Édition du
25 March 2017

Le discours idéologique de l’intellectuel organique

addi
A propos de « Problématique Algérie » de M.C. Mesbah
Lahouari Addi, Le Quotidien d’Oran, 5 octobre 2009

Mohamed Chafik Mesbah a enfin publié son livre, depuis longtemps annoncé, portant le titre « Problématique Algérie ». L’auteur est connu du public pour intervenir dans la presse nationale et développer des opinions présentées comme résultats de recherche, se proclamant lui-même « intellectuel organique ». Il fonde sa légitimité sur une double casquette, celle d’un officier supérieur du DRS à la retraite, connaissant par conséquent le « système » de l’intérieur, et d’un universitaire rompu aux sciences sociales pour avoir étudié à l’Université d’Alger et à l’Université Paris I Sorbonne. Pour cette double raison, le lecteur est tenté de lire cet ouvrage de 542 pages pour comprendre enfin les arcanes du « système » dont l’opacité n’est pas la seule caractéristique. Le livre n’est cependant pas écrit comme un essai autour d’une hypothèse. Il n’est pas non plus une œuvre universitaire obéissant aux canons académiques, construite par les concepts analytiques de sciences sociales. La table des matières indique qu’il est composé de différents textes, écrits à des périodes différentes et surtout pour des publics différents. Cette collection de textes est introduite par un avant-propos d’une soixantaine de pages où le lecteur apprend plus sur l’attachement affectif de l’auteur à l’Algérie que sur l’Algérie. Viennent ensuite quatre études, écrites quand M. C. Mesbah était en fonction, et puis des articles et entretiens fleuves parus dans la presse nationale. Les cent dernières pages sont consacrées à des correspondances portant sur « la critique de la francophonie », la liberté d’expression suite à un article paru dans El Watan et que l’auteur avait trouvé diffamatoire à son égard. D’autres lettres y sont jointes, notamment celle adressée à Isaad Bouokba au sujet de Abbane Ramdane, une autre à Abdellatif Benachenhou, ministre de finances, une autre encore à Alassane Outtara, ancien Premier ministre de Côte d’Ivoire, une communication à un colloque sur le colonel Lotfi. Un épilogue de 70 pages, sous forme d’entretien (!) ferme le livre.
Que dit M.C. Mesbah en 542 pages ? Que retire le lecteur de cet ouvrage inutilement long ? Rien sur l’Algérie et sur son Etat, mais beaucoup sur l’auteur, déchiré entre sa fidélité au « système » et ses conseils pour l’améliorer. Non seulement cette contribution n’apporte aucune information aux chercheurs de science politique sur le fonctionnement du DRS et son articulation à l’Etat, mais tout le discours consiste à brouiller l’analyse et à présenter l’armée, et son avant-garde le DRS, comme une institution neutre dans le jeu politique. Celui-ci serait dominé par trois courants : les nationalistes (FLN et RND), les islamistes (MSP et Islah) et les démocrates (principalement le FFS). Les nationalistes, selon M.C. Mesbah, sont les héritiers directs du 1er Novembre 1954. (Autrement dit, M. Saïdani, qui a détourné 3000 milliards de dinars selon El Khabar, serait l’héritier direct de Larbi Ben M’hidi ! Les décideurs impliqués dans l’affaire Khalifa seraient les héritiers de Hamou Boutlélis !) Les islamistes expriment la profondeur culturelle de la société algérienne mais ils auraient succombé à la « pathologie de la violence » ! Quant aux démocrates, ils sont minoritaires et leur discours est importé de France ! Le dessein de M. C. Mesbah est clair : montrer que l’armée n’exerce pas le pouvoir et elle ne fait qu’entériner le rapport de force construit par les nationalistes, principalement les militants du FLN et du RND. Voyons tout cela avec plus de détail.

Un discours affectif et contradictoire
Le livre s’ouvre par un avant-propos à contenu biographique où se dessine la rencontre du jeune M. C. Mesbah, pétri d’idéologie nationaliste, avec l’armée. « Dans mon esprit, écrit-il, mon engagement au sein de l’ANP, allait me permettre de participer de manière plus concrète à l’édification de l’Etat national que nous évoquions à l’université avec la possibilité, cette fois, de peser de l’intérieur même du processus de décision » (p. 44). Un rêve auquel croyaient de nombreux jeunes et qui, pour Mesbah, se terminera par une démission et une blessure profonde suite à la phrase prononcée par un responsable militaire : « Mais qu’a fait donc pour l’Algérie le colonel Mesbah pour qu’il postule à cette formation [à Washington] ? » (p. 21). M. C. Mesbah s’était marié jeune avec l’armée et en a divorcé par chagrin 25 après parce qu’elle lui a refusé une faveur. Il continue cependant à lui trouver des traits fascinants, malgré des reproches bénins.
L’auteur se dévoile comme une âme déchirée entre une vision idéalisée de l’armée, dont il aurait voulu renforcer le potentiel intellectuel, et la réalité faite de déceptions. « Autant [mon responsable hiérarchique] pouvait accepter que je sois intellectuel hors chaîne hiérarchique, autant il refusait que je m’en prévale dans mes rapports à cette même chaîne » (p. 57). Le dépit le dispute au fantasme, tant l’auteur n’arrive pas à se détacher affectivement de son objet de réflexion, l’armée ; d’où les déchirements et les contradictions où il défend une position et son contraire. Il a par exemple du respect pour Abdelhamid Mehri – qui a accepté de préfacer le livre – pour sa perspicacité et son sens de l’histoire, mais il n’est pas d’accord avec ses choix politiques après janvier 1992, et particulièrement sa participation au contrat de Rome. Il considère que le FFS est un parti d’opposition qui réunit des cadres de valeur et qui milite pour une Algérie moderne, mais il ne partage pas la stratégie de sa direction.
Le discours de M. C. Mesbah est ainsi contradictoire avec cependant un attachement affectif au système qui, pour lui, n’a pas encore produit tous ses effets bénéfiques pour le pays. C’est pourquoi il sera difficile de débattre avec lui. Il soutient inconditionnellement le régime et se sent en même temps proche, sous conditions, de l’opposition. En somme, il aurait souhaité que le FFS et les personnalités nationales crédibles comme Mehri, Ali Yahya Abdennour… soutiennent le régime tout en restant eux-mêmes ! En langage populaire, on dit : « haji oua fek ». « Je plaide, naturellement, pour une mission qui consiste, pour les services de renseignement, à protéger la société et non la contrôler… » (p. 61). Le choix des mots n’est pas innocent et révèle plus sur l’intention de l’auteur. Protéger la société (contre elle-même, contre les idées importées ?…) justifie que l’armée exerce une tutelle sur le champ politique. Il ne s’agit pas de contrôler, il s’agit seulement de protéger. Le problème est de savoir qui protègera le DRS contre la tentation, somme toute humaine, de l’abus de pouvoir ? En Occident, la solution a été trouvée : l’alternance électorale, l’indépendance de la justice et la liberté d’expression. Mais pour M. C. Mesbah ces valeurs ne font pas partie du consensus minimal autour du projet nationaliste porté par l’armée.
Tout au long du livre, l’auteur confond analyse des faits et point de vue personnel. Il n’y a aucune mise en perspective théorique pour construire l’objet comme le font les chercheurs en sciences sociales. M. C. Mesbah parle indéfiniment avec le langage du sens commun qu’il confond avec celui de l’analyse. Le lecteur s’attend à ce que lesdites quatre études (« les scénarios d’évolution de la crise politique en Algérie », « le point de vue américain sur l’état de la crise algérienne », la position française vis-à-vis de la crise algérienne et enfin « « la réflexion préliminaire à propos des incidences des programmes d’ajustement structurel sur le niveau des dépenses militaires ») soient menées avec la rigueur théorique que le mot étude annonce. De la théorie, il n’y a en a point, mais de l’opinion personnelle, il y en a à profusion.

