première instance de Biskra. Il leur avait été reproché de s’être livrés à des jeux de société, une bouteille d’eau gisant à côté d’eux. Ils finiront par être acquittés grâce à la mobilisation de pans entiers de l’opinion, scandalisés par cette chasse aux sorcières d’un autre âge. Rappelons également le cas de ces trois manœuvres en bâtiment « surpris » sur un chantier, à Alger, en train de griller une cigarette. Le châtiment s’est voulu, également, aussi sévère qu’exemplaire. Le tribunal de Bir Mourad Raïs les avait condamnés, le 30 septembre 2008, à 3 mois de prison ferme avant que la cour d’appel ne revoie la sentence à la baisse en les condamnant à 2 mois d’incarcération avec sursis, sachant qu’ils avaient purgé cette même peine au titre de la détention préventive.

La liberté de conscience aux orties

Il est important de souligner que les magistrats ayant eu à statuer sur ces cas ne s’appuient sur aucun texte clair. De fait, il n’existe pas, dans le code pénal, d’article explicite, signalent les juristes, qui condamne expressément les non-jeûneurs. L’action publique repose, en l’occurrence, sur un article vague introduit dans le corpus juridique à la faveur de l’amendement du code pénal et du code de procédure pénale opéré en 2002. Il s’agit de l’article 144-bis 2 qui dit : « Est puni d’un emprisonnement de trois à cinq ans et d’une amende de 50 000 DA à 100 000 DA, ou de l’une de ces deux peines seulement, quiconque offense le Prophète (paix et salut soient sur lui) et les envoyés de Dieu ou dénigre le dogme ou les préceptes de l’Islam, que ce soit par voie d’écrit, de dessin, de déclaration ou tout autre moyen. » En l’espèce, on ne peut que constater « l’élasticité » du code pénal qui laisse ainsi à l’appréciation du juge l’étendue de la peine à infliger au contrevenant aux règles sacrées du Ramadhan. Dans ce même ordre d’idées, il faut relever cette autre aberration qui consiste à priver les ressortissants étrangers de toute possibilité de se sustenter le jour, en période de jeûne. Cela a été observé y compris dans des hôtels cotés, qui, pour nombre d’entre eux, poussent l’inhospitalité jusqu’à refuser à leur clientèle non musulmane le petit-déjeuner. Que de fois n’avons-nous entendu autour de nous nos aînés évoquer, non sans une certaine nostalgie mâtinée de rage, une Algérie beaucoup plus tolérante, plus ouverte, où il faisait bon vivre malgré tout et où jeûneurs et non-jeûneurs se fréquentaient dans une parfaite indulgence. A la lumière de ce qui vient de se passer à Ben Aknoun, on mesure l’ampleur de la régression accusée par notre société et l’emprise des pratiques inquisitrices qui ciblent avec acharnement les « minorités » de toute sorte (qu’elles soient cultuelles ou culturelles) qui se cramponnent à leur pays, l’Algérie, contre vents et marées. Les exemples de cette intolérance tous azimuts ne manquent pas. On se rappelle de l’épisode de Habiba K., cette citoyenne de Tiaret condamnée en première instance à trois ans de prison. Son tort ? Elle était en possession d’exemplaires de la Bible, elle qui s’était convertie au christianisme. Citons aussi le tollé soulevé par les miniatures qui illustrent l’excellent livre de cheikh Khaled Bentounès, Soufisme, l’héritage commun, une levée de boucliers qui a mobilisé, outre les forces fondamentalistes les plus obscures, des cercles proches du pouvoir. Rappelons également la campagne de fermeture des bars et autres night-clubs au pas de charge et le durcissement des licences d’ouverture de débits de boissons, plongeant nos villes dans un climat de « prohibition ». L’excès de zèle frisant le folklore qui a entouré le Ramadhan des Verts lors de leur stage au cercle militaire de Beni Messous, avant le choc Algérie-Zambie, qui a fait les choux gras de certains médias (ENTV en tête), en a choqué plus d’un avec tous ces reportages gentillets qui s’échinaient à mettre en évidence la piété et l’atmosphère de khouchouâ dans laquelle le groupe évoluait en ce mois sacré. Des titres sont allés jusqu’à comparer le match de dimanche dernier à la bataille de Badr, avec un atavisme consommé où la bigoterie le dispute au populisme en puisant à volonté dans la mythologie fantastique d’un Islam fantasmé.

