Édition du
25 July 2017

Camps du sud : Les internés n’ont pas oublié

Camps du SudEl Watan Week-End 03 octobre 2009

Torturés, privés de leurs enfants que certains n’ont pas vu naître, malades des retombées des essais nucléaires français, les internés des camps du Sud portent encore les stigmates de leur détention. Afin de réclamer leurs droits, ils viennent de se constituer en comité de défense. Pour El Watan Week-end, ils rouvrent un dossier sensible des années 1990.

« Les premiers mois de ma libération, inconsciemment, je me levais la nuit et essayais de me jeter par la fenêtre ou sortir par la porte. Cela effrayait mes enfants. Ma famille était obligée de tout verrouiller chaque soir. » Mokhtar Karakache, 68 ans, est libre depuis quatorze ans. Mais les souvenirs de l’enfer dans les camps de sûreté du sud du pays sont toujours vivaces. Avec des centaines d’autres ex-internés, ils se sont regroupés pour créer le Comité de défense des internés des camps de sûreté (CDICS). Ce dernier veut défendre leurs droits pour la réparation des préjudices moraux et physiques causés par leur détention dans ces camps de concentration. De février 1992 à novembre 1995, In M’guel, Reggane, Oued Namous, In Salah, El Menéa, Bordj Omar Idris, Tsabit, Tiberghamine, Bordj El Homr et Ouargla ont été témoins d’un drame dont les ex-internés portent encore les séquelles. Soupçonnés d’appartenance à l’ex-FIS (Front islamique du salut) et arrêtés entre 1992 et 1995 sans mandat d’arrêt, ils furent remis en liberté sans notification de délit.
Cet épisode de l’histoire algérienne ignoré ou camouflé, les 18 000 (1) à 20 000 (2) internés, eux, ne sont pas près de l’oublier. Abdelkader Ferdjallah, 51 ans, a vécu le même traumatisme. « Jusqu’à aujourd’hui, je fais des cauchemars. Le plus dur, je l’ai vécu les premier mois de ma libération, confie-t-il. Je dormais habillé, en chaussures, prêt à m’enfuir, car je redoutais qu’on vienne me chercher encore une fois même si j’avais la conscience tranquille. Après ce que j’ai enduré, je n’écartais pas la possibilité de payer pour un crime que je n’ai pas commis. » Le point commun de ces détenus ? Avoir payé pour l’affolement du pouvoir qui voyait, dans les années 1990, des terroristes ou des futurs terroristes dans tous les membres du FIS. Aujourd’hui, Loucif Belkahla, 47 ans, a repris son travail dans son ancienne société : « Si j’étais vraiment un terroriste, une société étatique ne m’aurait pas fait confiance et réintégré après ma traversée du désert », s’insurge-t-il.
« Sans aucune convocation, des policiers se sont présentés chez moi à Bouderbala, dans la wilaya de Bouira, raconte Mokhtar, habillé d’un kamis et d’un “trente trois tours” jaune, toujours prêt à raconter une blague comme pour échapper aux larmes qui menacent dès l’évocation de ces années. Il se souvient en détail de sa mésaventure, ce jour d’avril 1992. Ils m’ont ordonné de les suivre au commissariat de Kadiria. Je n’ai pas douté une seconde que ce serait la dernière fois que je verrais mes deux épouses et mes enfants avant vingt-deux mois… » Ce vieux fellah, soupçonné d’appartenir à un groupe terroriste, a vécu le même scénario que celui de milliers d’internés. « J’ai été gardé au commissariat où j’ai passé dix-huit jours dans une cellule avec des dizaines d’hommes. Ils m’ont fait subir des interrogatoires musclés, durant des heures, accompagnés de coups et de tortures que je croyais propres aux colons. » Mokhtar s’arrête. Soupire pour évacuer un lourd secret dont il parle rarement. « Illettré, je ne comprenais pas ce qui se disait autour de moi.
Les gendarmes m’accusaient d’être “rais ousra” (chef de famille) – appellation attribuée aux chefs de groupes terroristes – et je ne pouvais répondre à leurs questions. J’ignorais totalement les noms d’armes et les endroits de concentration de terroristes que mes interrogateurs évoquaient inlassablement. Cela m’a coûté très cher. Un officier de la gendarmerie m’a asséné un coup de poing qui m’a fait éclater un nerf au niveau de l’œil gauche. Depuis cet oeil ne sert plus à rien… » Aujourd’hui, dans un état de santé déplorable, en plus d’un œil en moins, Kerkache ne peut pas s’exposer au soleil, qui lui provoque des démangeaisons insupportables. A quoi sont-elles dues ? Peut-être aux retombées des essais nucléaires effectués par la France en 1960 et 1966 dans ce que les détenus appellent « le triangle de la mort » (In M’guel, Reggane et Oued Namous). Des stigmates impossibles à déterminer. « De nombreux internés sont décédés des suites de cancers de poumons et de colon, dont bien sûr l’origine n’a pas été déterminée », explique Norredine Belmouhoub, le porte-parole du CDICS. Loucif Belkahla en a lourd sur le coeur.
Nerveux comme il est, il joue avec les mains, se lève et se rassoit, attend avec impatience de dégager le poids qu’il porte depuis tant d’années. Le regard droit, sûr de lui, il laisse libre cours à son désespoir : « Je ne pardonnerai jamais à ceux qui m’ont fait perdre quatre mois et cinq jours de ma vie. Je ne mérite pas un tel sort, encore moins les séquelles de mon internement. » A 30 ans, Loucif était technicien dans une société publique, Sonacom. Ce jour de mars 1992, il quitte son bureau à Rouiba pour rentrer chez lui. Arrivé à la Glacière (Bachdjerrah), il assiste à un ratissage. Un barrage militaire l’arrête. En un laps de temps très court, il se retrouve à la caserne d’El Harrach. « Nous étions 400 à 500 hommes à avoir été pris du domicile ou dans la rue, pour être conduits à la caserne d’El Harrach. » Avant d’ajouter : « Vers 2h du matin, on nous a emmenés, à plat ventre, dans des camions. J’ai subi un interrogatoire musclé aux questions relatives au HCE (Haut-Comité d’Etat), et mes interrogateurs ont insisté sur la question si je faisais partie du FIS. Un vendredi matin, vers 10h, nous avons été conduits, menottés dans des camions, vers Boufarik.
A bord d’un avion militaire, menottés deux par deux, nous nous sommes retrouvés, le temps du vol, au camps de Reggane. » Car tous ont suivi le même trajet, par avion militaire, via la base de Boufarik avant de rejoindre les camps du Sud. Ce dont se souviendra toujours Loucif, c’est la couleur des sables du Sud, beige comme sa tenue de « méhariste ». Boualam Baghdadi, artisan libéral, interné à l’âge de 27 ans, pour une période de 45 mois, n’a pas compris non plus ce qui lui arrivait. « Six mois après mon mariage, j’ai reçu une convocation, le jeudi 20 février 1992 à Boudouaou. Je me suis présenté au commissariat le jour même. Garde à vue, caserne militaire de Blida, base militaire de Boufarik, Ouargla : tel a été le périple que j’ai parcouru, menotté comme un criminel pour… » Il marque un temps avant de reprendre : « A vrai dire, je ne sais toujours pas pourquoi j’ai vécu ce malheur. Cela fait partie de mon destin… »Un destin qui ne leur a rien épargné. Pour évoquer leurs conditions de détention, Mokhtar, l’ancien fellah, reprend avec difficulté : « Nous étions pas moins de 2800 personnes rassemblées par tente. Nous dormions sur des lits usés et nous mangions des plats qui ont intoxiqué plus d’un détenu ! L’eau était servie au compte-gouttes. »
50°C à l’ombre le jour et -4°C la nuit : l’écart de températures était pénible, surtout la nuit, quand la solitude leur minait le moral. « Dans la nuit, quand le silence s’installait, les images de mes enfants défilaient l’une après l’autre dans ma tête. Je n’avais aucune idée de ce qu’on nous réservait. Cela me tuait à petit feu… » La nuit était aussi synonyme de torture. A chaque fois que les hordes de terroristes perpétraient un massacre, loin de ces camps, les internés en faisaient les frais. « En janvier 1993, des gendarmes ont été égorgés à Laghouat, relate Boualam Baghdadi. Leurs camarades qui étaient dans les camps les ont impitoyablement vengés. On a été torturé avec des barres de plomb, avant d’être entassés à 43 dans une petite chambre, du 18 février au 13 mars », se souvient-il avec précision. Dix-sept ans plus tard, la même image hante Loucif Belkahla. Celle d’un interné de 70 ans, abattu sous ses yeux. « Il participait à une marche pacifique au sein du camp », raconte-t-il. Touché par une balle de sommation, il fut tué sur le coup. L’arrivée du Comité international de la Croix-Rouge dans les camps fut un des rares moments où les détenus retrouvaient espoir.
« Les membres du CICR étaient étonnés de rencontrer parmi nous des hommes instruits, intellectuels, qui parlaient plusieurs langues ! Ils étaient convaincus, de par ce que l’on leur avait raconté, que nous étions des ignorants qui voulaient à tout prix nuire au pays » », raconte l’architecte Ferdjallah. La résistance morale, les détenus la doivent en grande partie à leurs proches, comme en témoigne Abdelkader. A 51 ans, ce père de famille, malgré son allure robuste et son regard serein, ne peut s’empêcher de verser quelques larmes en évoquant ses enfants. « Quand l’un des détenus recevait des photos de ses enfants, nous les regardions tous ensemble et nous pleurions. On souffrait affreusement de ne pas pouvoir leur épargner ce malheur. Au fond de nous, on craignait qu’ils nous en veulent et qu’ils nous fassent porter le poids de cette absence involontaire. Au fond de moi, j’appréhendais mes retrouvailles avec mes bambins, même si je n’étais pas sûr de les revoir une autre fois. » Les familles, dont la plupart dépendaient du père ou du frère internés, ont aussi vécu l’horreur.
Souffrant de conditions de vie précaires, sans revenu ni aide sociale, ces familles ont connu le besoin et, pour certaines d’entre elles, l’aumône. Certains de leurs enfants ont même dû quitter l’école pour travailler ou mendier. Mais l’angoisse de la perte de l’être cher, sans que le regard des autres ne leur épargne humiliation, reproches et rumeurs, était le plus lourd à supporter. « Mes deux femmes et mes enfants, qui ne travaillaient pas, étaient à la charge des membres de ma famille et des voisins. Comble de la malédiction, j’ai trouvé un crédit de 60 000 DA à rembourser, alors que j’avais perdu ma terre et tout mon argent », ironise Mokhtar Karakache. Aujourd’hui, le fellah est sans emploi, car « harcelé par les services de sécurité pour quitter la région », il a dû partir de Bouira pour Khemis Khechna. « Ma femme était abattue moralement, elle ne savait pas comment se comporter durant mon absence. Elle ne partait même plus chez le médecin, car à l’époque, dans ma région, les langues jasaient sur les femmes mariées qui sortaient toutes seules, raconte Ferdjallah, désolé. Elle devait subvenir aux besoins de nos enfants, être à la merci de sa famille sans savoir pourquoi son mari a disparu. Même si elle a eu, par la suite, des échos sur mon internement mais après avoir fait face à maintes reprises à des rumeurs sur ma mort, et cela l’a “achevée”. Elle m’a raconté qu’elle était hantée par mon avenir et celui de nos enfants. »
Leur retour à la vraie vie, d’ailleurs, ne fut pas si facile. Le retour de Mokhtar fut même plus cruel que son internement. Le regard fuyant, le sourire aux lèvres, il se remémore ses retrouvailles avec sa famille. « Le 24 janvier 1994, j’ai regagné ma demeure où j’avais laissé deux épouses et dix enfants. Le plus jeune, Nabil, avait 3 mois quand je fus arraché aux miens. A mon retour, mon fils me fuyait, car il n’arrivait pas à me reconnaître. Une douleur supplémentaire que j’ai du supporter des mois durant. » Même après leur mise en liberté, les ex-internés du Sud ont dû subir des contraintes qui pesaient lourd sur leur nouvelle vie. Ils étaient, par exemple, assignés à résidence surveillée et pour certains à l’interdiction de sortie du territoire national à l’exemple de Ferdjallah. Lui qui a passé 25 mois d’internement à Ouargla garde un souvenir émouvant de ses retrouvailles avec les siens : « Je suis rentré chez moi le soir, personne ne s’y attendait. J’ai préféré me cacher, par crainte de choquer mes enfants qui n’étaient pas habitués à la présence d’un homme sous leur toit. Mon épouse et moi avions décidé d’attendre le lendemain matin. C’était un moment délicat, plein d’émotion et de douleur à la fois, car les plus jeunes ne m’ont pas reconnu et ont même refusé que je les prenne dans mes bras », témoigne-t-il en larmes.
Boualem partage la même douleur de père. Après des mois d’attente et de rêve de liberté, il fut enfin relâché et à son retour, les drames se sont enchaînés. « Une semaine après ma libération, j’ai appris que j’étais condamné à mort par le tribunal spécial de Tizi Ouzou, accusé de créer un groupe islamiste armé. » Baghdadi fut finalement innocenté le 16 mars de la même année. Mais après avoir passé six mois de prison entre El Harrach et Tizi Ouzou. « Ces épreuves interminables m’ont privé de la naissance de mes deux premiers enfants. Quand le premier est né, j’étais dans les camps du Sud. Pour ma fille, j’ai appris sa naissance en prison », regrette-t-il. Boualem souffre toujours de cette déchirure familiale, qui le hante jour après jour. « Je n’arrive toujours pas à avoir des rapports de paternité avec mes deux premiers enfants, avoue-t-il. Je sais que c’est irrécupérable… »
(1) Selon les chiffres de la Commission nationale consultative pour la protection et la promotion des droits de l’homme.
(2) Selon la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme.