Analyse de chercheur ou point de vue d’acteur ?
La première étude a été écrite à une période où l’auteur avait une fonction à la présidence auprès de Liamine Zéroual qui cherchait une sortie de crise tout en ménageant ses collègues de la hiérarchie militaire. L. Zéroual était convaincu que l’époque où l’armée joue un rôle souverain est révolu et qu’il est temps de passer la main à des civils d’une autre génération. Le texte écrit par M. C. Mesbah essaye de rationaliser cette perspective, tout en donnant des gages aux militaires à qui il est reproché cependant de ne pas « proposer le projet national qui servirait de pôle de rassemblement patriotique » (p.89). Déchiré entre deux positions inconciliables, M. C. Mesbah souhaite le retrait de l’armée du champ politique tout en justifiant la main mise sur l’Etat par la hiérarchie militaire. « Les exemples pourtant foisonnent de par le monde, à commencer par celui des Etats-Unis et des pays européens de vieille civilisation où, en période de crise majeure, les armées nationales ont toujours fait irruption sur la scène politique » (p. 89). Ce que ne dit pas l’auteur, c’est que l’armée n’a pas seulement fait irruption sur la scène politique ; elle ne l’a jamais quittée depuis l’indépendance, ou plutôt depuis l’assassinat de Abane Ramdane en 1957. Pour M. C. Mesbah, l’armée n’est sortie de sa réserve qu’en janvier 1992, ne se rendant pas compte de l’incohérence de son point de vue : « … contrairement aux idées reçues, l’armée n’avait été associée à la gestion politique ni par le président Boumédiène ni par le président Chadli » (p. 89), oubliant que ces deux colonels n’étaient pas des chefs de parti mais des militaires qui se sont appuyés sur l’armée pour accéder au pouvoir et pour l’exercer. C’est l’armée qui a désigné à la fonction suprême Chadli Benjedid, Mohamed Boudiaf, Liamine Zéroual et Abdelaziz Bouteflika. M. C. Mesbah passe sous silence cette particularité que le président algérien, après Boumédiène, n’a aucun pouvoir : du temps de Chadli, c’était le général Larbi Belkheir qui dirigeait la présidence ; Boudiaf a été assassiné ; Liamine Zéroual a démissionné parce qu’il a été empêché dans l’exercice de ses fonctions, et enfin Bouteflika bat le record de longétivité à cette fonction parce qu’il a renoncé à toute autorité de président. La dernière empoigne entre le chef de la police nationale, Ali Tounsi, et le ministre de l’intérieur montre à l’évidence que la police ne dépend pas du gouvernement ni du président. Il y a toute une propagande qui veut faire croire que Bouteflika a du pouvoir pour lui faire endosser la responsabilité de la paralysie de l’administration gouvernementale. Et pourtant, c’est un fait que Bouteflika n’a pas pris une seule décision en dix ans. Avec lui, l’histoire politique du pays s’est arrêtée à 1999. Depuis le début de son mandat, il essaye désespérément de placer ses hommes à la tête des services de sécurité de l’armée sans y arriver.
Tout cela, M. C. Mesbah ne le voit pas, ou au contraire, essaye de le cacher dans de la phraséologie de type : « Il n’y a pas de doute cependant que les forces armées gagneraient à reprendre l’initiative plutôt que de subir le cours des choses, en proposant le projet national consensuel le mieux adapté aux intérêts nationaux et de le négocier avec les partenaires politiques et sociaux » ( p. 90). Le mot consensus revient souvent tout au long de l’ouvrage, et il est à se demander s’il peut y avoir un consensus sur l’impunité de dirigeants impliqués dans les atteintes à l’économie nationale (affaire Khalifa, par exemple, et ce n’est pas la seule) ou sur la répression des syndicalistes ou sur le trucage des élections. En 542 pages, dans un ouvrage portant sur l’Algérie, M. C. Mesbah n’évoque aucun des problèmes auxquels est confrontée la société dans ses rapports à l’Etat : mauvaise gestion du pays, économie inefficiente, bureaucratie, corruption, hogra, crise du logement, émeutes récurrentes, harga des jeunes désespérés… M. C. Mesbah est loin de cette Algérie qui souffre et qu’il noie dans la langue de bois des années 1970. Sa pensée est dominée par une vision enchantée qu’il cherche à traduire dans un langage universitaire où les mots concepts et méthodologie sont abondamment utilisés alors que ce dont il parle n’est pas conceptualisé et encore moins soumis à une méthodologie constatable. Par exemple page 92-93, il évoque des possibilités de la sortie de crise en envisageant trois scénarios : 1. L’armée prend directement le pouvoir et gère l’Etat ; 2. Un consensus minimal consistant à rassembler autour du « pouvoir » une large partie du courant démocratique ; 3. Une alternative de consensus maximal qui intègrerait l’ex-fis dans la gestion de l’Etat. Deux remarques méthodologiques s’imposent à cette vue de l’esprit. Premièrement, M. C. Mesbah pose le caractère souverain de l’armée comme un postulat et qu’il appartient à la société de s’y adapter. Ce n’est pas au pouvoir de s’ajuster à la société ; c’est à la société de le faire. Cette posture indique que, chez l’auteur, le pouvoir n’est pas pensé comme une réalité sociologique ou anthropologique à analyser avec les outils conceptuels de la sociologie politique. C’est plutôt un attribut naturel de l’armée ayant le monopole du nationalisme. L’armée serait cet îlot de nationalistes entouré de civils prêts à trahir la patrie, oubliant que cette armée a été créée par des civils (Boudiaf, Aït Ahmed, Ben Bella…) qui la concevaient comme un instrument pour atteindre un objectif politique. Il oublie que l’ALN a été une armée révolutionnaire qui voulait détruire l’ordre colonial et que l’ANP est une armée classique dont la mission est de maintenir l’ordre dans une régime qui ne veut pas changer.
Contrairement à toute attente, M. C. Mesbah ne recourt pas à l’histoire du mouvement national ; à l’exception de quelques passages lyriques sur certaines figures du FLN historique (A. Bouda, A. Ramdane, Colonel Lotfi…), son discours n’a aucune profondeur historique, en dehors de quelques évocations passagères. Il n’y a nulle part une réflexion sur les fondements culturels et sociologiques du nationalisme algérien, ni une tentative d’explication de la crise en référence au passé. C’est ainsi qu’il conclut que « le terrorisme est désormais une donnée durable qu’il faudra gérer dans le temps » (p. 99). Pour lui, il n’y a pas de lien de causalité entre le « terrorisme islamiste » et l’échec des politiques économiques et sociales du régime. Le terrorisme est, comme le pouvoir, une donnée structurelle ; mais à la différence du pouvoir, il est une déformation « pathologique » de la société algérienne. Il n’y a aucune réflexion sur le lien entre nationalisme et islam, ni sur les évolutions possibles de l’islam des oulémas vers l’islamisme. L’auteur clôt cette question en recourant à un argument organiciste qu’un étudiant de sociologie de première année rejetterait : « la violence islamiste est une pathologie ». C’est-à-dire que le corps social algérien est malade. Il relèverait de la médecine et non de la sociologie. Le reste des pages de l’étude est consacrée à des scénarios irréalistes de gouvernement d’union nationale où sont pêle-mêle évoqués les noms de Taleb-Ibrahimi, Bouteflika, Aït-Ahmed, Hachani, Saïd Sadi…