À quand des « espaces non-jeûneurs » ?

Question naïve : à quand des espaces non-jeûneurs dans les entreprises, dans les trains longs trajets, voire dans certains espaces publics ? Il ne faut pas rêver, surtout à voir les campagnes policières de chasse aux couples, aux harraga et aux non-jeûneurs se doubler d’un effort médiatique sans précédent pour engouffrer définitivement la société algérienne dans le Moyen-Âge. La tolérance, c’est l’affaire d’institutions fortes, nous semble-t-il, dont les médias sont des acteurs de premier plan. Qu’un quotidien, Ennahar pour ne pas le nommer, joue les procurateurs bondieusards en mettant, dans sa Une d’hier, un jeune sur le point de mordre dans un sandwich, cela n’a qu’un nom : la délation. Le journal titre en grosse manchette : « Des cafés et des restaurants bafouant la sainteté du Ramadhan en plein jour. » Dans le reportage qui pointe du doigt la Kabylie comme bastion de la chrétienté et fief des anti-Ramadhan (un thème cher à une certaine presse à sensation), l’auteur du papier va jusqu’à dénoncer à la police un groupe de récalcitrants pas très emballés par le rite du carême. Mais les services de police n’ont pas jugé utile de rééditer l’action musclée de leurs collègues de Ben Aknoun, regrette le cafteur. Moralité : il apparaît urgent, dans cette Algérie déboussolée, cette Algérie gangrenée par la haine et l’intolérance, de sonner la révolte des citoyens libres et de susciter la mobilisation de tous afin de récupérer tous ces espaces de liberté cédés.

Mustapha Benfodil

10 septembre 2009


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7 Commentaires sur cet article

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  • jnsplu
    10 septembre 2009 at 20 h 42 min - Reply
  • jnsplu
    11 septembre 2009 at 8 h 31 min - Reply

    La laicité,

    On lit souvent dans divers sites des gens qui réclament la laicité et à la séparation de l’Etat et de la religion à l’instar des pays européens comme si c’était une panacée pour nos maux. Je pose le problème au débat.

    La laicité est un terme qui renvoie à la notion de différenciation entre deux personnes baptisées dans la chrétienneté, l’une occupant des fonctions ecclésiastiques appelée clerc et l’autre n’occupant pas de fonctions ecclésiastiques et appelée laic, terme dérivé du grec « laios ou laikos » et du latin « laicos ».

    A la base, la laicité est une institution rattachée à la notion de chrétienneté et tient du fait que les chrétiens ont une église, unehiérarchie ecclésiatstique, qui à un moment donné de leur histoire détenait le pouvoir temporel. Le fait d’enlever le pouvoir temporel à l’église à été appelé laicité. Puis ce terme évolue encore et de nos jours il signifie dans les pays occidentaux, la séparation de l’état et de la religion.

    Il s’agit d’une évolution historique liée au contexte des pays chrétiens qui a fait que cette notion à été élaborée puis a évolué. Les mots sont toujours porteurs d’une connotation civilisationnelles, on ne pense qu’en fonction de sa culture,

    Dans les pays musulmans, aucune institution ecclésiatique n’existe . Chaque musulman est directement responsable devant Dieu de ses actes. Et chaque musulman doit dans ses actes quotidiens faire preuve de soumission à son seigneur et non pas à des intermédiaires.

    Meme si l’imam fait des interprétations de la loi religieuse, elles ne sont que supplétives et on peut les suivre ou suivre d’autres interprétations contraires formulées par d’autres imams. En islam tous le monde est tenu de connaître sa religion et de s’en imprégner, il n’y a pas de laic et de religieux, tous sont égaux.

    C’est pourquoi il n’y a pas lieu à séparation d’un pouvoir temporel d’un pouvoir spirituel, les deux se confondent.

