Édition du
25 March 2017

Institution corrompue, République bananière

bananes
Par Ali Djerri
EL Khabar 10 octobre 2009

Les algériens ont espéré beaucoup de bien, en entendant leur président élu de fraîche date, en 1999, mettre le doigt sur la plaie, affirmant que 15 personnes maîtrisaient les revenus du pays et que le temps est venu pour supprimer le mal à la racine. Les jours, les mois et les années sont passés, le peuple regarde une réalité nette et sans équivoque, cette période passée a vu la plus fertile période de l’inoculation du fléau de la corruption et son expansion ; la corruption devient démocratique puisque elle ne se confine plus dans le groupe des 15 personnes. Elle a englobé les divers secteurs, à l’ombre de l’aisance financière que connaît le pays, grâce à la manne pétrolière. L’espoir a, quand même, été entretenu, mais après le discours du président, au cours de la réunion du gouvernement avec les walis, à Club des Pins, les derniers espoirs se sont volatilisés, les rêves, d’hier, sont devenus de véritables cauchemars. Le président est apparu dans la position d’un homme qui regrette ces précédentes déclarations, faites dans de multiples occasions. Il s’en est rendu compte lorsqu’il a demandé à Abou Djerra Soltani de lui donner les preuves de ce qu’il avait avancé, à propos de la liste qui aurait été en sa position et qui comportait les noms de politiques et de hauts gradés dans l’armée, ayant versé dans la corruption. Le président a finalement dit que la lutte contre les fléaux et la corruption est une question qui concerne la société et ne peut être l’apanage du pouvoir ou de gouvernement. Ce fléau se combat avec des armes que sont les preuves et les justifications, dit-il. Ce phénomène a continué à se développer, en l’absence d’une volonté politique affirmée et des moyens appropriés, en institutions compétentes et en mécanismes de prévention. Le cour des comptes a été gelée,en 1999, l’année qui a vu l’arrivée de Abdelaziz Bouteflika au pouvoir ; ce conseil était sur la liste des institutions qui n’ont pas la côte, chez luin du moment qu’il se considère parmi « ses victimes ». L’Observatoire qui a été crée par l’ancien président de la République , Liamine Zeroual, a, lui aussi, été supprimé avec la promesse qu’il sera remplacé par un autre observatoire, dans le respect des engagements internationaux de l’Algérie, en la matière. A ce jour, rien n’apparaît à l’horizon. Entre temps, le fléau s’amplifie et s’élargit, chaque jour que Dieu fait, et le citoyen crédule constate que tout est miné y compris les institutions censées combattre ce mal et le prévenir. Ce mal a pris des ampleurs telles, qu’il menace la sécurité et la stabilité du pays et il ne reste plus qu’un un état d’urgence pour y pallier.

L’Algérie est, aujourd’hui, dans une étape très dangereuse avec cette politique de paupérisation, de marginalisation, de vol à grande échelle que pratiquent des barons qui manipulent les institutions de l’Etat comme le reconnaît, aujourd’hui, le Premier Ministre Ahmed Ouyahia, qui précise que c’est la mafia financière qui gère les arcanes du pouvoir. Cette mafia n’a cure des rapports des organisations nationales et internationales, ni même de la justice. Transparency International a classé l’Algérie dans la position 92 sur 182 pays et la banque mondiale l’a mise dans la position 112, pour le climat des affaires, après une enquête auprès des investisseurs et des opérateurs étrangers qui témoignent de l’envoi, dans des banques étrangères, d’un taux de 6% comme commission et/ou corruption. C’est, d’ailleurs, ce qui a amené certains à proposer de légaliser ces pratiques.

Le président Bouteflika a invité la presse à participer à cette lutte, pour en finir avec l’expansion de ce fléau et c’est ce que tente certains journauxde faire, malgré la difficulté d’accès à l’information mais cela ne suffit pas. La vraie solution se trouve dans une révolution institutionnelle contre ce cancer, à partir de la réactivation des institutions constitutionnelles et l’ouverture des espaces à la société réelle du pays, pas uniquement « aux mais propres » qui s’avèrent, in fine, pas si propre que ça.