Le débat universitaire dévoyé
L’autre étude porte sur « le point de vue américain sur l’état de la crise algérienne et ses perspectives de dénouement ». Le lecteur s’attend à des informations et analyses documentées sur la perception américaine de l’Algérie. Rien de tel. Tout le texte est constitué par ce que pense M. C. Mesbah être les positions des universitaires américains sur l’Algérie. « La présente note, écrit l’auteur, constitue une synthèse condensée d’informations relatives aux analyses américaines sur la crise algérienne… » (p. 139). Trois types de milieux ont été consultés : le monde de la décision (Département d’Etat, Pentagone…), les centres d’analyse dits think tanks (Brooklyn Institute et Rand Corporation) et enfin les universités de Harvard, Princeton, Chicago et Austin. « Le voyage d’études effectué aux USA répondait à la préoccupation de connaître l’approche américaine en ce qui concerne l’islamisme d’une part et les réformes économiques d’autre part » (p. 140). Le contenu de cette dite étude est tout simplement ahurissant, et le mot n’est pas fort. M. C. Mesbah expose que, dans le monde universitaire américain, il y a deux courants d’analyse. « L’un, comprenant W. Zartman, une équipe de l’université de Princeton et un groupe de chercheurs établis à Austin, Texas, … prévoient à terme une implosion de l’Algérie sous le poids de ses propres contradictions et les rigueurs de la mondialisation » (p. 144-145). A l’exception de celui de Zartman – qui est professeur à Johns Hopkins University et non à Princeton – aucun nom n’est cité. Aucun titre d’article, aucun ouvrage n’est donné en référence pour permettre au lecteur de se reporter à ce qui est écrit.
Le deuxième courant d’analyse « développe des thèses nuancées, plus proches de la réalité et où la dimension historique est privilégiée ainsi que l’information de base nettement plus fiable » (p. 147). Là encore aucune référence, aucun renvoi à un article ou livre, conférence, colloque… M. C. Mesbah inclut la Rand Corporation dans ce courant, mais il lui a échappé que ce think tank a publié une étude en 1993 menée par Graham Fuller qui prédisait que l’Algérie sera le futur Etat islamiste. M. C. Mesbah n’en a jamais entendu parler alors que c’était le livre que discutaient les universitaires américains intéressés à l’Algérie, qu’ils aient été pour ou contre l’annulation des élections de décembre 1991. Suivent aussi des affirmations prêtées aux Américains, sans référence évidemment : « Il faut préciser, pour les Américains, la classe politique algérienne est en gestation. Si, en tant que telle, elle prenait l’Algérie en otage (sic), les risques d’explosion seraient énormes » (p. 158). Ou encore : « Les chercheurs américains considèrent que la société algérienne est une société non pas orientale mais occidentale… » (p. 159).
Mais le summum est atteint quand M. C. Mesbah, qui se considère comme un universitaire, écrit : « Quelqu’un aux USA a dit : ‘au lieu de faire des pommes de terre, vous faites des enfants ; vous avez ainsi créé un peuple en l’espace de quelques années’ » (p. 161). Qui est ce quelqu’un, le lecteur ne le saura pas. Le débat universitaire est ramené à « quelqu’un a dit qu’il y a un universitaire américain qui a dit… ». Et le lecteur ne saura pas aussi si certaines des affirmations sont de l’auteur ou des Américains. « L’élection présidentielle (novembre 1995) a constitué un référendum qui a opposé islamisme et armée, et la population a voté beaucoup plus pour l’armée que pour un candidat » (p. 165). Ou encore : « Les élections du 16 novembre 1995 ont montré, pourtant, que l’arrêt [des élections de décembre 1991] a fini par obtenir l’adhésion d’une large majorité d’Algériens qui ont voté, pour l’essentiel, en faveur de l’option défendue par l’institution militaire » (p. 149). L’analyse universitaire a ses règles, ses méthodes et ses exigences qui lui assurent une rigueur pour permettre le débat scientifique et l’accumulation des connaissances. Le discours de M. C. Mesbah est très loin des exigences minimales académiques.