    Dieu dit à son prophète dans le Coran:’ « Non ils ne croiront point, jusqu’à ce qu’ils te feront juge de leurs différents et qu’ensuite ils ne trouvent auncune indisposition en eux mêmes en ce que tu auras statué et se soumettent totalement . »

    Il en découle que pour être musulman il faut suivre les préceptes du prophète dans ce qu’il a ordonné et se soumettre totalement à Dieu dans ce qu’il a énoncé dans le Coran que les musulmans considèrent comme sa parole « descendue » sur terre, C’est l’un des sens du mot islam.

    Or les dispositions du droit musulman englobent l’ensemble de la vie quotidienne. Elles réglementent aussi bien la relation de l’individu avec son seigneur que les relations de l’homme avec la nature et ses semblables et donc écologie, politique, éducation, organisation de la société sont concernés.

    On ne peut se déclarer musulman et affirmer écarter l’application des principes de l’islam de sa vie et de la politique qui gère le déroulement de cette vie.

    L’empreinte musulmane doit se retrouver dans la législation d’un pays qui se dit musulman. Sinon on peut plus dire que ce pays est musulman.S’il est un fait que le politicien ne doit pas justifier ses actes par des principes religieux, il n’est pas possible que des politiques qui régissent les musulmans soient dénuées de l’empreinte de cette religion.

    L’ordre public dans un pays musulman diffère de celui qui existe sous d’autres cieux car l’ordre public est lié à une notion de morale qui varie en fonction du temps et de l’espace , en pays musulman cette notion est liée à la religion. Les besoins moraux d’une population musulmane sont différents des besoins d’une population non musulmane.

    L’algérie, appartient a tous ses habitants certes. Mais la force d’orientation des politiques en Algérie doit être constituée par l’impulsion majoritaire islamique, dont on doit soustraire la force contraire constituée par l’impulsion contraire donnée par les minorités. C’est arithmétique,

    Il est impensable que ce soit la minorité qui dicte ses lois à la majorité sous prétexte de démocratie. Même si l’agitation de la minorité est plus perceptible que les manifestations de volonté de la majorité.

    Or dans le sillage de la campagne occidentale contre « le péril vert » certains se complaisent à venir chaque jour que Dieu fait nous fatiguer les yeux par des histoires de laïcité en Algérie, pour nous préserver de l’islamisme qui selon eux est un mal profond.

    Qu’est ce donc que l’islamisme ?

    C ‘est un terme importé, qui synthétise un vécu occidental et qui constitue un prisme avec lequel nous devons, nous, percevoir notre civilisation, fondamentalement différente. Il ne peut exister pareil termes en arabe, c’est la langue du Coran en lequel la majorité des Algériens croit.

    De même que fondamentaliste pour un musulman ne veut rien dire car islam n’ayant pas été révisé est toujours présent dans sa version fondamentale c’est même une de ses caractéristiques essentielles, le fondamentaliste étant un conservateur qui refuse de changer les valeurs, tous les musulmans sont des conservateurs, car l’islam n’est pas susceptible d’être révisé. Dans le même sens tous les musulmans sont intégristes dans la mesure ou ils refusent de voir leur religion corrompue par des novations,

    La religion musulmane à la différence des autres religions célestes n’a pas changé un iota à ses sources transmissibles, c’est également l’une de ses caractéristiques, il n’y a que l’interprétation qui puisse varier d’un pays à un autre et d’une période à une autre. Cette interprétation ne saurait toucher a ce qui est stipulé dans le Coran, dans la tradition du prophète ou dans le consensus des compagnons du prophète, c’est a dire aux fondements, Donc pratiquement rien n’a changé dans la religion musulmane depuis son avènement.

    On admettant qu’on puisse donner un sens au mot islamiste que pourrait il signifier ? Quelqu’un qui introduit le religieux dans la politique ? A la base, le religieux en islam est dans la politique et la politique est dans le religieux. C’est donc qu’on utilise ce mot pour donner une justification à une tentative de réviser l’islam ? Pourquoi ne le dit on pas ouvertement ?

    Ce serait plus honnête et plus facile à débattre, de dire que l’islam est dépassé et qu’il faut proscrire l’application de certaines de ses règles. Mais qui garantit de cette façon, que dans quelques siècles d’autres ne viendront pas qui proscriront d’autres règles et qu’il ne restera rien de l’islam. C’est pourquoi toute novation en islam est interdite expressément. Cela ne gênera bien sur que les musulmans, c’est à dire la majorité des gens de ce pays et c’est pour cela qu’ils ne doivent pas laisser faire.