Par LamiaTagzout


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42 Commentaires sur cet article

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  • admin
    3 octobre 2009 at 20 h 52 min - Reply

    AFIN QUE NUL N’OUBLIE

    Les camps de concentration (Archives personnelles Salah-eddine Sidhoum)

    Dès les premières heures du coup d’Etat, une vaste campagne d’arrestations fut menée par les services de sécurité et la police politique contre les cadres et élus du parti sorti vainqueur des premières élections législatives libres. Beaucoup d’entre eux étaient des universitaires. Ils seront déportés dans les camps de concentration du Sud.
    Pour la seule année 1992, on comptait officiellement 1224 enseignants détenus dans les camps et geôles du régime.

    Au camp de concentration de Reggane, situé à 1400 km d’Alger, on comptait en mars 1992 :
    · 45 ingénieurs.
    · 600 enseignants d’écoles, collèges et lycées.
    · 1 enseignant d’Université.
    · 11 médecins.
    · 5 pharmaciens.
    · 4 avocats.

    Pour le camp de Aïn M’Guel, on notait en mars 1994 :
    · 26 professeurs de lycée et de collège
    · 5 enseignants universitaires.
    · 7 ingénieurs.
    · 1 médecin spécialiste, enseignant à la faculté de médecine d’Alger.
    · 1 pharmacien.

    Deux cas illustrent cette politique de déportation.

    · Ouziala Messaoud, docteur en médecine, spécialiste en néphrologie et en transplantation rénale à l’hôpital universitaire Mustapha d’Alger, déporté au lendemain du coup d’Etat de janvier 1992 au camp de concentration d’Aïn M’Guel où il séjournera jusqu’en 1995. Il sera ensuite kidnappé le 8 juillet 1998 à la sortie de l’hôpital Mustapha par des civils armés de la police politique et séquestré durant quinze jours en un lieu secret. A sa libération, il s’exilera en Europe.

    · Gahmous Abderrahmane, professeur d’université et chercheur, titulaire d’un PHD aux Etats-Unis, directeur de l’Ecole Nationale Polytechnique d’El Harrach. Déporté au lendemain du coup d’Etat au camp de concentration de Reggane durant plusieurs mois. Il sera contraint, lui aussi à l’exil.




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  • Lazare Hobarth
    4 octobre 2009 at 0 h 17 min - Reply

    Dès la parution de l’article de Mme Lamia Tagzout, je me suis empressé d’écrire trois long messages sur le site du journal El Watan. La direction du journal a considéré – à l’heure où j’écris ces mots – qu’elle ne pouvait mettre en ligne que le premier texte. Charbonnier est maître chez soi comme dit l’adage. J’ai trop de respect pour les administrateurs de sites internet pour encombrer leurs espaces web de considérations oiseuses ou mensongères mais la réalité peut être parfois cruelle ou surprenante et ce n’est pas faillir que de la relater comme elle s’est présentée. Les faits rapportés par Mme Tagzout ne constitue pas un scoop; la nouveauté c’est qu’un journal de référence en fasse état et confirme par la même occasion ce que les personnes qui s’intéressent à l’histoire récente savent grâce aux témoignage d’Algériens traités pendant des années de traitres, de félons…. Je me souviens bien de la période 1954-1962; on qualifiait également avec les mêmes termes les gens que scandalisaient les sévices de l’armée française; plus, on avait créé un vocable pour désigner ces personnes animées du seul souci de la justice et de la charité: on disait d’eux qu’ils représentaient  »l’ennemi intérieur ». Mon âge est propice au radotage et c’est ce que je voudrais épargner à vos lecteurs, cher Monsieur Benchenouf. J’ai bien sûr vécu cette atroce période des années 1990 mais je ne m’accorde pas le droit d’en traiter parce que des gens comme le docteur Sidhoum le feront toujours mieux que moi; la chronologie des années sanglantes dont il est l’auteur représente à mon sens un chef d’oeuvre pour nombre de raisons qui seront présentées si nécessaire. Il faut dire que pour ce qui est de mon métier -celui de forestier- ma préférence va également à l’acte d’archivage, à la chronologie, sans lesquels tout travail à prétention analytique ou de synthèse deviendrait invérifiable,sujet à caution. Par contre, Mr Sidhoum est , je pense, par la force des choses, démuni s’il devait relater la longue et imperceptible décrépitude d’une grande institution comme l’administration forestière d’Algérie. Cette lente décomposition possède également une chronologie. La décadence débute à la fin de l’année 1965 pour atteindre son point le plus bas au début de l’année 2005 pour ce qui est de ce dont je peux témoigner. À d’autres de dire éventuellement ce qu’il en est des années 2005 à 2009: si la descente vers les abysses se poursuit ou au contraire si des signes de redressement sont déjà perceptibles, ce que j’appelle de tous mes voeux. Il est compréhensible que le lecteur ne perçoive pas le lien qui relie la forêt et les forestiers avec le sort de prisonniers des camps sahariens. Il existe pourtant au moins deux points communs: le premier est que d’illustres forestiers d’Algérie furent incarcérés dès les années 1960 suite à des cabales construites par leurs pairs; le deuxième tient à leur martyre encore ignoré de la majorité de leurs compatriotes. Je parlerai d’abord de Abderrahmane Chaoui, ingénieur des travaux des eaux et forêts originaire de N’Gaous, j’évoquerai ensuite le cas du chef de district des forêts Abderrahmane Bérini, originaire de la région de Djelfa, ma narration se poursuivra -si vous le voulez bien- avec l’épreuve du chef de district Belhamel, originaire de la région de Tlemcen; je terminerai avec le drame de l’ingénieur des travaux Tahar Saadi, originaire de la région de Béjaia. Je ne l’ai pas fait exprès: les grandes régions de l’Algérie du Nord sont représentées dans cette triste énumération: il faut croire que c’est la providence qui l’a voulu. J’arrête ici ce message déjà très long. Je me propose, s’il n’y a pas d’inconvénient, à vous faire part de ces souvenirs en plusieurs envois. Lazare Hobarth




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  • omar
    4 octobre 2009 at 13 h 59 min - Reply

    C’est scandaleux et dire que les responsables de ces crimes odieux sont entrain de jouir librement de leur retraite dorée.




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  • admin
    4 octobre 2009 at 14 h 15 min - Reply

    Témoignage d’un déporté au camp de concentration de Reggane

    (Archives personnelles Salah-Eddine Sidhoum. Témoignage adressé en avril 92 aux ONG, au CICR et à la Commission des Droits de l’homme de l’ONU. Publié sur le « livre blanc sur la répression en Algérie ». Editions Hoggar. Tome 1).