La France : une obsession néo-coloniale
L’autre étude est consacrée à « la position française vis-à-vis de la crise algérienne : évolution et stabilisation ». Elle souligne que la France officielle était partagée sur la question de l’annulation des élections en janvier 1992. Répétant des généralités et des spéculations sans fondement, l’auteur n’apporte rien de concret et ne se fonde sur aucun document ni interview de personnalités. Des affirmations gratuites sont avancées du type : « L’opinion publique française a été surprise, en effet, que le président Chirac ait eu un comportement puéril face à la gestion de la question algérienne, enjeu important s’il en fut, pour la place de la France dans le monde. Il en a résulté une perte de confiance certaine vis-à-vis de la compétence et de la capacité diplomatiques du Chef de l’Etat français dont l’image publique a été perturbée » (p. 185). Ahurissant ! En somme, la place de la France dans le monde dépendrait de ses rapports avec l’Algérie.
Mais plus grave encore, l’auteur développe l’idée que l’influence de la France sur le champ politique s’exerce « au niveau des partis et associations de la mouvance démocratique, dont la formation et l’inspiration plutôt francophones, les rendent plus enclins à défendre des idées ou des thèmes, en apparence, porteurs de plus de démocratie – dissolution et réorganisation des services de sécurité, abrogation du code de la famille, parité amazighité-arabité … – mais qui en pratique sont les plus susceptibles de déstabiliser le courant nationaliste et son projet national de distanciation par rapport à la France… » (p. 197). Cela veut dire explicitement que, pour l’auteur, la revendication de la démocratie, de l’Etat de droit et de la modernisation des institutions fait partie d’un plan ourdi par la France « qui pourrait être tentée de susciter dans le champ politique national des mots d’ordre exigeant la restructuration immédiate des services de sécurité au motif de les adapter à la phase démocratique que vit le pays dans le but, plus plausible, de les paralyser » (p. 198). Pour l’auteur, revendiquer le retrait du DRS du champ politique reviendrait à servir les intérêts de la France ! Ce discours idéologique, gros comme le Djurdjura, les Aurès et le Dahra réunis, consiste à justifier l’immobilisme d’un régime sans perspectives, tout en cherchant à discréditer toute tentative de changement, qu’elle provienne de l’intérieur du système ou de la société. Mais en bon dialecticien, M. C. Mesbah trouve néanmoins « ridicule de songer à geler, au motif de la volonté d’intrusion française au niveau des institutions de l’Etat, le processus de modernisation de nos forces armées et de nos forces de sécurité » (p. 208). Il ajoute que cela « conforterait la thèse française qui énonce que le pouvoir en Algérie est l’émanation d’une nomenklatura militaire réfractaire au changement » (p. 208-209). En somme, pour l’auteur, moderniser les institutions, c’est faire le jeu de la France qui voudrait affaiblir le pays ; ne pas les moderniser, c’est aussi faire le jeu de la France. Le problème kafkaïen pour M. C. Mesbah, et pour les décideurs dont il est probablement représentatif, c’est comment rester immobiles ou avancer sans faire le jeu de la France. A quand la décolonisation des esprits ?
En conclusion, la lecture de cet ouvrage m’a convaincu que M. C. Mesbah aime l’Algérie, et une de ses composantes l’armée, mais il ne sait pas qu’il y a des façons d’aimer qui bloquent l’analyse scientifique et, plus grave encore, l’avenir des générations futures.

Lahouari Addi


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27 Commentaires sur cet article

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  • tamezgha
    10 octobre 2009 at 22 h 17 min - Reply

    Je jure par dieu trois fois ,si les algeriens ne sortent pas dans la rue et faire tout éxploser il resterons toujour servile.Tout en bas de la rue ont ressent les paroles ,l’idiologie,et les ambiguités de tous ces mecbah qui nous dirige,c’est vrai que le pouvoir façonne le citoyen a son image.Et contrairement a vous monsieur addi ,si vous me le permettez ce pseodo intello-galonné n’aime ni l’algerie ,ni une partie de l’armée,je pense que ou c’est quelqu’un qui aime beaucoup plus sa « douara » et qui manque de courrage de dire les choses tele quelle sont ,d’ailleur ce ne sont meme pas des contres verités ,vouloir nous presenter nos fossoyeurs du drs « une partie qu’il aime » comme le pilers de la nation je crois qu’il n’ya meme pas de débat la dessus ni d’étude sociologique ou autre.




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  • still
    11 octobre 2009 at 0 h 58 min - Reply

    Mr C.Mesbah est un personnage sur de lui.Comment ne pas l’être quand on arbore un prestige a double tranchant: un officier du DRS qui a fait La Sorbonne! Cela ne vous suffit-il pas comme argument des « thèses » qu’il défend?
    Mr C.Mesbah me rappelle vaguement une scène de cinéma ou l’acteur maison Alain Delon jouant le rôle d’un officier de police, prédisait comme s’il les voyait dans la boule de cristal de Madame Soleil ,les actions d’un psychopathe : : » Il va faire ceci..Il va faire cela ‘’.disait-il avec une assurance que le concerne lui-même n’aurait pas.”De même, Mr Mesbah assène ses vérités sans les étayer de preuves ou d’arguments comme dans le temps où-je suppose- il faisait ou faisait faire des aveux et les faisait signer par ses victimes ensanglantées.
    Mr Addi, on ne divorce pas de l’armée quand on y a passe la fleur de sa vie.Vous le constatez sans difficulté chez Mr Mesbah comme chez Mr Benyelles ou tout autre personne – je ne dirai pas personnalité(ils en sont dénues) car celle-ci reviendrait de fait a l’institution elle-même –qui a fait carrière dans l’armée.
    Je comprend que vous ayez la patience de lire de telles élucubrations : la passion de la recherche vous habite et le détachement de professionnel vous prémunit des humeurs du lecteur occasionnel que je suis.Je vous l’avoue, je n’aurai pas eu la patience de venir a bout de l’avant-propos, car je m’en serai senti abuse.




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  • admin
    11 octobre 2009 at 10 h 51 min - Reply