    Quant à ces gens que désigne le vocable d’islamistes et qui sont les extrémistes on veut confondre les deux sciemment, l’islam n’est pas responsable de leurs actes et ce n’est pas parce que des gens violent des règles religieuses, que ces règles deviennent obsolètes. Le prophète de l’islam que le salut soit sur lui a plusieurs traditions qui interdisent la surenchère en matière de religion, qui incitent au juste milieu dans les actes et les pensées , qui ordonnent d’éviter l’anarchie (al fitna),

    Les règles de l’islam n’étant pas obsolètes, l’islam n’étant pas responsable des extrémistes, la majorité des Algériens étant musulmane, la laïcité est un produit exotique lié à une culture qui n’est pas notre, on ne voit pas très bien pourquoi on veut nous la greffer.

    Quant à la démocratie, c’est un autre débat.




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  • rachi
    11 septembre 2009 at 11 h 44 min - Reply

    Est-ce qu’il est dit dans le Coran que ceux qui ne jeunent pas quelle que soit la raison (médicale ou autre) doivent se cacher pour consommer? Et tous ces délateurs archi zélés savent -ils que ce faisant ils sont en contradiction avec leur propre religion et que leur jeune n’a aucune valeur ,de ce fait ?




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  • Freethinker from Algeria
    20 septembre 2009 at 11 h 52 min - Reply

    Je m’étonne que l’on s’étonne: c’est ça l’Islam poussé à sa logique extrême, et c’est ce à quoi tout le monde semble nous inviter , des militants salafistes puristes aux apologétistes occidentalisés , nourris de pseudo science, apportant un vernis de respectabilité moderne à un culte violent, archaïque, dégradant, attentatoire à la dignité et aux libertés humaines.

    La solution ? Accepter de dissocier la qualité d’Algérien de plein droit avec l’adhésion aux préceptes de l’Islam.

    Je veux pouvoir être un Algérien pleinement tout en n’adhérant pas à une vision du monde qui notamment :
    . opprime et humilie les femmes (le révoltant el nissa nakissat aakl oua dine et la mesquine codification de l’apartheid sexuel )
    . criminalise la liberté de conscience ( le sinistre man badala dinahou aktoulouh)
    – propage une vision raciste et suprématiste légitimant le recours constant à la violence sacralisée et sans retenue contre ceux qui professent d’autres foi ( kheir oumma et les inqualifiables exhortations aux massacres sanctifiés par les versets hallucinants de surat el tuba).

    Le plus pathétique dans tout cela c’est le niveau d’aliénation et de soumission (c’est le sens étymologique de Islam), résultat d’une propagande multiforme redoutablement efficace, et infiniment et complaisamment reproduite, qui nous empêche de voir et de nommer le potentiel de violence destructrice de l’islam pour y remédier ou s’en prémunir.

    Dans le cas de notre pays l’histoire récente n’a pourtant pas été avare de « preuves » : je me souviendrais toujours les lendemains de massacre de ces citations coraniques et hadiths, tout à fait authentiques, tagués sur les murs de la Casbah. Quels qu’en étaient les auteurs; la légitimation religieuse du crime contre l’humanité et de la volence débridée visant les innocents existe donc !

    Au-delà de toutes les casuistiques sophistiquées, on se doit de faire face à cette horrible vérité.

    salutations patriotiques.




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  • Mohsen
    22 septembre 2009 at 0 h 39 min - Reply

    LA PHOTO

    LA PHOTO

    PROPAGANDE

    Télécharger tracts et affiches

    SITES CONSEILLÉS

    De gauche ou de droite, peu importe, ce sont des sites qui vont dans un bon sens, celui de la résistance: des faits, des analyses, des argumentaires, du matériel à télécharger etc…

    Alterinfo
    Site de l’information alternative

    Article 11
    Site non conformiste de qualité, plutôt de gauche…

    Egalité & Réconciliation
    Club nationaliste de réflexion et d’action.