    Ce camp est situé à 3 km de la base aérienne qui était du temps de la colonisation française, un centre d’expérimentation nucléaire.
    Cette région est également connue pour son climat très dur du fait de sa situation dans le triangle chaud ou triangle de feu, Adrar-Reggane-Aïn Salah !
    Nous étions 2996 déportés répartis en 217 tentes, venant de 24 wilayas (départements) du centre et de l’Ouest. Il y avait parmi nous :
    – 60 députés élus aux premières élections libres du 26 décembre 91.
    – 600 élus aux assemblées communales et de wilaya.
    – 120 imams.
    – 45 ingénieurs.
    – 450 agents administratifs.
    – Plus de 600 enseignants.
    – 20 anciens maquisards de la guerre de libération .
    – 80 enfants de Martyrs de la guerre de libération.
    – 11 médecins dont 4 chirurgiens, un biologiste et 4 généralistes.
    – 5 pharmaciens.
    – 800 commerçants et artisans.
    – 4 avocats.
    – 6 personnes mineures de moins de 18 ans dont un de 14 ans.
    – 13 handicapés moteurs.

    Les détenus venus de Béchar ont été obligés de raser leur barbe et leur crâne par les gendarmes avant d’occuper le camp.
    Un déporté a été ramené d’Alger dans un état physique déplorable avec une perfusion de sérum et a été jeté sur le sable chaud du camp, sans aucun égard au vu de son état de santé.
    L’évacuation d’un diabétique insulinodépendant a été refusée par les autorités du camp, malgré l’aggravation de son état. Il ne fut évacué qu’un mois et demi plus tard dans un état comateux.
    Refus d’évacuation sur un centre spécialisé de deux déportés porteurs de valves cardiaques dont l’un était sous traitement anticoagulant.
    Un déporté, résidant en Suède (où il poursuit ses études) a été arrêté et envoyé à Reggane, alors qu’il rendait visite à ses parents.
    Il y avait dans le camp, une famille de 5 frères et leur père.
    Il y avait également au niveau du camp, un universitaire, docteur d’Etat en physique, diplômé des USA, enseignant à Bab Ezzouar.

    Reggane le 2 mars 1992




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  • chawki
    4 octobre 2009 at 18 h 53 min - Reply

    Les camps de concentration c’est ce que je retiendrai de l’algerie sous le regne de boudiaf et rappelez vous bien ce qu’il avait dit dans l’un de ses discours:’je suis pret a envoyer encore 10000 pour retablir l’ordre » il y avait deja plus de 50000 arrestations dans la semaine ou il fut nomme a la tete de l’etat .
    Il a passe sa vie au maroc ,et puis en rentrant en algerie avec un esprit de vengeance il a envoye plus de 50000 jeunes dans des camps de concentration -El hamdoulilah Allah est grand -et le jour du jugement dernier inchallh, en ce qui me concerne,je ne lui pardonnerai pas !
    ne me censurer pas svp.




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  • fatma lioum
    5 octobre 2009 at 1 h 12 min - Reply

    salam aleikoum,
    quelle horreur!! la lecture de ces témoignages sur les camps de concentration me sidère, comment a t-on pu laisser faire? je vivais en ce moment là en algérie, je ne m’en suis jamais douté, même si j’ai entendu qu’il y a eu des arrestations et des camps dans le sud…..je suis triste et tellement triste de tant de ratages entre algériens; je suis triste pour ces vies brisées, laminées…..
    et quand je pense qu’on parle aujourd’hui dans certains milieux de camps de concentrations dans les pays du nord, dans l’attente de l’imposition d’un régime global dictatorial et liberticide je me dis que l’algérie fait partie de ces pays cobaye; peut être ou on a testé via les manipulations et desinformations diverses et les traumatismes de toutes sortes le passage vers une société décérébrée où l’inversion des valeurs est totale, le profit et le consumérisme l’emportent sur la solidarité et l’équité…..




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  • Mohsen
    5 octobre 2009 at 1 h 54 min - Reply

    Mais, dans cette liste de déportés , où sont donc les « gueux », les « va-nu-pieds », « les marchands de poulets » et autres « tôliers » que la presse serve algérienne et les médias occidentaux mystificateurs nous présentaientt comme étant les troupes régulières du parti du Front Islamique du Salut?!

    Selon Me Jacques Vergès, le F.I.S avait présenté un nombre exceptionnel de candidats hautement qualifiés pour la députation . En effet, Il est indéniable que ce parti légal a aligné une belle brochette d’intellectuels diplômes, de cadres supérieurs de l’administration, d’enseignants expérimentés et de praticiens de renom . Au détriment des concurrents des partis d’opposition, toutes tendances confondues. C’ est aussi cette Vérité là que bien des « démocrates » ont voulu à tout prix occulter. A cet effet, la guerre des mots, redoutable arme de désinformation massive, fut employée à outrance et réussit à implanter durablement dans l’opinion publique internationale, l’image délétère et récurrente du Musulman « terroriste, poseur de bombes dans les marchés, génocideur, fanatique, obscurantiste et exportateur de Coran » ! Et, ça marche !

    Ce colossal Mensonge technocratique a été aussi le prétexte à la mise en boite des libertés individuelles et des droits civiques les plus élémentaires. Ne pouvant fortifier la justice, on a justifié la force. » (Blaise Pascal) . L’Etat d’urgence permanent repose donc sur ce postulat , principe qui doit être admis comme vrai ! La Vérité allait être la première victime de cette pluie de sang qui allait s’abattre sur ce merveilleux peuple algérien !

    Mais, ce qu’il y a de terrible avec la Vérité, c’est que, quand on la cherche, on finit par la trouver.




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  • Sid Ahmed
    5 octobre 2009 at 9 h 04 min - Reply

    Lire les témoignages des enfants d’Algérie me fait pleurer.




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  • noui
    5 octobre 2009 at 9 h 33 min - Reply

    un tablier (Zut ! tablier) Bleu pour les garçon (comme le mécanos)
    un tabler (Of! tablier) Blanc pour les enseignants (comme les coiffeurs)
    et un tablier(enfin) Rose , presque Rouge (comme les radiologues)
    et nous voila bientot Bleu Blanc Rouge comme notre week-end qui glisse vers le Bleu Blanc Rouge ainsi que note nationalité




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  • limada
    5 octobre 2009 at 10 h 13 min - Reply

    tabia zerga li doukour
    tabia beydha liassatida
    tabia ouardi grib hamra libanat
    ha nahnou bleu blanc rouge
    ne me censurer pas




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  • SAMARITAIN
    5 octobre 2009 at 18 h 02 min - Reply

    Le Premier responsable est Mohamed Boudiaf , je me rappelle bien de son Interview au magazine VSD et cette fameuse phrase : « s »il en faut je peux en rajouter 100 mille Détenus….ou Déportés » . Malheureusement c’est ca La Démocratie et la stabilité qui nous a ramené Boudiaf ……personne ne pourra changer mon idée au sujet de son premier rôle dans les déportations , car en ces temps la , il était (Boudiaf) le président donc le Maitre a Bord….. rabbi yakhoud el haq.




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  • Salah Bouzid
    5 octobre 2009 at 18 h 08 min - Reply

    Je n’arrive toujours pas à comprendre comment certains Algériens réfléchissent. Quel était l’objectif des ces gens qui ont décidé d’envoyer 20000 Algériens dans des camps de concentration?

    N’est-il pas temps que tous ces gens qui ont pris ces décisions, qui ont encouragé ces décisions, qui ont supporté ces décisions nous disent pourquoi ils ont fait cà à leurs frères?

    J’aimerais tant entendre leur version des choses. Ont ils quelque remord? Veulent-ils demander pardon? Reconnaissent-ils leurs erreurs?

    Tant et tant de questions auxquelles il leur faudra bien répondre.




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  • Lazare Hobarth
    5 octobre 2009 at 20 h 55 min - Reply

     » Les détenus du Sud n’ont rien oublié » je n’ai pas également oublié la promesse que j’ai faite, Monsieur Benchenouf. J’espère avoir le talent nécessaire pour montrer qu’avant les camps du Sud il y eut des répétitions générales dès les années 1960. Les persécutions dont je parlerai relèvent de l’inédit: elles concernent la contribution des dignitaires du secteur forestier d’Algérie à la maltraitance des habitants de l’Algérie avec la complicité de ce qui est considéré comme les fleurons de la »presse indépendante » d’Algérie. À tout seigneur tout honneur: mes informations seront d’abord proposées aux dits médias ; comme elles seront systématiquement refusées, je vous les proposerai, Monsieur Benchenouf. J’ignore quel type de rapport vous entretenez avec ces journaux. On n’est jamais assez prudent de toutes les manières : vous pourrez ainsi vérifier, si necessaire, que mes scoops leur ont bien été communiqués avant qu’ils vous parviennent.Voici mon premier texte; il a été expédié ce 5 octobre: quel jour! vers 14h30.
     »Vous êtes, Madame Tlemçani, l’une des plus anciennes journalistes à El Watan dont je suis un fidèle lecteur depuis sa création. Je suis un ingénieur civil des eaux et forêts et votre journal m’a même accordé l’hospitalité de ses colonnes en 1992-1993. J’interviens depuis quelque temps sur ce site électronique et les préposés à la censure mettent parfois en ligne mes contributions alors qu’ils les suppriment à d’autres occasions sans que je sache sur quels critères ils se fondent pour motiver leurs décisions. Je n’interviens que sur les questions forestières et j’apporte très souvent des informations de première main qui devraient retenir l’attention de votre journal si ma conception du journalisme correspond à la vôtre. J’ai été journaliste bien avant MM. Belhouchet, Belghiche, Berbiche… et je ne veux pas dire par là que ma conception du métier devrait avoir prééminence sur la leur: ce n’est qu’une précision pour situer les choses et les gens dans le temps. Ma génération est celle de Mahieddine Allouache, Boualem Hedroug, Hocine Mezali… pour ne citer que mes anciens collègues encore en vie. J’ai longtemps pensé que les styles Agence Tass et El Moudjahid étaient révolus. Votre réponse éventuelle me permettra de savoir si c’est le cas ou non. Pour terminer, j’aimerais porter à votre connaissance que j’ai enseigné l’aménagement forestier à l’Institut national agronomique d’Algérie durant plus de dix ans. On me dit qu’une de mes anciennes élèves exerce au journal El Watan; si c’est le cas, auriez-vous l’amabilité de m’indiquer le moyen d’entrer en contact avec elle pour qu’elle m’explique ce qui est permis ou non dans l’institution où vous exercez? J’indique enfin que de temps à autre j’adresse au journal El Watan ma  »Notice » Forêts d’Afrique sans que je sache ce qu’il en est fait. Lazare Hobarth  »

