Édition du
30 March 2017

QUESTIONS AUX AMIS CADRES MILITANTS DE L’OPPOSITION

Oppositionpar Saïd Radjef
Le Quotidien d’Algérie

Quelle est la situation aujourd’hui dans le pays ? Le pouvoir militaire qui est le même depuis le premier novembre 1954 à ce jour, continue a être le pivot de la vie nationale. Aujourd’hui, désormais, rien ne peut marcher sans l’appui de l’ANP et des relais qui lui obéissent aveuglement. Telle une pieuvre, elle enserre tout sur son passage. Ce qui est à la fois étrange et surprenant dans cette situation, est le silence de l’opposition. L’opposition ne réagit pas ; elle ne séduit plus personne.

Pourquoi l’opposition ne séduit plus personne ? A-t-elle été définitivement battue ? Dans l’affirmative, pourquoi a-t-elle été battue par un pouvoir aussi honni ? Pourquoi le pouvoir militaire qui est le même depuis plus d’un demi siècle, a t-il réussi en dépit de toutes ses insuffisances et de toutes ses maladresses légendaires à vaincre physiquement et politiquement l’opposition, au point non pas de la réduire en poussière mais de la ridiculiser aux yeux de l’opinion nationale et internationale ? Pourquoi l’opposition peine t-elle a se développer et a regrouper autour d’elle ces milliers de bataillons de mécontents et de déçus marginalisés auxquels le pouvoir en place donne des nausées ?

Quelle est la politique de communication de l’opposition ? Les militants dirigeants de l’opposition savent-ils communiquer et connaissent-ils l’Algérie et le tempérament dominant du peuple algérien ? Les militants dirigeants de l’opposition font-ils une distinction entre opportunisme, populisme et engagement politique réel au service de l’ordre citoyen et intellectuel ? L’opposition peut-elle devenir une force sociale dominante, cohérente et porteuse sur les plans politique, culturel et intellectuel si ses dirigeants locaux, régionaux et nationaux ignorent fondamentalement quel est la mission d’un parti de l’opposition et surtout quel est le rôle d’un militant ? L’opposition peut-elle réellement inquiéter le régime des généraux si ses dirigeants locaux, régionaux et nationaux ignorent tout des urgences de la nation, refusent la discipline et l’organisation et font tout pour tromper volontairement leurs hiérarchies respectives

L’opposition peut-elle se constituer en alternative au régime des généraux si son audience est nulle auprès des larges couches populaires et des élites du pays ? Que vaut véritablement un parti politique qui compte moins de 1% d’universitaires dans ses rangs sur chiffre global estimé à plus de 1500000 ? Le climat de crise permanent, les violences multiples et transition imposés par le pouvoir, ont-ils permis à l’opposition de dégager une ligne d’action commune concertée ? Quelles sont aujourd’hui les priorités de l’opposition pour le pays sur des normes véritablement démocratiques ?


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8 Commentaires sur cet article

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  • SAID
    6 octobre 2009 at 22 h 13 min - Reply

    M. RADJEF

    Vous avez posé toutes les questions. De bonnes questions. Leurs réponses permettront en effet de mieux comprendre la situation de l’opposition mais pas celle de l’algerie.
    A mon avis, il y’a d’abord un vrai probleme de confiance. Personne ne fait plus confiance en personne.
    Les partis d’opposition sont minés par la lutte pour le leadership, l’anti-democratie en leur sein, l’infiltration par les services etc …
    Quant à leurs actions, je crois que le systeme a tout verrouillé pour empecher justement l’opposition d’avoir pied dans la société. Que peut faire l’opposition (je parle de l’opposition démocratique) lorsque le debat est exclu des medias lourds ?
    Ensuite il ya les partis parasitaires – nombreux – qui ne sont là que pour récolter de l’argent, biaiser et polluer le debat politique.
    Ensuite, vient l’ecole , l’université , qui , normalement , produit l’élite. Qu’en est-il de notre université ? ou sont nos universitaires ? Les incompetents pistonnés les ont fait fuir, et ceux qui sont restés courent tous aprés l’argent.
    Donc la situation est telle que « khalota » au point ou la confiance est perdue.
    Pour que l’opposition puisse etre visible dans la société il faut d’abord qu’il y ait une volonté politique de vouloir démocratiser le pays, ensuite viendra le role de l’opposition.
    Lorsque les walis et leurs sbires s’arrogent le droit de dicter et d’afficher les resultats des elections qu’ils veulent pour plaire à leur hierarchie, rien ne va plus.
    la scene politiique est tellement polluée que chacun tire la couverture vers soit et chacun tourne en rond dans son petit coin croyant detenir seul la verité. Les seuls partis qui ont pris langue entre eux sont ceux de la coalition et c’est pour des interets strictement materiels, la démocratie, l’algerie restent leur dernier souci. La seule chose qui les interesse reste leurs comptes devises et le nombre de residences à l’etranger (pour assurer leurs arrières).
    La seule alternative il faut que les partis qui sont reellement pour la democratie et l’alternance, se mettent autour d’une table et definissent ensemble un SMIG non négociable .