    Toute personne qui commet un écrit, même un journal intime, vise toujours une cible, et même un coeur de cible. Dans le cas d’ouvrages comme celui de Monsieur Mesbah, le public ciblé n’est certainement pas la population algérienne, ni même les plus lettrés d’entre-elle, puisque la triste réalité de la sécurité militaire, et les pratiques, ô combien vénales, de ses membres, et c’est peu dire, sont un secret de polichinelle pour le plus naïf des Algériens.
    Nous sommes donc tentés de croire que le but de cet ouvrage, et le public visé, sont autres. Nous inclinons donc, tout aussi naturellement à croire qu’il répond à une intention, voire une offre de serv ice, pour tromper des opinions extraalgériennes, et à brouiller les lectures qui s’imposent depuis quelque temps sur la vraie nature du régime, de ses barons, et de ses affidés.
    Cela a été le cas, par exemple, pour les livres et les déclarations du général Nezzar, qui se voulaient un eclairage « courageux » sur les tragiques évènements qui ont endeuillé le pays durant les années de sang. Mais dans ce cas precis, l’auteur est resté logique, et relativement honnête, puisqu’il campe sur une position d’antagoniste, de partie prenante dans un conflit pour sa propre survie et celle de ses acolytes, même si sa présentation de la situation a été édulcorée pour la présenter comme une lutte des forces démocratiques contre celles de l’obscurantisme.
    Les bibliotheques sont pleines de ces ouvrages désinformation, et d’altération du fait historique, commis par les propres auteurs, et des propres responsables des évènements qui y sont relatés et analysés.
    Dans le cas du pavé de Monsieur Mesbah, qui semble être obnubilé par ce statut d’intellectuel qu’il veut s’arroger absolûment, l’exercice devient plus périlleux. Il en devient même cocasse, si tant est que la tragédie qui sous tend ses « travaux » peut prêter à en rire.
    D’abord parce que Monsieur Mesbah, qui déploie des efforts remarqués pour éclipser le soleil avec un tamis, n’a joué aucun rôle notable dans les terribles évènements qui ont ensanglanté le pays, serait-ce celui de second couteau. Malgré son grade de colonel, hormis de vagues missions d’infiltrer des intellectuels algériens en Europe, et de les surveiller, non pour l’intêret du pays, mais pour celui du régime, il n’a jamais pu s’introduire dans le premier cercle. Avec le recul du temps, il aurait dû s’en réjouir, puisque cela lui a évité de se compromettre à jamais dans la carnage des populations, perpétré, ou commandité par cette sécurité militaire qu’il a dans le sang, si on peut dire. Visiblement cela lui est resté au travers de la gorge, et à défaut d’être admis au cénacle des initiés, il tente, désespérement, et au prix d’une grosse corvée, de se faire le rempart « intellectuel » de l’ « Institution », comme aiment à la quelifier ses propres membres. En se voulant l’intellectuel « organique » de la sécurité militaire, devenue DRS, Monsieur Mesbah fait une enième offre de service. La démarche est laborieuse et s’inscrit dans la persévérance, puisqu’il publie régulièrement le même genre de littérature dans la pressse algérienne, Malheureusement pour lui, il en sera pour ses frais, et ses nuits de veille, puisque ceux qu’il tente de servir, en plus de ne pas avoir de capacités à lire ses gros pavés, savent néanmoin que ce qu’il leur offre ne pèse rien sur le terrain, puisque le coeur de cible visé n’est ni conditionnable, ni enclin à avaler des couleuvres.
    Comment expliquer alors que Monsieur Mesbah, qui n’est certainement pas idiot, puisse se fourvoyer ainsi dans une impasse, et s’investir avec autant de zèle dans une entreprise vouée à la faillite?
    Peut être alors est-il de bonne foi! De cette bonne foi qui confine à la schyzophrénie née de la mauvaise conscience, et qui le fait croire à ses propres affabulations. Peut-être croit-il vraiment que la sécurité militaire n’a jamais été l’instrument privilégié du régime pour se maintenir au pouvoir, pour contrôler les populations, et neutraliser, par tous moyens, toute velleité d’opposition.
    Peut-être ignore-t-il, mais comment fait-il, que les barons du régime, ceux-là même qui sont inféodés à cette sécurité militaire, se sont tous distingués par leurs pratiques mafieuses, qu’ils ont pillé les ressources du pays qu’ils affirment servir, qu’ils ont orchestré un conflit qui a failli faire exploser le pays, juste pour rester au pouvoir.
    Accordons lui le bénéfice du doute! Avec d’autant plus de bonne grâce que nous savons que son dernier ouvrage n’encombrera pas longtemps les étals des libraires, ni les rayons des bibliothèques, non pas parce qu’il sera épuisé, mais parce qu’il sera ignoré.
    L’histoire de la SM reste à écrire.
    DB




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  • A.By
    11 octobre 2009 at 11 h 49 min - Reply

    Salutations à tous,

    Les militaires du DRS ou de l’ANP tout court qui ont un cursus universitaire à l’étranger ou en Algérie pullulent au sein du MDN. Ils sont « démocrates » dans la réflexion de leurs pensées privées et personnelles, mais nullement dans l’exercice collectif constitutionnel de leurs corps employeur par rapport à la réalité politique algérienne. Ils voudraient couper l’arbre malade qui les nourrit et les inspire, mais sans toucher aux racines. À quoi bon entre nous, sachant qu’il va repousser bien plus tordu qu’il ne l’était, et nos chers militaires intellectuels le savent très bien d’une manière castrée et impuissante comme cette opposition « civile » politique laquelle on a souvent l’impression qu’elle aussi est « habillée » en couleur vert ou kaki de l‘employeur qui gère toute l‘Algérie. S’ils seraient (nos militaires) aussi prolixes et loquaces comme nous ont laissés apparaitre leurs interventions par des articles dans la presse ou d’éditions d’ouvrages de « circonstances » très en deçà des attentes du public et des chercheurs universitaires comme monsieur Addi , ils doivent hélas bien comprendre une chose inaliénable, ainsi que toute cette opposition politique pilote « caméléon », que l’amour de la patrie est bien beaucoup plus supérieur que la fidélité au corps à qui ils ont appartenu, fut-il « historique » un moment donné, et même en plus à charge devant l’histoire s’ils sont à priori des « retraités ». Malheureusement et banalement avec le temps, c’est le seul et principal nœud gordien algérien.

    Cordialement.
    A.By




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  • Rbaoui
    11 octobre 2009 at 12 h 59 min - Reply

    Montrer que l’armée n’exerce pas le pouvoir et ne fait qu’entériner le rapport de force construit par les nationalistes, principalement les militants du FLN et du RND ce n’est pas digne de postuler a une formation a Washington ou ailleurs .
    De Moscou a Washington en passant par Berlin, Pekin tous les universitaires, hauts foctionnaires, politiciens,etudiants soit le commun des mortels vous dira que l’Algerie est  » gouvernee » par l’armee
    d’ou le concept de demilitariser le systeme politique

    Demilitarizing Algeria
    Hugh Roberts 2007




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  • Said
    11 octobre 2009 at 14 h 25 min - Reply

    Je n’ai pas lu le livre de MCM, mais je trouve la critique de M.ADDI pertinente à plus d’un titre.
    Ca c’est un travail d’intellectuel.
    J’ai eu l’occasion de lire les quelq extraits publiés dans le soir d’algerie. J’ai aussi relevé la propension de l’auteur à mettre en avant son « amour de la patrie » (comme si les autres algeriens sont tous des anti).
    Je me suis permis de lui poser une question par email à propos des dossiers de corruption. Je lui ai demandé pourquoi , en tant « qu’amoureux de l’algerie » et étant dans les hautes sphères de décisions, il n’a jamais rien dénoncer ?
    Je n’ai jamais eu de réponse.