    Deuxième texte – toujours du 5 octobre 2009 vers 17 heures cette fois. Ce commentaire fait suite , comme le premier , à un article de Mme Tlemçani concernabnt le port dAlger (El Watan du 5 octobre 2009).
     » C’est le deuxième message que j’adresse à Madame Tlemçani: celui de 14h35 est censuré. Voyons pour celui-ci. Un de vos intervenants écrit ceci:  »amar Tou qui veut devenir TOUT est un détrraqué qui ne cesse de surprendre TOUT le monde par ses actes souvent imbéciles : ne sait-il pas attaqué un jour à une pauvre journaliste ?? Dans ce pays, il est grand temps de tourner les tables et de chasser ces démons qui nous habitent ! » Dans ma conception de la déontologie journalistique, il s’agit d’un cas indiscutable d’encouragement du journal El Watan à une initiative délictueuse: soit l’auteur de ce message est un calomniateur soit il s’agit de la divulgation d’un secret médical si réellement Mr Amar Tou présente une déficience mentale.Un deuxième intervenant écrit ceci: »Encore un cancre de ministre qui a chié la fontaine publique pour se faire connaître. Je parie qu’il ne sait même pas gérer la vidange de sa voiture et on lui offre la gestion du port d’Alger » La scatologie ne parait pas rebuter la rédaction d’El Watan. Replaçons donc cette histoire dans son contexte: Un pauvre bougre ne parvenait pas à retenir l’attention des gens de son village; malgré tous ses efforts, nul ne s’intéressait à lui. Un jour il crut avoir trouvé le moyen de sortir de l’anonymat. Il se rendit à la fontaine du village, attendit que les ménagères venues chercher de l’eau s’en approchent, baisse culotte et fit ses besoins au grand scandale des spectatrices. Ce qui ne manqua pas d’arriver arriva: l’information courut de village en village et le quidam qui se morfondait dans son anonymat acquit du coup la célébrité. El Watan considère que cette histoire contribue à la compréhension des difficultés dont souffre le port d’Alger et publie par conséquent ce message jugé instructif.Voyons à présent si ce journal fréquemment cité en référence manifestera la même diligence à mettre en ligne ce scoop: En juillet 1973, les dirigeants du secteur forestier d’Algérie demandent à la Sécurité militaire d’éxecuter à El Kala un ingénieur civil des eaux et forêts qu’ils accusaient de s’être rendu dans cette localité -muni d’un ordre de mission du ministère de l’agriculture faut-il le préciser- pour y provoquer un soulèvement. Les services de sécurité: ANP, gendarmerie, police, placèrent El Kala en état d’alerte durant plusieurs jours. Constatant la  »dangerosité » du client qu’on leur demandait de faire passer de vie à trépas – ils durent bien en rire – les services de sécurité, pour leur honneur, ne donnèrent pas suite à ce qui leur avait été demandé. Dépités, les dignitaires du secteur forestier d’Algérie harcelèrent le ministre de l’agriculture d’alors:Mr Tayebi Larbi pour faire incarcérer ledit ingénieur (j’abrège).Mr Tayebi Larbi demande des preuves; on dépêche sur Annaba et El Kala pratiquement toute l’équipe du commissaire Hammadache, alors directeur de la Répression des Fraudes et tortionnaire notoire du temps de la présidence de Mr Ahmed Ben Bella. L’équipe Hammadache revînt à Alger avec un volumineux rapport qu’un agent charitable de l’administration forestière me permît de lire. J’en ai pleuré durant deux heures dans un coin désert du beau café -d’alors- situé sous la maison des étudiants, boulevard colonel Amirouche. Pour faire passer mon chagrin, j’avais demandé à l’un des patrons, Ammar, de remplir mon verre de crème de menthe chaque fois qu’il le voyait vide. Connu comme un bon client de l’établissement, Ammar, à ma satisfaction, respecta à la perfection ma demande. Mr Tayebi Larbi comprit qu’il s’agissait d’une grossière machination: Mr Hammadache m’accusait, dans son rapport, d’avoir par exemple ordonné à des forestiers d’attaquer une banque à Annaba. Cependant la pression de la hiérarchie forestière était si forte que Mr Tayebi Larbi consentit à donner partiellement satisfaction à ses subordonnés en me mutant par mesure disciplinaire à Saida. En 1969 déjà les dignitaires du secteur forestier d’Algérie avaient fait prendre à Mr Tayebi Larbi la décision de m’éloigner à Abadla ( sud de Colomb Bechar) sous l’accusation d’être un agent communiste. Jouant sur la consonance particulière de mon patronyme, ils égarèrent même les services de police qui s’étaient mis durant des mois à la recherche d’un agitateur français avant de découvrir leur méprise. Quelque temps avant que soit prise la décision de ma mutation à Abadla, j’avais exposé au président Houari Boumediène le plan d’intervention forestier qui allait devenir en 1972 ce qu’on appellera Barrage vert. L’échange avec le président Boumediène fut particulièrement éprouvant pour le jeune ingénieur civil des eaux et forêts que j’étais en 1969. Houari Boumediène me traita avec une grande courtoisie mais je dus puiser dans mes ultimes réserves pour répondre à ses questions parfaitement légitimes soit dit en passant. Je parvins à le convaincre et lorsque Mr Abdelmadjid Allahoum lui fit discrètement signe que le temps imparti aux questions forestières était terminé, il se tourna vers ses collaborateurs, leur demandant s’ils avaient des questions à me poser. Comme personne ne souhaitait intervenir, il clotura le débat, qui s’est tenu canton Mezreb el Ali de la forêt domaniale du djebel Senalba Chergui, par ces propos: vous avez tous entendus ce que vient de nous expliquer cet ingénieur; à compter d’aujourd’hui, nous avons une politique forestière. Le plan Barrage vert – le vocable n’était pas encore créé, on ne parlait en 1969 que de  »Grands reboisements dans la steppe et l’Atlas saharien » – venait d’être approuvé. Houari Boumediène n’en fit état qu’en 1972 à l’occasion du programme spécial de la wilaya de Saida. Un mot maintenant concernant Houari Boumediène: contrairement à ce qui est souvent colporté, c’est un parfait francophone et au risque de surprendre beaucoup, je me demande s’il n’était pas plus francophone qu’arabophone mais ne chipotons pas: Houari Boumediène était parfaitement bilingue. Effrayés par la tournure des événements, les dignitaires forestiers inventèrent l’histoire de  »l’agitateur communiste » à un moment où les gens réputés d’extrême gauche étaient encore persécutés: emprisonnés ou mis en résidence surveillée dans le sud algérien. À aucun moment de mon existence je n’ai milité dans une organisation politique; c’est l’une de mes fiertés mais je ne la dois qu’à la providence. Ma fierté également est de n’avoir été durant la période 1954-1962 ni un combattant du FLN, ni un harki, ni même un conscrit du contingent. Mon existence s’est limitée à être un écolier, un collégien, un étudiant, un forestier. De 1965 à ce jour d’octobre 2009, je n’ai été que forestier; je demande à la providence de me faire mourir forestier. Mais trêve de sensiblerie car les larmes troublent mon regard et perturbent la rédaction de ce texte. Ce n’est pas bien méchant: nul ne m’observe, je suis seul face à l’écran de cette machine si pratique et dont je n’ai utilisé le clavier qu’à 66 ans. Je reviens à présent à l’affaire de juillet 1973 à El Kala. Je m’adresse à nouveau à Mme Salima Tlemçani: Mr Rafik Baba Ahmed qui se fait également appeler Slim Sadki est le correspondant d’El Watan à El Kala; il est également un responsable de la recherche forestière au niveau de l’Est algérien; je dirais de lui aussi que c’est un dignitaire du secteur forestier. Peut-il confirmer ou démentir ce que j’ai écrit? Imaginons qu’il allègue que cette histoire ne lui rappelle rien, qu’il n’en a jamais entendu parler…lui est-il possible de recueillir le témoignage de Mr Baghdadi, gérant de l’hôtel El Mordjane – longuement interrogé et menacé par le commissaire Hammadache? Si El Watan et Mr Slim Sadki refusent cette enquête journalistique – qui pourrait vider un abcès considérable qui compromet gravement le devenir du secteur sylvestre d’Algérie – dois-je considérer déjà qu’il existe une complicité dommageable entre El Watan et les dignitaires du secteur forestier d’Algérie ou faut-il attendre

    encore 36 ans pour le faire? Peut-être vous souvenez-vous Mme Tlemçani, qu’en 1998, considérant que d’importants correctifs devaient être faits à une information d’El Watan, j’avais, dans l’affolement, insisté pour avoir un entretien téléphonique avec un membre de la rédaction d’El Watan. Ma communication téléphonique vous avait été transférée et nous avions conclu que la personne à même de traiter la question était Mr Rafik Baba Ahmed qui allait , selon vos dires, me rappeler incessamment. J’attends depuis 11 ans. Lazare Hobarth »
    J’ai relu mes textes Monsieur Benchenouf, le style n’est pas fameux mais il y n’y a pas d’erreur dans la narration -abrégée- des faits. Pour le style, la syntaxe, nous verrons plus tard. Il me reste par conséquent quelques réglages à faire avec le quotidien El Watan avant de reprendre l’histoire des affaires Chaoui, Bérini, Belhamel, Saadi et d’autres encore. Mais déjà le Sud et la manipulation des services de sécurité commencent à poindre.

    Nouveau : connexio




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  • Amine belbraik
    5 octobre 2009 at 21 h 58 min - Reply

    Salam alaikoum;
    Merci de lire et de publier l’article du Professeur Lahouari Addi
    Le discours idéologique de l’intellectuel organique
    A propos de «Problématique Algérie» de M. C. Mesbah
    Par Lahouari Addi
    Source: Le quotidien d’Oran date 05/10/2009 page 7 fichier PDF.
    Salam alaikoum les frères.




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  • fatma lioum
    5 octobre 2009 at 23 h 09 min - Reply

    que de mensonges, que de malversations et de manipulations; comment faire pour renouer avec la confiance? comment guérir de tous ces mensonges et de toutes ces souffrances, tortures, douleurs…..ceux qui ont fomenté cela en algérie et tous ceux qui nombreux les ont servis dans les média, dans toutes les intitutions n’ont pas de coeur, ils doivent faire partie de cette terrible engeance de psychopathes et sociopathes incapable d’empathie et de rahma qui gouvernent et manipulent les humains ici et ailleurs……comment s’en défendre? s’en protéger??? ils ne reculent devant rien! ni tortures, ni guerres, ni destruction de l’identité humaine…..qui a des pistes de solutions alternatives pour sortir de ce cauchemar sans perdre son âme???