    Le petit Quimonte illustré
    Blog non conformiste décapant, plutôt à droite…

    MDI
    Kémi Séba et le Mouvement des Damnés de l’Impérialisme

    Michel Collon-L’info décodée
    Anti-impérialiste

    Mondialisation (anti)
    site alternatif

    PAS
    Site du Parti Anti-Sioniste

    Planète non-violence
    Anti-sionisme, et donc anti-sarkozysme radical

    PortailAntiTotalitaire
    Portail de Résistance et de Combats contre les Ennemis de la Vie, de la Vérité et de la Liberté.

    Réseau Voltaire
    Site d’informations internationales

    U.P.R.
    site du seul mouvement politique qui exige la sortie de la pseudo-« Union Européenne ».

    BILLET D’HUMEUR

    :: Ayman El Kayman
    21/09/09 :: 11:56

    Honni soit qui MALI pense ou : le Maroc n’est pas l’Iran

    Un jour Jeha était assis devant une rôtisserie et aspirait l’air avec un air de satisfaction goulue. Le rôtisseur sortit de son échoppe et demanda : « Que fais-tu, Jeha ? » Celui-ci répondit : « Je me repais des fumets de ta rôtissoire ». « Ah, alors, mon gaillard, il va falloir que tu me paies ». « Bien sûr », répondit Jeha, et sortant de sa poche quelques piécettes, il les fit tinter sur le pavé : « Voilà, je pense que le son de mes pièces est le bon prix pour l’odeur de tes rôtis »

    C’est une de ces infos du genre « incroyable mais vrai » comme seul le royaume enchanté du roitelet noceur et milliardaire – mais oui, vous savez bien de qui je veux parler, le pote à Djamel Debbouze – peut en livrer :

    15 jeunes gens qui s’étaient donné rendez-vous dimanche 13 septembre devant la gare de Mohammedia, au sud de Casblanca, avec l’intention d’aller pique-niquer en forêt, ont été arrêtés par la police bien avant d’avoir pu déballer leurs sandwiches. Ils ont été, dans les heures qui ont suivi, condamnés à des peines allant d’un mois à douze mois de prison ferme, en application de l’article 222 du Code pénal marocain, qui interdit « le non-res­pect du jeûne par les Mu­sul­mans sous peine de trois mois d’in­car­cé­ra­tion ».

    Le Conseil des Oulémas a commenté cette « ten­ta­tive de rup­ture pu­blique du jeûne par un groupe d’agi­ta­teurs, en vio­la­tion de l’un des pi­liers de l’Islam, ar­guant que cela s’ins­crit dans le cadre de l’exer­cice des li­ber­tés in­di­vi­duelles », et mis en garde contre  » les ré­per­cus­sions de ces actes sur la vie de la oumma ».

    Ainsi donc, une quinzaine de sandwiches tirés du sac en plein jour durant le Ramadan mettrait en danger la vie, la sécurité et la sérénité d’un miliard et demi de Musulmans. Eh ben, dis donc, elle est mal barrée, la Oumma, dans ce cas!!!…

    On croit rêver.

    Ainsi donc, le royaumelet voudrait faire concurrence à la Pétrosaoudie et transformerait subrepticement sa police – qui, comme tout le monde le sait, est composée des meilleurs Musulmans de la planète – en police religieuse.

    Mais alors, les démocrates, les laïcards, les défenseurs de la veuve et de l’orphelin afghans, gazaouis, iraquiens et cachemiris opprimés par de sméchnats barbus, vous qui êtes prêts à donner le prix Nobel à toute Musulmane arborant string et minijupe au nom de la liberté, où êtes-vous, où sont vos lettres ouvertes, vos pétitions, vos rassemblements devant les ambassades et consulats du Maroc ?

    Et que fait donc Miss Rama Yade ? (Oh pardon, j’oubliais qu’elle n’est plus secrétaire d’État aux droits de l’homme mais aux Sports ; ça ne fait rien, elle pourrait militer pour faire reconnaître comme nouvelle discipline olympique la course de fond de non-jeûneurs poursuivis par la police).

    Je ne vous entends pas. Quoi ? Qu’est-ce que vous grommelez ? Quoi ? Que le Maroc, ça n’est pas l’Iran ? Ah bon ? Que le Roi est notre ami ? Ah bon. Je crois que je comprends.