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  • Ammisaid
    11 octobre 2009 at 18 h 26 min - Reply

    Assalam, azul, bonsoir
    Les intellectuels du drs sont tous formatés, sauf, ceux qui l’ont quitté ou qui se taisent de peur d’être exécutes. Et, le résultat de leur formatage est que nous sommes toutes et tous, évidemment, à des degrés atteint par leur idéologie: celui qui n’est pas avec nous, celui qui ne se soumet pas à nos injonctions et à nos suggestions est notre ennemi et donc l’ennemi de l’Algérie. Il doit être neutralisé quelque soit le moyen qu’il faudra utilisé. Le drs s’identifie, totalement et complètement, à l’Algérie. Il se considère comme son âme, son coeur et son corps. Il n’y a que lui, celui qui les touche, touche l’Algérie même si c’est pour son bien. Son esprit est figé à jamais. Ses actes ne respectent aucune loi, quelle soit humaine ou quelle soit divine. Il est le dieu de l’Algérie. Il est omnipotent, puissant et impitoyable contre ses ennemis souvent imaginaires et surtout contre ceux et celles qui contestent ouvertement son hégémonie. La vie ici-bas est son seul soucis. Contrôler les esprits libres est son obsession. S’entourer de gens soumis est son credo. Laisser les ennemis intérieurs et extérieurs dépecer, petit à petit, l’Algérie n’est pas sa priorité. Il n’a aucun intérêt et il n’y a aucun intérêt pour l’Algérie de continuer à laisser les lâches qui nous gouvernent poursuivre leur oeuvre de destruction de notre pays, de ses richesses et de son peuple. Il doit réagir, vite et sereinement, s’il veut, vraiment, sauver l’Algérie. Mais pour cela, il sera obligé, de se reformer, de se remettre en question et de travailler avec tous les Algériens et toutes les Algériennes, qui désirent un vrai changement. Un changement pacifique, juste et qui aura pour mission, uniquement, celui de libérer l’Algérie de tous les charognards qui la déchiquettent en jouissant pour la mettre sur la voie d’une véritable démocratie qui aura pour mission de construire un vrai état où seul les lois feront loi.
    Enfin, je suis sur que Mr L.Addi savait ce que contenait le livre avant de l’avoir lu.
    Fraternellement




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  • kimahouma
    11 octobre 2009 at 18 h 51 min - Reply

    En écrivant un livre de 542 pages pour ne rien dire M Mesbah applique à merveille « Le problème kafkaïen que relève M Addi, (….) pour les décideurs dont M Mesbah fait partie, c’est comment rester immobiles tout en faisant croire qu’ils bougent? I
    .La rue algerienne l’a bien compris, ne dit on pas qu’on Algérie, qu’on fait sembler d’avoir un gouvernement, on fait semblant d’avoir une économie, on fait semblant d’avoir une opposition …etc…etc




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  • still
    11 octobre 2009 at 21 h 18 min - Reply

    Vous avez certainement raison.Le livre de Mr C.Mesbah ne serait qu’un coup de badigeonnage a la chaux sur la façade rouillée du régime militaire, a l’intention de l’opinion publique étrangère .C’est un clin d’oeil (après tant d’autres) de la part d’un prétendant ignore vers une vieille maîtresse qui, telle une sorcière, ne survit que grâce aux sacrifices quotidiens qu’endure une population exsangue.
    Mr Mesbah voudrait peut-être donner l’impression d’un « insider » qui brosse tout en le maquillant-le portrait moral de cette mégère.
    On ne témoigne pas contre son géniteur .C’est moralement ignoble d’autant plus que -je crois savoir-legalement inacceptable.
    Merci DB pour la lecture plus éclairée que vous avez faite de l’article.Je me sens moins humilie quoique toujours indigne.




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  • Abdelkader DEHBI
    11 octobre 2009 at 22 h 08 min - Reply

    La clarté de l’analyse et la sûreté de jugement de M. Addi Lahouari, ainsi que les réflexions pertinentes contenues dans certains commentaires comme ceux de Si Djamaleddine ou Ammisaïd, m’auront enfin permis de déculpabiliser pour n’avoir pas lu ce pavé – pavé inutile donc – qui m’a été offert il y a environ un an déjà, par un ami – dans sa version en langue arabe.— Cela me rappelle, pour l’anecdote, cet ancien collègue du Conseil Economique et Social (CNES) des années 70 qui n’avait rien trouvé de mieux, pour passer son D.E.S. que d’agrafer, sans autre forme de procès, une demi-douzaine d’études élaborées par une sous-commission à laquelle j’appartenais et ayant trait au financement du Plan (le plan quadriennal 1969-1973).




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  • baroudi
    12 octobre 2009 at 16 h 12 min - Reply

    sommes nous si bétes M.C.MESBAH,( le martin borman de la drs) vous avez detruit l’algerie et ses valeurs, mais je doute que votre adn, vos neurones ,en un mot votre cerveau puisse etre constitué comme celui d’ un etre humain(doté de conscience, humanité,generosité,amour,etc). vous etes en fait, malgré les apparences, un mutant programmes,(comme l ‘autre clone des militaires: yasmina khadra) Ammi Said le dit si bien et pour faire votre boulot de predateur, vous ne reculer devant rien.Machiavel et satan ont tout à apprendre de vos viles manigances et de vos coups fourres,En comparant vos basses oeuvres. ils ont l’ air de petits anges..




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  • El Houari
    12 octobre 2009 at 18 h 01 min - Reply

    Monsieur Addi vous n’êtes pas un bon analyste, vous nous avez laissez au milieu de notre faim avec vos commentaires croustillants, vous arrêtez a la page 209 est un lâchage, nous attendons la suite avec impatiente,

    Nous exploitations votre patience à lire ce documents et a le commenter pour les lecteurs.
    Toutefois je voudrais ajouter a vos commentaires, que l’armée, comme d’ailleurs les autres services de sécurités paramilitaires (police, gendarmerie, douanes..) ne sont pas tous constitués d’Algériens soumis et anti nationalistes, bien au contraire la majorité de ces corps est a l’image du peuple Algérien silencieuse et non consentante.

    Par contre je ne suis pas d’accord avec vous quant vous dites que «le président Abdelaziz Bouteflika bat le record de longétivité à cette fonction parce qu’il a renoncé à toute autorité de président. La dernière empoigne entre le chef de la police nationale, Ali Tounsi, et le ministre de l’intérieur montre à l’évidence que la police ne dépend pas du gouvernement ni du président. Il y a toute une propagande qui veut faire croire que Bouteflika a du pouvoir pour lui faire endosser la responsabilité de la paralysie de l’administration gouvernementale. Et pourtant, c’est un fait que Bouteflika n’a pas pris une seule décision en dix ans. Avec lui, l’histoire politique du pays s’est arrêtée à 1999. Depuis le début de son mandat, il essaye désespérément de placer ses hommes à la tête des services de sécurité de l’armée sans y arriver.»

    Il faut d’abords se rappeler la désignation de ses Ministres dont il a fallu plus de 6 mois pour former le premier gouvernement. Et depuis les nominations des généraux-majors et généraux pour comprendre qu’il a toute l’armée à sa disposition sauf le DRS et ses dossiers.