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  • Mohsen
    6 octobre 2009 at 13 h 54 min - Reply

    Des forces de sécurités algériennes au service d’une junte sanguinaire.

    TUER POUR GAGNER SON PAIN.

    Depuis le coup d’Etat des « Janviéristes », le thème est resté toujours le même, du sang contre du pain comme solution miracle au «terrorisme» dit «islamiste» : vous forces de l’ordre, vous devez respecter les exigences de «notre» sécurité comme «nous» le jugeons opportun si vous voulez conserver un fragile salaire à la fin du mois.
    Pour le simple maintien de son salaire, un Algérien doit arrêter son compatriote algérien ou le tuer.
    Tuez votre frère algérien ou votre sœur algérienne pour être sûr de recevoir un morceau de pain le lendemain.
    La politique du régime mafieux au pouvoir envers les Algériens est l’une des plus cruelles et impitoyables de l’histoire de l’humanité. Elle consiste, au travers de puissances étrangères complices, à recruter des Algériens, à les entraîner, et à les équiper d’armes meurtrières pour combattre ces Algériens qui cherchent à recouvrer leur propre liberté et leurs droits.
    Le pouvoir algérien politico-financier, est en fait un affreux et misérable monstre qui cherche à démanteler la société algérienne en suscitant des dissensions et de violents combats entre factions, comme un moyen de liquider les droits nationaux inaliénables des Algériens. . Il s’est employé à acheter la loyauté et la coopération de certains Algériens qui cherchent toujours à faire monter la tension dans la société algérienne.
    Durant le colonialisme français, le peuple algérien n’a jamais perdu espoir d’une victoire finale. Mais, ironie de l’Histoire, les barons-pillards ont obtenu des succès et sont parvenus, au fil des années, à un aussi sombre résultat : le peuple algérien en a eu tellement assez des tensions et des querelles qu’il a décidé que son pays n’était plus le sien.
    C’est une épouvantable et inhumaine calamité que des Algériens soient entraînés et formés à arrêter et tuer des Algériens dans l’illusion qu’il s’agit là de la meilleure façon de construire un Etat algérien . Tout ce qu’en retirent ces Algériens fourvoyés et inconscients, ce sont quelques billets qui ne suffisent même pas à assurer leurs dépenses mensuelles. Ce qui est une indication de l’avilissement de ces recrues.
    Mais en réalité, la mise sur pied de ces forces d’insécurité par la junte , vise à réprimer impitoyablement toute opposition, toute forme de contestation de leur pouvoir illégitime. Asservir le peuple, le soumettre à ses diktats, le mettre à genoux sont leurs véritables objectifs en finalité. Cela ne leur coûte pas grand chose, et il y a assez de collaborateurs algériens prêts à vendre leur pays et leur peuple pour quelques sous ou pour une nuit agréable dans un lieu de prostitution en Algérie ou en Europe.
    Voilà le pouvoir «civilisé» que nous avons comme représentant de la république algérienne antidémocratique et impopulaire. Au diable «leur» démocratie et, quoi qu’ils fassent, il y a des Algériens courageux et dévoués qui ne trahiront jamais leur pays, et qui sont prêts à faire les sacrifices nécessaires pour sa libération.




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  • Résigné
    6 octobre 2009 at 14 h 48 min - Reply

    En Algérie comme dans beaucoup de sociétés qui nous ressemblent, on préfère les hommes qui châtient aux hommes qui compatissent. C’est peut-être dû au manque de confiance en nous. On pense qu’une société libre sera certainement une société d’anarchie et de débauche, on a même pas le courage d’essayer ce qu’on envie aux autres. La liberté et la démocratie.




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  • afrox
    6 octobre 2009 at 21 h 09 min - Reply

    Il est vrais que la tragédie que vit notre pays est intense et complexe à la fois. Aussi complexes, qu’étaient les conditions qui ont amené de tristes événements sont, aujourd’hui, les conséquences qui s’en sont découlées si non pire.
    La société qui subit de plein fouet le retour de manivelle résultat naturel d’une immaturité politique pour devenir, en finale, rétive et méfiante à l’égare de la chose politique.
    S’agissant de la responsabilité du pouvoir dans cette tragédie qui, soit dit en passant, est une résultante logique de la dictature qui a caractérisé notre pays depuis sont indépendance. Il y a lieu d’avouer que le seul principe pouvant avoir cour et ayant cour en ces moments là est «à la guerre comme à la guerre» et cela, au sien de toute la société aux réactions qui variaient de la condamnation des exactions à «bien fait pour eux». Les soubresaut d’une société sont ainsi faits.
    Dans toute cette tourmente, il nous faudra désormais ne compter que sur nous même pour ramener la sérénité nécessaire afin de poser les base d’une Algérie des libertés. Cette sérénité qui nous a fait tellement défaut au long des ces années.




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  • nomade
    7 octobre 2009 at 6 h 40 min - Reply

    mr l’admin permettez-moi d’inserer cet article paru sur el-khabar du 07/10/2009.
    cet article demontre l’une des raisons des camps de concentrations du sud et le naufrage algerien par harkis-mercenaires, les barons de l’import/import, interposes qui ont pour mission de casser toute production nationale et la preference tend vers le secteur tres sensible des cereales.alors que ce mr levy se soucie pour les interets de son pays et c’est toujours un levy …….cousin d’un autre levy …. bernard henry levy !!!!

     »
    La France craint de perdre sa part du marché des céréales en Algérie
    La hausse de la production céréalière met certaines parties mal à l’aise

    La hausse de la production du blé, en Algérie, semble mettre mal à l’aise certaines parties influentes, indique t-on- d’une source proche du secteur. Quoique la hausse de la production a permis à l’Algérie de répondre à ses besoins en matière de grains, ces parties ont essayé, avec tous les moyens, d’interdire l’importation de la semence réputée pour son rendement. Hélas cette semence ne figure pas sur la liste des semences autorisées.
    Dans ce cadre, la même source a annoncé, en marge d’une rencontre à laquelle ont assisté les représentants de l’Association de la promotion des céréales françaises, que les semences interdites à l’importation pourraient augmenter le rendement jusqu’à 30 quintaux par hectare, alors que le rendement actuel ne dépasse pas 12q/h.
    Par ailleurs, dans son intervention, M. Jean Philipe Levy, le directeur de l’institut technique des céréales, a fait part des craintes de son pays, en l’occurrence la France, qui risque de perdre sa part dans le marché algérien des céréales, sachant que les français font face à une rude concurrence de certains pays de l’Europe de l’est, à l’instar de l’Ukraine et le Kazakhstan. Le même interlocuteur a présenté la qualité des céréales produites par son pays en tant que l’une des meilleurs au monde. Selon les statistiques présentées par M. Levy, la France produit deux millions de tonnes de blé dur, et 34 millions de tonnes de blé tendre, par an. L’Algérie importe 1.8 million de tonnes de blé dur par an, mais cela connaîtra une baisse d’environ 500 mille tonnes, qui est due, en grande partie, à la hausse de la production, prévue d’atteindre 2 millions de tonnes, soit une augmentation de 500 mille tonnes.
    Sur un autre plan, le président de l’union nationale des agriculteurs algériens, M. Mohamed Lalioui, a affirmé à El Khabar, qu’il est primordial de booster la production des céréales afin de réduire la facture de l’importation, dont une grande partie provient de la France. Il faut suivre l’exemple de certains pays méditerranéens, qui offrent plus de facilités pour les producteurs du blé, a-t-il conclu.

    07-10-2009
    Par S.Y
    Copyright © 2003 – 2009 El Khabar. Réalisation dypix. All Rights Reserved « 




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  • furar
    7 octobre 2009 at 7 h 00 min - Reply

    @lazare hobarthe votre post est très curieux .j’attends la suite passionnément.La création de ce CDICS est une excellente initiative .Espérons seulement qu’il aille au boit de ses objectifs qui est de lever le voile sur cette sombre période de bannissement de milliers d’algériens et qui fut le prélude à la tragédie que nous vivons et espérons surtout que les dollars du pétrole ne viennent pas etouffer ces voix par centaines par l’entremise de réparations financières( très légitimes au demeurant). Un site internet devrait avoir déjà vu le jour pour la promotion de ce comité.




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  • Mansour Rabah
    7 octobre 2009 at 14 h 43 min - Reply

    @chaouki
    Il s’avère avec le temps que l’un des préstigieux dirigeants de la Révolution algérienne a été trompé et peut être même manipulé.Mais il était de bonne foi quoi que vous en pensiez,il voulait sauver l’Algérie de l’hydre intégriste et de son projet de socièté moyennâgeux et sanguinaire.Il a été assassiné en direct à la TV par ceux qui ne veulent surtout pas d’une Algérie libre et démocratique,ces rentiers et ces prédateurs qui n’ont aucune considération pour ce peuple et ce pays meurtris.Mais la vieillesse et la mort nous délivrera de ces monstres et éspérons qu’ils n’ont pas fait des petits pour une sinistre relève.




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  • admin
    7 octobre 2009 at 14 h 55 min - Reply

    Les putschistes d’Alger ont envoyé leurs déportés dans les camps du Sud, véritables fours à ciel ouvert. Les résidus de la France coloniale, nostalgiques de l’Algérie française, à l’image du sinistre PASQUA (le même qui avait expédié le proxénéte Amellou, assassin de Mecili à ses commanditaires d’Alger) ont eux aussi donné un coup de main au pouvoir illègitime d’Alger en déportant des Algériens résidant en France, au Burkina Faso et parmi eux, notre frère et Ami Si Ahmed Simozrag, avocat dont sa famille avait subi les affres de la répression à Alger de la part de la police politique.
    Nous publions un article du quotidien français LIBERATION, datant de 2005, article qui tente de rappeler à l’opinion publique, le sort de ces déportés de la « Patrie des Droits de l’Homme ».
    Salah-Eddine Sidhoum

    ————————————————-

    Les relégués de Pasqua

    Soupçonnés de sympathies islamistes, ils ont été expulsés en urgence en 1994 par le ministre de l’Intérieur Charles Pasqua. Expédiés au Burkina Faso. Depuis, six d’entre eux sont coincés là, « oubliés » de la justice. Ils réclament l’abrogation de l’arrêté qui leur interdit de rentrer.