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  • tacili
    7 octobre 2009 at 12 h 09 min - Reply

    Chers compatriotes ,

    L’opposition politique se fonde sur une base theorique solide avant de passer a l’action sinon meme si elle accede au pouvoir elle va s’imploser sous le poids des differences doctrinales.

    L’opposition algerienne n’a pas une alternative claire a presenter au peuple. La seule necessite de demanteler le systeme actuel n’est pas suffisante en elle meme et le peuple ne semble pas adherer aux arguments presentes jusque la.

    J’ai toujours insiste sur la necessite d’emmergence d’un leader charismatique dans lequel se reconnaissent tous les opposants et qui menerait le combat de front contre le pouvoir actuel et donnerait aux puissances etrangeres la possibilite de parler a un unificateur.

    Charismatique dans le sens d’un Ghandi et non pas d’un Staline. Le Charisme en periode de crise est tres important et je suis tres surpris par l’absence de ce leader naturel au sein de l’opposition. C’est meme effrayant et indicateur d’une atomisation dangereuse des efforts entrepris jusque la.

    Ce leader devrait representer l’Algerie de demain : Democratique et Seculaire, egalitaire et juste. Il devrait imposer le respect et faire « changer la peur a l’autre camp » d’une maniere decisive et effective.

    En de termes plus pratiques l’opposition a besoin d’un nouveau contrat de Rome avec un leader.

    J’y reviendrai




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  • Mohand Tahar MOHAMMEDI
    7 octobre 2009 at 20 h 13 min - Reply

    Cher said le problème ce n’est pas de réaliser l’idéal ou idéaliser la réalité, car au delà de la véritable opposition radicale en l’occurrence le FFS, je voulais me situer dans une logique sociologique qui par ailleurs quelle algérienne ou quel algérien qui ne se sent pas vivre dans un état d’échec et dans un archaïsme totale avec ce régime? pour déduire qu’enfin qu’il ya véritablement une opposition politique , quand a sa définition , je pense qu’on ne peut pas imposé un quiconque changement pour la simple raison qu’il dépend totalement de l’état d’esprit et du niveau de conscience politique de la population et cette dépendance politique associé au blocage totale du champs politique de la part du régime, les choses deviennent complexe et l’opposition ne peut pas proposer une alternative politique du simple fait qu’il n’y pas d’alternance au pouvoir .
    Le seul travail politique qu’on pourra entamé c’est de prévoir un avant projet politique qui permettra à la population d’avoir une visibilité politique, économique, social et culturel pour qu’elle prennent conscience du déphasage de ce régime et par delà peut être étudier une véritable transition démocratique.




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  • radjef said
    8 octobre 2009 at 13 h 50 min - Reply

    Bonjour tout le monde. La passivité,la pretention et la cupidité d’un grand nombre de dirigeants de l’opposition à donné plus de force au pouvoir militaire en place qui n’a pas hesité un seul instant à mettre à genoux la conscience et la foi des populations du pays.Que voyons nous aujourd’hui dans nos familles, dans les places publiques, dans les marchés….Celles et ceux qui luttent matin et soir pour ramener es uns et les autres nparmi les dirigeants de l’opposition a une vision plus réelle ou la verité doit être de mise, à un militantisme plus responsable et adapté aux conjonctures nationale et internationale, pourquoi ne trouvent-ils pas de place au sein de l’opposition? Sont-ils des agents du DRS ou des agitateurs professionnels? Celles et ceus qui brisent le prestige de leurs chefs en leur faisant croire qu’un ignorant pathologique est une entité politique et intellectuelle, sont-ils des dirigeants qui manquent d’experience ou des agents du DRS? Ou est la difference entre les pratiques du DRS et celles de l’opposition? N’a t-on pas vu des GLD ,des gardes communaux à la tête des partis de l’opposition? N’a t-on pas vu des agents de la police coloniale reconvertis au DRS à la tête de la Kabylie au nom de l’opposition?…