    Les négociations entre le pouvoir qui était en place et le président sont toujours difficiles, et le yoyo que fait Ouyahia réputé agent du DRS met en évidence les enjeux entre ces deux dirigeants et la haine qu’ils se vouent. Je pense qu’aujourd’hui le président est plus puissant qu’en 1999 lorsqu’il est arrivé, et la encore tout le monde sait que le DRS un rôle important dans les résultats des élections (en dehors de Zerhouni bien sur).

    Et la aussi
    – en 1999, le président a exigé un score plus élevé que celui de Zeroual, et il a eu 74%,
    – en 2004 plus élevé que celui de Chirac et il a eu 84%,
    – en 2009 il a exigé un score de président chérie par tout le peuple pour l’éternité est il a eu 93%.

    Je pense qu’aujourd’hui c’est la personnalité la plus puissante en Algérie, avec un gouvernement dont les ministres les plus en vue en plus de 10 ans au poste tels que Zerhouni, KHelil, Temmar…

    Vous rappelez-vous cette réponse concernant certains anciens ministres qui ont été rappelés en 1999, «je préfère ces ministres que je connais même s’ils sont incompétents a des inconnus compétents»

    Bon courage pour la suite des 333 pages.




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  • radjef said
    12 octobre 2009 at 18 h 54 min - Reply

    Bonsoir tout le monde.@ ElHouari, alors que fait Bouteflika à la tête de l’Etat algerien, malade qu’il est(non pas pour les rumeurs qui courent à propos de sa maladie dont aucun patriote ne se rejouit, mais de ses insuffisances mentales et psychologiques)? Qui le maintient à la tête de l’Etat algerien? L’ANP ou les lobbies militaro-industriels de l’Occident? Dans ce cas, jusquà quelle limite nos services, pour ne pas dire l’Algerie, sont-ils souverains? De quoi sont composés nos services, car nous connaissons les capacités intellectuelles de nos »agents » et de nos généraux?




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  • nomade
    12 octobre 2009 at 22 h 06 min - Reply

    ils sont tous pareils ces gens-la .après toute une carrière , toute une vie dans le système , après avoir bénéficie des largesses du pouvoir , les passe-droits, les privilèges, ils viennent nous raconter des histoires, ils veulent se blanchir , se faire une virginite.en écrivant leurs livres ou leurs mémoires sordides , voir macabres
    quand on presse le citron ,on jette le zeste. quand on ne donne plus on est rejeté par ce système biase.
    ce chafik mesbah faisait parti du drs ,cette machine a broyer les algériens .
    au sein de ce syndicat du crime il n ‘ y a pas de place pour les enfants de chœur.
    mais il a oublie combien d’algériens il a écrase , il a malmené quand il était de service .
    tous ces gens qui ont servi de nègres pour le système decoucrent en fin de carrière une nouvelle vocation : l’écriture.




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  • El Houari
    13 octobre 2009 at 8 h 56 min - Reply

    Abdelaziz Bouteflika est Président ce qu’il fait? ce que fait tout président,

    Quant a sa maladie, je ne suis pas médecin, mais je me rappelle le président français Mitterrand qui était malade, n’a quitte le pouvoir qu’après son mandat.

    Qui le maintient à la tête de l’Etat algérien? Je crois qu’aujourd’hui il est assez puissant pour ce maintenir a la tête de l’état en négociant au mieux sa position avec les autres acteurs du pouvoir, qui sont aussi puissant, si on se réfère au seul changement qui a eu lieu a la tête du gouvernement, par le retour de Ouyahia.

    L’influence des lobbies militaro-industriels de l’Occident ? Et sans conteste une réalité qui ne peut plus être dissimulée, il suffit de voir les textes de lois qui sont vote le matin et annulés le soir pour mesurer le poids de ces lobbies.

    «La limite nos services, pour ne pas dire l’Algérie, sont-ils souverains? De quoi sont composés nos services, car nous connaissons les capacités intellectuelles de nos »agents » et de nos généraux? »

    Seul le pouvoir pourra répondre à votre question, Parce que tout simplement c’est à lui que revient de déterminer cette limite. Aujourd’hui c’est l’appauvrissement du peuple, c’est le bradage des richesses, c’est la destruction de l’ecole…..




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  • admin
    13 octobre 2009 at 18 h 07 min - Reply
  • Salah Bouzid
    14 octobre 2009 at 20 h 04 min - Reply

    M. Lahouari Addi,

    Vous avez enseigné dans des Universités en France et aux USA, vous avez publié, vous avez cotoyé des “gens de métier“, des experts en sciences sociales, politiques, relations internationales, des économistes, des juristes, des historiens, des Anglais, des Américains, des Français, des Arabes, des Chinois, des Indiens. Bref.

    Je pourrais facilement avancer qu’il y a quelques autres dizaines d’intellectuels Algériens qui ont une expérience sérieuse comparable à la votre et vous vous connaissez certainement, au moins par renommée.

    Pourquoi ne pas essayer de vous organiser et construire une équipe d’experts et devenir des conseillers fiables pour encadrer ce mouvement qui commence à prendre forme dans les contours de la 4ème vague de démocratization (Fourth Wave) ?

    L’Algérie, en faisant partie de la région Maghreb-Moyen Orient-Afrique, n’est certainement pas aussi énigmatique que voudraient le laisser entendre certains cercles du pouvoir, pour amplifier l’opacité qui n’arrive plus à cacher leur incompétence.

    Vous êtes des professionnels et nous sommes des amateurs. Vous avez la formation qu’il faut pour analyzer, évaluer objectivement cette multitude de facteurs dans ces domaines de la politique, l’économie et l’histoire.

    Nous sommes intéressés par ce qui s’écrit et ce qui se dit, mais nous ne sommes pas aptes à être aussi objectifs et sérieux dans nos jugements comme vous, les professionnels.

    Nous vivons dans un monde de spécialization et d’expertise. L’ère des autodidactes polyvalents et de l’amateurisme est depassée.

    Je n’ai ni le temps, ni l’ambition de lire plus de 50 pages d’un livre de science po, même écrit par les plus brillants esprits de notre époque. Mais je ferais volontier confiance à des hommes de métier pour décortiquer tout ce qui est en train d’être produit dans ces centres de recherche, ces think-tanks à Stanford, Yale et Harvard.

    Et quand ces hommes se donnent rendez-vous régulièrement pour se mettre à jour, échanger des opinions, présenter des synthèses, on passe à une phase de production intellectuelle qui constitue une influence directe et positive.




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  • K..Seddiki
    16 octobre 2009 at 13 h 32 min - Reply

    Je vous admire, cher Mr Lahouari. Je vous admire pour avoir pris le temps de lire ce chapelet d’imbécilités écrit par quelqu’un qui croit que les algériens sont reéllement tels qu’il les conçoit: des analphabètes!
    J’espère seulement,mon cher monsieur,que vous n’avez pas été malade ,aprés tant d’indigestions!!
    Je n’oublièrai pas de vous remerçier d’avoir ouvert les yeux des lecteurs du QA.
    K.S.