    Par Michel HENRY, Ouagadougou envoyé spécial, Libération, lundi 21 mars 2005

    Les autres l’appellent avec respect « le Vieux », ou « Maître ». Ahmed Simozrag, 63 ans, reçoit à Ouaga dans sa villa de la zone du Bois. Couscous et jus de bissap. Un garde, militaire burkinabé en civil, dort sur sa terrasse et prend l’identité des visiteurs. « Maître » ne sort guère. Il passe ses journées, et ses nuits, à écrire, sur Internet, ou plongé dans un livre. Quand il est arrivé à Ouaga, en 1994, il avait les cheveux foncés. Ils sont blancs maintenant. « Vous avez déjà vu une peine sans procès ?, demande-t-il. Dix ans d’exil sans preuve ni jugement, ça fait mal ! On aurait préféré être coupables, on serait sortis depuis longtemps. C’est une prise d’otages. Comme un bannissement. Une sanction d’un autre âge. »
    Dans le même quartier résidentiel, de l’autre côté d’un terrain de foot poussiéreux, vit, également en reclus, le Marocain Mohammed Chellah. A 58 ans, Chellah sert un délicieux jus fraise-pomme-orange : en onze ans, il a eu le temps de peaufiner la recette. Sur sa télé, un autocollant : « Qui parle de moi perd son temps. » « Je suis comme un fou », dit Chellah. Loin de sa femme et de ses huit enfants laissés sans ressources en France, Chellah assure : « On est fatigué. Ici, je ne fais rien. Je suis malade de l’estomac. Le docteur m’a dit « Tu penses beaucoup et tu ne guéris pas. Faut que tu retournes voir tes enfants. » » Chellah réclame justice : « Moi, je ne bouge pas. Vous m’avez amené avec l’avion, vous me ramènerez là-bas. »

    Au centre de Ouaga, Mohammed Doumi, 57 ans, a ouvert une cafétéria. Jus de fraise et de mangue. En août 2000, Doumi a écrit au juge antiterroriste parisien Jean-Louis Bruguière. « Frappé par l’arbitraire et l’injustice, déporté, humilié et expulsé, accusé sans aucune preuve formelle », Doumi demande « auprès de votre esprit éclairé » une inculpation qui permettrait de savoir ce qu’on lui reproche ­ en vain. Il a écrit à Chirac, précisant « je n’ai pas été un Rambo de bars, ni Papin des jardins, ni voyou des banlieues » ­ en vain. Il a tenté sept fois de quitter le Burkina Faso avec de faux passeports. Il s’est appelé Jojo Richard d’Afrique du Sud, Abdouramane Salifou ou Sidi Mohamed ben Mohamed du Niger. Refoulé partout, de Moscou au Ghana. « Pasqua payera cher devant Dieu », assure Doumi, qui évoque « onze ans d’angoisse loin de chez toi ; on te vole ta vie ».
    « Le Burkina paye »

    Le 31 août 1994, pour répondre au meurtre de cinq Français en Algérie que le pouvoir attribue au GIA (Groupe islamiste armé), Charles Pasqua, ministre RPR de l’Intérieur, ordonne l’expulsion de vingt personnes assignées à résidence dans une caserne désaffectée à Folembray (Aisne). Tous algériens, sauf Chellah. Direction, le Burkina Faso. Le « pays des hommes intègres » devient celui, non choisi, des hommes intégristes, ou réputés tels. Islamistes ou sympathisants, ou rien du tout, expulsés sur la foi de vagues indications des Renseignements généraux, le gouvernement Balladur les accuse d’« activités susceptibles de présenter des dangers pour la sécurité de nos compatriotes » et Pasqua sort un argument béton : « Est-ce que je dois attendre que des bombes éclatent dans notre pays et que des Français soient assassinés ici pour intervenir ? »

    Depuis, quatorze d’entre eux ont quitté le Burkina, en 1996 pour la plupart, encouragés par les autorités, qui ont fourni faux passeports, billets d’avion et prime de départ, « d’abord 1,5 million de francs CFA, puis 3, puis 6 », racontent-ils (soit 2 300 euros, puis 4 600, et enfin 9 200). Ils sont en Grande-Bretagne ou aux Pays-Bas. Les six autres restent piégés au Burkina : ils n’ont pas obtenu l’annulation de l’arrêté d’expulsion en urgence absolue, et refusent une fuite en douce comme les autres. Cinq sont pris en charge par le régime du président Blaise Compaoré : logement, téléphone et électricité payés, plus 400 000 F CFA (600 euros) mensuels. « C’est le Burkina qui paye », assure une source proche du pouvoir. On imagine mal que la France ne rembourse pas la note, tant le pays est un des plus pauvres d’Afrique. Des centaines de milliers d’euros dépensés. Jusqu’à quand ? « La balle est dans le camp des autorités françaises. On ne sait pas si ça va se régulariser, assure un officiel burkinabé. Ici, ils ne sont ni en prison ni en résidence surveillée. Ceux qui restent sont ceux qui n’ont nulle part où aller, qui voulaient repartir en France où ils ont toute leur famille et leurs biens. »

    Ahmed Simozrag, avocat au barreau d’Alger, installé à Paris en 1977, se désespère : « Depuis onze ans, je me demande pourquoi je suis ici. » Lors de l’expulsion, l’avocat du ministère français de l’Intérieur affirmait que Me Simozrag « se trouve au coeur d’une nébuleuse dont au moins une partie a recours au terrorisme », ce qu’il conteste. Partisan d’un régime islamiste en Algérie « qui respecte l’État de droit », il défendait les dirigeants du FIS. « Ils ont été libérés, je suis toujours là. » Il a laissé à Paris sa femme et huit enfants, tous français.

    Sa fille Razika a décidé de se bouger : « Si on n’agit pas, ça peut durer jusqu’à la mort de mon père, dit-elle. Car tout le monde s’en fout. Or, ça touche toute la famille ! Est-ce juste, dans un pays où on défend les droits des enfants, d’être privé d’un père ? On souffre tous d’un déséquilibre. Une vraie galère. Manque d’argent. Manque d’autorité paternelle : ma mère, on l’a un peu piétinée. Ce qui m’a le plus traumatisée, c’est l’absence d’explication de mes parents. Il faut dire qu’ils n’en avaient pas. » Son père est parti quand elle avait 10 ans. Elle en a 21. « Vous ne pensez pas que c’est suffisant ? Il a subi une sanction pour ses choix politiques. Mais il n’a commis aucun acte de violence ! » Razika a écrit, fin janvier, au ministère de l’Intérieur français. Qui lui réclame des papiers avant de reconsidérer l’affaire. « Certains ont fait une demande d’abrogation de l’arrêté d’expulsion, on est en train d’examiner très attentivement leurs requêtes », nous a-t-on expliqué au ministère.

    « C’est une guerre d’usure ; ils attendent qu’on craque. Souvent, je me dis : c’est un cauchemar. Demain, je me réveille, ça n’a pas existé », raconte Soufiane Naïmi, le plus jeune de ces oubliés de la République. Arrivé à Ouaga à 23 ans, Soufiane s’est bien intégré : cadre commercial, marié à une Burkinabé, il a obtenu la nationalité, a deux enfants de 1 et 4 ans. Sa vie, d’une certaine manière, est à Ouaga. Mais il aimerait pouvoir retourner à Sartrouville. Ses parents veulent venir, il leur dit : « Pas la peine, dans un mois, je suis en France ! » Ça dure depuis onze ans. Soufiane a eu le tort de fricoter à Sartrouville avec les militants islamistes de la Fraternité algérienne en France (FAF). Ça vaut onze ans de relégation ? Naïmi : « La justice ne nous a jamais cherchés. Mais nous, on cherche la justice ! »
    « Un caillou dans leur chaussure »

    Coincé entre Ubu et Kafka, Doumi assure pourtant : « On ne perd pas espoir. On croit toujours à la France. » Doumi vendait des fruits et légumes à Marseille. On l’a arrêté un matin d’août 1994. « Ils m’ont dit « Tu soutiens le GIA ! » Mais y a rien, je te jure mon frère. Ils n’ont pas fait d’enquête approfondie sur les personnes. J’étais au FLN jusqu’en 1988 et je me retrouve avec une fausse étiquette d’intégriste, islamiste, terroriste ! » Doumi a quitté à Marseille une femme et une fille de 9 mois. Elle a 11 ans maintenant. Sa mère n’a rien osé lui dire sur son père. Doumi a fini par se remarier à Ouaga. Burkinabé depuis l’an 2000, père de jumeaux de 1 an, Doumi s’investit à fond pour Blaise Compaoré, préside un comité de soutien pour le président. Mais la liberté, il ne l’a pas.

    Comme Omar Saker, qui veut sa revanche : « Voir Pasqua en prison. Au moins un jour ou deux. Je lui enverrai des oranges. » Arrêté alors qu’il s’improvisait imam à Annonay (Ardèche), Saker a aujourd’hui 50 ans. Il en fait dix de moins, grâce au sport. Son adresse e-mail : « Omarathon ». « Je vais courir. Sinon, je me baladerais à Ouaga avec un entonnoir sur la tête. » Mais il refuse de partir en douce, avec un faux passeport. « Si je pars, le problème est réglé pour le Burkina. Or, je veux rester un caillou dans leur chaussure. On ne peut pas s’accommoder d’une injustice. » En France, ses trois enfants ont grandi sans lui. Il a ressenti « un mur » quand ils lui ont rendu visite : « Ils ont des questions à poser mais ça ne sort pas, ou ils ont honte. » Et Saker s’inquiète : « Si demain je rentre en France, je n’ai même pas un toit où coucher. » Sa femme a divorcé après qu’il l’a frappée. « Et qui va m’embaucher ? A mon âge, on me répondra « On vous rappelle. » »

    Au début, ils ont cru être là pour quelques semaines, « le temps que l’opinion française se calme ». Puis quelques mois. On leur a dit qu’il fallait attendre. Attendre l’élection présidentielle de 1995. Attendre… Puis « ça a pété à Saint-Michel », la station de métro parisienne, et chaque attentat ruinait leurs espoirs. Qui prendrait le risque de faire revenir en France des islamistes, ou étiquetés tels ? Personne. Ils ont cru à la gauche, en 1997, « on la pensait plus humaine ». Mais rien. De temps en temps, ils exposent leur cas aux conseillers de l’ambassade de France (1). « Ils nous écoutent poliment puis disent : « On transmet. » »
    Filles voilées

    Ils se retrouvent de temps en temps pour discuter (2). Seul Chellah reste dans son coin. « Mon cas est à part », assure-t-il. Chellah, qui a travaillé vingt-cinq ans en France, était chef de chantier à Avignon. En 1990, il a retiré ses filles voilées de l’école publique. A son expulsion, la police lui a reproché d’aider des Algériens « à trafiquer des armes par le Maroc », notamment via son gendre d’alors, Abdelilah Ziyad. Chef d’un réseau islamiste responsable de l’attentat de Marrakech du 24 août 1994, Ziyad a pris huit ans de prison, le 9 janvier 1997, devant le tribunal correctionnel de Paris. Poursuivi dans la même affaire, Chellah a été condamné par défaut (en son absence) à deux ans de prison. « Il a été expulsé avant de pouvoir s’expliquer », regrette son avocat, Me Kamel Bouaouiche, pour qui onze ans de relégation contre deux ans de prison, c’est forcément exagéré. Me Bouaouiche a saisi le tribunal administratif de Marseille.