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3 Commentaires sur cet article

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  • jnsplu
    10 octobre 2009 at 16 h 57 min - Reply

    Citation:« Ce fléau se combat avec des armes que sont les preuves et les justifications, dit-il.  »

    Effectivement, sinon ce serait la chasse aux sorcières, les règlements de comptes et les accusations sans fondement, la diffamation à outrance.

    D’un autre coté, sans sources d’information anonymes, les services de sécurité ne peuvent pas faire de recoupements et relever les fautes pénales pour les soumettre à la justice. Or une circulaire du premier ministère des années 90 interdit…les lettres anonymes…Et si quelqu’un s’amuse à déclarer son identité, c’est à lui plutot que des comptes seront demandés.

    Dans tous les pays du monde, les services de police judiciaire ont la faculté de ne pas impliquer leurs sources et leur évitent à leur demande toute présentation devant la justice si elles le souhaitent, ce seront les enquéteurs qui confirmeront les dires du témoin par leur travail d’enquete et d’investigation et de rassemblement de preuves et d’indices. Chez nous le fait de ne pas se présenter en justice pour témoignage est une infraction à la loi.

    Car en effet témoigner en justice en Algérie, pour ceux qui n’ont pas eu à le faire n’est pas de tout repos. De la subornation, aux menaces, aux allers retours interminables en justice, aux intimidations, tout contribue à dissuader l’Algérien de faire montre de civisme et plus l’affaire est grosse plus il y a de risques, meme les terroristes peuvent venir tuer le témoin et le jeter dans un caniveau.

    Alors cessons de nous voiler la face. Pour mettre fin à la corruption, une seule solution : L’enquete de patrimoine, l’évaluation du train de vie, dès que des raisons suffisantes le justifient.

    Il y a des hommes qui ont occupé de hauts postes pendant plus de trente ans et qui n’ont que le strict minimum et d’autres qui ont été recrutés aux bas échelons de la hiérarchie et qui possèdent des fortunes collossales après quelques mois ou quelques années de travail. Et ce n’est pas faute de savoir gérer. Comment cela ne justifie t il pas d’enquete, ne serait ce que fiscale ?

    Notre peuple sait tout. Il sait ce que ne savent pas nos politicards, qu’il n’est pas dupe de leurs combines et de leurs magouilles invraisemblables.

    Dans tous les pays du monde la politique c’est de la magouille, nul pays n’y échappe, les méandres de la politique constituent un filtre dans lequel ne passe que celui qui sait louvoyer, atermoyer, pour dire la chose et son contraire et agir selon son interet, pour arriver aux strates politiques supérieures, il faut avoir établi le paradoxe d’une absence totale de morale et d’une crédibilité à toute épreuve. C’est le cas partout dans le monde.

    Ce qui n’est pas le cas partout dans le monde et qui ne se passe que chez nous, c’est que l’interet du pays, ailleurs est au dessus des interets partisans et que le parti met également l’interet du pays au dessus des interets de ses membres.

    Encore que chez nous il y a des partis hors des partis et des membres « volants (sic) » qui sont un jour dans ce parti et un autre dans l’autre.




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  • Si Tchad
    13 octobre 2009 at 13 h 35 min - Reply

    Bouteflika va charger une commission pour faire des propositions sur la lutte contre la corruption.
    Quelques noms devraient legitiment figurer dans cette commission de « connaisseurs »:

    Larbi Belkheir alias « khallahali baba »
    Toufik alias « Sukhoi service aprés vente »
    Abdelghani Boutef alias « Khaliha bank »
    Said Boutef alias « Said Orascom »
    Amar Tou alias « Tou-est-à-moi »
    Said Barakat alias « barakat mais ki nechba3″
    Amar Saidani alias  » la cité des 3000…milliards »

    Bon courage dans votre « travail » les gars….

    Si Tchad




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  • thirga
    14 octobre 2009 at 23 h 48 min - Reply

    Avec un parlement de Béni Ouioui qui ne sait que lever les mains jusqu’à violer une Constitution, la corruption, les vols, les crimes sont des dégats collateraux.




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  • Congrès du Changement Démocratique