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  • yenayer
    19 octobre 2009 at 19 h 18 min - Reply

    On devrait passer à un tel cribble tous les articles universitaires publiés par la presse nationale.

    Je disais donc, qu’actuellement il n’existe aucun article écrit par une universitaire algérien , notamment dans la presse nationale, qui respecte les critères de l’analyse ou de la recherche universitaire.

    Si vous en avez un, je suis preneur.

    Sinon, je voulais corriger une erreur de date dans l’article de Mr Addi. Le rapport Fuller de la Rand Corporation date de 1996 et non pas de 1993.




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  • qadda
    19 octobre 2009 at 21 h 29 min - Reply

    Bonjour Pr ADDI
    Je m’etonne tout de même que vous puissiez esperer quoique ce soit d’interessant de les ecrits de MCM.
    Mon opinion sur le personnage et les idées qu’il peut vehiculer ou avancer se retrouvent das la reponse qu’il vous a donné à propos de l’assassinat de ABBANE RAMDANE. je rappelle aux lecteurs du LQA que lors d’une reponse qu’il vous avait donné à propos de l’assassinat de feu ABBANE ,il eut cette replique agacéé ,mais qui renseigne sur le cynisme du personnage. « POURQUOISE FOCALISE-T-ON SUR LA MORT DE ABBANE et on ne parle pas de la mort de BENMHIDI. » Le Professeur ADDI n ‘a pas laissé passer , cete tentative de diversion en lui rapelant qu’on ne peut comparer l’assassinat d’un homme par ses freres d’armes et un heros assasiné par l’enemi.
    MCM appartient justement au meme departement que celui qui assassiné ABBANE, KHIDER, KRIM
    KHEMISTI, CHABANI,MECILI , ABID, MEDEGHRI ETC….Il ne peut critiquer le corps auquel il a donné 25 ans de sa vie.Il ne cherche pas à informer mais a desinformer et faire une offre de service.
    Comme son superieur je suis tenté de de dire ….Mais qu’a donc apporter de nouveau mr MESBAH pour qu’on accrde credit à ses ecrits. RIEN !




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  • thirga
    24 octobre 2009 at 20 h 19 min - Reply

    @qadda: Votre supposition sur l’agacement de MCM dès qu’il entend « Abane » pour brandir Benmhidi comme un carton rouge est fortement justifié pour MCM. Surement pas votre explication, à savoir l’un tué par l’ennemi français, l’autre par ses freres. Tous deux ont été tués pour avoir roulé deux colonisateurs: la puissance coloniale française et la pretention de paternité et de controle de la révolution et de l’Etat algerien par le neo pharaon qui voulait dominer au nom de l’arabisme l’Algerie. En somme deux Etats dominateurs!
    Il faut esperer voir un jour les orphelins du MALG s’émanciper pour n’obeir qu’aux interets de l’Etat et de la Nation algeriens.




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  • qadda
    28 octobre 2009 at 21 h 21 min - Reply

    @ THIRGA
    Malheureusement , rien n’indique que les MALGACHES aient encore compris ou se trouve l’interet de l’Etat algerien. En manipulant les opportunistes les plus debiles tels , les Soltani , Belkhadem &co ils nous menent droit dans le mur.L’arabo-islamisme à l’algerienne est un puissant sedatif et sa prescrition comme traitement exclusif est desormais retenu comme seule therapie.




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  • still
    9 novembre 2009 at 23 h 56 min - Reply

    Faut-il comprendre que le franco-laicisme est l’antidote de l’arabo-islamisme?




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  • still
    9 novembre 2009 at 23 h 57 min - Reply

    Faut-il comprendre que le franco-laicisme est « l’antidote » de l’arabo-islamisme?




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  • Arezki Nait Amar
    1 décembre 2009 at 15 h 57 min - Reply

    On s’attendait à ce que le docteur-colonel Mesbah sorte l’artillerie lourde mais finalement on eu droit qu’à un tir d’une salve de pétards mouillés.




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  • jnsplu
    1 décembre 2009 at 19 h 08 min - Reply

    En somme ce qu’a fait ce sieur, nous pouvons tous le faire en rassemblant nos commentaires sur LQA dans un « livre ». Certains pourraient meme dépasser les 1000 pages.




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  • lucide
    3 décembre 2009 at 19 h 29 min - Reply

    Quelques mois après l’indépendance, enfant, je voyais fleurir sur les murs le célèbre slogan «Un seul héros, le peuple». Pus tard, je pris connaissance de la devise de l’Etat Algérien inscrite sur le fronton des APC «Par le peuple et pour le peuple».

    Adolescent, j’avais donc toutes les raisons de croire que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes, puisque le peuple, au sort duquel j’étais sensible, étant moi-même de modeste extraction, était au centre des préoccupations de notre jeune État.

    Mon premier contact avec l’ANP, «digne héritière de la glorieuse ALN», se fit en 1976, année de mon incorporation au Service National. En 1977, jeune officier affecté sur les chantiers de la «Trans», j’assistai à un très court dialogue entre un de mes collègues et un officier supérieur du HCSN, venu en inspection. A une question de ce dernier, le jeune homme répondit : « Mon commandant, je pense… » Il n’eut pas le temps de finir sa phrase, car il fut immédiatement mitraillé par un «On ne vous demande pas de penser!», sans appel.

    Les deux années que je passai dans les rangs de l’ANP me firent découvrir la triste réalité. C’était l’époque de l’autorisation de sortie et des 403 noires de la SM qui pouvaient débarquer au petit jour chez tout Algérien suspecté d’opposition au régime et l’embarquer pour une destination inconnue. Pour nous faire une raison, nous nous disions que c’était le prix à payer pour moderniser le pays. Nous ne savions pas, hélas, que notre passivité aller ouvrir la voie à tous les abus, et que l’Algérie nourrissait en son sein des monstres sanguinaires qui allaient, tels des extra-terrestres surgis de nulle part, s’emparer de tous les leviers de commande et provoquer un carnage indescriptible.

    Pour les profanes comme moi, un intellectuel est quelqu’un qui utilise son intellect, qui pense. Quelqu’un comme Kateb Yacine, Mammeri. Un type honnête, intègre, qui voue un culte à la vérité. Alors, je me pose la question : un intellectuel peut-il survivre et s’épanouir dans notre armée, que dis-je dans le saint des saints de cette institution, le DRS ? Que peut-il bien y faire, à part défendre le point de vue de son employeur, être la voix de son maître ? Penser ? Allons donc !




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  • Congrès du Changement Démocratique