    A Avignon, la fille de Chellah, Soumia, 30 ans, résume : « J’ai vu mon père un mois en onze ans. Ma mère n’en peut plus. Elle est à zéro, au RMI, elle est tout le temps malade et on ne sait pas quoi faire. » Dans sa lettre au juge Bruguière, Doumi se dit « prêt à payer » s’il est déclaré coupable de quelque chose. Sinon, il demande à « recouvrer [ses] droits, notamment ceux de rejoindre [sa] famille ». Il attend la réponse.

    (1) L’ambassade a refusé de répondre à nos questions.
    (2) Le groupe comprend également Abdelkader Mechkour, qui n’a pas souhaité nous rencontrer.




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  • fatma lioum
    7 octobre 2009 at 17 h 21 min - Reply

    et ben dites donc, j’en apprends beaucoup plus en quelques jours de lecture sur ce site que des années durant dans la presse algérienne et les médias étrangers…..c’est terrible tous ces mensonges qu’on nous a raconté…même si je savais qu »on nous mentait je ne me rendais pas compte à ce point….pourquoi le fis et ses membres n’ont pas fait plus d’efforts pour informer les gens de cequi se passait réellement….au lieu de s’occuper du hidjab des femmes…




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  • Mohsen
    7 octobre 2009 at 18 h 50 min - Reply

    Mansour Rabah
    oct 7, 2009 14:43

    Vous écrivez à Mr @chaouki
    « ,il voulait sauver l’Algérie de l’hydre intégriste et de son projet de socièté moyennâgeux et sanguinaire ».

    Alors que la nature intrinsèquement perverse et démoniaque de la junte militaire au pouvoir nous dévoile au grand jour, sa face hideuse et effrayante, vous voilà à caracoler en queue de peloton, à agiter ces vieux poncifs usés jusqu’à la corde et qui ne trompent plus.
    L’aversion profonde que vous éprouvez pour tous ceux qui sont conséquents avec eux-mêmes et assument leur héritage spirituel, vous pousse à la diffamation , à l’outrance verbale et donc à l’insignifiance.

    Les thuriféraires d’ idéologies étrangères, çà ose tout ! C’est d’ailleurs à cela qu’on les reconnait .

    @Mr Sidhoum
    Tous mes chaleureux remerciements pour votre sollicitude à l’égard de nos compatrites exilés de Burkina-Faso.

     » l’Algérie de l’hydre intégriste et de son projet de socièté moyennâgeux et sanguinaire.




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  • Mansour Rabah
    8 octobre 2009 at 6 h 52 min - Reply

    @Mohsen
    Tiens;tiens,aprés Mohsen,Nomade,Chaouki aussi c’est vous.A court d’arguments vous évoquez « les thuriféraires d’idéologies étrangères »je ne sais où vous êtes allé chercher ce qualificatif.C’est un peu comme ces autoproclamés dirigeants iraniens qui traitent leurs opposants d’ennemis de Dieu et passibles de la peine de mort comme d’ailleurs ceux du régime algérien qui voient la main de l’étranger partout alors que pour le moindre bobo ils vont se faire soigner…à l’étranger.C’est propre à tous les régimes totalitaires et moi je parts du principe simpliste qu’il ne faut pas faire aux autres ce que tu ne veux pas qu’on te fasses.Avec le temps il s’est avéré que les camps du sud ont été de véritables centres de formation de terroristes manipulés ou pas qui une fois relachés dans la nature ont donné libre cours à leur instinct béstial avec le résultat que l’on connait.On a fait même mieux,on a relaché quelques 2000 prisonniers trés dangereux à Tazoult.Tout celà est bien coordonné par un chef d’orchéstre qui sait ce qu’il veux.Mais là il n’y’a point de main de l’étranger c’est le…destin de ce pauvre pays entre les griffes de la mafia politico-financière.




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  • Karim
    8 octobre 2009 at 11 h 28 min - Reply

    Pour ce qui est des expulsés de France il est à noter qu’a côté du volet humanitaire dont il faut que nous en discutons en toute sérinité, il y a aussi un côté politique que Mr. Sidhoum oublie de mentionner, il s’agit du soutien qu’ont apporté les militants du parti dissous à la guerre civile algérienne. Ce soutien touchait le volet materiel, logistique, et surtout par la propagande.

    Je me souviens en 1993 que des militants proches du parti dissous distribuaient un journal à la sortie de la mosquée de Paris, lequel journal faisaient ouvertement l’apologie des assassinats des policiers, gendarmes, journalistes, intellectuels…. par les insurgés devenue moujahidinnes et chouhadas.. Cette histoire on ne l’a pas racontée, j’ai eu le journal en question entre les mains. Voilà l’ambiance globale dont certains oublient de mentionner.

    Moi j’essaye surtout de mettre en exergue les divers point du conflit sans un quelconque esprit de revanche pour que le citoyen algérien futur ( étant donné que notre génération est foutue du moins en ce qui me concerne) puisse comprendre le contexte global de la crise.

    Donc Charle Pasqua défend les intérêt de son pays et il en a le droit puisqu’il est responsable, il est chez.

    Karim
    slt




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  • Salah Bouzid
    8 octobre 2009 at 16 h 42 min - Reply

    @karim

    Qu’est ce qui est arrivé en premier? Les camps du Sud ou des jeunes radicaux distribuant des pamphlets jihadistes dans les mosquées de Paris ou d’ailleurs?

    Quand on décrit une situation, la chronologie est un fait très important.




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  • Mohsen
    8 octobre 2009 at 17 h 22 min - Reply

    @ Karim.
    Je ne suis pas avocat, ce n’est pas mon métier. Je n’interviens dans cette terrible affaire que, parce que , il y a là, une violation flagrante du droit international de la part des autorités françaises. Par simple souci de justice, je vous recommande de lire sur : http://www.hoggar.org , l’ interview de Maitre Ahmed Simosrag . avocat du FIS , réalisé par Michel Zoungrana . L’Indépendant n° 366 du 12-26 septembre 2000.
    L’intitulé de l’interview est :  » La France nous a tués. Le Burkina nous a enterrés  » .

    Quant à vos déclarations sur les supposées activités subsersives d’éléments du Front Islamique du Salut, je reste à tout le moins, pas convaincu . Des appels au meurtre, des incitations à tuer des fonctionnaires de l’Etat algérien, en plein Paris, au vu et au su de tout un chacun, est tout simplement difficile à croire, pour ne pas dire invraisemblable ! Il est regrettable qu’à l’appui de vos dires, vous ne produisiez pas un document avéré. Cela aurait été plus crédible pour votre « témoignage ».

    Dans tout pays civilisé, tout inculpé a le droit à une défense et à un procès équitable. Je suis désolé d’essayer de vous démontrer l’évidence. Dans le cas qui nous préoccupe, les Algériens résidants régulièrement en France et dont les enfants sont Français, ont été expulsés manu-militari, arrachés à leur famille , privés de leurs biens, bannis de France et sans aucun espoir de retour ! Il n’y eût jamais aucun procès et tous les recours de demande de ré-ouverture du dossier, employés à ce jour, restent tout simplement ignorés. Et cela dure depuis….seize ans ( 16 ) ! Une mise à mort….lente ! Une honte !

    Lisez donc les terribles épreuves qu’ont subis et continuent d’endurer , ces « galériens » , ces « pestiférés » , interdits de droit le plus élémentaire, interdit de séjour en France où leur famille décomposée, en proie au desespoir, continuent de payer les conséquences d’ un très lourd déni de justice. Pendant que des barons-pillards algériens ,en képis ou en cols blancs, se prélassent à Paris, dans des hotels de luxe ou dans un quelquonque cabinet discret de financier véreux !




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  • amokrane
    8 octobre 2009 at 21 h 33 min - Reply
  • Karim
    9 octobre 2009 at 9 h 19 min - Reply

    @Salah Bouzid

    La chronologie est un fait très important je vous donne entièrement raison. La réponse à votre question est très simple et sans ambiguïté, chronologiquement ce sont les pamphlets jihadistes qui ont fait leurs apparitions avant les camps du sud, peut-être pas dans les mosquées de Paris mais en Algérie si quand même (ndir l’Eklach, Natrod rais el jamhouria, Al issiane al madani…et la liste est longue)
    Sans rancune.

    Karim
    Slt

    @Mohsen

    J’ai lu les références que vous avez citées, Toute atteinte à la dignité humaine est condamnable, même s’il s’agit de Gobbels. Je serai la dernière personne à ne pas compatir avec la souffrance des gens et mon intervention n’est en aucun cas un justificatif pour envoyer les gens à la potence.

    Pour ce qui est de mon témoignage, les journaux distribués d’une manière hebdomadaire à la sortie des mosquées avant le gouvernement Balladur (Mars 1994) et même un peu après, étaient signés par la « Fraternité Algérienne de France » organisation qui représentait le Front islamique du salut en France à l’époque. Je ne dispose malheureusement pas de copie mais je vous parle d’une chose qui avait pignon sur rue jusqu’à la mi- 1994. Les bulletins étaient distribués à la sortie de la grande mosquée de Paris chaque semaine le vendredi et aussi dans d’autre mosquées et salles de prière d’IDF. Je ne dispose pas de copie mais les gens qui étaient à l’époque à Paris peuvent en apporter leur témoignage. Leur contenu tournaient autour des nouvelles du Djihad » et faisaient sans la moindre nuance l’apologie du martyr, contre les fonctionnaires de l’état algériens assimilés à des renegats, taghouts et aussi les intellectuells « laico-communiste »… tandis que les groupes armés étaient des moujahinnes et des chouhadas.