    Pourtant le MALI, Mouvement Alternatif pour les Libertés Individuelles, a tout pour vous plaire : d’abord il est dirigé par deux femmes modernes, Zineb Razhoui et Betty Lachgar. Ensuite, il a à première vue tout l‘air d’être un groupe de défense de la sacro-sainte laïcité comme vous les aimez. Mais bon, il n’a pas l’air de susciter votre enthousiasme. Et à seconde vue, on croit comprendre pourquoi.

    Peut-être est-ce parce qu’il déclare ne pas être « un groupe anti-islam », mais être « pour la liberté de culte, et si nous revendiquons la suppression d’un article liberticide du code pénal (art.222), nous sommes également solidaires des citoyennes tunisiennes qui se font lyncher pour avoir mis le hijab, ou des Tunisiens qu’on harcèle sur le chemin de la mosquée… »

    Décidément, ces dames, Zineb et Betty, n’ont pas compris comment il fallait s’y prendre pour devenir des martyres riches et célèbres dans la république enchantée des droits de l’homme. Il ne fallait pas annoncer que vous alliez sandwicher en forêt, mais que vous alliez faire un strip-tease devant la Mosquée Hassan II à l’heure de la grande prière ! Peut-être alors l’OTAN vous aurait-il apporté un appui aérien, avec la bénédiction des redekersifaouiphilippevalglucksmannhenrilevygeertdewildershayyanhirsiali !!!

    Ceci dit, imaginez que ces 15 jeunes gens auraient été des habitants de Téhéran et non pas de Casablanca et qu’ils aient subi la moitié du quart du sort subi par nos MALIstes : ça aurait fait l’ouverture de tous les journaux télévisés, de CNN à France24, pendant au moins 48 heures, et les déclarations de condamnation auraient fusé de toutes les capitales du monde libre. Mais bon, les MALIstes ne sont que de vulgaires sujets de SM M6. Donc, silence radio. Circulez, ya rien à voir, rien à bouffer, rien à espérer.

    Dans ce royaumelet-là, c’est Ramadan 365 jours par an. Un drôle de Ramadan, sans Nuit du destin…

    Source : TSF.org




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  • jnsplu
    22 septembre 2009 at 10 h 52 min - Reply

    Dans tous les pays du monde, c’est la société qui secrète les règles qui doivent la gouverner et a elle seule par la loi des grands nombres chère aux mathématiciens et qui est une règle naturelle, n’ayant rien à voir avec la religion, sauf qu’elle est inscrite dans les constituantes de base de l’univers et pour le musulman cela signifie qu’elle émane de DIEU.

    Lorsque plusieurs pays partagent ces règles qu’ils ont forgés en leur sein et qu’ils possèdent une force, technique, économique et scientifique, ou que la société est constitue par tout un empire fort et puissant, elle exporte ses valeurs qui sont suivies par le reste du monde. C’est ainsi que le califat musulman rayonnait en son temps sur tout l’occident . A l’heure actuelle on veut nous faire accroire que la société Algérienne n’a aucun droit de produire ses propres règles, ses propres faits sociaux et qu’on doit tout importer clés en mains de l’occident qui nous livre une guerre sans merci à nous et à nos valeurs, depuis bien trop longtemps et jusqu’a l’heure actuelle, sous des formes allant du simple et grave mensonge jusqu’à l’invasion militaire.

    Ceux qui se croient investis d’une mission en Algérie et tentent de dicréditer l’islam ne peuvent faire objectivement partie de la société Algérienne, eux qui sont nourris contre elle de sentiments d’hostilité en raison de sa façon de penser, d’etre et de croire qui les gènent en tant que minorité agissante.

    Tant qu’a donner des liens, voici un lien:
    Docteur Zeinab Abdelaziz, professeur de civilisation Française à l’Université du Caire




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  • jnsplu
    23 septembre 2009 at 23 h 04 min - Reply

    Et amine, je serais tenté de dire, pour ma part, qu’avant de répondre, il faut comprendre ce qui se dit et qui est qui, donc de lire d’abord ce que les autres ont écrit, autrement la réponse est fausse et dénuée de sens




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