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  • karima
    8 octobre 2009 at 19 h 46 min - Reply

    L’armee doit s’autonettoyer.Je crois que la nouvelle generation est capable de faire ce changement.




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  • radjef said
    10 octobre 2009 at 10 h 44 min - Reply

    Bonjour tout le monde. Je n’ai pas fait le proces de l’opposition, mais les faits sont tetus… Je n’ai pas envie de polemiquer ni être la cause de ce qui pourrait polluer ce site…cependant j’ai une faveur à demander à mes amis administrateurs du site Mr Benchenouf et Mr Sidhoum: la vie privée des intervenants et des animateurs doit être scrupuleusement preservée.




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  • said
    10 octobre 2009 at 22 h 30 min - Reply

    Le peu d’engouement qu’a suscité ce sujet parmi les habituels de ce site donne un aperçu sur l’engagement politique des uns et des autres.
    A croire que ce site ne constitue qu’une vitrine ou viennent s’exposer les éruditions des uns et des autres, les « m-as-tu-vu » et ceux qui sont forts dans tous les domaines : la laicité, l’islam, les langues, la révolution etc ….
    Comment parler de changement lorsque chacun reste dans son petit coin douillé devant son PC à donner des leçons de démocratie ?
    Au lieu de chercher l’entente par des compromis, on se complait dans « l’opposition de l’opposition » .
    Au lieu de chercher le dialogue à l’interieur des partis, on cherche la confrontation.
    Notre opposition est malade de son elite ! chacun se prend pour le nombril du monde.
    Verrons-nous un jour un duo : OBAMA – CLINTON ? ROYAL-AUBRY ?
    Malgré leurs divergences ils n’ont pas oublié que leurs adversaires politiques se trouvent dans l’autre camp.
    Il y’a suffisamment de partis politiques sur le terrain pour que chacun puisse trouver un espace politique ou militer.
    J’aurais souhaiter que les debats sur ce site, soient d’abord entre « militants identifiés » au moins par leur appartenance politique, bien sur , sans exclure les autres.
    Que tous ceux qui ont quitté leur parti pour divergence politique ou autre viennent nous dire à quoi ils servent comme « electron libre » dans le changement attendu.

    Si Zerhouni ouvrira le guichet des agrements, nous allons avoir 30 millions de partis politiques.
    Je suis tenté de donner raison à FELLAG qui a dit que : chaque algerien est un parti UNIQUE.

    Je m’excuse d’avoir été un peu corrosif, c’est pour susciter un debat sur la question.
    cordialement




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  • Brahim YOUNESSI
    11 octobre 2009 at 21 h 29 min - Reply

    Bonjour,

    Cher Radjef, nous avons déjà évoqué sur ce même site cette question de l’opposition. Ce sujet est, pour moi, fondamental. J’ai connu tellement de militants de l’opposition qui ont fini par abdiquer durant ces 40 dernières années à cause essentiellement de l’absence de démocratie dans les partis qui s’en revendiquent et des leaders qui en ont fait des espaces privés. Bien que l’ami Ramdane Redjala a consacré un travail universitaire à l’opposition à laquelle il appartenait depuis le début des années 60, au FFS puis au PRS, celle-ci reste à écrire. Il y a tant à dire. Mais il faut dire que beaucoup hésite à parler parce qu’ils sont immédiatement accusés de faire de le jeu du pouvoir et de faire de « l’opposition à l’opposition » sans viser Saïd. J’ai moi-même, il y a presque un an écrit sur ce même site un billet sur cette opposition avant la dernière « élection » présidentielle. Je me permets de le joindre. Le voici :