    Vous pouvez toujours penser qu’il s’agit d’une manipulation de telle ou telle partie, mais je sais que je vous parle d’un fait que j’ai moi-même vécu. En plus si les témoignages qui ne sont pas à la faveur de la partie que vous défendez, sont systématiquement assimilés à la manipulation, dans ce cas on en aura encore pour deux siècle.

    Sans rancune.
    Slt
    Karim




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  • Brahim YOUNESSI
    9 octobre 2009 at 10 h 21 min - Reply

    Bonjour,

    Malheureusement, cher M. Mohsen, Karim a tout à fait raison. Une feuille « Le Critère » que publiait la FAF (Fraternité Algérienne en France) se disant proche du FIS attribuait quasiment systématiquement les assassinats touchant une certaine catégorie de la population et bon nombre d’attentats aux « Moudjahidines » sans avoir au préalable, comme le font les journalistes sérieux et rigoureux, procédé aux vérifications indispensables dans une situation de confusion et de manipulation que le pouvoir a su exploiter. Hélas, c’est une vérité que l’on ne peut occulter parce que les écrits témoignent de l’immaturité politique de certains « responsables » du FIS.

    Brahim Younessi




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  • Mohsen
    9 octobre 2009 at 14 h 32 min - Reply

    Brahim Younessi

    En ces temps de « confusion et de manipulation que le pouvoir a su manipuler » que vous admettez et, compte tenu que de nouvelles révélations fracassantes(1) remettent en cause bien des faits sanglants attribués(2) à la mouvance « islamiste », la vigilance voudrait que l’on se montre prudent et réfléchi sur les tenants et les aboutissants de bien des aspects de cette page de l’histoire qui n’est pas tournée.
    La vérité historique et non pas politique nous enseigne à tous que, les commanditaires et les existants sont souvent « de tous autres personnages que ne se l’imaginent ceux dont l’oeil ne plonge pas dans les coulisses » (dixit Benjamin Disraeli ).

    Avec @Karim , vous mentionnez les références de cette « feuille » et de ceux qui la publient , « se disant proche » du F.I.S . Sans vouloir douter de votre bonne foi, ni vouloir « occulter » cette « vérité » et, afin de ne pas polémiquer sans fin et de mettre un terme sur ce point précis, je persiste à rester dans l’expectative et espère qu’ un fait&document vienne apporter un témoignage irréfutable à même de nous départager .

    (1) Le drame de Tibérihine- Les attentats du métro Paris…etc.
    (2) Attribués = Supposés .




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  • Salah Bouzid
    9 octobre 2009 at 14 h 45 min - Reply

    @ Karim

    Vous avez peut-être raison et je n’étais pas en Algérie dans les années 89-92 pour vous contredire. J’ai vu par contre une vidéo d’un rassemblement organisé par le FIS en faveur de l’Intifada en Palestine. L’évènement a du avoir lieu en Décembre 90 au stade du 5 juillet, donc durant la crise Irak-Kuwait. Il y avait beaucoup de discours jihadiste en faveur de la Palestine et de l’Irak. mais ce n’était pas didrigé contre des laïquo-communistes algériens. Oui les discours étaient très virulents. Après avoir vu cette vidéo, j’étais persuadé que si jamais le FIS arrivait au pouvoir, les Saoudiens, les Américains, les Français, les Tunisiens, les Marocains et les Israéliens feraient tomber un gouvernement FIS très rapidement. En Janvier 92, les sauveurs de la République firent ce que le monde attendait d’eux. Dans cette vie, on a des roles à jouer et des responsabilités à prendre. A nous de prendre les notres.




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  • Brahim YOUNESSI
    9 octobre 2009 at 23 h 23 min - Reply

    Bonjour,

    Mohsen, vous ne doutez pas de ma « bonne foi » mais vous restez comme vous dites dans l’expectative et attendez un témoignage irréfutable pour « nous départager ». Je ne suis pas en compétition avec vous. Vous faites valoir vos sentiments quand d’autres apportent leur vécu. Je suis en train d’écrire sur cette période dont j’ai été l’un des acteurs du côté islamiste (remarquez que je ne mets pas de guillemets). Mon témoignage, croyez-le, ne peut être réfuté ni par vous qui ne semblez pas connaître les événements de cette période difficile ni par les auteurs des faits qui savent que je ne transige pas avec la vérité. Et pour votre information, sachez que certaines des personnes que je vise ont profité des dispositions de la « réconciliation nationale » pour rentrer à Alger. L’anonymat est tellement confortable pour apporter la contradiction et récuser en doute les autres. Il semble même que certains intervenants utilisent plusieurs pseudos pour brocarder ou se congratuler. Dommage, nous aurions pu à travers cet espace mener des débats sérieux et utiles. Un conseil, si je peux me le permettre, aux administrateurs du site : changez de formule !

    Brahim Younessi

    C’est ce que nous ferons, mon cher Brahim. Il n’est plus question, sous couvert de l’anonymat, d’insulter des personnes ou les fondements de notre identité. La nouvelle charte du site est très claire. Que cette minorité de provocateurs qui n’a d’autres arguments que l’insulte et qui pollue notre site, aille ailleurs. Il y a malheureusement des sites extrémistes qui tentent de diviser les Algériens et qui accueilleront cette minorité les bras ouverts.
    Sachons, mes cher(e)s compatriotes, garder notre calme et débattre dans la sérénité, arguments contre arguments. L’Algérien n’est pas l’ennemi de l’Algérien. Nous pouvons être des adversaires politiques, mais jamais des ennemis. Mettons fin à cette politique criminelle du régime du « diviser pour régner ». Ce sont nos divisions artificiellemnt créées et entretenues qui font la force de ces imposteurs au pouvoir. Ne nous trompons pas, encore une fois de cible.
    Fraternellement.
    Salah-Eddine




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  • Abdelouhab Boukezouha
    11 octobre 2009 at 17 h 04 min - Reply

    Salam ou aleikoum,

    Cher Salah-Eddine Sidhoum, je suis vraiment désolé d’avoir incidemment utilisé le nom de mon ami Brahim Younessi. Je ne voulais absolument pas usurpé son identité. Il le sait. Mon problème était purement technique. Comme il le dit lui-même dans son dernier post, nous avons ensemble réglé ce problème.
    Avec ma sympathie.
    A.B

    Ahlan, mon cher Si Abdelouahab. En vous lisant, je me suis rappelé mon frère Mahmoud Khelili Rahimahou Allah qui me parlait souvent de vous durant les années de braise et du chantage que faisait la police politique à votre honorable famille, ici à Alger. Je crois que le problème technique a été réglé et le malentendu dissipé. Brahim m’a expliqué les faits.
    Fraternellement.
    Salah-Eddine




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  • djamel
    12 octobre 2009 at 13 h 28 min - Reply

    Monsieur Chawki
    Si tu aime vraiment DIEU il faut savoir pardonné
    La haine ne maine nul part ok ?
    SALUATIONS




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  • Abdelouhab Boukezouha
    12 octobre 2009 at 15 h 31 min - Reply

    Salamoualikoum je tiens cher salah-eddine SIDHOUM à vous remercier de me donner la possibilité
    de m’éxprimer et de collaborer avec les gens sinceres qui se mettent en travers du chemin des injustes et de l’injustice.MAHMOUD KHELILI RABI YARAHMOU l’a été et a fait son devoir a notre tour de lui faire honneur et de faire le notre.
    fraternellement AB.




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  • SAMARITAIN
    12 octobre 2009 at 18 h 06 min - Reply

    @ Djamel :

    La haine ne maine nul part ok ?

    Réponse: Elle nous mène Contre l’oublie mais surtout vers la Justice et réparation .
    « Et qui pardonne au crime en devient complice. » VOLTAIRE .

    Amicalement le Pauvre Samaritain




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  • Abdelouhab Boukezouha
    17 octobre 2009 at 12 h 48 min - Reply

    Salamoualikoum en ce qui se rapporte aux camps du SUD je voudrais apporter ce qui suit je faisais partie des personnes qui ont étes kidnapées sequestrées torturées et par la suite enchainées et trainées jusqu a l’aerodrome militaire de BOUFARIk pour etre deporté a TAMANRASSET puis sur des camions, des militaires (berets rouges) nous ont alors acheminés vers le camps de AIN AMGUEL je reviendrais plus en détails la prochaine fois . SALAM .




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  • Abdelouhab Boukezouha
    19 octobre 2009 at 10 h 32 min - Reply

    SALAMOUALIKOUM .en arrivant aux abords de mon lieu de travail des enfants du quartier m’ont dit de me sauver car des hommes en civils fortement armés etaient venus pour m’arreter , ne m’ayant pas trouvé ils me laisserent une convocation ,n’ayant absolument rien a me reprocher, je me rendis au commissariat cavaignac un officier de pj me dit que je n’avais rien a craindre qu’on avait besoin que de mon affiliation et qu’ensuite je serais relaché .les choses se passerent autrement apres mon audition accompagnée biensur de coups et d insultes (je passerai sur les détailles )ils m’ont mis dans une petite cellule crasseuse et ou on ne pouvait pas respirer je ne sais pas combien de temps je suis resté là ,parfois des cris arrivaient jusqu’a moi c’etait pas fait pour me rassurer .au milieu de la nuit on est venu me chercher, menotté et escorté par des hommes en armes. on me jeta alors dans la malle d’une voiture et, a partir de cette instant ,ma vie ne valait plus rien , commissariat central- – -caserne de la garde republicaine- – -ctri de blida – – -ain amguel- – -exile .un cercle infernale ou j ai serré plusieurs fois la main a la mort .




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  • chawki
    30 octobre 2009 at 0 h 15 min - Reply

    Monsieur Djamel
    Je ne pardonnerai pas ,ce qu’a fait boudiaf en quelques mois de pouvoir de dictateur (plus de 50000 dans les camps du sud) ne l’a fait aucun autre dictateur dans le monde !




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  • Nourredine BELMOUHOUB
    14 mai 2010 at 0 h 18 min - Reply

    Les camps de la honte, resteront la page la plus sombre de l’hisoire de l’Algérie indépendante « ou presque » Je tiens à l’occasion de remercier Melle Lamia Tagzout, pour son courage et son professionnalisme.
    Nourredine BELMOUHOUB
    Porte parole do omité de Défense des Internés des Camps du Sud




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  • Congrès du Changement Démocratique