    Sans opposition, Bouteflika triomphe

    Parlons franchement et clairement. Telle qu’elle est, « l’opposition » algérienne n’est pas en mesure de susciter le changement, de le provoquer. Elle est dans une situation encore plus déplorable que le pouvoir. Le rapport de force est toujours, hélas, en faveur du système. Quand celui-ci utilise simultanément la coercition et la corruption, « l’opposition » fait de l’incantation et de l’agitation.
    Soyons sérieux ! Ce n’est pas avec des communiqués, des déclarations enflammées, des « articles » insensés ou des initiatives stupides voire dangereuses via l’Internet que le pouvoir tombera ou le système changera. L’infantilisme, il y a indéniablement un manque patent de maturité politique, caractérise cette « opposition » qui n’a pas d’idées, pas de projet, pas de stratégie, pas de leader incontesté. Comment peut-elle, dès lors, organiser le changement et l’incarner sans se transformer elle-même, sans se débarrasser de ses archaïsmes et de ses pesanteurs, sans prendre des décisions difficiles et douloureuses ?
    Alors qu’elle est en situation d’échec depuis son apparition au début des années 60, cette « opposition » continue d’être dirigée par les mêmes personnes, elle entretient toujours le mythe de l’homme providentiel à qui appartient tout le pouvoir, c’est lui qui nomme l’ensemble des membres de la direction du parti, toute contestation, la plus anodine qui soit, est punie d’excommunication, d’exclusion, elle continue également d’être tout aussi autocratique que le régime qu’elle prétend combattre, sauf que l’autocratie de « l’opposition » est déguisée, inavouée, de rabâcher le même discours éculé, sans consistance politique, éloigné des préoccupations quotidiennes de la population. Devant un tel constat, les meilleures volontés ont été découragées et les militants les plus solides ont fui sans regarder derrière eux. De guerre lasse, beaucoup ont fini par rejoindre le régime.
    Hétérogène, divisée, inorganisée, « l’opposition » est réduite, alors qu’elle dispose d’une large base sociale et d’une surface politique à conquérir, à un état groupusculaire. Tout ou presque tout sépare les « partis » qui se réclament de « l’opposition », ils divergent sur les moyens à utiliser, la stratégie à adopter, le programme à mettre en œuvre.
    Leur seul point de convergence semble être la dénonciation du régime, mais chacun apporte des nuances à celle-ci. Quand les uns pensent qu’un simple changement d’hommes à la tête de l’Etat entraînerait, mutatis mutandis, la fin du système, les autres estiment que seule la lutte armée en viendrait à bout.
    L’expérience a montré que les deux options ont échoué : l’assassinat de Mohamed Boudiaf, un vieil opposant, dirigeant du PRS qu’il avait créé en 1963, appelé par les généraux à présider aux destinées de l’Algérie en pleine décomposition à la suite de l’annulation, le 11 janvier 1992, des élections législatives largement remportées par le FIS, met un terme au rêve de ses partisans de la destruction en douceur du régime, l’insurrection armée, à deux reprises, en 1964 en Kabylie sous la conduite de Hocine Aït Ahmed et de Mohand Oul Hadj et au milieu des années 90 avec les groupes armés se réclamant de l’islamisme, a plutôt aidé au sauvetage du pouvoir.
    Désorientée, ne sachant plus quoi faire pour abattre le système qui, en apparence, semble se régénérer comme l’hydre de Lerne, «l’opposition » est devenue atone, passive, éteinte. Moins menaçante, elle se fait oublier au point de croire qu’elle a disparu. En tout cas, elle ne pèse plus grand-chose aussi bien à l’intérieur du pays qu’à l’extérieur où elle n’arrive pas à convaincre les Etats démocratiques de lui apporter le soutien dont elle a pourtant fortement besoin pour faire face à un régime qui déploie toute son énergie et beaucoup de moyens pour la rendre inefficace, inaudible et lui enlever ce qui lui restait de crédibilité auprès de la population algérienne et des gouvernements étrangers.
    Après avoir balisé sa route, ternissant l’image de « l’opposition » jugée incapable d’assurer l’alternance et de gouverner, Abdelaziz Bouteflika peut alors procéder à la révision de la constitution pour briguer un troisième mandat.
    Dans toutes les capitales occidentales, cette « solution » est considérée, hélas, comme un moindre mal.
    Le 20 novembre 2008




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  • Congrès du Changement Démocratique